Le long-métrage émouvant de
Danny Boyle a obtenu huit statuettes
dont celle du meilleur film, tandis
que Kate Winslet et Sean Penn sont
repartis avec les trophées des
meilleurs acteurs. La France est
repartie bredouille.
Il a failli ne pas être
distribué en salles… Et
Hollywood vient de le porter en
triomphe. Film à
petit budget, sans vedettes,
Slumdog Millionnaire a
régné sans partage sur les 81e
Oscars dans la nuit de dimanche
à lundi en obtenant huit
récompenses sur neuf possibles.
Outre l'Oscar du film, la plus
convoitée des 24 statuettes
dorées en jeu,
l'oeuvre qui raconte
le destin d'un orphelin de
Bombay gagnant contre toute
attente à un jeu télévisé a valu
à Danny Boyle
l'Oscar du réalisateur.
Le Britannique a remercié
«tous ceux d'entre vous qui nous
ont aidé et ceux qui ne l'ont
pas fait».
Auparavant, Slumdog
Millionnaire avait déjà
enlevé les trophées du
scénario adapté, de la
photographie, du montage et
du mixage sonore, puis valu
au compositeur indien
A.R. Rahman
deux statuettes, pour la
musique et la chanson
originales. Cinq ans après
son Oscar du meilleur acteur
grâce à son personnage de
père vengeur dans Mystic
River, Sean Penn
a effectué le doublé en
obtenant le même prix pour
un rôle aux antipodes, celui
de Harvey Milk,
flamboyant pionnier des
droits des homosexuels. «Je
pense que c'est le moment
pour ceux qui ont voté pour
l'interdiction du mariage
homosexuel (en Californie,
ndlr) de s'asseoir et de
réfléchir à leur grande
honte et à la honte dans les
yeux de leurs petits enfants
s'ils continuent à se
comporter ainsi», a osé
l'acteur, chaudement
applaudi.
Heath Ledger, le
diabolique Joker,
récompensé à titre
posthume
Quant à Kate
Winslet, sa
sixième nomination a
finalement été la bonne.
Douze ans après
Titanic, la
Britannique s'est vu
décerner l'Oscar de la
meilleure actrice grâce
au Liseur où elle
incarne une ancienne
gardienne de camp nazi.
Très émue, l'actrice
britannique a assuré
qu'elle avait déjà
répété son discours de
remerciements devant son
miroir de salle de
bain... à l'âge de huit
ans en tenant un flacon
de shampooing en lieu et
place de la statuette.
«Aujourd'hui, ce n'est
plus un flacon de
shampooing», s'est-elle
réjouie.
De l'émotion, il
y en a eu aussi au
théâtre Kodak
lorsque
Heath Ledger,
décédé en janvier
2008 à l'âge de 28
ans, a été distingué
par l'Oscar du
second rôle masculin
au titre de
Batman, le
chevalier noir
dans lequel il
jouait le diabolique
Joker. Sa sœur Kate,
aux côtés de ses
parents, a rendu
hommage à l'acteur
disparu : «Nous
savions tous deux
que ce que tu avais
créé avec le Joker
était tellement
spécial et nous
avions même parlé
d'être là pour ce
grand jour».
Déception
pour L'étrange
histoire de
Benjamin Button
Au début de
la cérémonie,
Pénélope
Cruz
est devenu la
première
Espagnole à
recevoir un
Oscar, celui du
second rôle
féminin pour
Vicky Cristina
Barcelona de
Woody Allen. La
statuette de l'oeuvre
en langue
étrangère a été
attribuée au
film japonais
Departures,
l'histoire d'un
violoncelliste
qui devient
embaumeur après
la faillite de
son orchestre.
Les Français,
nominés avec
Entre les murs
de Laurent
Cantet, sont
donc repartis
bredouille. Les
autres chances
françaises - le
compositeur
Alexandre
Desplat pour la
musique de
Benjamin Button,
le court métrage
Manon sur le
bitume et l'oeuvre
d'animation
courte
Oktapodi
d'étudiants
parisiens,
se sont
également
heurtées aux
décisions du
jury.
L'Oscar
du film
d'animation
est, enfin,
allé à
Wall-E,
fable du
studio Pixar
sur un robot
compacteur
de déchets
laissé seul
au monde,
tandis que
Man On
Wire,
relatant
l'exploit
d'un
funambule
français
ayant marché
entre les
tours du
World Trade
Center en
1974, a reçu
l'Oscar du
documentaire
:
Grosse
déception en
revanche
pour
L'étrange
histoire de
Benjamin
Button,
nommé 13
fois, et qui
s'est
contenté de
trois Oscars
techniques :
direction
artistique,
effets
visuels et
maquillage.