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La Dame de fer
par Louis GuichardSYNOPSIS
 À la fois aimée et rejetée, Margaret Thatcher est une figure emblématique de la scène politique internationale - la première et l'unique femme Premier ministre du Royaume-Uni, et l'une des femmes les plus célèbres et les plus influentes du XXe siècle. Enfermée dans l'inactivité enrageante de la retraite et luttant contre sa mauvaise santé, Margaret est prise d'assaut par ses souvenirs. Des fragments de sa vie privée et du temps où elle était Premier ministre envahissent son esprit et elle les revit dans les moindres détails. Soit l'histoire d'une femme venue de nulle part pour démanteler les barrières liées au sexe et aux classes que l'on rencontrait dans un monde dominé par les hommes.
LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 15/02/2012
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Sans selle

Par Eric Libiot
Pas de grand film depuis 1998 et son épique Il faut sauver le soldat Ryan. La marque Steven Spielberg serait-elle en train de s'essouffler?
Il fut un temps où j'aurais emmené ma nièce voir Cheval de guerre. Elle a toujours aimé les chevaux. Maintenant, elle aime le cinéma. Je vais donc m'abstenir. Ou alors l'inviter à regarder La Taupe, pour rester dans l'animal. Parce que là, comment dire, on est dans le romanesque guimauve et ras du poil. Bien mis en scène, remarquez. Steven Spielberg, oui, le même que Les Dents de la mer, pour rester dans l'animal, sait y faire. Il y a même une séquence très belle, de nuit, fantomatique, où un soldat allemand aide un soldat britannique à sortir Joey des barbelés. Une seule. C'est peu. Le reste du temps -l'amitié, pendant la Première Guerre mondiale, entre un garçon, Albert, et un cheval, Joey- est long. Deux heures vingt-sept au garrot.
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"The Lady" : images pieuses de Birmanie
  De la Birmanie et des Birmans, on ne connaît souvent que la figure d'Aung San Suu Kyi. Et cette figure admirable cache à son tour la femme qui lutte depuis des décennies contre la dictature qui écrase le pays (il s'agit là, bien sûr, d'une généralité qui souffre de très nombreuses exceptions : l'information sur la réalité birmane et la situation politique est à portée d'ordinateur).
The Lady, le film que Luc Besson a consacré à la dirigeante birmane, voudrait sans doute donner chair à cette icône de la lutte pour la démocratie, éclairer ce pays maintenu dans l'obscurité par ses militaires. Jamais le réalisateur français ne s'approche de cet objectif.
Malgré ses deux heures de projection, ses figurants par centaines, ses acteurs d'exception, The Lady n'offre pas plus d'informations et d'émotions qu'une image pieuse.
Pourtant, le parti pris de départ est audacieux. Aung San Suu Kyi (l'actrice chinoise de Hongkong, Michelle Yeoh) avait épousé un universitaire britannique, Michael Aris (David Thewlis, vu jadis chez Mike Leigh, plus récemment aux côtés de Harry Potter).
Le scénario de Rebecca Frayn veut suivre l'engagement progressif d'Aung San Suu Kyi (fille de l'un des héros de la lutte anticoloniale) à travers le regard de Michael Aris. Séparé de son épouse, assignée à résidence par les militaires, atteint d'un cancer, il ne la voit qu'à l'occasion de rares voyages en Birmanie. C'est lui qui élève leurs deux fils, privés d'une mère dont ils n'ont de nouvelles que par le World Service de la BBC.
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"Hugo Cabret" de Martin Scorsèse

Voilà un film
qu'on reçoit
comme un cadeau,
une malle aux
trésors. On y
découvre
pêle-mêle une
aventure pleine
de mystères dans
un Paris façon
Eugène Sue, la
reconstitution
d'un fameux
accident qui eut
lieu à la gare
Montparnasse, au
temps où elle
s'appelait gare
de l'Ouest, et
celle de la non
moins fameuse
projection, en
1896, d'un des
premiers films
de l'histoire du
cinématographe,
L'Arrivée d'un
train en gare de
La Ciotat. Mais
si Hugo Cabret
nous ramène au
temps du cinéma
muet, c'est à
travers un grand
spectacle en 3D
sous la
direction de
Martin Scorsese.
Il y a là de
quoi enchanter
les enfants
comme les
cinéphiles, et
même les enfants
cinéphiles, ceux
du film montrant
l'exemple d'une
formation
précoce et très
heureuse à
l'amour du
septième art.
Pour réunir tout
cela, il a
d'abord fallu un
livre fort et
original,
L'Invention de
Hugo Cabret, de
Brian Selznick
(1) . Son héros
est un gamin
orphelin qui,
dans le Paris de
1931, vit seul
sous les toits
d'une grande
gare dont il
remonte les
horloges. Une
autre mécanique
l'occupe : la
mise en route
d'un étrange
automate laissé
par son père.
Pour l'animer,
une clé en forme
de coeur est
nécessaire. Hugo
va la trouver
grâce à
Isabelle,
orpheline elle
aussi, qui vit
chez le vieux
marchand de
jouets de la
gare. Cet homme
austère a un
fabuleux secret
: il a été un
inventeur, un
créateur
d'images pleines
d'imagination.
Il s'appelle
Georges
Méliès... Mais
le génial auteur
du Voyage dans
la Lune (1902) a
fini ruiné,
oublié dans
cette gare où il
a dû se faire
marchand de
jouets. Avant
d'être
redécouvert et
fêté à Paris...
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FILM
Or
noir
Aventure réalisé
en 2011 par
Jean-Jacques Annaud
SYNOPSIS
Dans les années 30, le sultan
Amar confie ses deux fils, dont
le tout jeune prince Auda, à son
ennemi, le fourbe Nessib. Ce
geste est censé garantir la paix
entre les tribus. Auda, épris
d'érudition, grandit auprès de
la princesse Leyla. Sage et
dynamique, le jeune homme est
sommé de choisir son camp. Il va
plutôt essayer d'unir les deux
camps, qui se déchirent pour
s'approprier l'or noir, le
pétrole du désert.
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critique |
«Intouchables»? Ben si…
Omar Sy et François Cluzet, dans "Intouchables". - Thierry Valletoux
Par GÉRARD LEFORT, DIDIER PÉRON, BRUNO ICHER
 Bisounours. Enorme succès, la comédie sociale bien pensante d’Eric Toledano et Olivier Nakache, déploie tous les unanimismes du moment. Visite guidée. Au lendemain de la troisième Journée mondiale de la gentillesse, entre Intouchables et Indignés, nous sommes pris dans les deux mâchoires d’un même étau : dire du mal, c’est pas bien. La comédie d’Eric Toledano et Olivier Nakache, sortie le 2 novembre, n’est déjà plus un film mais, du haut de ses plus de 2 millions d’entrées, un de ces fameux phénomènes de société qui contraint à se poser la question de l’unanimité. Intouchables, la polysémie du mot est riche : elle désigne la plus basse extraction dans le système indien des castes, pas touche aux intouchables, parias et maudits. Mais toucher aux Intouchables ce serait aussi toucher aux Incorruptibles (the Untouchables en VO) avec le risque afférent de se prendre, au mieux, une baffe. Touche pas aux Intouchables, comme on dit «Touche pas à mes potes !» Osons cependant que le succès du film est le fruit d’un conte de fées cauchemardesque : bienvenue dans un monde sans. Sans conflits sociaux, sans effet de groupe, sans modernité, sans crise. A ce titre, en cet automne, il est LE film de la crise, comme si la paralysie d’un des deux personnages principaux n’était pas seulement celle du film, mais celle d’un pays immobilisé et de citoyens impotents à qui il ne resterait plus que leurs beaux yeux pour rire et pleurer. Le beau et plat pays des Bisounours raconté par un film terriblement gentil. Visite guidée en sept symptômes.
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On sait que les petits échassiers qui nous gouvernent sont
affublés d’appétits énormes,
disproportionnés et qui les
corrompent, et que pour arriver
au faîte de leurs ambitions il
leur a fallu tuer à vue d’oeil :
tuer symboliquement (dans le
meilleur des cas) leurs
concurrents, tuer ceux qui se
mettaient en travers de leur
route, tuer ou laisser tuer ceux
dont la mort servirait leurs
intérêts. La saloperie règne et
a toujours régné, néanmoins on
voudrait toujours se flatter que
le cynisme soit plus prévalent
et plus brutal « ailleurs » ; la
tristesse est immense devant la
mort salope et superflue d’être
humains ; et la honte lorsque ce
sont ceux qui officiellement
nous représentent qui l’ont
décidée.
« 21 cadavres pour une ambition présidentielle », c’est-à-dire pour la
satisfaction d’un ego
boursouflé, tel pourrait donc
être le sous-titre du dernier
film de Mathieu Kassovitz,
consacré aux dix jours qui ont
mené au déplorable assaut de la
grotte d’Ouvéa, en
Nouvelle-Calédonie, entre les
deux tours de l’élection
présidentielle de 1988. Je ne
rappellerai que succinctement
les événements, tant ils sont
connus et facilement accessibles
: une occupation de gendarmerie,
organisée par des
indépendantistes kanaks sur la
petite île d’Ouvéa, tourne mal
et aboutit à la mort de quatre
gendarmes ; les indépendantistes
se retranchent alors dans une
grotte de la forêt, avec le
reste des gendarmes emportés
comme otage ; leurs
revendications sont sans doute
impossibles à satisfaire,
cependant des négociations
semblent progresser, lorsque
Chirac pour en finir avant le
deuxième tour et agrémenter sa
candidature d’une image d’homme
fort (propre à plaire aux
électeurs du FN) commande à des
forces militaires importantes de
donner l’assaut (l’ordre est
contresigné par le président
Mitterrand) ; dix-neuf
indépendantistes perdront la
vie, ainsi que deux otages,
atteint par des « tirs amis ».
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Hyperréalisme
vs
sensationnalisme

LA
CRITIQUE
LORS DE
LA
SORTIE
EN SALLE
DU
09/11/2011
Quelques
mesures
d'hygiène
? Dans
Contagion,
à part
fermer
la
bouche,
ne
toucher
ni
objets
ni
individus,
se
cloîtrer
chez soi
et
attendre
un
hypothétique
remède
miracle,
il n'y a
pas
trente-six
moyens
d'échapper
au virus
qui
décime
la
population
du
globe.
Arrêter
de
respirer,
éventuellement...
Les
modèles
sont
connus :
sras,
H1N1,
entre
autres
maladies
mutantes
qui
résistent
aux
traitements.
Les
symptômes,
terrifiants
:
fièvre,
syncopes,
étouffement.
Chez
Soderbergh,
la mort
frappe
de façon
aléatoire
les
seconds
rôles et
les
stars (Gwyneth
Paltrow,
promptement
autopsiée...)
: quand
un «
people »
y passe
au bout
de deux
bobines,
on sait
que
l'heure
est
grave.
Au
sensationnalisme
du film
catastrophe
traditionnel,
le
réalisateur
de
Traffic
préfère
l'hyperréalisme,
l'enchaînement
quasi
mécanique
des
faits :
contamination
éclair,
réaction
pagailleuse
des
autorités,
panique
générale
qui vire
à
l'émeute.
Du
cinéma ?
Une
chaîne
info ?
Allez
savoir...
Le
retour à
l'état
sauvage
- décrit
de façon
encore
plus
radicale
dans
d'autres
récits
d'apocalypse,
comme La
Route,
de
Cormac
McCarthy
- est
d'autant
plus
terrifiant
qu'il
paraît
aujourd'hui
hautement
vraisemblable
: s'il
ne
s'agit
pas d'un
virus,
c'est
une
faillite
générale
ou une
révolte
massive
qui
conduira
la
société
telle
qu'on la
connaît
vers le
chaos,
avec
pillage
et loi
du plus
fort...
Steven
Soderbergh,
bon
bougre,
décrit
aussi
les
efforts
inspirés
de la
recherche
médicale.
D'où
vient
qu'on
préfère
tout de
même son
film
quand il
annonce
tranquillement
la fin
de
l'humanité
?
La bonne
nouvelle
est que
le
cinéaste
a dans
son
carnet
d'adresses
quelques
acteurs
d'envergure
; on
pense à
l'impeccable
Kate
Winslet,
mais
aussi à
Matt
Damon,
sans
doute le
meilleur
comédien
américain
actuel.
C'est
lui qui
est en
charge
de
l'émotion,
qui doit
faire
passer
les
spectateurs
de la
terreur
froide
au
chagrin
irrépressible.
Ses
larmes
discrètes
finissent
par être
contagieuses.
Aurélien
Ferenczi
Télérama
09/11/2011 |
FILM
Le Chat Potté,
3D
Film
d'animation réalisé
en 2011 par
Chris Miller
SYNOPSIS
C'était bien avant que notre
mythique Chat Potté ne
croise la route de Shrek...
Le légendaire félin, et non
moins redoutable amant,
s'était alors embarqué dans
un périple riche en
rebondissements, avec la
ravissante et rusée Kitty
Pattes de Velours et Humpty
Alexandre Dumpty, véritable
"cerveau" de l'opération.
Leur objectif : s'emparer de
la fameuse Oie aux OEufs
d'Or pour sauver la ville où
le Chat Potté a grandi.
Voici l'histoire véridique
du Chat, du Mythe, de la
Légende et... des Bottes !
LA CRITIQUE LORS DE LA
SORTIE EN SALLE DU
30/11/2011
Vous l'avez reconnu, c'est
bien lui : le minuscule «
chat potté », le matois
rouquin qui apparut pour la
première fois dans Shrek.
Son accent latino (Antonio
Banderas en VO) et sa
dégaine fiérote - synthèse
parfaite entre Garfield et
Zorro - lui ont valu un tel
succès qu'il obtient une
promotion : de personnage
secondaire, le voici
désormais héros de sa propre
aventure trépidante dans un
« Wild West » en 3D. Chris
Miller, déjà responsable de
Shrek 3, répète ici
la recette qui nous avait
fait aimer l'ogre vert. Soit
un pot-pourri de gags et
d'action bourré de
références à la culture
populaire.
Vaguement inspiré de
Perrault, le matou côtoie
allègrement Catwoman et
l'univers du
western-spaghetti, dérobe
une poignée de célèbres
haricots magiques, avec la
complicité de l'oeuf Humpty
Dumpty, évadé de chez Lewis
Carroll. Le mélange est
farfelu au point d'en
devenir baroque - mais où
sont-ils allés pêcher cette
idée de poussin géant ?
Mais, servi par une
animation à grand spectacle,
tout en profondeur de champ,
et flanqué d'acolytes
expressifs, l'hidalgo griffu
commence plutôt bien sa
carrière solo.
Cécile Mury
http://www.telerama.fr/cinema/films/le-chat-potte-3d,430633,photo.php |
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Tintin Jones et l'arche de Milou
Par Eric Libiot
Milou, fidèle compagnon
d'Indiana Jones. Non, de
Tintin.

Spielberg fait un film de
plus. Pas désagréable, mais vite
oublié.
Cela a le mérite d'être clair.
Non pas la ligne chère à Hergé
mais la grosse armada marketing
qui entoure la sortie de ces
Aventures de Tintin : Le Secret
de la Licorne, de Steven
Spielberg. Une voiture pour se
rendre directement (et
uniquement ?) à Moulinsart, un
jeu sur console HIO45x ! 96 - ou
un truc approchant - des
affiches-nappes en papier d'un
restaurant de rapide nourriture,
et des tartines dans la presse
sur le palmarès des secrets des
coulisses des inédits de Tintin
et les francs-maçons intimes au
temple du Soleil. C'est qu'il
s'agirait de ne pas rater
l'événement. Spielberg, fasciné
depuis trente ans par Tintin, a
enfin réussi son coup : mettre
en scène les aventures de celui
qui, d'une façon quasi
apocryphe, ou du moins
inconsciente, a inspiré Indiana
Jones. L'enjeu est de taille. Le
film sera sans doute un succès
ici, alors qu'outre-Atlantique
c'est pas gagné.
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