|
|
|
 |
|
--__- |
Dans Le
Livre d'Eli,
Denzel
Washington
doit
protéger le
dernier
exemplaire
de la Bible. |
Denzel
Washington, pèlerin du futur
Olivier Delcroix
Dans Le Livre d'Eli, Denzel
Washington doit protéger le
dernier exemplaire de la
Bible.
Dans «Le Livre d'Eli», road-movie
apocalyptique des frères
Hughes, l'acteur compose un
moine guerrier, ultime
possesseur de la Bible.
Après l'Amérique en cendres
de Terminator Renaissance,
après le road-movie de fin
du monde La Route, tiré du
best-seller de Cormac
McCarthy adapté par John
Hillcoat, voici Le Livre
d'Eli, un nouveau
blockbuster
postapocalyptique mis en
scène par les frères Hughes
(From Hell) et produit par
Joel Silver, le producteur
de la trilogie Matrix.
Les Américains seraient-ils
donc si inquiets pour leur
avenir ? Il semble bien que
la réponse soit oui. Sorti
aux États-Unis il y a deux
semaines, Le Livre d'Eli a
d'ores et déjà engrangé près
de 31,6 millions de dollars
de recettes, s'octroyant une
honorable deuxième place au
box-office américain face au
rouleau compresseur Avatar,
de James Cameron (dont les
recettes ont dépassé les 500
millions de dollars).
L'histoire du film débute
trente ans après l'ultime
guerre. Le monde n'est plus
qu'une terre désolée, les
villes sont en ruines et les
routes sont devenues autant
de pièges infestés de bandes
organisées. Le bien le plus
précieux reste l'eau
potable. Plus de
civilisation, plus de lois,
plus de religions. Dans
l'enfer d'un monde revenu à
l'âge des cavernes, un homme
circule en solitaire. Guidé
par une voix qu'il dit avoir
entendue il y a des années,
« venue de l'intérieur » de
lui-même, Eli (convaincant
Denzel Washington) lutte
pour survivre, mais surtout
pour protéger un livre qu'il
cache dans son sac à dos.
«En lisant le script, j'ai
tout de suite été intéressé
par l'histoire de ce type
qui traverse les États-Unis
pour mettre à l'abri des
meutes humaines de
cannibales le dernier
exemplaire d'un livre sacré,
la Bible, explique Denzel
Washington. J'aime cette
idée que tout le monde se
batte pour la possession
d'un livre. C'est un voyage
aussi spirituel que
matériel. Eli poursuit sa
mission depuis très
longtemps. C'est une sorte
de pèlerin du futur. Il a
l'air d'un vagabond, mais
c'est un moine guerrier qui
possède une sorte de
machette inspirée d'un
katana de samouraï.»
Atmosphère crépusculaire
À entendre le comédien
parler de son personnage, on
pense immédiatement au héros
de la série TV Kung Fu
interprété par David
Carradine dans les années
1970. «Dans le fond, c'est
presque ça, sourit l'acteur.
En fait, pour le rôle d'Eli,
j'ai dû étudier les arts
martiaux, avec des experts
tels que Dan Inosanto (un
protégé de Bruce Lee) et
Jeff Imada, un des grands
maîtres d'arts martiaux, qui
a coordonné les cascades de
La Vengeance dans la peau ou
de Fight Club. Ce fut un
stage en immersion totale
très intensif. Les frères
Hughes voulaient que les
séquences de combats
possèdent un style très
urbain. J'ai ainsi manié des
couteaux, des épées et des
bâtons de combat. Ce fut un
tournage très physique !»
Le grand ennemi d'Eli
s'appelle Carnegie.
Interprété par Gary Oldman,
on sent que le comédien s'en
est donné à cœur joie.
«Comme Eli, note Washington,
Carnegie est une relique de
l'ancien temps. Il sait
lire, possède des lunettes
et passe son temps à
chercher des livres. Mais,
bien sûr, le livre qu'il
convoite le plus, celui qui
a pratiquement disparu de la
surface du globe avant la
guerre totale, Eli en est le
possesseur. Un véritable
duel va donc s'engager entre
ces deux êtres que tout
oppose. Oldman s'est
beaucoup amusé à étoffer son
rôle de dictateur déglingué,
qui a reconstruit une ville
grâce à la violence et au
contrôle de l'eau.»
Tourné au Nouveau-Mexique,
autour d'Albuquerque, ainsi
que sur les routes de
Cochiti Pueblo, Le Livre
d'Eli bénéficie d'une
photographie soignée et
d'espaces blancs
désertiques, qui rappellent
bien sûr les décors lunaires
et dévastés de Mad Max II.
Cet effet a pu être obtenu
grâce à l'usage de caméras
numériques RED, permettant
de retravailler sur
ordinateur l'homogénéité et
le style graphique, afin
d'obtenir des atmosphères
blafardes et crépusculaires.
Mais quand on demande à
Denzel Washington, ce qui
l'a vraiment attiré dans le
film, il vous regarde, prend
son temps, et offre son
sourire le plus lumineux :
«En fait, c'est mon fils
aîné qui m'a conseillé de
lire ce script. (Rires.)
Après avoir mené à bien sa
carrière de joueur de
football américain, John
David est en train de
devenir producteur de
cinéma. C'est lui qui m'a
dit : “Tu dois faire ce
film, papa !” C'est aussi
lui qui m'a conseillé de
tourner dans Training Day et
dans American Gangster. J'ai
confiance en lui. Il a un
très bon œil…» À la vue du
box-office, il semble que
John David Washington ait
plutôt le nez creux.
25/01/2010 | Le figaro
|
|