La chorégraphe
et danseuse allemande Pina
Bausch est morte mardi 30 juin à
l'âge de 68 ans, a annoncé le
Tanztheater de Wuppertal, en
Allemagne, dont elle dirigeait
la compagnie depuis 1973. Sa
mort, à l'hôpital, fut
"inattendue et rapide, cinq
jours après qu'on lui eut
diagnostiqué un cancer", a
indiqué la porte-parole,
précisant qu'"elle était
encore dimanche dernier sur
scène avec sa compagnie, à
l'Opéra de Wuppertal".
Philippine
Bausch était née le 27 juillet
1940 à Solingen, dans la Ruhr,
où ses parents tenaient un
hôtel-restaurant-café. A tout
juste 15 ans, elle intègre
l'école pluridisciplinaire
autour de la danse fondée par
Kurt Joos à Essen, avant de
partir, en 1958, pour New York
avec une bourse pour la
Juilliard School. Cette danseuse
déliée y triomphe, mais revient
quatre ans plus tard dans son
pays natal pour diriger la
compagnie attachée à l'école
d'Essen.
En 1973, Pina
Bausch accepte la proposition
d'Arno Wüstenhöfer, qui dirige
l'Opéra de Wuppertal, de prendre
en main la compagnie de danse
classique. D'entrée de jeu et en
moins de quatre ans, elle
s'empare avec férocité d'Iphigénie
en Tauride, d'Orphée et
Eurydice, du Sacre du
printemps, des Sept
Péchés capitaux, de
Barbe-Bleue, toutes
partitions illustres dédiées au
thème de la victime sacrifiée,
reniée, meurtrie. Confrontée à
Gluck, Stravinsky, Weill et
Bartok, elle expose son ambition
et crûment la violence, surtout
celle exercée à l'encontre des
femmes, la domination des
hommes.
Toujours
basée à Wuppertal, mais invitée
régulièrement à l'étranger –
notamment chaque saison au
Théâtre de la Ville à Paris
depuis trente ans –, elle
organisait aussi des résidences
avec toute sa compagnie dans les
métropoles du monde entier, pour
puiser la matière de ses
nouveaux spectacles. Elle a
signé une quarantaine de
créations, dont Café Müller
(1978), Nelken (1982),
Danzon (1995), Masurca
Fogo (1998), Nefes
(2003), largement encensées par
la critique et reprises. Cette
grande dame de la danse
contemporaine laisse aussi
derrière elle une compagnie
d'une quarantaine de danseuses
et danseurs.
Un
extrait de Café Müller, crée en
1978, l'une des œuvres les plus
célèbres de la chorégraphe.
Le
Monde.fr, avec AFP
LEMONDE.FR | 30.06.09 |
15h53
Pina
Bausch et le cinéma
Pina Bausch a joué une princesse
aveugle dans Et vogue le
navire, de Federico Fellini
(1982) et Parle avec elle
(2001), de Pedro Almodovar,
montrait de larges extraits de
ses spectacles. Elle a elle-même
réalisé un film, La Plainte
de l'impératrice, en 1989,
manifeste baroque à la gloire de
la nature et de la déambulation.