Ranimons le court
métrage !
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Par JACQUES PERRIN
Parrain du «Jour le plus court», BERTRAND
TAVERNIER, MICHEL GONDRY Parrain du «Jour le
plus court», VALÉRIE DONZELLI Cinéaste,
SERGE AVÉDIKIAN, JEAN-JACQUES BEINEIX,
VALÉRIA BRUNI-TEDESCHI, RACHID DJAIDANI,
PIERRE ETAIX, ERIC GARANDEAU, COSTA GAVRAS,
DYANA GAYE, JULIE GAYET Parrain du «Jour le
plus court», MICHEL HAZANAVICIUS, MÉLANIE
LAURENT Parrain du «Jour le plus court»,
SOPHIE LETOURNEUR, JEANNE MOREAU Parrain du
«Jour le plus court», OLIVIER NAKACHE, ERIC
TOLEDANO, REBECCA ZLOTOWSKI Parrain du «Jour
le plus court»
La noblesse et la puissance d’une œuvre ne
se mesurent pas à sa longueur, à son
métrage. Il y a même tout lieu de penser
qu’un court sera au moins aussi intense et
corsé qu’un long… Alors d’où vient que le
court métrage qui, depuis Lumière et Méliès
régnait seul sur le cinéma, a été
progressivement relégué en «avant
programme», avant de disparaître purement et
simplement du grand écran, sans retrouver
une place digne sur le petit ?
Sans doute une forme de «darwinisme», qui
pourrait aujourd’hui s’inverser. Dans un
monde frappé par l’accélération du temps et
la révolution numérique, les lourdes
machines donnent parfois quelques signes
d’essoufflement. Agile, audacieux, créatif,
le film court a retrouvé la vitalité et la
fraîcheur des premiers temps du cinéma. 657
films courts ont obtenu un visa
d’exploitation en France en 2010, contre 380
en 2005, et 2011 est encore meilleure.
Cette effervescence créative, soutenue par
le CNC et ses partenaires, déborde largement
du cadre traditionnel du long métrage. Porté
par des auteurs plus jeunes (70% des
réalisateurs ont moins de 40 ans), plus
féminins et moins parisiens, le court
métrage n’est pas seulement un travail
d’esquisse, un exercice «à blanc» avant le
grand saut vers le «long», c’est aussi un
genre à part entière, qui procure autant
d’émotions et produit autant de
chefs-d’œuvre.
Même si, dans leur conception, les films
courts restent parfois dépendants d’une
économie de la débrouille et du «système D»,
il convient d’affirmer haut et fort que le
court-métrage français est pour les auteurs,
réalisateurs, producteurs, techniciens et
comédiens, un espace de création unique,
irremplaçable, souvent très professionnel et
qui favorise les plus grandes audaces dans
la forme et dans l’écriture. On le voit dans
tous les genres, particulièrement dans
l’animation où l’imagination est foisonnante
dans les idées comme dans les techniques et
les matériaux utilisés (de la peinture à la
vidéo, de la pâte à modeler aux images 3D…).
Le court métrage permet ainsi la création la
plus expérimentale… tout en constituant
l’art le plus populaire, accessible à tous
les cinéastes amateurs. La légèreté du
format court se conjugue en effet à des
outils de montage et de mixage de plus en
plus ergonomiques et bon marché. Si l’on
inclut ces nouvelles pratiques, ce sont des
milliers de films qui sont réalisés chaque
année en France et des centaines de milliers
dans le monde. Toutefois, le format atypique
du court métrage, sa durée et son caractère
proprement expérimental, est devenu plus
difficile à intégrer dans certaines cases ou
réseaux de diffusion «traditionnels». Bien
qu’éloignés des salles de cinéma, cantonnés
aux horaires de nuit sur les grandes chaînes
télévisées, les courts métrages ont pourtant
su trouver de nouveaux chemins et de
nouvelles terres d’asile : festivals, salles
«Art et essai», programmes éducatifs,
plateformes communautaires, nouvelles
chaînes de télévision sur le Web sont des
relais indispensables qui témoignent de
l’intérêt des spectateurs.
Aujourd’hui, nous voulons tous relever ce
défi : montrer au public ces richesses dont
il est trop souvent privé ; briser ce cercle
vicieux qui tend à faire croire que le grand
public n’adhère pas au court métrage alors
que la réalité est qu’on ne lui donne pas
assez souvent la faculté d’en voir…
C’est à l’occasion d’une rencontre avec des
auteurs dans un festival, à
Clermont-Ferrand, qu’est née l’idée de créer
un événement national qui montre au grand
public la richesse du court. Nous avons
voulu intituler cet événement le «Jour le
plus court», en le situant logiquement et
symboliquement au solstice d’hiver, le 21
décembre, ce qui permet aussi de profiter de
la plus longue nuit de l’année pour projeter
des films sur tous les écrans, et en
particulier en avant-programme des salles,
mais aussi, au-delà, sur les murs des
villes. A ce jour, on ne dénombre pas moins
de 5 600 séances organisées autour du film
court, dans toute la France et à l’étranger
!
Le 21 décembre 2011, jour du solstice
d’hiver, jour le plus court de l’année,
«libérons» l’image des écrans, investissons
de nouveaux espaces, partageons partout la
richesse et la vitalité du film court, des
salles de cinéma aux tablettes numériques,
de la télévision à Internet, sur les murs
des villes, dans les lieux de création,
salles de spectacles, musées, médiathèques,
bars restaurants, «lieux alternatifs»,
friches… Montrons que le court gagne à être
montré ! Au moment de la ruée vers les
«courses de Noël», marathon rituel de la
société de consommation, tentons tous
d’inscrire des œuvres jusque sur les
panneaux publicitaires numériques. L’espace
d’un instant, mercredi 21, posez tous vos
cabas, laissez vos avoirs, apprenez à ÊTRE,
pour un court moment, pour l’instant d’un
court…
Liste complète des signataires sur :
www.lejourlepluscourt.com
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