Au Centre Culturel de Rencontre
Fond Saint -Jacques
L’ imagination
pour mémoire
Deux créations de Marlène Myrtil
 Dans une atmosphère intimiste le
spectacle surgit de la lumière soyeuse et déjà qui étire les instantanés dynamiques, du
mouvement et du maintien percés à jour, comme dans un
théâtre d’ombres. Une femme aux prises aux fragmentations de
sa mémoire danse et lutte pour ne pas sortir d’elle-même.
Elle nous entraine dans une succession de figures
impressionnistes ; ressouvenirs par l’âme, agités, ponctués
d’états farouches indomptés. Marlène combine les langages du
mouvement, des textes poétiques et de la conception visuelle
dans une étrange réminiscence du lien à l’autorité et des
chaînes virtuelles qui continuent de blesser. Et puis ce mur
blanc comme l’écran d’une mémoire imposée, redite dans
l’enfermement infernal. Sur ce mur atrocement blanc une
ligne mélodique où Chopin dominant déchaine « un brillant
oiseau voltigeant sur les horreurs d’un gouffre » Un gouffre
obscurci de miasmes humains. Rien à voir avec un néo-polar
doublement noir. C’est du théâtre social jusque dans la
beauté du pire. Une monographie éperdument vraie,
certainement héroïque, évidemment impérissable ; un pont
entre la blessure et l’avenir. Contre toute souffrance de
race, cette douleur au dessus de la mêlée, sans eugénisme,
contre la mixophobie obsessionnelle ; Cette atrocité que
l’on nomme esclavage, vaut bien son pesant de poil à
gratter. Sur scène Marlène et Yna se débattent, luttant pour
des moments de lucidité et de franchise, tentent de rester à
la surface. Elles répètent des bribes d’un discours
existentialiste : dialogues de parchemins pour nourrir une
idée. Elles révèlent la quête d’individus assoiffés de
vérité en réponse à la cruauté, mais déjouent la tentation
larmoyante que dévoile cette sensation édifiante d’un
passéisme culturel nécessaire, qui traine sa malédiction
ambulatoire, là ou l’espoir chante le refus d’une fatalité…
encore et encore.
Une conférence dansée
La voix comme un prolongement de soi,
mise en scène, en lumière et en situation, intervient dans
la chorégraphie dans un mouvement perpétuel de l’une à
l’autre. On y perçoit à la fois un spectacle volontariste et
une expérience d’interaction entre le lieu, le jeu et
l’accomplissement sensoriel. Selon cette grille d’analyse,
l’impression première de subir le vivant mystère d’un rébus,
où peut être la chorégraphie et le rendu des mots paraissent
bien partagés, comme dans une vitrine floue ou de verre
brisé, s’auto détruit et propose des accords aux harmonies
singulières, plus qu’une étrange formule mixte, narrative et
dansée. Surprendre le spectateur est certes bien plaisant,
mais établir un contact avec lui, même par la pensée demeure
le but ultime. Alors, Marlène et Yna prennent des chemins
différents pour communiquer quelque chose de puissant. Ce
qu’elles cherchent à passer ce sont des sensations, des
couleurs, des vibrations, voire des odeurs. La récitation du
drame, vêtue de leitmotiv apparait finalement comme un
prétexte pertinent pour étirer les volumes des corps, donner
du poids aux mots et découvrir enfin, que l’essentiel réside
dans une performance où le niveau de communication se situe
a hauteur des tripes, pour raconter une grande et complexe
histoire avec une fluidité et une clarté insoupçonnée.
La conférence dansée, est un choix ….Une
Liberté !
Distribution : La Compagnie Kaméléonite
Chorégraphie :Marlène Myrtil
Interprétation : Marlène Myrtil et Yna
Boulangé
Régie son et créations lumière : Valéry
Pétris
Musique : Mozart et Chopin
Conception montage sonore : Babou
Marcuse.
Christian Antourel
Le 10 décembre 2010
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