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Angelin Preljocaj sur un fil

 

 

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L’un des premiers spectacles de la rentrée donne le vertige. Le chorégraphe et danseur Angelin Preljocaj, en un solo intense, magnifie Le Funambule de Jean Genet, un texte sur la solitude de l’artiste.

Il a créé 42 ballets. Le plus récent, Blanche Neige, monopolise toute sa compagnie et fait le tour du monde. Le danseur et chorégraphe Angelin Preljocaj n’est pas du style à rester les deux pieds dans le même sabot. Tout l’hiver dernier, pendant que ses danseurs remportaient succès sur succès, il faisait tous les matins des exercices de barre et prenait, au Palais Garnier, la leçon commune aux danseurs de l’Opéra de Paris.

A 52 ans, se remettre en question? Dans sa ligne de mire un texte de Jean Genet, Le Funambule, qui le poursuit depuis son adolescence. "Orphelin" de sa compagnie, comme il dit, il a imaginé une lecture dansée de ce texte, spectacle créé en juillet au Festival Montpellier-Danse de Jean Luc Montanari. Angelin remporta un tel succès que le voici au Théâtre des Abbesses. Virtuosité? C’est peu dire. Preljocaj tient son public en haleine pendant une heure et quart. Comédien? Il ne le veut pas. "Je ne joue pas le texte comme on le fait à la Comédie Française. Je le donne seulement à entendre", dit-il. C’est sans inflexion, d’une voix atone, qu’il lit puis dit le texte éblouissant que Genet écrivit à l’intention de son jeune amant du moment, Abdallah, qui était un vrai fil-de-fériste. Ce texte évidemment va bien au-delà. Il est poignant sur la solitude de l’artiste condamné à un perpétuel numéro d’équilibriste.

Preljocaj nous enflamme

Sans artifices, sans autre décor que des rames de papier qui tombent des cintres, Preljocaj dévore l’espace. Une perche l’emporte jusqu’au niveau du balcon. Angelin Preljocaj sur terre ou sur le fil retrouve les gestes saccadés, les mouvements abrupts, rigoureux, cassants, à la limite des lois de l’équilibre de ses débuts, gestuelle qu’il a transmise à ses danseurs.

Sur le fil du texte, Preljocaj hisse ses spectateurs vers un absolu. La dernière phrase du texte de Genet est révélatrice. "Il s’agissait de t’enflammer non de t’enseigner". Preljocaj nous enflamme.

Le Funambule. Théâtre de la Ville-Les Abbesses. Jusqu’au 15 septembre. Tél. 01 42 74 22 77 www.theatredelaville-paris.com

Nicole Duault - leJDD.fr

Vendredi 04 Septembre 2009

 

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