Auteur :
BIDOU
EMMANUELLE,KANOR
FABIENNE
Durée :
00:52:10
Réalisateur :
BIDOU
EMMANUELLE,KANOR
FABIENNE
Avec la
participation de
: FRANCE
5
Production :
MAT
FILMS,TELESSONNE
Production
déléguée :
MOUCHEL-BLAISOT
MARIE,MAGNIEN
RICHARD
Production
exécutive :
MARIE
MOUCHEL BLAISOT
A travers les témoignages de
Guadeloupéens et de
Martiniquais ayant quitté
leur île pour la métropole,
ce film traite du
déracinement et de la
difficulté à trouver sa
place entre terre d'origine
et terre d'adoption.
Ils sont partis. Loin,
très loin. Jambé dlo,
disent-ils en créole. "Pour
l'autre bord",
expliquent-ils. L'autre
bord ? C'est la rive d'en
face, les côtes amies après
l'océan, la métropole dont
ils ont tant rêvé.
Antillais de Martinique
et de Guadeloupe, ils ont,
dans les années 60, quitté
leur île pour se rendre à
Paris, Crouy-sur-Ourcq,
Fontenay-le-Comte… Au
lendemain de la guerre, à
l'heure de la reprise
économique, l'administration
française leur a offert des
billets pour venir
s'installer en métropole et
a organisé pour eux, à leur
arrivée, des formations pour
apprendre un métier.
Un travail en
perspective, de l'argent, un
toit… Ils ont été nombreux à
quitter leur famille pour
tenter l'aventure.
"J'attendais tout de ce
grand pays", se souvient
Gilbert. Ceux qui restaient
espéraient que le voyage de
leur progéniture de l’autre
côté de l'Atlantique
changerait aussi leur
existence.
"Les gens étaient
contents de voir partir
leurs enfants en France,
raconte Jean-Claude. C'était
comme une réussite. Ils
attendaient de recevoir de
l’argent, et c’est ce que
les enfants faisaient."
Gilbert et Lucie
Mais la réalité n'est pas à
la hauteur des espérances de
ces exilés volontaires. La
grisaille impressionne ces
femmes et ces hommes
habitués à vivre au soleil.
"Je pensais que, en
arrivant, je marcherais sur
un tapis de velours rouge,
se rappelle Hélène. Je
pensais que ce serait le
paradis. Mais j'ai été très
déçue. J'ai vu les maisons
sales avec de la fumée.
C'était en octobre, le temps
était gris. Quand tu quittes
le pays, tu as du soleil. On
venait de bâtir une belle
cité. Je pensais qu'en
France ce serait mieux."
La vie est loin d'être
toujours facile. Certains
avouent ne pas avoir
toujours été considérés
comme ils l'auraient
souhaité. Tout au long de ce
film, tourné entre la
métropole et les Antilles,
défile l'histoire de ces
Martiniquais et de ces
Guadeloupéens déchirés entre
ici et ailleurs.
Leur départ, leur
intégration, leurs
sentiments à l'égard de
l'île qu’ils ont quittée, le
regard qu'ils posent sur
l'avenir sont évoqués à
travers l'histoire de
Gilbert, Josiane, Paulette,
Hélène et les autres.
Aujourd'hui, les enfants
de ces déracinés ne se
sentent pas toujours
concernés par ce qu’ont vécu
leurs parents. Xavier,
pourtant, né à Dijon et
ayant grandi aux Antilles,
espère que cet exode prendra
bientôt fin.
A ceux qui partent, il
demande : "Partez, allez
vous former, mais revenez.
Et ne me dites pas que vous
reviendrez quand vous serez
vieux. Parce que, pour moi,
la Guadeloupe et la
Martinique ne sont pas des
cimetières."