Le 17
septembre dernier, la
banque centrale
américaine sauve de la
faillite AIG, le premier
assureur du pays, en lui
accordant un prêt de 85
milliards d'euros en
échange de 79,9 % des
parts de la société. Un
renflouement réalisé
grâce à l'argent du
contribuable, au grand
dam des citoyens,
furieux de voir leurs
impôts servir au
sauvetage des
institutions financières
imprudentes.
À peine une semaine plus
tard, certains
dirigeants d'AIG n'ont
rien trouvé de mieux que
d'utiliser cet argent
pour se payer une
retraite, du 24 au 28
septembre, dans
un complexe luxueux de
Californie, le St Regis
de Monarch Beach.
Facture de ce séminaire
luxueux : 443.343,71
dollars, dont près de
200.000 pour payer les
chambres (à 1.000
dollars la nuit ou
plus), et plus de
150.000 dollars pour les
repas, ainsi que 23.000
dollars de soins de
remise en forme", selon
le démocrate américain
Henry Waxman auditionné
par la commission de la
transparence et de la
réforme du gouvernement
de la Chambre des
représentants.
Fédérer tout le
monde pour préserver la
productivité
"Si j'avais vu des
factures comme
celles-là, je peux vous
assurer qu'en tant que pdg,
j'aurais posé des
questions", a affirmé
l'ancien patron d'AIG,
Martin Sullivan,
rappelant qu'il avait
quitté la compagnie
plusieurs mois
auparavant... emportant
avec lui un généreux
pactole de 19 millions
de dollars d'indemnité
de départ.
Seul le directeur du
service des assurances
de l'État de New York,
Éric Dinallo, est venu
au secours des
dirigeants d'AIG,
expliquant que la
retraite californienne
pouvait avoir pour but
d'éviter une fuite des
talents de la compagnie
et que la direction
avait peut-être pensé
qu'elle "devait fédérer
tout le monde pour
préserver la
productivité" et
"protéger les clients en
les empêchant de fuir"…
Pas sûr que les cadres
aient trouvé des
employeurs aussi
généreux quand beaucoup
de dirigeants de Wall
Street ont pris le
chemin de la porte
depuis l'éclatement de
la crise.
Mercredi après-midi, AIG précise
d'ailleurs au point.fr
que la grande majorité
des participants étaient
"des hommes d'affaires
indépendants et leurs
invités", non des
employés d'AIG. "Sur les
cent participants, il y
avait seulement dix
délégués AIG American
General. Leur présence
était justifiée par leur
nécessaire participation
aux discussions et
rencontres" avec des
distributeurs
indépendants des
produits d'AIG. "De
plus, cette conférence
avait été fixée depuis
2007 et l'invitation aux
distributeurs adressée à
la même époque",
souligne AIG.
Ci-dessous, des photos du St Regis de Monarch Beach (cliquez sur les photos pour les agrandir)
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