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(Nasa;
Nambia
Desert
'ecological
preserve') |
Il y a peu,
le président
sénégalais
Abdoulaye
Wade
expliquait,
non sans
ironie, que
la crise
financière
allait
apprendre
aux riches à
se serrer la
ceinture. Et
de dire,
avec humour,
que pour les
Africains et
les pauvres
en général,
celle-ci
était depuis
longtemps au
dernier
cran, ou pis
encore, que
nombre
d’entre eux
n’avait pas
de ceinture
ou n’en
aurait
jamais.
Il n’est
malheureusement
pas certain
que les
temps à
venir lui
donnent
raison. Une
partie de
l’humanité,
au nord
comme au
sud, c’est
vrai, est
habituée à
la pénurie.
Situation
d’autant
plus
choquante
que,
télévision
aidant, une
partie
regarde
l’autre se
goinfrer et
gaspiller.
Cela ne
concerne pas
seulement
les biens
matériels
dits de
consommation.
Cela est
criant,
aussi, pour
les services
essentiels
qui sont
l’accès à
l’eau, à
l’alimentation,
aux soins et
à
l’éducation.
Pour les
plus aisés,
la crise,
même dure,
ne sera que
passagère et
ses effets
momentanés.
Pour les
autres,
c’est un
drame
quotidien
qui se
poursuit ou
va
s’amplifier.
Cette
situation a,
ou aura, au
moins deux
conséquences
que nous
voyons se
dessiner
chaque jour
un peu plus.
D’abord, le
discours
dominant sur
la crise
focalise
l’attention
sur le
financier et
l’économique.
C’est
compréhensible.
Mais le
soutien
indispensable
au secteur
des services
au public
sera
restreint.
Le crédit
local déjà
plus rare et
plus cher,
les revenus
fiscaux à la
baisse vont
inévitablement
réduire les
capacités de
financement
destinées
aux
infrastructures
publiques et
à leur
maintenance.
Ensuite, la
recherche
légitime de
la sécurité
matérielle
et
domestique
nous
éloignera,
temporairement
au moins,
des
priorités
environnementales.
Que
restera-t-il
des désirs
de Grenelle,
face aux
exigences de
Bercy ? Les
victimes
sont connues
: elles
s’appellent
respect de
la
biodiversité
et maintien
des
écosystèmes.
Prenons
l’exemple de
l’eau. Les
mégacités,
les
pollutions
explosives,
les
migrations
rendent
chaque jour
plus
difficile la
maîtrise de
la ressource
en eau.
Qu’elle
concerne la
quantité ou
la qualité,
cette
maîtrise est
plus qu’une
nécessité.
Elle est
aussi
l’expression
d’un droit,
que nous
devons faire
respecter.
Un devoir
d’intelligence
et
d’imagination
impose de
replacer les
choix
politiques
dans le bon
ordre. Parce
que nous
avons besoin
d’un monde
qui donne
priorité à
l’eau, à
l’air, à
l’énergie,
car ils sont
essentiels à
la vie et à
son
maintien. En
pleine
débâcle d’un
système
financier
anarchique
et corrompu,
il nous faut
plus
d’argent
pour l’eau,
un meilleur
gouvernement
de l’eau et
un
savoir-faire
partagé de
l’eau. Les
oubliés de
la crise
financière
ne demandent
qu’à vivre
avec dignité
grâce à des
robinets
alimentés et
un tout à
l’égout
généralisé.
Ceux-là nous
disent : ne
coupez pas
l’eau
pendant la
crise.
Libération
30 oct. 6h51