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Jean Babilée dans
une représentation du
Jeune homme et la
mort de Jean Cocteau, en 1946.
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L’Opéra de Hanoi rend hommage à Jean Babilée
Né en 1923, le danseur Jean Babilée est passé dans
l'histoire pour avoir créé en 1946, au Théâtre des
Champs-Elysées, "le Jeune homme et la Mort", ballet
né d'une idée de Jean Cocteau. On le célèbre
aujourd'hui au Vietnam.
Mots-clés : danse, culture, hanoi, babilée, opéra
C'est en découvrant le beau film que le fondateur de
la Cinémathèque de la Danse, Patrick Bensard, a
tourné sur la vie de Jean Babilée ("le Mystère
Babilée", 2005) que le directeur de la Cinémathèque
du Vietnam, Jerry Hermann, un Américain établi dans
la capitale de ce pays, a décidé de monter à l'Opéra
de Hanoi une soirée d'hommage à l'un des plus
célèbres artistes de l'histoire de la danse
française.
Le Mystère Babilée
Cet hommage rendu en sa présence à Jean Babilée,
hommage monté avec l'aide des services culturels de
l'ambassade de France au Vietnam, aura lieu le 9 et
le 11 avril au cours de soirées pour lesquelles le
Ballet de Hanoi a été mobilisé et durant lesquelles
le film, "le Mystère Babilée", sera projeté au
public. D'autres soirées, offertes dans le cadre de
la Cinémathèque de Hanoi, donneront à découvrir au
public vietnamien de nombreux films de danse et de
jazz procédant des collections de la Cinémathèque
française de la Danse.
Visages du Nord Vietnam
Parmi les personnes qui de France ont fait à cette
occasion le déplacement à Hanoi, on compte le
photographe Marc Riboud qui avait naguère "couvert"
la Guerre du Vietnam à l'invitation du gouvernement
de Ho Chi Min et en avait conçu un album de
photographies devenu célèbre, "Visages du Nord
Vietnam".
Le tout premier reportage photographique que Marc
Riboud aura effectué, au début de sa carrière, le
fut sur le tournage d'un film de Jean Benoît Lévy,
"le Poignard", dont Jean Babilée assurait en 1952 la
partie chorégraphique.
C'est à l'occasion du tournage du "Mystère Babilée"
que le danseur et le photographe, nés la même année,
en 1923, se sont retrouvés cinquante ans plus tard,
à l'aube des années 2000.
Jean Babilée ne s'était jamais rendu au Vietnam et
Marc Riboud n'y était plus retourné depuis l'époque
de la guerre dans les années 1960.
Et en France ?
Cette manifestation que le lointain Vietnam monte
aujourd'hui autour de la figure de Jean Babilée
confère plus d'étrangeté encore à l'absence
d'hommage officiel qui devrait être rendu en France
à ce danseur légendaire, soit par l'Opéra de Paris,
soit par le ministère de la Culture.
Mais le Ballet de l'Opéra de Paris, où dansa
pourtant Jean Babilée, ne semble guère enclin à
célébrer un artiste qui fut trop rebelle à
l'institution. Et trop indépendant.
Quant au ministère de la Culture, il ne semble même
pas qu'on s'y soit posé la question. Une conseillère
du ministre, réputée pour son incompétence fâcheuse
et son indigence intellectuelle, mais épouse d'un
cacique de l'UMP et fille d'un ex-danseur de
l'Opéra, aurait déclaré ne pas en concevoir
l'utilité... dans la mesure où son propre père
n'avait jamais fait l'objet d'un tel hommage.
Raphaël de Gubernatis Le NouelObs semaine du
01-08/04/11
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