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ROYAL BONBON
-ROYAL
BONBON projeté le 9 Juillet 19H au Centre Culturel de Coridon et le 12 Juillet, toujours 19H
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Le pouvoir
et le
président de
la
République
en
particulier
sont la
cible des
protestations
sur l'île.
Crédits
photo : AFP |
Profondément ancré
dans l'histoire et la tradition haïtienne,
Royal bonbon
de Charles NAJMAN
(prix Jean VIGO en 2002) est le premier film de fiction
à avoir été entièrement tourné en Haïti.
Film de Charles
Najman (France/Canada/Haïti, 2002). Image : Josée
Deshaies. Musique : Jean-François Pauvros. 90 mn. Avec
Dominic Batraville : le roi. Verlus Delorme : Timothée.
Ambroise Thompson : Valentin. Anne-Louise Mesadieu : la
reine.
Genre : sous
l'emprise d'Haïti.
Un fou errant dans les rues du Cap haïtien se prend pour
le Roi Christophe, premier souverain du Nouveau Monde,
ancien esclave et libérateur d’Haïti en 1804. Chassé de la ville,
le "roi Chacha", comme on le surnomme, se réfugie dans
les ruines grandioses du Palais de Sans Souci en
compagnie de Thimothée, un gamin des rues qu'il a pris
sous son aile.
Là, il reconstitue
une cour de pacotille et règne par l’absurde sur son
royaume imaginaire : un Palais aujourd’hui en ruines
Le film
s'inspire très librement des derniers jours du roi
Christophe, cas unique d'ancien esclave devenu
souverain, qui avait déjà inspiré Aimé Césaire. Royal
Bonbon n'approche nullement l'histoire d'Haïti par
le biais d'une reconstitution, mais plutôt de son
contraire : la déliquescence, le vestige. Charles Najman
évoque ce pays de manière subjective, comme en rêve, en
créant une poétique de la ruine et de l'écho. Il faut
donc affectionner les délires pour apprécier ce film
bric-à-brac, sorte de totem à la Tinguely qui menace à
tout moment de s'écrouler piteusement, mais qui, contre
toute attente, résiste et tient debout. Il faut aussi
priser la grammaire rieuse du créole, et tout ce qui
affole la langue française, des titres honorifiques
incongrus - « comte de la Limonade, comtesse du
Chapeau pointu » - aux mélopées répétitives du roi
Chacha. Les mots sont ici malaxés et scandés avec une
énergie très musicale, proche du récitatif, du rap, du
negro spiritual.
Les différents
parlers, les visages, les lieux traversés, la très belle
lumière entre chien et loup forment une ode d'amour
dédiée à ce pays hanté. Un amour payé en retour par le
charisme des gens filmés (tous haïtiens, tous non
professionnels), et par toutes sortes de petits
miracles. Car Royal Bonbon capte des moments qui
tiennent parfois de la magie pure. Ainsi, cette séquence
vaudou à la lisière de la forêt. Surplombant une vasque,
une vieille prêtresse noire est soudain possédée par un
esprit. Instant de transe accompagné par un titre
brûlant de Patti Smith. Cérémonie sauvage, sabbat de
toute beauté, film de sorcier.
Jacques Morice
Télérama,
Samedi 06 juin 2009
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