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Pollution. Le projet canadien suspendu en raison de son impact néfaste sur l'environnement.

En Guyane, du plomb dans l'aile d'une mine d'or

 

 

Par Eliane PATRIARCA

QUOTIDIEN : Vendredi 13 octobre 2006 - 06:00

La fièvre de l'or en Guyane en sera-t-elle un peu douchée ? Mercredi soir, le gouvernement français a suspendu le projet de mine à ciel ouvert du géant canadien Cambior ( Libération du 2 juin). Un refus d'autorisation décidé après réception du rapport de la mission d'inspection diligentée par les ministres de l'Ecologie et de l'Industrie. Les inspecteurs ont relevé des «lacunes» concernant l'impact «sur la faune et la flore» et les «conditions de rejets dans le milieu naturel d'effluents cyanurés». 

Cyanure. En 2004, Cambior a obtenu de l'Etat français, pour une durée de vingt-cinq ans, une concession de 30 km2, située à 45 kilomètres de Cayenne, sur la montagne de Kaw. Le chantier, gigantesque, impliquerait le creusement, en pleine forêt primaire, de carrières de 150 mètres de profondeur et l'utilisation de produits toxiques. Une fois la mine en exploitation, le milieu naturel devrait absorber chaque jour 2 254 m3 d'eau et 1,6 tonne de cyanure.

Caïmans. Or Camp Caïman, situé dans le parc naturel régional et à proximité de deux réserves naturelles, est un site d'une biodiversité exceptionnelle : sanctuaire des derniers caïmans noirs, il abrite 700 espèces de végétaux, près de 100 de mammifères et 254 d'oiseaux, sans compter des milliers d'insectes.

Dans un département qui paie déjà un lourd tribut à l'orpaillage alluvionnaire, le projet suscite de profondes inquiétudes, incarnées dans un front du refus, qui va des associations de protection de la nature aux grandes ONG (WWF, l'UICN), en passant par les partis politiques et les collectivités locales.

Soulagés, les opposants restent vigilants. Car la décision du gouvernement n'est pas un veto définitif, mais un «rejet en l'état du dossier». A l'exception des deux points litigieux, la mission d'inspection a estimé que le dossier répondait «à la plupart des sujets d'inquiétude», et a recommandé de renforcer les «mesures compensatoires» aux atteintes portées au milieu naturel.

Aussitôt, Cambior a annoncé qu'il reprenait ses dossiers pour apporter les compléments d'information demandés en vue d'une nouvelle enquête publique. «Nous sommes plus déterminés que jamais à mettre cette mine en marche», a indiqué à l'agence Reuters Denis Hamel, directeur de l'usine de traitement du minerai du site minier. Cambior a une bonne raison de persévérer : avec Camp Caïman, le géant canadien table sur 34 tonnes d'or en sept ans.



http://www.liberation.fr/actualite/terre/210380.FR.php

© Libération

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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