
À la
recherche de Joséphine, New
Orleans forever
Opéra-Comique : La revue Savary
Jean-Luc Wachthausen.
Le
titre est un brin trompeur parce
qu'on en apprend plus sur son
auteur, Jérôme Savary, que sur son
sujet, Joséphine Baker en
particulier et la Revue nègre
en général. Ce n'est pas très grave
parce que ce «cinglé du jazz et
du music-hall» a le chic pour
vous entraîner en un tour de main
dans son voyage qui part en tous
sens. Lequel tient tout à la fois du
livre d'images, de la leçon de
musique (blues, flamenco, salsa,
même combat), de la profession de
foi, de la revue en tableaux et du
cours d'histoire sur les Années
folles lorsque débarqua, un beau
jour de 1925, une troupe de
musiciens et de danseurs noirs
américains, parmi lesquels Sidney
Bechet et une jeune beauté de 18 ans
native de Saint Louis (Missouri),
Joséphine Baker.
Pour corser l'affaire, Savary nous
conduit sur les ruines de La
Nouvelle-Orléans dévastée par
l'ouragan Katrina au milieu de
musiciens qui ont tout perdu et d'un
producteur (formidable Michel
Dussarat !) qui cherche la perle
rare pour incarner Joséphine Baker
dans un remake de la Revue nègre.
On le suit volontiers, d'autant
qu'il a réuni dans la fosse quelques
musiciens du cru qui, dès les
premières mesures de Saint James
Infirmary Blues, donnent le ton,
plus Singin'in the Shit que
When the Saints qui,
pourtant, clôt la première partie
avec une jam en salle.
Mais la vedette de Joséphine,
c'est la jeune Nicolle Rochelle,
beau physique et jolie voix de
soprano qui réussit avec brio le
passage des figures imposées, comme
la reprise de The Man I Love
et le port de la miniceinture de
bananes, ressuscitant une Joséphine
Baker charmante et énergique.
Qu'elle reprenne Ma Tonkinoise,
C'est lui ou l'éternel J'ai
deux amours, descendant le
fameux escalier du Casino de Paris,
elle donne au spectacle de Savary un
coup de jeunesse et de fantaisie. À
l'instar de la troupe où figurent
deux fabuleux jeunes danseurs à
claquettes dans un Stompin'at the
Savoy à faire vaciller la
vénérable Salle Favart.
Opéra-Comique, 20 heures, jusqu'au
14 janvier. Tél. : 0825 00 00 58.