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Les paysans haïtiens rejettent le cadeau empoisonné de Monsanto

  La multinationale MONSANTO tristement célèbre pour sa politique de diffusion des plantes transgéniques et de mise sous contrôle des agricultures du tiers-monde a proposé au gouvernement haïtien la remise aux paysans du pays de 473 tonnes de semences.

Il s'agit, disent les organisations populaires haïtiennes, d'un cadeau empoisonné, d'un "nouveau séisme" qui menace le pays.

D'abord parce que les semences proposées aujourd'hui ne tarderaient pas à être remplacées à brève échéance par des semences génétiquement modifiées.

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Les Antilles mal préparées au "Big-One"

  Les rapports sur le risque sismique ne manquent pas. Sans véritable suivi pour l'instant. Enquête et reportage à la Guadeloupe.

"Et si ça nous arrivait à nous?" Depuis le 12 janvier dernier, la question taraude les Antillais. Et pour cause. Ce jour-là, à moins de 1.200 kilomètres de l’archipel français, un tremblement de terre de magnitude 7 à 7,3 a fait plus de 250.000 victimes en Haïti. Or les sismologues sont certains qu’un "Big One", du type de celui qui a terrassé Port-au-Prince et ses environs, surgira un jour des entrailles de la terre dans l’un des deux départements antillais d’outre-mer. Et puis le séisme "historique" qui a frappé la Guadeloupe en 1843, faisant plusieurs milliers de morts, n’a-t-il pas frappé un an après que plusieurs villes haïtiennes ont été détruites?

En Guadeloupe, où le risque d’un séisme majeur est le plus fort, un tel scénario catastrophe aurait de terribles conséquences. L’aéroport serait en partie impraticable, les gros porteurs ne pouvant plus atterrir. Un tiers de la piste, posée sur un terrain "liquéfiable", deviendrait instable… Le centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre ne résisterait pas. Quant au parc HLM, que les bailleurs ont fait expertiser et qui n’est plus aux normes parasismiques, plus du tiers de ses 30.000 logements sont jugés dans un état de vulnérabilité "forte, à très forte". En Martinique, l’état des lieux n’est guère plus rassurant. Le centre opérationnel départemental de Fort-de-France, cœur névralgique de l’organisation des secours en cas de crise, n’est même pas assuré de rester debout.

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Un projet de GDF-Suez met en danger les dernières tribus isolées d'Amazonie


par Jean-Marie G. Le Clézio et Jean-Patrick Razon

Le groupe GDF-Suez a entrepris en 2008 la construction de l'un des plus grands barrages du Brésil. D'une capacité de 3 300 MW, le barrage de Jirau, qui devrait entrer en exploitation d'ici deux ans, fait partie d'un programme controversé qui prévoit la construction de quatre centrales hydroélectriques dans le bassin de la rivière Madeira, un affluent de l'Amazone. Ce projet, le plus important d'Amérique latine à l'heure actuelle, s'inscrit dans le "Programme de croissance accélérée" lancé en 2007 par le président Lula : il représente plusieurs centaines de kilomètres carrés de retenue d'eau, dont 258 km2 pour le seul barrage de Jirau ; il menace non seulement la diversité biologique et socioculturelle de la région, l'intégrité des territoires occupés par les peuples indigènes, les communautés riveraines et d'autres populations locales vivant dans la région du bassin de la Madeira, mais aussi la survie même de certaines des dernières tribus isolées du monde.


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Un tiers des installations photovoltaïques sont à risque

  Plus d'une installation photovoltaïque sur trois souffre d'un défaut de conformité avec les normes de sécurité, engendrant un risque d'électrocution ou d'incendie. C'est le message d'alerte que lance le Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité (Consuel). Un organisme, reconnu d'utilité publique et placé sous la tutelle de la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), dépendant du ministère de l'écologie et de l'énergie, qui a pour mission de vérifier la conformité des installations.

Ce comité vient de rendre public le bilan des contrôles qu'il a effectués en 2009. Sur 2 341 installations photovoltaïques passées au crible, 864, soit 37 %, ne satisfont pas aux règlements et normes de sécurité en vigueur. Ce pourcentage marque un léger progrès par rapport à 2008, où 45 % des équipements contrôlés avaient été épinglés. Mais, compte tenu de la forte croissance du parc, le nombre d'installations hors normes est en réalité en hausse. Encore le Consuel n'a-t-il expertisé que 8 % des quelque 30 000 nouveaux systèmes photovoltaïques mis en service en France en 2009.

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Environnement : l'avenir du monde se joue en Asie

Par Yves Miserey
Des chercheurs appellent l'Inde et la Chine à coopérer pour préserver la biosphère.

  « La Chine et l'Inde sont les grandes puissances économiques émergentes de notre monde. Leurs taux de crois­sance devraient se maintenir entre 8 % et 9 % au cours des prochaines années. Ces deux géants vont jouer au XXIe siècle un rôle significatif, voire dominant, dans la modification des paramètres environnementaux de notre planète », constate un groupe de chercheurs dans une tribune publiée cette semaine par la revue ­Science. Les signataires sont des scientifiques chinois, indiens ou des étrangers ayant effectué des recherches sur le terrain. Ils appellent ces deux pays à collaborer pour la préservation des ressources naturelles.

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Pour en finir avec l’illusion productiviste
. Quel avenir pour le monde agricole ?



Par José Bové Syndicaliste de la confédération paysanne, députe européen Europe Ecologie

  En déclarant au Salon de l’agriculture, le 6 mars : «toutes ces questions d’environnement, […] ça commence à bien faire», M. Sarkozy renie les conclusions du Grenelle de l’environnement. Terminés les 20% de produits biologiques en 2012 et la réduction de 50% des pesticides ? Continuerons-nous à importer de chez nos voisins les produits bio qui ont le vent en poupe ? Pollutions des eaux, érosions de sols, algues vertes et OGM ont encore de beaux jours devant eux. Les signaux lancés par le gouvernement français sont en porte-à-faux avec les mesures engagées dans les régions où les élus d’Europe Ecologie s’engagent dans la direction d’une agriculture répartie sur l’ensemble du territoire, relocalisée, évoluant vers l’agriculture biologique, et créatrice d’emplois. Confortant un modèle productiviste décrié, M. Sarkozy appartient au monde d’hier. Il est incapable de se projeter dans un avenir moderne et différent.

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Nintendo, Apple, Nokia... qui pollue le plus ?

Greenpeace évalue les performances plus ou moins écolos des multinationales high-tech.

par Camille Gévaudan

 Ding, dong ! C’est l’heure des quatre vérités que sonne Greenpeace. Qui, des fabricants de matériel informatique, sort les produits les plus verts ? Qui essaye encore d’intoxiquer ses clients avec des matériaux dangereux ? Qui prend la peine de recycler les milliers de tonnes de bazar électronique qu’il produit ? Dans la quatorzième édition du « Guide pour une hi-tech responsable », tout juste sortie du four, l’ONG dévoile ses classements des multinationales électronico-écolos.

Bilan général : ce n’est toujours pas glorieux, malgré quelques avancées honorables d’Apple et la bonne volonté des scandinaves. « La plupart des entreprises recensées dans notre classement ont promis de bannir le PVC toxique et les agents ignifuges bromés de leur catalogue de produits avant la fin 2009, ce qui leur aurait garanti un beau show écologique au CES 2010. Mais elles ont retardé l’échéance à l’année 2011, au minimum. Elles oublieront sans doute d’évoquer cette marche arrière aux journalistes et aux blogueurs présents à la conférence », ironise Greenpeace.

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Le gâchis de l'eau dans les DOM

  Le Guadeloupéen dépense 1,71 le m3 d'eau potable et 2,23 s'il bénéficie d'un service public d'assainissement. Les 63 millions de m3 d'eau distribuée se perdent quasiment à moitié dans les canalisations, avant d'arriver au robinet de l'abonné. La consommation journalière domestique par habitant est de 206 litres. La gestion des services d'eau potable et d'assainissement est assurée en majorité en intercommunalité.

Les pertes sont très importantes

Plus de 262 millions de m3 sont distribués mais seulement 149 millions de m3 facturés en raison des volumes cédés gratuitement (1,5 % des volumes)1 et des pertes. Celles-ci sont très importantes et représentent entre le quart et près de la moitié de l’eau distribuée selon les départements.

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Forêt amazonienne : les éleveurs au banc des accusés 

   Elevage contre forêt. Cette bataille inégale qui dure depuis des décennies au Brésil connaît un nouveau rebondissement. Le ministère de la justice ayant déclenché des poursuites contre 22 fermes et 13 groupes de transport frigorifique, et menacé d'en faire autant contre 72 autres compagnies, les plus gros exportateurs de viande brésiliens se sont engagés lundi 5 octobre à instaurer et à respecter la traçabilité des produits bovins.

< Ce bras de fer fait suite à un rapport de Greenpeace, paru en août 2009, sur "le massacre de l'Amazonie" qui montrait les liens entre l'expansion foudroyante de l'élevage et la destruction de la forêt. L'organisation écologiste mettait en cause les usines du sud du Brésil qui traitent de la viande et du cuir provenant de 150 000 hectares déboisés illégalement. Ces produits, une fois "blanchis", sont revendus à des entreprises qui approvisionnent de grandes marques mondiales de chaussures, d'aliments ou de voitures. En Amazonie, selon Greenpeace, les éleveurs brûlent un hectare de forêt primaire toutes les 18 secondes. Et le Brésil est le quatrième émetteur de gaz à effet de serre de la planète. 

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Les mille et une précautions d'un abattage respectueux de la forêt

 Tour à tour, les arbres immenses s'effondrent avec fracas, dans une pluie de feuilles, emportant dans leur chute toute une population d'insectes, de fourmis géantes, d'araignées velues ou de chenilles aux couleurs vives encore accrochées à leurs lianes. Johan Zweede, ingénieur brésilien d'origine hollandaise, regarde sa montre et lâche : "Trente-quatre minutes, c'est bien !"Rien n'est plus simple ni plus rapide que de décimer la forêt à coups de bulldozers géants, explique ce jeune homme de 73 ans, dont quarante-quatre passés en Amazonie. La machine pousse les arbres sur les bas-côtés, nivelle le sol ; les hommes manient la machette, élaguent les branches, tranchent les racines. Encore un petit quart d'heure de travail et l'on pourrait presque semer du gazon sur cette "aire de stockage" de 500 m2, qui recevra, le moment venu, les troncs dûment choisis. Il y a moins d'une heure s'élevait ici un recoin de forêt vierge.

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La pêche interdite dans les rivières et plusieurs baies

 

C. E. France-Antilles Martinique 23.09.2009

La contamination au chlordécone a conduit le préfet à prendre deux arrêtés, pour un an.

 

« La pollution par le chlordécone doit retenir l'attention » . Cette petite phrase aurait-elle été prononcée hier, lors d'une conférence de presse à la préfecture ? Non, elle a été écrite en 1980, par un chercheur de l'INRA, Alain Kermarrec. Il est le premier à avoir mis en évidence la contamination du milieu aquatique par le chlordécone.

Presque trente ans après, l'attention de l'administration semble avoir été retenue... Par arrêté préfectoral, « la pêche est désormais interdite sous toutes ses formes » dans les rivières. La démarche ne s'arrête pas là : « la pêche et la commercialisation en vue de la consommation humaine » de certaines espèces sont interdites dans plusieurs baies semi-fermées, situées en aval de bassins versants contaminés par le chlordécone (voir encadré). Langoustes, tilapia et thazards vont désormais pouvoir vivre en toute quiétude. Contaminés mais libres!

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La taxe carbone, nouvelle pensée unique ?

par Istvan Felkaï

  Le débat sur la taxe carbone s'est envenimé ces derniers jours en France. En Belgique aussi, l'idée de cette taxe est avancée par une partie du monde politique et suscite autant d'intérêt autant que de polémiques.

La controverse agite la gauche, les Verts et la famille socialiste française. Certains opposants se demandent si cette taxe carbone n'est pas le ferment d'une nouvelle pensée unique. Non pas qu'il faille remettre en cause la nécessité de la lutte contre les gaz à effet de serre et les changements climatiques.

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Le cri d'alarme de l'ONU pour l'Arctique

 par Richard Heuzé, à Genève

«La planète ne peut se permettre un échec» concernant la réduction des gaz à effet de serre, a marteléle secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.  «La planète ne peut se permettre un échec» concernant la réduction des gaz à effet de serre, a marteléle secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Lors de la troisième Conférence mondiale sur le climat, Ban Ki-moon et les ONG ont souligné les risques de montée des eaux, qui menacent des villes comme Shanghai, Tokyo ou Calcutta.

«L'Arctique se réchauffe plus vite que le reste de la terre. Il pourrait n'y avoir plus de glace d'ici 2030» : ce cri d'alarme, Ban Ki-Moon, à peine rentré d'une tournée d'inspection au Pôle Nord, l'a lancé jeudi à Genève devant la troisième Conférence mondiale sur le climat.

Le Secrétaire Général des Nations Unies a décrit avec angoisse le scénario qui attend la planète si aucune action drastique n'est entreprise à très court terme.

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Faut-il se méfier des lampes basse consommation ?

ampoule basse consommation  Alors que les ampoules à incandescence classiques, trop énergivores, sont peu à peu retirées du marché, les lampes fluocompactes soulèvent quelques inquiétudes. Fondées ?

Une ampoule basse consommation (© AFP Justin Sullivan)

On nous bassine depuis des mois - voire des années - avec l’arrivée révolutionnaire des lampes basse consommation (LBC), qui divisent par quatre notre facture électrique. Et notre impact écologique. «C’est bon pour la planète et pour le porte-monnaie», nous dit-on. Sauf qu’ici et là, des petites voix s’élèvent pour alerter sur les dangers potentiels de ces lampes, qui contiennent du mercure, émettent des ondes électromagnétiques, et même des rayonnements ultraviolets selon une étude anglaise. Y a t-il des raisons de s’inquiéter? Les réponses aux questions que vous vous posez (ou pas).  

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Chlordécone: Un procès menacé

Aux Etats-Unis, le produit est d'ailleurs interdit dès 1976. La France attend 1990 pour suivre l'exemple, en accordant même une dérogation aux Antilles jusqu'en 1993

   Un vice de procédure pourrait annuler la plainte de producteurs et consommateurs guadeloupéens pour empoisonnement au chlordécone, un pesticide utilisé aux Antilles pendant vingt ans, suspecté d'être à l'origine de cancers. La cour d'appel de Paris doit se prononcer jeudi matin.

Y aura-t-il un procès du chlordécone? La cour d'appel de Paris doit se prononcer jeudi sur la recevabilité ou non de la plainte pour "mise en danger d'autrui" déposée en février 2006 par l'Union régionale des Consommateurs et l'Union des producteurs de Guadeloupe, avec le soutien des Verts. Ce qu'ils dénoncent: la contamination de la population au chlordécone, pesticide utilisé durant une vingtaine d'années dans les champs de bananiers pour combattre le charançon, et suspecté d'avoir de graves conséquences sur la santé.

L'alerte est donnée dès le milieu des années 1970. Plusieurs études s'inquiètent de ses effets sur l'homme. Cancérigène, mais aussi perturbateur endocrinien, voilà la réputation sulfureuse que traîne le chlordécone. Aux Etats-Unis, le produit est d'ailleurs interdit dès 1976. La France attend 1990 pour suivre l'exemple, en accordant même une dérogation aux Antilles jusqu'en 1993. Le produit aurait même été utilisé jusque dans les années 2000.

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 Responsable de moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le bassin des Caraïbes est l'une des régions les plus menacées par le réchauffement climatique.

Depuis plusieurs années, le nombre et la violence des cyclones qui ravagent la région ont augmenté. L'élévation du niveau de la mer et l'érosion des plages mettent en péril les installations touristiques. "Principale source de devises, avec des revenus estimés à 25 milliards de dollars (17,05 milliards d'euros) par an, ce secteur est vital pour la région", rappelle Hugh Riley, secrétaire général de l'Organisation du tourisme de la Caraïbe.

"80 % des récifs coralliens des Caraïbes ont été affectés par les ouragans et par le réchauffement de l'eau de mer, qui a provoqué leur blanchiment et la mort de certains d'entre eux. Tous pourraient disparaître d'ici à 2060", selon Walter Vergara, spécialiste du changement climatique à la Banque mondiale. 

 

"L'augmentation de l'intensité des ouragans depuis les années 1970 apparaît fortement liée à l'élévation de la température à la superficie de la mer", ajoutait l'expert lors de la présentation, cet été, à Saint-Domingue, d'un rapport de la Banque mondiale, intitulé "Développement avec moins de carbone : réponses latino-américaines au défi du changement climatique".

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Guyane: les ravages de l’orpaillage

L’eau du fleuve qui passe devant notre village est sale. Sale et blanchâtre depuis plusieurs mois. Il devient gênant de laver son linge, de se laver, de laver son enfant qui va boire cette eau en se baignant. C’est à cause d’un nouveau chantier d’orpaillage, très grand, sur la crique Lipolipo

  «La terre de Guyane ne sera plus violée impunément», promettait Nicolas Sarkozy, il y a un an, à Camopi, un village amérindien de ce département d’outre-mer, en annonçant un plan de renforcement de la lutte contre l’orpaillage clandestin. Mais pour les villages établis sur le fleuve Maroni, près de la frontière du Surinam, la situation n’a fait que s’aggraver et ils dépérissent, victimes de la pollution et de la violence provoquées par les garimpeiros, les chercheurs d’or clandestins.

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Peut-on manger des aliments moisis nettoyés ?


Les moisissures sont des champignons capables de digérer n'importe quel type de denrée, ici une clémentine. Crédits photo : magic74

par Jean-Luc Nothias
 

  Légumes oubliés au fond du frigidaire, pain piqueté, Jean-Luc Nothias nous dit quand jeter, et pourquoi.

Les moisissures sont des champignons capables de digérer n'importe quel type de denrée, ici une clémentine. Crédits photo : magic74Que ce soit dans le garde-manger de la cuisine, dans la cave ou même dans le réfrigérateur, elles trouvent toujours un petit coin de paradis alimentaire. Elles, ce sont ces moisissures caractéristiques qui peuvent fleurir sur la quasi-totalité des denrées alimentaires. Ces petites masses cotonneuses (les mycéliums) qui s'étendent petit à petit, grignotant lentement mais sûrement l'aliment, sont inesthétiques mais peuvent aussi être dangereuses pour la santé. En effet, certaines moisissures sécrètent des substances toxiques.

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Monsanto est ses poisons  Le désherbant le plus vendu au monde, le Roundup de la firme américaine Monsanto, est à nouveau mis en cause. Le biochimiste Gilles-Eric Séralini (université de Caen) et sa collègue Nora Benachour viennent de publier une étude mettant en évidence l'impact de diverses formulations et constituants de ce pesticide sur des lignées cellulaires humaines. Et ce à des doses très faibles.

M. Séralini avait déjà publié en 2005 et 2007 des résultats controversés sur le sujet. Son nouvel article, paru dans la revue Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008, présente diverses atteintes - nécrose, asphyxie, dégradation de l'ADN - induites soit par le glyphosate, le principe actif du Roundup, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l'herbicide.

Les lignées choisies pour étudier l'impact de ces produits sont des cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d'embryon. La mort des cellules exposées intervenait dans les 24 heures, à des concentrations que les auteurs de l'étude jugent représentatives des résidus subsistant dans les récoltes après utilisation du Roundup.

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Ouvrez les robinets

 par Loïc Fauchon président du Conseil mondial de l’eau.

(Nasa; Nambia Desert 'ecological preserve')  Il y a peu, le président sénégalais Abdoulaye Wade expliquait, non sans ironie, que la crise financière allait apprendre aux riches à se serrer la ceinture. Et de dire, avec humour, que pour les Africains et les pauvres en général, celle-ci était depuis longtemps au dernier cran, ou pis encore, que nombre d’entre eux n’avait pas de ceinture ou n’en aurait jamais.

Il n’est malheureusement pas certain que les temps à venir lui donnent raison. Une partie de l’humanité, au nord comme au sud, c’est vrai, est habituée à la pénurie. Situation d’autant plus choquante que, télévision aidant, une partie regarde l’autre se goinfrer et gaspiller. Cela ne concerne pas seulement les biens matériels dits de consommation. Cela est criant, aussi, pour les services essentiels qui sont l’accès à l’eau, à l’alimentation, aux soins et à l’éducation. Pour les plus aisés, la crise, même dure, ne sera que passagère et ses effets momentanés. Pour les autres, c’est un drame quotidien qui se poursuit ou va s’amplifier. Cette situation a, ou aura, au moins deux conséquences que nous voyons se dessiner chaque jour un peu plus. D’abord, le discours dominant sur la crise focalise l’attention sur le financier et l’économique. C’est compréhensible. Mais le soutien indispensable au secteur des services au public sera restreint. Le crédit local déjà plus rare et plus cher, les revenus fiscaux à la baisse vont inévitablement réduire les capacités de financement destinées aux infrastructures publiques et à leur maintenance.

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Ouragans: "Un phénomène normal"

Propos recueillis par Laura ADDA
 

    Gustav, Hanna, Ike, Josephine... Chaque année, la saison des ouragans terrorise l'Atlantique, face à un sentiment d'impuissance des autorités comme des populations locales. Contactée par leJDD.fr, Laurence Eymard, chercheuse au CNRS et directrice de LOCEAN (observatoire du climat et des océans) nous explique ce phénomène "normal", en écartant l'argument du réchauffement climatique.

Chaque année, à la même période, et dans les mêmes régions, on assiste à une succession d'ouragans. Comment expliquez-vous ce phénomène?
Ce phénomène correspond à la saison des pluies dans l'hémisphère Nord. Donc chaque année, à la même période, il est associé à de fortes pluies, non seulement dans l'Atlantique, mais aussi en Chine et dans l'Asie du Sud-Est. Quand c'est l'été dans l'hémisphère sud, on a l'équivalent dans le Pacifique Sud, mais également à Madagascar ou à la Réunion. L'océan Atlantique est chaud pendant l'été, c'est-à-dire supérieur à 27 degrés à la surface, ce qui produit de l'énergie. Cette énergie entraîne des formations tourbillonnaires. Une simple dépression devient alors un ouragan. C'est tout à fait normal, il y a une véritable machine thermo-dynamique dans l'océan.

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«Un intérêt scientifique majeur»

 Entretien avec Alain Pavé, responsable du CNRS en Guyane et du programme «Amazonie».

Recueilli par Sylvestre Huet

 

Le CNRS a décidé il y a six ans de s’implanter en Guyane, pour quelles raisons ?

  Auparavant, nous n’étions présents que de façon épisodique, notamment dans la station d’observation de la forêt guyanaise, aux Nouragues. Mais la perspective de la création du Pôle universitaire guyanais (PUG) nous a encouragés à investir pour une implantation permanente et à lancer le Programme interdisciplinaire «Amazonie». L’enseignement supérieur suppose un lien avec la recherche et donc des laboratoires. Or, malgré l’implantation d’organismes de recherche publics, le ratio scientifiques-population active reste inférieur de moitié à la moyenne nationale. Il fallait une politique volontariste. Le premier laboratoire mixte CNRS-université se consacre à la chimie des substances naturelles, en particulier la végétation, tant pour l’étude de leur rôle physiologique et écologique que pour des développements pharmaceutiques ou industriels. Il a rejoint depuis l’unité mixte «Ecologie des forêts de Guyane», qui impliquait déjà le Cirad, l’Inra et l’Engref (1). C’est un début... historique pour ce département qui connaît une très vive croissance démographique - 50 000 habitants en 1970, près de 200 000 aujourd’hui et 400 000 dans vingt ans. Cela suppose un développement de l’université.

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Chercheurs d’or vert
en Guyane

par Sylvestre Huet

La forêt guyanaise  C’est l’histoire du bois-canon et de la fourmi. Alain Dejean, universitaire au teint buriné par des décennies de recherches tropicales, la raconte sur le terrain. Une piste forestière, à quelques kilomètres seulement de l’astroport de Kourou, en Guyane française. Le biologiste, bottes bien plantées dans la gadoue, fait court mais précis, écrivant lui-même, d’autorité, sur le carnet du journaliste, les termes latins - Azteca alfari pour la fourmi, Cecropia obtusa pour l’arbre. On entend les oiseaux, le zonzon des insectes, le tout dans une explosion de vert et de chaleur humide. Mais Alain Dejean ne se laisse pas détourner de sa mission : démontrer in vivo quels trésors de «coévolution entre plantes et insectes» la forêt de Guyane offre aux scientifiques, et donc justifie leur présence permanente (lire ci-dessous).

L’histoire donc. L’arbre, le bois-canon dit-on ici, une «espèce pionnière», précise le biologiste, s’installe aux lisières, au bord des pistes, là où le soleil abonde après qu’une trouée, formée naturellement ou par un bulldozer, eut ouvert l’espace forestier. Il pousse à une vitesse impressionnante, pour gagner sa place au soleil. Une lutte qu’il ne peut toutefois gagner qu’avec l’aide d’Azteca alfari. Une petite fourmi noire qui ne vit que sur lui, et se nourrit… en le débarrassant des insectes, champignons et autres malfaiteurs. Mais comment s’assure-t-il de son concours ?

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La Guyane ne parvient pas à faire face au virus du sida

Avec le taux de contamination par le VIH le plus élevé de France, le département connaît une situation similaire à certains pays d'Afrique

  Dans un rapport intitulé " L'épidémie d'infection à VIH en Guyane : un problème politique " et rendu public lundi 17 mars, le Conseil national du sida (CNS) estime que le département est en " situation d'épidémie généralisée : plus de 1 % des femmes enceintes sont infectées par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine), situation similaire à celle de certains pays d'Afrique ". La Guyane connaît le taux de prévalence le plus élevé de France. En 2006, le taux par million d'habitants de découverte de l'infection à VIH y était de 308 contre 150 en Ile-de-France.

Après ceux de 1996 et de 2003, c'est le troisième rapport que le CNS consacre à la lutte contre l'épidémie d'infection à VIH en Guyane. Celui de 2003 s'alarmait d'une " épidémie active et incontrôlée face à laquelle aucune réponse structurée et adaptée n'était apportée ". Dans son nouveau rapport, le CNS considère la situation " inacceptable du point de vue des objectifs de santé tant nationaux qu'internationaux de la France ". Pour lui, " la stigmatisation et la discrimination dont font toujours l'objet les personnes vivant avec le VIH constituent des barrières au dépistage, à la prévention et à la prise en charge ".

Le CNS rappelle que la région Caraïbe est " la seconde région au monde la plus touchée après l'Afrique par l'épidémie d'infection à VIH ". La Guyane y constitue " un relatif îlot de richesse au milieu de pays pauvres ou frontaliers de zones pauvres de pays émergents ". De ce fait, elle " connaît un profil épidémique conforme à la situation régionale, amplifié par l'importance des migrations économiques vers le département, qui concernent par définition des populations précaires, originaires de pays à forte prévalence ".

La Guyane possède une population " hétérogène ", " vivant dans des zones bien identifiées du département ", indique le rapport. Cela " contribue au fractionnement de l'espace public et politique " et participe à des " pesanteurs ", dont le Conseil national du sida juge qu'elles " ne doivent pas pour autant justifier la retenue des responsables locaux et nationaux dans les stratégies et moyens déployés contre l'épidémie ".

Découverte trop tardive de l'infection par le virus du sida, sous-encadrement médical, démographie médicale vieillissante, précarité des conditions de vie de beaucoup des personnes en charge sont quelques-uns des facteurs qui affaiblissent la lutte contre l'épidémie. Auxquels s'ajoute " la politique de lutte contre les migrations illégales - qui - ne favorise pas un accès aisé aux soins et façonne trop souvent l'approche de l'épidémie au détriment des considérations de santé publique ", selon le CNS.

Celui-ci invite à oeuvrer selon trois axes : développer " une action politique résolue à la hauteur des enjeux ", mettre en place " un pilotage concerté de la lutte contre l'épidémie " et " améliorer la réponse en santé publique ". Pour le CNS, " le ministre chargé de l'outre-mer doit, avec le ministre chargé de la santé, porter ces changements à l'heure où une nouvelle loi de programme pour l'outre-mer est en préparation ".

Paul Benkimoun

© Le Monde 18/03/08
 
 

Un climat très politique

James Hansen, 66 ans, ici dans son univers de travail à la NASA.

   L'Américain James Hansen, célèbre pour avoir attiré, le premier, l'attention du public sur le péril climatique, est le personnage central d'un livre-enquête sur la censure de la science, qui vient de paraître aux Etats-Unis

Un été caniculaire et l'audace d'un scientifique. C'est ce qu'il aura fallu pour que le changement climatique, le 23 juin 1988, sorte des laboratoires, pour qu'il entre dans le débat public. Ce jour-là, presque partout aux Etats-Unis, on étouffe déjà sous une chaleur accablante. On redoute un été interminable, brûlant et sec - il le sera, comme jamais de mémoire d'homme. Les pénuries d'eau ont commencé ; dans les Etats céréaliers, les fermiers savent qu'ils vont à la catastrophe ; les médias égrènent les records de température et comptent les départs d'incendies.

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La stratégie européenne « énergie-climat » dite du « 3 fois 20 en 2020 ».

 Selon les études scientifiques du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat) qui ont servi de base à la conférence internationale des Nations Unies sur le climat à Bali en décembre 2007 qui doit préparer « l'après-Kyoto », si on laisse faire la trajectoire spontanée de l'économie, la concentration en CO2 (principal gaz à effet de serre ) atteindra 1000 ppmv (parties par million en volume), ce qui provoquera un réchauffement de + 6° C en 2050, ce qui est insupportable !

Il faudrait raisonnablement limiter le réchauffement à + 2° et pour cela revenir à un niveau d'émission, en 2050, qui soit globalement inférieur de 20 à 30 % inférieur à celui de 1990 (considéré comme référence lors du protocole de Tokyo). Ce qui est un énorme effort à faire pour les pays développés du fait de la croissance entre temps des pays émergents, notamment de la Chine.

L'Europe appuie cette stratégie mondiale, où pour concilier la légitime expansion des PVD avec la nécessaire limitation des émissions au niveau mondial, les pays riches doivent donner l'exemple, techniquement, économiquement, socialement.

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Cancer : le rôle des aliments

Le livre de David Servan-Schreiber rejoint les conclusions du Fonds mondial de recherche contre le cancer

  J'ai appris énormément de choses avec ce livre. Et vous voulez que je vous dise un secret : j'ai changé mon alimentation et j'ai déjà perdu six kilos. " Ce n'est pas un lecteur lambda, fan du nouveau best-seller de David Servan-Schreiber, qui parle ainsi. Mais le professeur Jean-Marie Andrieu, chef du service d'oncologie médicale à l'hôpital européen Georges-Pompidou. Jeudi 15 novembre, ce cancérologue était sur la scène de la Mutualité, à Paris, aux côtés du psychiatre venu promouvoir sa méthode Anticancer : prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles (éditions Robert Laffont, 360 p., 21 euros), déjà vendu à plus de 250 000 exemplaires en un mois.

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   " Le frein principal est le manque de connaissances des médecins en matière de nutrition "

Entretien avec Philippe Legrand, professeur et directeur du laboratoire de biochimie et de nutrition humaine à l'INRA de Rennes (Ille-et-Vilaine).

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"Le Grenelle de l'environnement est une défaite majeure pour l'écologie"

Entretien avec Stéphane Lhomme ,porte-parole du réseau Sortir du nucléaire

  En conclusion du Grenelle de l'environnement, le président Nicolas Sarkozy a souligné que pour lutter contre le réchauffement climatique, la France doit opter pour l'énergie nucléaire, sinon elle devra ''renoncer à la croissance''. Réfutez-vous cette alternative ?
Si le nucléaire permettait vraiment de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de suppléer au pétrole, il serait peut-être légitime de discuter de cette option. Mais selon l'Agence mondiale de l'énergie (AIE), le nucléaire ne couvre que 6 % de la demande mondiale d'énergie, une part si faible que son impact sur le climat est quasi nul. De plus, contrairement à ce qui nous est souvent dit, cette part va encore se réduire dans les années à venir : l'AIE reconnaît que la part du nucléaire dans l'électricité mondiale va passer de 17 % à 12 % en 2030, c'est-à-dire environ 5 % de la consommation mondiale d'énergie. Tant qu'on croit que le nucléaire va empêcher, même partiellement, le réchauffement climatique, ce dernier aura de beaux jours devant lui.

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SHERPA

Communiqué de presse

 

Mercredi 31 octobre 2007

Excellence environnementale Française

Et la Guyane ?

L’association Sherpa publie un rapport d’audit intermédiaire sur le secteur aurifère en Guyane Française

 

De 1967 à 1990, la compagnie pétrolière américaine a exploité sans scrupule la région de Lago Agrio et empoisonné sols et habitants. Elle entrave, depuis quatorze ans, le procès intenté par 30.000 Indiens et paysans.

  Le ciel est bas. Il pleut. Des ruisseaux se forment dans l’avenida Quito, principale artère de la ville, ce qui lui vaut d’être très vaguement pavée. Dans les rues adjacentes, on patauge carrément dans la gadoue. La saison des pluies rend l’endroit encore plus sinistre. Et lorsque la nuit tombe, il devient dangereux. Bienvenue à Lago Agrio, capitale de la province de Sucumbíos, 35 000 habitants, 600 kilomètres au nord-est de Quito, dans l’Oriente amazonien, à quelques encablures de la Colombie. Cette proximité avec une zone grande productrice de coca provoque un afflux de réfugiés colombiens. Elle a aussi fait de Lago Agrio, ville-champignon nourrie à l’or noir exploité par les multinationales, un condensé de violence et de criminalité : trafic de drogue, armes, laboratoires clandestins, tueurs à gages, prostitution… En août dernier, la chef de la police a été froidement abattue par deux hommes de main engagés par un tenancier de bordel qui entendait continuer à employer des mineurs dans son établissement. A Lago Agrio, il y a plus de maisons de passe que d’écoles.

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Chlordécone : NON monsieur BORLOO !

par Louis BOUTRIN et Raphaël CONFIANT*


Lettre ouverte au Ministre de l’Ecologie

suite au « Grenelle de l’Environnement » et à la nomination de Patrick Lozes, Président du CRAN, à la tête d’une mission Chlordécone en Martinique.

  La Martinique et la Guadeloupe, stupéfaites, viennent d’apprendre la nomination d’un homme installé en France depuis de très longues années à la tête d’une mission sur la question de l’empoisonnement de nos pays par les pesticides, notamment le Chlordécone. Cette personne n’entretient, ni de près ni de loin, le moindre lien avec le mouvement écologiste antillais, ne vit pas sur place et ne connaît pas les problèmes concrets auxquels nous sommes confrontés. On nous dit qu’elle « auditionnera » les associations et les organisations agricoles afin de rédiger un rapport au ministre de l’écologie. Nous affirmons d’ores et déjà que nous refusons de rencontrer quelqu’un qui n’a rigoureusement aucune expérience voire aucune compétence pour traiter du problème concerné.

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Comment les pouvoirs publics ont tenté de minimiser le rapport Belpomme sur le chlordécone en Martinique


par Roland Sabra

Début 2007 l'Association PUMA (Pour Une Autre Martinique) demande à un cancérologue réputé Dominique Belpomme de faire le point sur la situation créée par l'usage intensif du chlordécone en Martinique.

Fin avril et début mai 2007. Le Pr Belpomme se rend en Martinique pour collationner l'ensemble des informations concernant les abus d'usage de chlordécone. Nul travail d'enquête scientifique, il s'agit simplement de rassembler, d'examiner de confronter différentes études avec l'idée que le regroupement de ces informations éparses et disséminées à souhait pourrait donner une cohérence et une unité  suffisamment alarmantes pour  obliger les pouvoirs publics à réagir.

Juillet 2007, dans une note interne la MIIC (Mission interministérielle et Interrégionale Chlordécone) qui est informée du travail du Pr Belpomme, redoute les effets dévastateurs du rapport qui n'est pas encore rédigé. Elle précise : «  La crise est extrêmement grave.[...] Il faut réaliser un énorme travail de communication afin de répondre à l'inquiétude de la population et au ressenti actuel d'insuffisance des pouvoirs publics. »

Un « plan-com » est alors élaboré pour circonscrire, circonvenir et finalement tenter de torpiller le rapport Belpomme. Ce plan comporte deux volets. Un volet « scientifique » et un volet politique.

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Le chikungunya, si lointain, si proche...

Stupeur en Italie, fin août : les 200 cas de fièvres avec douleurs articulaires recensés dans la région de Ravenne étaient dus au virus exotique qui avait frappé La Réunion il y a deux ans

   Ici, on parle du " virus ". Et tout le monde comprend. On dit : " Le virus ne se transmet

 
 

Aedes albopictus, moustique responsable de la transmission de la maladie. BSIP/CMSP LITWAK

 pas d'homme à homme. " Ou bien : " Le virus s'attaque surtout à nos anciens. " Il n'y a que chez les autorités sanitaires de Bologne ou de Rome qu'on parle de chikungunya.

" Le quoi ? ", s'écrie une jeune femme de Castiglione di Ravenna dont les deux voisins ont été affectés la même journée. L'instituteur sourit avec indulgence mais se garde bien de répéter le mot décidément imprononçable. Non. Le virus, ici, dans ce coin de Romagne, une région du nord-est de l'Italie, s'identifie avant tout par son vecteur : le terrible moustique-tigre (Aedes albopictus), connu depuis longtemps, mais devenu en quelques semaines " l'ennemi à abattre ". C'est apparemment en bonne voie.

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Le virus de la dengue s'est invité en Martinique

JEAN-MICHEL BADER (avec AFP).

 

Après le Costa Rica, Cuba et d'autres îles des Caraïbes, le département est touché à son tour. Le plan de surveillance a été déclenché.

 « un début d'épidémie de dengue en Martinique ». C'est la Direction de la santé et du développement social (DSDS) qui en a fait l'annonce. Depuis le début du mois d'août, 1 300 personnes ont consulté pour un syndrome évocateur de dengue, et 40 d'entre elles ont été hospitalisées.
La décision n'a pas surpris. En effet, déjà en 2006, les épidémiologistes du plan de surveillance et d'alerte de la DSDS avaient observé pendant douze semaines un nombre hebdomadaire de cas suspects ou confirmés dépassant le seuil épidémique. La situation épidémiologique y était « caractérisée par l'existence de foyers épidémiques isolés sur un fond de faible transmission ». On était alors en phase 2, niveau 1 du plan de surveillance et d'alerte. Or les dernières données pour les trois premières semaines d'août « confirment le dépassement des seuils épidémiques de la dengue ».

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Pesticides: des élus antillais appellent à rompre "l'omerta"

  Plusieurs élus martiniquais et guadeloupéens ont appelé "à faire toute la lumière" sur l'utilisation des pesticides dans l'agriculture antillaise, réclamant "des certitudes scientifiques" face aux risques sanitaires pointés par un rapport présenté ce matin à l'Assemblée.

"Il ne faut pas que l'omerta française étouffe cette affaire là", a déclaré Victorin Lurel, Secrétaire national du PS à l'Outre-mer, lors de la présentation à la presse ce matin, à l'Assemblée nationale, du rapport du cancérologue Dominique Belpomme (ici en intégralité au format PDF) sur le "désastre sanitaire et agricole" provoqué par l'utilisation du chlordécone en Martinique, pesticide interdit en 1993.

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Pesticides : le scandale qui empoisonne les Antilles

  C'EST début août que la cour d'appel de Basse-Terre (Guadeloupe) a déclaré « recevable » une plainte pour « empoisonnement ». Un qualificatif juridique très fort qui n'avait pas été retenu dans l'affaire du sang contaminé. Cette plainte des écolos antillais aurait dû conduire à la désignation d'un juge d'instruction chargé de découvrir les éventuels responsables de ce possible empoisonnement. En particulier au ministère de l'Agriculture où les produits ont été officiellement autorisés. Le parquet n'a curieusement pas suivi la décision de la cour d'appel, préférant saisir la Cour de cassation, la plus haute juridiction française. C'est donc cette dernière qui aura la lourde responsabilité de dire si, compte tenu des nouveaux éléments sanitaires, l'instruction de l'affaire du chlordécone et des autres pesticides doit ou non aller jusqu'à son terme.

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Pollution. Le ministre a dénoncé l’usage du pesticide, tout en indemnisant largement les producteurs antillais.

Par Renaud Lecadre

   De retour des Antilles, Michel Barnier vante une « banane propre» , une «banane durable» . Constatant ce week-end les dégâts du cyclone Dean qui a détruit la quasi-totalité des plantations bananières, le ministre de l’Agriculture ne s’est pas contenté de promettre des aides aux producteurs, mais s’est dit partisan d’une remise à plat : «Je crois que c’est le moment d’aller vers de nouvelles pratiques, pour utiliser moins de pesticides.»

Pandémie.  L’ouragan est l’occasion de faire table rase du passé. L’utilisation massive du chlordécone, destiné à éradiquer le charançon (coléoptère très coriace sous les tropiques), bien qu’interdit depuis 1993, a contaminé l’ensemble des Antilles françaises. Avec ce paradoxe final : la plupart des cultures vivrières (patates douces, ignames…) et l’essentiel des ressources aquatiques (crabes, langoustes…) sont polluées à leur tour ; seule la banane (protégée par sa peau) reste consommable sans modération, alors que sa production est à l’origine de la pandémie.

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Le suicide aux pesticides fait 300 000 morts par an dans les campagnes asiatiques

  Les pesticides de la famille des organophosphorés font de nombreuses victimes dans les pays en développement. Moins par empoisonnement accidentel, même si le problème existe, que par leur utilisation lors de tentatives de suicide.
Dans un article mis en ligne, mercredi 15 août, sur le site de la revue The Lancet, Michael Eddleston, du Bureau écossais d'information sur les poisons, et trois autres chercheurs en toxicologie, se basant sur des études existantes, rapportent que 300 000 personnes meurent chaque année dans les campagnes asiatiques en ingérant volontairement des pesticides. Deux fois sur trois, il s'agit de composés organophosphorés, les plus répandus.
Dans ces zones rurales d'Asie, on estime à 500 000 le nombre de décès par suicide. Dans 60 % des cas, le moyen utilisé est l'absorption de pesticides. Ces empoisonnements ne sont pas bien pris en charge sur le plan médical et de 15 à 30 % des tentatives de suicide aux organophosphorés provoquent le décès. Généralement, les victimes sont admises dans des hôpitaux locaux dénués d'équipements spécialisés et dans lesquels les antidotes, lorsqu'ils existent, sont peu employés.

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«L'écologie politique est la seule idée nouvelle depuis 1945»

Yves Frémion, écrivain, journaliste, critique de BD et député européen vert, publie «Histoire de la révolution écologiste», ouvrage dans lequel il détaille les fondements de l'écologie politique, ses acteurs et son positionnement sur l'échiquier des partis. Jusqu'à l'époque actuelle, avec Hulot et Voynet.

L'écologie politique, c'est une globalité, une pensée qui articule une révolution de la société autour d'un certain nombre d'axes : la protection de l'environnement et la sauvegarde de la nature ; la solidarité sociale ; la citoyenneté et la démocratie ; dans une perspective qui suppose des rapports Nord-Sud différents. Un combat pour l'environnement est toujours un combat social et citoyen, et inversement.

Les «environnementalistes» sont des écologistes inachevés, il leur manque une dimension. Nicolas Hulot est un environnementaliste. Il est sincère, mais il s'est fourvoyé ; il a planté les Verts à l'élection présidentielle. Il a laissé croire que des problèmes planétaires n'étaient pas politiques et pouvaient être réglés avec cinq mesures prises par n'importe quel candidat. Cela dit, il a fait avancer la prise de conscience environnementale.

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Aux watts, citoyens!

  Grâce à des technologies sans cesse perfectionnées, 20 % des besoins en électricité et en chauffage pourraient bientôt être couverts par les particuliers.
Les Français, dans les années à venir, vont commencer eux-mêmes à prendre part à la production d’énergie, et peut-être fournir jusqu’au cinquième de ces précieux mégawatts ou thermies qui nous éclairent ou nous chauffent ! Une mini-révolution ? Selon l’économiste américain Jeremy Rifkin, invité de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale en février, le xxi e siècle verra en effet l’émergence d’une production d’énergie décentralisée. Qui plus est, produite par les populations elles-mêmes, éloignées des sources habituelles (pétrole, gaz, nucléaire), et qui y gagneront ainsi en autonomie, voire en accès même à l’énergie alors qu’elles en sont pour l’instant démunies. Les sources d’énergie envisagées ? Soleil, vent, eau, biomasse. Et Jeremy Rifkin d’entrevoir même à terme une remise en question, non seulement des grands monopoles énergétiques, mais aussi des Etats.

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Une présentation médiatique de l'affaire du chlordécone.

 La une est barrée au quatre cinquième avec, en gros caractère « CHLORDECONE TOUS CONTAMINES ! » Mais il y a un petit encart, au dessus du gros titre, qui énumère des thèmes, et là on lit : « Une étude confirme qu’une forte proportion de la population est imprégnée par la molécule du pesticide ». Donc, en gros : « TOUS », en petit : « une forte proportion ». Il ne faut pas faire dans la nuance pour ameuter les lecteurs ! Où est la vérité ?
A la page 2, autour de dessins de Pancho, style « alliens » ou fantômes d’Halloween, ça continue avec, en gros : « CHLORDECONE La contamination plus large qu’on le craignait » Mais c’est au dessus d’un texte où on peut lire :

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A propos de "Chronique d'un empoisonnement annoncé"
Un réquisitoire enflammé et un peu brouillon

par Lucien Degras

 L’ouvrage comporte six chapitres : Chronologie d’un empoisonement, Le lobby des latifundistes békés, Une catastrophe écologique sans précédent, Une grave menace pour la santé publique, Responsables et coupables ?, Propositions… pour sortir de l’impasse ! Sa bibliographie s’étend sur dix pages avec une section Ouvrages : de Mandela, à Hulot en passant par Glissant, le cancérologue Belpomme, le climatologue Denhez et bien des spécialistes de la pollution ; une section Documentation et contributions : nombreux articles de Boutrin, rapports de l’Association Martiniquaise pour la Recherche Epidémiologique en Carcinologie, de l’INSEE, l’article de Snegaroft… ; une section Rapports et textes administratifs, dont les rapports de Ballan et Mestres, Joël Beaugendre, Bonan et Prime, A. Kermarrec, entre autres ; une section de Références bibliographiques étrangères et enfin une section Presse écrite donnant les titres de nombreux périodiques. Cet ouvrage s’appuie, on le voit, sur une large base documentaire.

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"Chronique d'un empoisonnement annoncé"

de Louis Boutrin et Raphaël Confiant

 aux Editions L'Harmattan

Après les scandales de l’amiante, du sang contaminé, de la vache folle et d’Outreau, voici qu’une nouvelle fois, de graves dysfonctionnements de l’administration française mettent en péril la vie d’un million de nos concitoyens, ceux de la Martinique et de la Guadeloupe, « départements d’Outre-Mer » que l’on à trop souvent tendance à percevoir à travers le filtre réducteur du soleil, de la mer bleue et des belles doudous. En effet, on pourrait résumer ce nouveau scandale en parodiant un célèbre slogan : « Sous la plage, le Chlordécone ». Ce nom barbare cache un puissant pesticide utilisé pendant trente ans dans les plantations de banane des Antilles françaises, cela au mépris de la législation puisqu’il était interdit dans l’Hexagone. De manière clandestine__et cela avec la complicité active ou passive des différentes administrations déconcentrées de l’Etat et des grands planteurs Békés (ou Blancs créoles)__les sols, les cours d’eau, les sources et les nappes phréatiques de la Martinique et de la Guadeloupe ont été polluées par l’utilisation à doses massives (parmi d’autres pesticides tout aussi dangereux) du Chlordécone. En bref, on a sciemment

 

Guyane, l'Eldorado des clandestins

Les contrôles se durcissent. Mais ce département français d'Amérique du Sud n'arrive pas à endiguer le flot des chercheurs d'or venus du Guyana, du Brésil, du Surinam ou même d'Haïti

  José Ibama Rodriguez Maranion a perdu. Le Brésilien a été intercepté par une patrouille fluviale à Cayodé, un village amérindien de 150 habitants, au coeur de la forêt guyanaise. Avec un compagnon, il circulait sur le Tampok, un affluent du Maroni, juché sur un radeau formé de bidons métalliques chauffés à blanc par le soleil. La pirogue des gendarmes a remorqué l'épique équipage sur la rive.
A terre, devant une volée d'enfants curieux, José jette un oeil inquiet sur les hommes qui fouillent méticuleusement ses affaires. " J'ai ! ", lance l'un d'eux, un jeune beur, brandissant quelques grammes d'or soigneusement emballés. José baisse la tête, accuse le coup. Le résultat de mois de travail dans la boue des sites illégaux d'orpaillage finit dans un sachet scellé. L'homme savait déjà qu'il serait expulsé comme clandestin. A cet instant, il comprend qu'il repartira aussi pauvre qu'il était venu. José Ibama Rodriguez Maranion a perdu. Un gradé conduit un bref interrogatoire avec trois mots de portugais puis remplit sur ses genoux le constat de présence illégale sur le territoire. " C'est le quatrième clandestin depuis ce matin ", explique-t-il. Il est midi à peine. Mais la bonne fortune des gendarmes s'achève. Les radios ont crépité et averti les orpailleurs de la présence coercitive. Comme par enchantement, la rivière se vide de ses voyageurs. La patrouille va devoir plier les moustiquaires et poursuivre ailleurs sa guérilla.

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Par Eliane Patriarca

 

  Après quinze ans de gestation, le Parc de Guyane va voir le jour : le décret de création a été publié au Journal officiel le 28 février. Grand comme la Belgique, avec 3,39 millions d'hectares, le huitième parc national français s'étend sur l'un des derniers massifs tropicaux forestiers encore relativement intacts. Sa création devrait être accueillie avec enthousiasme. Pourtant, c'est une avalanche de réactions négatives ­ de la consternation à la colère ­ qu'elle suscite. Motif : le parc, dont la mission est de protéger l'environnement, mais aussi les populations vivant dans la forêt guyanaise, a «oublié» les Amérindiens du Haut-Maroni. Au profit du lobby des orpailleurs.

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Par Eliane Patriarca

  Il se lit d'une traite. Pourtant c'est un pavé touffu qui parle de pesticides. Mais le récit est si instructif, avec des personnages hauts en couleur et de nombreuses révélations, qu'on ne le lâche pas. L'enquête des auteurs de Pesticides, révélations sur un scandale français ­ le journaliste Fabrice Nicolino, collaborateur du magazine Terre Sauvage et l'enseignant François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, association antipesticides ­ permet de comprendre comment la France a basculé, depuis la Libération, dans une agriculture dopée aux pesticides. Les pièces du puzzle s'assemblent peu à peu, pour révéler le réseau qui s'est tissé entre industriels, services de l'Etat, organismes de recherche, syndicats agricoles. Entretien avec Fabrice Nicolino, autour de ce livre sans concessions, qui sort aujourd'hui (1), deux jours avant l'ouverture à Paris du Salon de l'agriculture.

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ILS ONT EMPOISONNE NOTRE TERRE, NOS EAUX, NOS RIVAGES…NOTRE PEUPLE

par Raphaël Confiant

Je veux parler d’un crime commis à l’encontre d’un million de personnes censées être des citoyens français. Personnes qui n’ont qu’un seul tort : être nés, vivre et travailler dans leur terre natale, la Martinique et la Guadeloupe. Je veux parler du déversement de dizaines de milliers de tonnes de pesticides pendant près de trente années sur les terres plantées en banane de nos deux îles. Pesticides qui ont pour noms : DDT, HCH (Hexaclorocyclohexane), Mirex (ou Perchlordécone), Dieldrine et surtout Chlordécone. Tout particulièrement ce dernier puisque son taux de rémanence est évalué à 60 ans.

Le cancer des pesticides

par Estelle Saget

   La justice vient de reconnaître que certains produits utilisés par les agriculteurs sont cancérogènes. Le résultat d'une longue bataille menée par un couple vosgien
Qui aurait parié qu'une femme d'agriculteur parviendrait, de la petite ville vosgienne de Rambervillers, à percer l'un des secrets industriels les mieux gardés, celui de la composition des pesticides de grandes marques? Personne, tant les multinationales du secteur avaient verrouillé, jusqu'ici, l'accès à ces informations concurrentielles. Mais Catherine Marchal a puisé une énergie hors du commun dans le sentiment d'injustice qui l'habite depuis 2003.

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Le futur parc amazonien de Guyane pris par la fièvre de l'or . Alors que le gouvernement annonçait, le 11 octobre, qu'il n'autorisait pas le projet de mine d'or du canadien Cambior en Guyane, en raison de "quelques lacunes" sur le plan écologique, les Guyanais venaient d'apprendre que François Loos, le ministre délégué à l'industrie, avait accordé le 1er août, contre l'avis des élus locaux, des administrations et du préfet, un permis de recherche de mines d'or à la société Rexma sur la commune de Saül... en "zone de protection forte"... Lire la suite par Laurent Marot

 

En Guyane, du plomb dans l'aile d'une mine d'or . La fièvre de l'or en Guyane en sera-t-elle un peu douchée ? Mercredi soir, le gouvernement français a suspendu le projet de mine à ciel ouvert du géant canadien Cambior ( Libération du 2 juin). Un refus d'autorisation décidé après réception du rapport de la mission d'inspection diligentée par les ministres de l'Ecologie et de l'Industrie. Les inspecteurs ont relevé des «lacunes» concernant l'impact «sur la faune et la flore» et les «conditions de rejets dans le milieu naturel d'effluents cyanurés». 

Le chlordécone aux Antilles, et ses effets sur la stérilité et sur la libido. Le chlordécone est reconnu comme pouvant passer dans le lait maternel et traverser le placenta. Le chlordécone se fixe durablement dans les organismes et n’est que faiblement éliminé par excrétion (durée de demi-vie établie à 12 ans chez l’homme). Il peut conduire à la stérilité ( hommes et femmesil s'accompagne d'une baisse de la libido (du désir sexuel). Il est nuisible au développement de l'enfant, il provoque des malformations, Il génère des cirrhoses du foie, des insuffisances cardiaques, il est cancérigène, il est source de troubles du comportement (anxiété, tremblements, nervosité..)

Mauvaises graines de J. P. Géné . Un documentaire américain démontre le caractère hégémonique des OGM et l'agressivité des semenciers. A quand un droit d'ingérence alimentaire dans la politique de ceux qui nous nourrissent? Percy Schmeiser cultivait du colza depuis des décennies dans la province canadienne du Saskatchewan lorsqu'un jour « on » trouva sur ses terres quelques plants résistant au Roundup (herbicide). Ce type de colza, génétiquement modifié, ne pouvait provenir que de semences brevetées Monsanto, en usage dans la région. Percy n'en utilisait pas mais certaines avaient atterri chez lui à son insu, portées par le vent ou par d'autres vecteurs. Monsanto lui en réclama paiement sous menace de poursuites...

Des dégâts humains et écologiques : L'Office national des forêts (ONF) est en voie d'achever un inventaire des dégâts environnementaux de l'orpaillage en Guyane. " Depuis 1990, selon une première évaluation, 200 kilomètres de criques ont été impactées, le sol étant bouleversé par des baranques - les fosses creusées pour chercher l'or - sur une surface de 7 000 à 10 000 hectares ", indique Michel Bordères, le directeur régional de l'ONF.

Guyane : la malédiction de l'or jaune : Un drame dans un décor de rêve. Sur la rive de l'Arataï, en pleine forêt, à quatre heures de pirogue du littoral guyanais, le camp d'éducation à l'environnement de la réserve naturelle des Nouragues accueillait, il y a encore peu de temps, touristes, scolaires et scientifiques. Le 18 mai, deux agents de la réserve ont été découverts morts sur le site, abattus par une arme à feu.

Les Amérindiens de plus en plus contaminés par Eliane Patriarca . Le mercure rejeté par les chercheurs d'or en Guyane provoque-t-il des malformations congénitales ? On sait, depuis une première étude menée en 1994, que les habitants des villages amérindiens de la région du haut Maroni sont contaminés par le mercure via la consommation des poissons prédateurs des fleuves. Face à l'angoisse des populations qui redoutaient un lien entre malformations et mercure, la Cellule interrégionale d'épidémiologie (Cire) Antilles-Guyane a mené une nouvelle étude en 2005 dont les résultats seront publiés d'ici l'été. Entretien avec le docteur Thierry Cardoso.

La mine d'or qui mobilise la Guyane . La mobilisation a fini par payer. Face au projet très controversé de mine d'or à ciel ouvert en Guyane, la ministre de l'Ecologie est sortie du mutisme. Le 23 mai, Nelly Olin a annoncé l'envoi sur place d'une inspection générale, dont les conclusions devraient être rendues au plus tard début septembre, sur ce dossier qu'elle qualifie de «sensible». C'est surtout un projet qui a fait l'unanimité contre lui, des associations locales de protection de la nature (le collectif Quel orpaillage pour la Guyane, l'association Kwata...) aux ONG (Amis de la Terre, Mountain Wilderness, France Nature Environnement) en passant par les élus locaux, les partis politiques (Verts, Cap 21, Parti socialiste guyanais, Attac), le parc régional de Guyane, les réserves naturelles de France et l'UICN (Union internationale de conservation de la nature)...
Des centaines de Guyanais chassés de chez eux par la crue du Maroni . Des pluies abondantes ont gonflé les eaux du Maroni, qui sert de frontière à l'ouest du département, entre la Guyane française et le Surinam, provoquant depuis une quinzaine de jours des inondations importantes dans une région située en pleine forêt amazonienne et accessible uniquement par le fleuve ou les airs. La crue se déplace lentement vers l'aval et a touché successivement les Amérindiens Wayanas, puis les tribus noires Aluku et Djuka.
Rapport officiel sur l'utilisation du chlordécone et des autres pesticides dans l'agriculture martiniquaise et guadeloupéenne. La Commission des affaires économiques a été très sensible au problème posé. En effet, les conséquences potentielles pour l'être humain et l'environnement de l'utilisation des pesticides sont devenues un enjeu de société majeur. Les impacts et effets des pesticides utilisés couvrent tout le champ de la pollution de l'eau et des sols mais font également craindre des risques sanitaires pour les utilisateurs de produits, les consommateurs de denrées.
Centre de Découverte de la Science et de la Terre : Conférence le 26 avril entrée libre
Chlordécone : La mort à petite dose par Florent Grabin Les organochlorés sont extrêmement toxiques. Comme ils sont très largement d'origine synthétique, la plus part des êtres vivants n'ont développé aucun moyen spécifique pour les décomposer et s'en débarrasser. Ils interfèrent de diverses manières sur certaines fonctions biologiques fondamentales. Ils causent l'échec de la reproduction et la stérilité des femelles, ils empêchent le développement des petits,
La forêt guyanaise menacée par la multinationale Canadienne CBJ Caïman SAS - Cambior Des fosses de 150 mètres de profondeur vont être creusées. Sur la durée du projet (7 ans) plus de 12 millions de tonnes de roches seront broyées et mélangées à 30.000 tonnes de produits chimiques (cyanure: 3990 t ; chaux : 21 280 t …) En plus d’un accident industriel (rupture de digue…), les risques sanitaires peuvent aussi provenir d'une contamination lente et continue des sols, des eaux de surface et souterraines par les substances extraites du sous-sol (métaux lourds , arsenic…).
Martinique : Une bombe chimique à retardement par Florent Grabin Président de PUMA ( Pour Une Autre Martinique) Juillet 2005: dans l'indifférence estivale est rendu public le rapport de la commission parlementaire qui s'est rendue en Martinique en février de la même année. Elle constate que les arrêtés ne sont pas appliqués, d'ailleurs comment pourraient-ils il être ? Elle apprend dans le même temps que le Chlordécone ne se dégrade pas et pourrait rester dans les sols pendant plusieurs siècles. ements de la nation, singulièrement en terme de santé.

DOM-TOM les oubliés des lois sur l'eau : Qui n’a pas entendu parler de la pollution des eaux bretonnes par les nitrates et les pesticides. Qui ne sait, à présent, que le problème est général sur l’ensemble du territoire français où plus des 3/4 des ressources sont contaminées à des degrés divers. Pourtant c’est à des milliers de kilomètres de l’hexagone qu’il faut aller chercher les exemples les plus dramatiques de territoires contaminés : dans les paradis ensoleillés de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane ou de la Réunion.

Antilles : silence, on empoisonne. Les nouvelles que nous recevons de Guadeloupe et de Martinique sont véritablement effarantes. Avec la bénédiction de l'AFSSA (l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), l'Etat Français, sous la signature du ministre de l'économie des finances et de l'industrie, du ministre de l'agriculture et de la pêche, du ministre de l'outre-mer, du ministre de la santé et des solidarités, vient d'autoriser la consommation de denrées alimentaires d'origine animale et végétales contaminées à des taux élevés par le chlordécone, un pesticide particulièrement redoutable utilisé sur les bananes.

Monsanto pille et tue les paysans, ruine l’environnement, menace la santé des hommes. La firme Monsanto Company est le premier producteur mondial de glyphosate, qu’elle vend sous la marque Roundup Elle est le leader mondial des semences génétiquement modifiées. La première firme mondiale également pour la vente de semences conventionnelles...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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