Mafrouza

Divisé en cinq parties thématiques, ce
documentaire égyptien de douze heures
s'inscrit dans la lignée du travail de Pedro
Costa dans la communauté cap-verdienne de
Fontainhas (Ossos, 1997 ; Dans la chambre de
Vanda, 2000 ; En avant jeunesse !, 2006), ou
de celui de Wang Bing à l'intérieur de
l'immense complexe industriel dont il a
filmé le démantèlement dans A l'ouest des
Rails. Tourné pendant deux ans par la
française Emmanuelle Demoris dans le
quartier de Mafrouza, à Alexandrie, ce film
monstre est une expérience cinématographique
hors norme. Alors que ce quartier de
bidonvilles a fini par être détruit, le film
est tout ce qu'il en reste : un tombeau
poétique, une prophétie politique, un film
d'amour. La vraie légende des parias de
notre temps.
Film documentaire français d'Emmanuelle
Demoris. (11 h 41)
Côté court, festival du
film court de Pantin

Le projet Théâtre à
emporter de Jeanne Balibar.
Pour fêter ses 20 ans, le festival Côté
court de Pantin reste fidèle à lui-même. A
l'autocélébration, il préfère une
programmation les deux pieds dans le
présent, explorant le court-métrage comme un
laboratoire de formes sans cesse
réinventées. Il y aura bien un petit
flash-back, l'occasion de revoir les
premiers films d'Alain Guiraudie, Laurent
Cantet ou François Ozon. Mais ceux-ci
permettront surtout de mesurer, par
contraste, la manière dont a évolué le
format au long des vingt dernières années.
Coup de projecteur cette année sur les
croisements entre cinéma et photographie (à
travers une sélection de films de Bernard
Plossu), cinéma et théâtre (le Théâtre à
emporter de Jeanne Balibar), cinéma et
musique (une performance de Charlemagne
Palestine), cinéma et art contemporain (des
vidéos de Xavier Veilhan). Ces
correspondances trouvent autant d'échos dans
la compétition fiction.
Festival Côté court, 104, avenue Jean-Lolive,
Pantin (Seine-Saint-Denis), tél. :
01-48-91-24-91 Entrée : 5 euros et 3,50
euros. Gratuit pour tous ceux qui ont 20
ans.
Pourquoi tu pleures ?

Le pacte
Pour son premier long-métrage, Katia
Lewkowicz offre au chanteur Benjamin Biolay
son premier premier rôle, celui d'un jeune
premier qui fait la tête du début à la fin
du film. La raison? Il est à la veille de se
marier. La réalisatrice le fait passer par
tous les états prénuptiaux répertoriés, et
Dieu sait que le cinéma – particulièrement
hollywoodien – s'est penché sur le sujet. Et
le miracle, c'est qu'elle parvient à
susciter une impression de nouveauté, de
drôlerie inédite. On ne peut révéler l'issue
des errements du jeune homme, mais on peut
d'ores et déjà dévoiler l'un des happy ends
de Pourquoi tu pleures ? : un auteur comique
est né, faisant surgir dans son sillage un
nouvel emploi pour Benjamin Biolay. Une
proposition d'autant plus intéressante pour
un cinéaste que l'acteur peut aussi apporter
sa bande originale : c'est lui qui a composé
et interprété les chansons du film.
Film français de Katia Lewkowicz avec
Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Nicole
Garcia, Valérie Donzelli. (1 h 39)
Kung Fu Panda 2

Paramount Pictures France
Où l'on apprendra que Po le panda n'est pas
le fils de l'oie Ping. Dans le second volet
de la franchise, le seigneur Shen (un paon
blanc dont la queue est une arme hypnotique
redoutable) entreprend de mettre la Chine
entière à ses pieds. Manière efficace de
conjuguer film d'action et roman des
origines, d'autant que le Shen possède la
clé du mystère de la naissance de Po. Un
zeste de tragédie classique s'incorpore, dès
lors que ce paon, auquel une divinatrice
avait prédit qu'il serait un jour vaincu par
un animal blanc et noir, n'a fait
qu'accomplir son triste destin en voulant le
déjouer. Tout cela tient la route avec un
certain brio, qui a été cette fois moins
bien reçu aux Etats-Unis que dans le reste
du monde, à commencer par la Chine. Il est
vrai que ce dessin animé invite à être
compris comme une métaphore de la lutte
sino-américaine pour la suprématie mondiale.
Film d'animation américain de Jennifer Yuh
Nelson. (1 h 31)