|
De l'Atrium à Madiana avec tours
et détours...

|
|
|
|
|
|
|
|
|
Non,
les Mayas ne prévoient pas l'apocalypse pour 2012
 Contrairement à ce qu'explique le film américain,
les Mayas du Mexique et du Guatemala ne s'attendent pas à la
fin du monde pour le 21 décembre 2012, mais au terme d'une
«période cyclique».
Les Mayas du Mexique et du
Guatemala, héritiers de l'ancien empire maître
d'une partie de l'Amérique centrale, ne prévoient
pas pour 2012 l'apocalypse, contrairement à ce qu'annonce le
film américain «2012», selon les
premiers résultats d'une étude menée
par des scientifiques mexicains. Dans «2012», inspiré du best-seller
vendu à 10 millions d'exemplaires de l'écrivain
américain Steve Alten, et d'autres ouvrages, une
prédiction maya fixe la fin du monde au 21
décembre de cette année-là. En fait, selon une pierre gravée découverte
à Coba, dans la péninsule du Yucatan
(extrême sud-est du Mexique), c'est en 2012 que doit
s'achever l'ère actuelle du calendrier maya,
entamée 3.144 ans avant celle du calendrier romain.La
communauté maya représente 40% des 13 millions
d'habitants du Guatemala, selon les estimations officielles, et
près de 1,5 million de Mexicains, concentrés dans
le Yucatan. Interprétations «occidentales»
Lire
la suite
|
|
À
Madiana
Avatar, hélas !
par Selim Lander

Dans un article
récent du Monde (27 janvier 2010),
Pierre Desjardins, professeur dans un CEGEP
québécois, présente une judicieuse
analyse de l’idéologie militariste du film
événement de ce début
d’année, qui a déjà fait
onze millions (!) d’entrées en France (chiffre des
six premières semaines). Depuis l’effondrement de
« l’arbre-maison » qui
évoque celui du WTC de New York jusqu’à
l’apparition finale d’un dragon volant salvateur,
image de l’aigle américain, tout est fait pour
convaincre le spectateur que la guerre à outrance est juste
pourvu qu’elle soit défensive. La transformation
des paisibles Na’vi, qui versaient des larmes de crocodile
chaque fois qu’ils devaient tuer un animal à la
chasse, en guerriers assoiffés de sang passe ainsi comme une
lettre à la poste. Les bons soldats se battent à
la loyale, avec des arcs, des flèches et des poignards,
tandis que les méchants, loin de se contenter de leurs gros
calibres, dévastent les forêts au napalm et vont
même jusqu’à tenter d’utiliser
des armes chimiques. Heureusement, tout finit bien qui doit
bien finir : les bons sont vainqueurs et ils expulsent manu
militari les quelques envahisseurs qui ont survécu
au carnage.
Lire
la suite
|
|
La domination
masculine

Empruntant à Pierre
Bourdieu le titre
d’un livre -La
Domination
masculine–, le
cinéaste belge
Patric Jean vient de
réaliser un
documentaire qui
fait l’effet d’une
bombe. Pourquoi les
hommes dominent-ils
les femmes dans la
quasi-totalité des
sociétés actuelles?
Cette domination
mène-t-elle
forcément à la
violence? La majorité des
sociétés existantes
sont patriarcales.
Et dans ces
sociétés, on
enseigne aux
enfants, dès leur
plus jeune âge à se
conduire d’une
certaine manière
lorsqu’ils sont de
sexe masculin… Le
film-documentaire
très controversé de
Patric Jean démonte
les mécanismes qui
conduisent les
petits garçons à
devenir des mâles
“dominants”. La
démonstration est
progressive. Elle
commence avec Serge
Hefez, psychiatre:
“Vous prenez un
groupe d’adultes et
vous leur montrez
une vidéo d’un bébé
de 9 mois en train
de pleurer. Vous
leur demandez:
“Cette petite fille
pleure. Pourquoi ?”.
Les adultes
répondent: “Elle a
du chagrin, elle est
triste. Elle
souffre. Elle a
besoin d’être
consolée”. Ensuite,
vous montrez la même
vidéo à d’autres
adultes, en leur
demandant : “Ce
petit garçon pleure.
Pourquoi?”. Les gens
répondent: “Il est
contrarié. Il veut
quelque chose. Il
est en colère.” Sur
le même visage, sur
les mêmes
expressions
émotionnelles, on
projette tout un
univers qui est
celui de la
victimisation pour
les filles et de
l’action pour les
garçons: “Les
petites filles
doivent être plutôt
douces, conclut
Serge Hefez. Elles
peuvent avoir du
chagrin, elles
doivent se soumettre
d’une certaine
façon. Les petits
garçons eux, sont
coléreux et
affirment leur
personnalité”.
La suite . |
|
L’ARCM ( Association pour des
rencontres cinématographiques en Martinique)
vous convie
Un film de Fabienne Kanor
et Emmanuelle Bidou
Grand Prix 2009 Jean Philippe Matime du Meilleur
Documentaire de Martinique
lire la présentation et la bande annonce du film
 Ce film lauréat de notre compétition de films
documentaire traite avec sensibilité et justesse
de l’histoire de l’immigration antillaise en
France à travers des portraits de famille
martiniquaises et guadeloupéennes.
Afin de faire de rendre hommage à ce film , De
nombreuses surprises seront au programme dont :
la présence de la réalisatrice Fabienne Kanor
qui nous éclairera sur ce film et plus
globalement sur son regard autour de ce thême .
De plus elle nous présentera en exclusivité son
nouveau film « Des Pieds , Mon pied » .
Enfin nous convierons tous les spectateurs à
rejoindre à la cafétéria pour un « Pawollakafet
« exceptionnel , cette rencontre autour de la
poésie , du slam ou de la musique « aura pour
thème central : l’immigration .
Une soirée riche en émotions , en images et en
réflexions
: La soirée spéciale « JANBE DLO «
Voir la bande annonce |
|
«This Is It» à Madiana
«Un portrait très simple et très
touchant de Michael Jackson

«This Is It», documentaire de deux heures qui
retrace les trois mois de répétition du
spectacle que «Bambi» devait donner à Londres,
est sorti ce matin en salles. Eric Dahan,
critique musical à Libération, juge le film
«plaisant et très réussi».
Pour des millions de personnes de par le monde,
ce mercredi 28 octobre 2009 restera inoubliable.
Ils n'avaient que cela en tête depuis l'annonce
par Sony de la réalisation de ce film. This It
It, long métrage retraçant les trois mois de
répétition (d'avril à juin) du spectacle que
Michael Jackson devait donner à Londres à partir
de juillet, a donné lieu à dix-sept
avant-premières simultanées ce mercredi à 1
heure GMT (2 heures en France) aux quatre coins
du monde, en même temps que la projection
officielle au Théâtre Nokia de Los Angeles
(Californie).
Lire la suite |
|
Créole
en Court
Prix Lumina Sophie 2009
Concours de scénarii en court
métrage
(5ème
édition)
L’association Créole en Court
organise la cinquième édition du
Prix Lumina Sophie; concours de
scénarios en court métrage de
fiction
Cette manifestation est ouverte à
tous les scénaristes, amateurs ou
professionnels. Il est impératif que
le projet soit la représentation de
l’espace géographique et culturel de
la Martinique.
Les différentes éditions ont toutes
été des succès puisque plus de 300
personnes sont venues à chaque fois
assister à la remise des prix et à
la diffusion des films présentés à
cette occasion. Après 4 éditions,
l’engouement du public ainsi que la
quantité autant que la qualité des
scénarios envoyés nous confortent
dans l’idée que cette manifestation
est devenue un rendez-vous
incontournable.
Lire la suite |
|
Sylviane Quitman maquilleuse.
Par Christian
Antourel
« Les
illusions sont nécessaires et font
partie intégrante de l’ordre des
choses »
Eloge du maquillage

Peu
importe que la ruse et l’artifice
soit connu du public le maquillage
n’a pas à se cacher si l’effet
parvient à faire disparaître du
teint toutes les taches et disgrâces
que dame nature y a volontairement
semé. Il répond à une unité
esthétique abstraite devenue
incontournable. C’est là que
l’artiste maquilleuse est reconnue
dans toutes les pratiques, les
astuces employées pour subtiliser
les traits rebels, dont l’unanimité
réclame la fluidité audiovisuelle
imperturbable, pour une accroche sur
un fond de lumière infernale.
Il est une condition qui ajoute
beaucoup à la force d’action du
maquillage :
Lire la suite
|
 Un boucher ultraorthodoxe de
Jérusalem, marié et père de
famille, se prend d'une passion
irrépressible pour un jeune et
bel étudiant d'une école
talmudique. Qui aurait l'idée de
faire de cette délicate affaire,
possiblement scabreuse et
blasphématoire, le sujet d'un
film qui se révèle in fine aussi
subtil que courageux ? La
réponse est sur les écrans
français depuis le 2 septembre :
Haïm Tabakman, qui signe avec
Tu n'aimeras point son
premier long métrage. C'est de
fait le sixième film israélien,
aussi percutant et remarquable
que les précédents, qui sort en
France depuis le début 2009.
Cette fréquence a priori
extravagante, s'agissant d'un
pays et d'une cinématographie de
modestes dimensions, s'ajoute à
une exposition et à une densité
désormais régulières depuis
quelques années.
Lire la suite |
|
|
|
"Un prophète" à Madiana
La bande-son d’un monde caché
Par YVES SIMON
Yves Simon est chanteur
et écrivain. Dernier album :
Rumeurs (Barclay, 2007)
 Tout lieu d’enfermement
(caserne, centre de rétention,
camp de réfugiés) porte à
incandescence les travers et
vicissitudes d’une société,
comme les outrances refoulées
des hommes qui le peuplent. Le
film Un prophète ne
prétend pas à la vérité (Jacques
Audiard, son auteur, le répète à
l’envi), il est dans l’outrance
paroxystique comme la Peau
de Malaparte ou le Voyage au
bout de la nuit de Céline.
Ce n’est pas un énième reportage
sur l’univers carcéral, mais le
prisme poétique par lequel une
humanité séquestrée va dévoiler
ses tumultes les plus ténébreux,
les plus abjects, les plus
inavouables.
Film sur la violence, la
subordination et la promiscuité,
sur l’indifférence au mal et aux
morales, sur la plus haute des
solitudes lorsqu’il s’agit de
choisir entre la mort de soi et
la mort de l’autre, Un
prophète fascine. Il est un
effroi car nul n’est préparé à
recevoir la face cachée d’un
monde parallèle qui se déploie
au milieu de nos maisons, de nos
rues, et sur lequel nous ne
portons ni compassion ni regard.
De la prison ne sort aucun cri.
Même pas ceux qui, la nuit,
s’interpellent de cellule à
cellule pour échanger en langage
SMS, minimaliste, des pleurs,
une douleur. De l’extérieur, la
prison est silence. Et pourtant
quelle bande-son nous propose
Audiard ! Caverneux bruits de
clés, de portes, gémissements de
vidéos pornos, cliquetis de
gamelles, radios à fond la
gomme, chuchotements, douches,
coups portés sur des corps à
terre… Matière sonore qui
ponctue comme des couperets les
actions de la société qui se
côtoie là.
Lire la suite |
|
Misère des rituels
masculins à Las Vegas
VERY BAD TRIP

Lorsque l'on
voudra, dans quelques siècles, se pencher sur les moeurs de
la société américaine au début du troisième millénaire, il
faudra espérer que les comédies produites à Hollywood depuis
quelques années auront été conservées. La grande force du
nouveau cinéma comique américain ne réside-t-elle pas, en
effet, dans cette impression que le trait a été à peine
grossi, que la dimension burlesque des films avec Jim Carrey,
Will Ferrell ou Steve Carrel, des productions de Judd Apatow,
relève moins de la caricature ou de l'excès que de
l'observation stricte des comportements ?
En résumé, c'est
lorsqu'un film parvient à mettre en lumière l'aspect
ridicule, obscène et régressif de la vie elle-même qu'il
réussit son coup. Very Bad Trip fait indiscutablement
partie de ces réussites. On y assiste pourtant à une
enfilade de situations incongrues, s'additionnant comme par
le jeu d'un cadavre exquis cinématographique. Et pourtant, à
aucun moment n'est véritablement perdu de vue tout lien avec
un certain réalisme.
Lire la suite
|
|
Madiana
Etreintes brisées
Film
espagnol de Pedro Almodovar

Qu'y a-t-il dans
la tête de Pedro Almodóvar ? Des histoires, et encore
des histoires. Ainsi que tous les films qui les ont un jour
racontées, et ceux qui pourraient leur être consacrés...
Etreintes brisées est un film d'amour, le récit tragique
d'une passion interdite, mais c'est d'abord un film d'amour
du cinéma. On y trouve une classique mise en abyme, un film
dans le film, intitulé Des filles et des valises, curieux
fragment d'autoremake de Femmes au bord de la crise de
nerfs. On y décrypte une belle référence cinéphile : le
titre, Etreintes brisées, vient de Voyage en Italie, de
Rossellini, précisément d'une scène où George Sanders et
Ingrid Bergman découvrent les restes pétrifiés d'un couple
d'amants surpris par l'éruption du Vésuve, à Pompéi.
Etreinte éternelle dans la mort, comme un présage du malheur
en marche...
On y parle, aussi, des films possibles, à venir : le héros,
cinéaste devenu scénariste depuis qu'il est aveugle, ébauche
sans cesse des récits. Il lance des idées en l'air.
Certaines abracadabrantes, d'autres qui résonnent
étrangement avec sa propre biographie – comme celle, dont il
faudrait vérifier l'authenticité, de l'enfant caché d'Arthur
Miller... Etreintes brisées pourrait sans mal être la
matrice d'une demi-douzaine de films supplémentaires,
boutures qui se rapporteraient à lui comme lui-même se
rapporte au cinéma.
Lire la suite |
|
Charles Najman : "L'histoire d'Haïti est une névrose collective dont personne ne guérit"

En haïti la mémoire s'est bloquée sur 1804, l'année de sa naissance, de son indépendance, un acte anti-esclavagiste inouï. Mais il y a un tel écart entre la grandeur du passé et la réalité d'aujourd'hui que parfois cela rend fou", explique le réalisateur qui est tombé amoureux de l'île et de ses habitants au point de leur faire jouer tous les rôles de cette fable politique.
Royal Bonbon est le premier long métrage de fiction entièrement tourné en Haïti. Votre approche de Haïti et de son histoire est aux antipodes d'un film historique classique... Charles Najman : Je ne voulais pas d'une reconstitution historique. Je m'intéresse à l'histoire quand elle revient sous la forme d'une hantise ou d'une névrose, c'est de la mémoire très épidermique. Ce qui me fascinait dans le projet de Royal Bonbon, tant au niveau dramaturgique que cinématographique, c'est qu'en Haïti la mémoire est bloquée, figée sur 1804, l'année de sa naissance, de son indépendance. Cette révolution anti-esclavagiste est un acte inouï, incomparable. Mais il y a un tel écart entre cette grandeur du passé et la réalité de la vie des Haïtiens aujourd'hui que, parfois, ça rend fou.
Lire la suite
|
|
ROYAL BONBON
-ROYAL BONBON projeté le 9 Juillet 19H au Centre Culturel de Coridon et le 12 Juillet, toujours 19H
 Profondément ancré dans l'histoire et la tradition haïtienne, Royal bonbon de Charles NAJMAN (prix Jean VIGO en 2002) est le premier film de fiction à avoir été entièrement tourné en Haïti.
Film de Charles Najman (France/Canada/Haïti, 2002). Image : Josée Deshaies. Musique : Jean-François Pauvros. 90 mn. Avec Dominic Batraville : le roi. Verlus Delorme : Timothée. Ambroise Thompson : Valentin. Anne-Louise Mesadieu : la reine.
Genre : sous l'emprise d'Haïti. Un fou errant dans les rues du Cap haïtien se prend pour le Roi Christophe, premier souverain du Nouveau Monde, ancien esclave et libérateur d’Haïti en 1804. Chassé de la ville, le "roi Chacha", comme on le surnomme, se réfugie dans les ruines grandioses du Palais de Sans Souci en compagnie de Thimothée, un gamin des rues qu'il a pris sous son aile. Là, il reconstitue une cour de pacotille et règne par l’absurde sur son royaume imaginaire : un Palais aujourd’hui en ruines
Le film s'inspire très librement des derniers jours du roi Christophe, cas unique d'ancien esclave devenu souverain, qui avait déjà inspiré Aimé Césaire.
Lire la suite
|
|
"Au nom du père"
un film de
Olivier Baudot Montezume
par Roland Sabra
 A
réveiller les morts, l'amour ou la haine, c'est du pareil au
même ça vous tient debout! C'est ce que montre le film du
martiniquais Olivier Baudot Montezume, « Au nom du père »
projeté en avant-première à Fort-de-France dans le cadre
des Rencontres Cinéma de Martinique 2009 ( RCM). Constant,
une petite soixantaine est en train de rendre son âme.
Matériellement il a réussi sa vie, grâce à la force de son
caractère qui ne laissait pas beaucoup de place à autrui. Le
prêtre avant de lui donner l'extrême onction prononce de
façon fortuite le nom d'Hubert Plancy lui aussi mal en
point. Miracle! Au prononcé du nom, Constant se lève d'entre
les mourants avec un seule idée en tête voir crever avant
lui cet Hubert Plancy! Olivier Baudot Montezume le dit tout
net : «J'ai voulu traiter d'une situation tout à fait
ordinaire, celle de la quête d'un homme pour l'amour de son
père »
Lire la suite.
|
|
L'Autrichien reçoit la plus haute
distinction du 62e Festival de Cannes avec "Le Ruban blanc".
Retrouvez l'ensemble du palmarès.

Palme d'or: l'Autrichien Michael Haneke
pour
Le Ruban blanc. «Parfois
ma femme me pose une question très féminine: "est-ce que tu
es heureux?". C'est très difficile de répondre. Mais
aujourd'hui, c'est un moment dans ma vie où je peux dire… je
suis très heureux et toi aussi, je pense», a
confié Haneke.
Avec Le Ruban blanc, il signe un
film à l'extraordinaire photographie en noir et blanc, qui
dissèque les méfaits de l'éducation ultra-répressive en
vogue en Europe au début du XXe siècle. Le réalisateur avait
déjà été récompensé deux fois à Cannes, où il avait
notamment reçu, en 2005, le Prix de la mise en scène pour
Caché.
Lire la suite |
|
Hollywood mise sur
les remakes des années 1980
De «Ghostbusters» à «RoboCop», vingt blockbusters font
l'objet d'une nouvelle version. À voir dès l'automne
prochain.

Pas une
semaine sans que le remake d'un grand succès des années
1980 ne soit annoncé à Hollywood. La semaine prochaine,
à Cannes, les Américains ont l'intention de séduire les
distributeurs avec un Conan le Barbare (1982, Arnold
Schwarzenegger) remis au goût du jour. Dans un autre
genre, le réalisateur Robert Zemeckis (Forrest Gump)
veut revisiter en 3D Qui veut la peau de Roger Rabbit ?,
qu'il avait lui-même tourné en 1988.
Selon une enquête du quotidien spécialisé The Hollywood
Reporter, vingt remakes des années 1980 sont lancés aux
États-Unis. Le premier à inaugurer la série sera Fame,
qui sortira en salle en octobre prochain. Le vrai
déferlement est attendu à partir de 2010. On aura alors
vraiment l'impression de revenir plus de vingt ans en
arrière.
Lire la suite
|

Film américain de Clint Eastwood à Madiana
La rumeur
annonçait un film rance, déterrant le Clint Eastwood de
L'Inspecteur Harry pour un dernier « nettoyage
» à sa manière virile. Intox. Si Gran Torino
cite implicitement le justicier des années 70, c'est
plutôt pour le trahir, en le rédimant. Par ailleurs,
c'est un film nettement plus vivant, plus ouvert sur le
monde et plus incarné que L'Echange, sorti cet
automne. Et aussi plus modeste que Million Dollar
Baby ou Mystic River, qui postulaient au
statut de grand classique.
La
première heure tient presque de la comédie - grinçante.
Eastwood surjoue le vieux réac veuf et raciste, retraité
des usines Ford, coincé dans la banlieue de Detroit
entre des voisins qui ne sont plus ceux, bien blancs,
d'autrefois, mais des immigrés asiatiques. Une bière à
la main, un oeil sur sa Gran Torino (un modèle Ford,
bien entendu) sur-astiquée, l'homme ne fait même pas
semblant d'être civilisé : il gronde littéralement comme
un clébard au moindre pas « étranger » sur sa pelouse.
Et claque la porte au nez du curé qui veut à tout prix
sauver son âme. Clint en quasi-bouffon, on n'avait
jamais vu ça : une révélation tardive, à presque 80 ans.
Lire la suite
|
|
Vie et mort
d'un héros gay
Rencontre avec Gus Van Sant

Premier militant
homosexuel élu en 1977 à un poste officiel à San Francisco,
Harvey Milk fut assassiné un an plus tard. A travers son
portrait, Gus Van Sant fait celui d'une époque clé.
Jusqu'à
ce jour de novembre 1978 où Harvey Milk fut assassiné, Gus
Van Sant, 25 ans alors, ne connaissait pas vraiment le
personnage. Le futur cinéaste vivait à West Hollywood, dont
il se souvient qu'à cette époque on la désignait volontiers
comme «une ville de garçons», et s'il était au fait
de l'existence du mouvement gay, lui-même n'était pas encore
«sorti du placard» : «Je connaissais sans doute le nom de
Harvey Milk, mais j'ignorais qui il était.»
Plusieurs années seront nécessaires pour qu'il s'intéresse à
Milk, par le biais tout d'abord d'un projet inspiré par le
livre de Randy Shilts, «The Mayor of Castro Street»,
lui-même à l'origine d'un documentaire «oscarisé» («The
Times of Harvey Milk», de Rob Epstein, 1984). Van Sant se
trouva impliqué après qu'Oliver Stone eut renoncé et que
Stephen Frears eut un moment été envisagé.
Scène de sexe explicite
Un nouveau scénario fut écrit sous sa direction, mais la
préférence du cinéaste se portait plutôt sur une évocation
de la personnalité de Milk, qu'il aurait située non à San
Francisco mais à Portland (Oregon), où il vivait alors déjà,
et qui lui aurait permis de tourner la difficulté constituée
à ses yeux par le principe même du film biographique.
Lire la suite
|
|
 Depuis
le début de l'année, pour oublier la crise, les Français
vont en masse dans les salles obscures. Un phénomène que
l'on observe aussi à l'échelle mondiale.
Profiter de la pénombre des salles de cinéma pour
s'immerger deux heures dans un film, le tout pour
9 euros ? C'est visiblement la solution anticrise la
plus facile à organiser et la moins chère choisie par
des millions de Français. Depuis le début de l'année, la
fréquentation explose.
Avec
15 millions d'entrées, le mois de janvier a été
excellent. Grâce aux vampires de Twilight, au duo
Dany Boon-Sophie Marceau dans De l'autre côté du lit
et à Slumdog Millionaire, les entrées sont en
hausse de 4 % par rapport à janvier 2008. En février, ce
phénomène s'est poursuivi de plus belle. Des locomotives
comme LOL, Volt , star malgré lui
et L'Étrange histoire de Benjamin Button ont
attiré 6,2 millions de spectateurs. Dès mercredi, les
Français continueront d'avoir l'embarras du choix avec
les sorties de films qui ont fait un triomphe aux
États-Unis : le merveilleux Last Chance for Love
(Dustin Hoffman, Emma Thompson), Marley & Moi
(Jennifer Aniston et son chiot labrador beige),
Harvey Milk pour lequel Sean Penn a obtenu un oscar,
puis Duplicity qui marque le retour de Julia
Roberts, et Le Chihuahua de Beverly Hills.
Lire la suite |
Slumdog Millionnaire
survole les 81e Oscars
Le
long-métrage émouvant de Danny Boyle a
obtenu huit statuettes dont celle du
meilleur film, tandis que Kate Winslet et
Sean Penn sont repartis avec les trophées
des meilleurs acteurs. La France est
repartie bredouille.
Il
a failli ne pas être distribué en salles… Et Hollywood
vient de le porter en triomphe. Film à petit budget,
sans vedettes, Slumdog Millionnaire a régné sans
partage sur les 81e Oscars dans la nuit de dimanche à
lundi en obtenant huit récompenses sur neuf possibles.
Outre l'Oscar du film, la plus convoitée des 24
statuettes dorées en jeu, l'œuvre qui raconte le destin
d'un orphelin de Bombay gagnant contre toute attente à
un jeu télévisé a valu à Danny Boyle
l'Oscar du réalisateur. Le Britannique a remercié «tous
ceux d'entre vous qui nous ont aidé et ceux qui ne l'ont
pas fait».
Lire la suite
|
«Séraphine» survole les César
Avec son deuxième César de la meilleure
actrice (pour «Séraphine»), Yolande Moreau rejoint Romy
Schneider et Catherine Deneuve au panthéon du cinéma
français. Crédits photo : AFP

Pourtant outsider, le
film de Martin Provost sur la vie de Séraphine de Senlis,
femme de ménage devenue peintre, rafle le plus grand nombre
de césars. Mesrine remporte celui du meilleur réalisateur et
du meilleur acteur principal pour Vincent Cassel.
L'outsider a triomphé du
favori. «Séraphine», de Martin Provost a
été le grand vainqueur de la 34e cérémonie des César,
vendredi soir. Retenu dans neuf catégories, le film qui
conte l'histoire de la peintre autodidacte Séraphine de
Senlis a remporté sept César dont celui du meilleur film, de
la meilleure actrice pour Yolande Moreau, et meilleur
scénario. «Je ne sais pas quoi dire. Je veux remercier toute
l'équipe et les acteurs du film,. Je voudrais remercier
Séraphine qui est revenue parmi nous. Elle a disparu pendant
la crise de 29 (sic) mais celle-ci lui a porté chance», a
lancé le réalisateur Martin Provost, étonné de son succès.
Pour son interprétation
de cette femme de ménage devenue peintre avant de mourir
internée en 1942, Yolande Moreau
récolte le deuxième César de la meilleure actrice de sa
carrière, un joli cadeau d'anniversaire pour la
comédienne qui fêtait ses 56 ans vendredi. «J'ai de quoi
alimenter mon égo jusqu'à la fin de l'hiver, merci
d'avoir aimé Séraphine», a plaisanté l'actrice qui
rejoint au panthéon du cinéma français Romy Schneider et
Catherine Deneuve, elles aussi récompensées deux fois en
tant que meilleures actrices. Yolande Moreau avait déjà
été distinguée en 2005 pour «Quand la Mer Monte».
Lire la suite
|
|

Dans
"Un aller simple pour Maoré", la réalisatrice Agnès
Fouilleux dénonce le sort fait aux sans-papiers à
Mayotte et le rôle trouble de la France aux Comores.
Documentaire. Un réquisitoire précis et précieux sur la
mécanique de la politique d’immigration sur l’île de
Mayotte, aux relents néocolonialistes.
Un tiers de la population
de Mayotte est sans papiers. Comment cela se traduit-il
au quotidien ?
Agnès Fouilleux.
Les gens vivent complètement traqués, dans la peur
d’être arrêtés, même les lycéens et les écoliers. Cette
année, il y a eu près de 14 000 reconduites à la
frontière depuis Mayotte. En 1994, le visa Balladur a
obligé les Comoriens à obtenir un visa pour rejoindre
Mayotte. Depuis, ils tentent de rejoindre l’île
française en kwassa (barques de pêcheurs - NDLR).
Soixante-dix kilomètres séparent l’île comorienne
d’Anjouan de Mayotte, c’est peu mais c’est énorme. J’ai
passé une nuit sur la vedette de la police aux
frontières (PAF) : en haute mer, il y a des creux très
importants.
Régulièrement, on entend qu’une barque a chaviré, que
tant de personnes sont portées disparues. Il y a des
morts tout le temps. À Anjouan, toutes les familles
comptent un membre mort dans les kwassas.
Lire la suite
|
|
Il était une fois l'échec de la
révolution
Deuxième volet du film de Steven Soderbergh consacré à
Ernesto Che Guevara
CHE, 2E PARTIE :
GUÉRILLA

Voici doncGuérilla, deuxième volet du diptyque
consacré par Steven Soderbergh au leader révolutionnaire
Ernesto Che Guevara. Autan L'Argentin, sorti le 7
janvier, était un film d'action, une épopée qui retraçait la
genèse et l'avènement de la révolution cubaine, autant
celui-ci, situé quelques années plus tard en Bolivie, est un
film lyrique et contemplatif, qui avance d'un seul bloc vers
une fin tragique consignée par l'Histoire.
C'est le
principe du diptyque que de proposer deux modes de
représentation différents, entre lesquels circule une nuée
de signes. Comme dans Hunger, de Steve McQueen -
consacré à la grève de la faim et la mort du militant de
l'IRA Bobby Sands -, celle-ci s'organise autour d'un
parallèle qui s'impose, en filigrane, entre la foi
révolutionnaire et la foi religieuse, et plus littéralement
entre la vie du Che et celle du Christ. Dans un cas comme
dans l'autre, une révolution qui a fédéré les masses s'est
terminée, pour son instigateur, par un long calvaire assumé
au nom de sa foi.
Lire la suite
|
|
Che, 1re partie -
l'Argentin
Film américain de Steven
Soderbergh
CRITIQUES
POUR

Un léger regret d'abord : la sortie
séparée des deux films, à trois semaines
d'intervalle. Quatre heures trente en une
séance, ce fut la forte expérience vécue à
Cannes, qui valait le coup tant les deux
parties - la première consacrant une
victoire, la seconde une défaite - se
rejoignent malgré leurs divergences, créant
un mouvement d'un seul tenant, circulaire.
Voilà pour l'aspect conceptuel. Passons
maintenant à ce révolutionnaire qu'on ne
présente plus, icône rebelle indépassable,
interviewé par une journaliste au début du
film. Brèves images en noir et blanc, sortes
de flashs qui participent à la légende.
Corps massif, treillis de guérillero, barbe
épaisse et havane aux lèvres, impossible de
se tromper, c'est bien le Che, réincarné en
Benicio Del Toro.....
CONTRE
C'est un hold-up brillant... Steven Soderbergh, qui a
toujours fait bon ménage (à trois...) avec l'art et
l'industrie, a réussi à vendre l'idée d'une fresque sur le
Che. L'idole de toutes les jeunesses révolutionnaires, l'un
des posters les plus vendus au monde : on imagine
l'enthousiasme des producteurs. Et leur tête en découvrant
ce drôle de truc hybride. Quasiment invendable, en fait...
La première partie, intitulée L'Argentin, n'est qu'un long
essai sinistre, fait pour décourager tous les guérilleros
éventuels d'entrer dans la lutte....
Lire les deux critiques
|
|
Doublage: une comédienne noire
accuse le cinéma français de racisme
 La
Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour
l'égalité (Halde)
dénonce, dans une note datée du 29 décembre, les
préjugés racistes en cours sur les plateaux de cinéma
français, qui empêchent les comédiens noirs d'être choisis
pour doubler la voix d'un personnage blanc. Saisie par
Yasmine Modestine, une comédienne métisse estimant avoir été
écartée d'une saison de doublage en raison de son origine,
la Halde rappelle que "le choix d'un comédien-doubleur
doit se faire en fonction de sa qualité de voix et de sa
compétence, et non en raison de sa couleur de peau ou de son
origine."
Selon l'enquête menée par la Halde, les directeurs de casting rejettent
régulièrement des candidats noirs parce qu'ils estiment que
ceux-ci ont une voix trop spécifique, inadaptée à un
personnage blanc. Les acteurs blancs, au contraire, sont
censés avoir des voix "universelles", et doublent
régulièrement des grandes vedettes hollywoodiennes noires.
Sur les écrans français, Denzel Washinton, Danny Glover,
Morgan Freeman, Bill Cosby, Forest Whitaker, Don Cheadle et
Whitney Houston sont tous doublés par des comédiens blancs.
Lire la suite
|
|
Louise-Michel
Cinéma
politique: Louise-Michel, une comédie de Benoît
Delépine et Gérard Kervern.
Par Selim Lander.
Un titre trompeur mais qui
vise juste, à l’image d’un film qui jouera sur les faux
semblants du début jusqu’à la fin. L’affiche annonce qu’il
s‘agit d‘une « comédie » et, de fait, les outrances de ce
film, ses gags, le jeu des acteurs sont tout-à-fait
réjouissants. Pour autant, et sans vouloir sous-estimer le
caractère de divertissement de Louise-Michel, il est
permis de penser que les applaudissements, à la fin de la
séance à laquelle nous avons assisté (plutôt exceptionnels
dans une salle de cinéma en France), traduisaient
l’acceptation par les spectateurs du message politique du
film et de sa morale.
Lire la suite
|
|
Nouveau cinéma québécois : Un
capitalisme sentimental d’Olivier Asselin
par Selim Lander

On devrait
commencer à s’habituer aux coups d’éclat du cinéma
québécois. On se souvient sans doute, entre autres, des
films de Denis Arcand (Le Déclin de l’Empire américain,
1986, Jésus de Montréal, 1989, Les Invasions
barbares, 2003, L’Age des ténèbres, 2007) ou,
dans une veine plus légère, de La Grande Séduction de
Jean-François Pouliot (2003). Olivier Asselin appartient à
la nouvelle génération des cinéastes québécois. Son premier
long métrage, La Liberté d’une statue, date de 1990.
Parallèlement à son activité de cinéaste (scénariste,
réalisateur), il est actuellement professeur au département
des Etudes cinématographiques de l’Université de Montréal.
Le festival
du Nouveau cinéma qui s’est tenu à Montréal du 8 au 19
octobre a présenté en ouverture son dernier film, Un
capitalisme sentimental, précédé de Next Floor,
court métrage de Denis Villeneuve, autre cinéaste de cette
génération ayant déjà à son actif deux « longs » (Un 32
août sur terre, 1998 ; Maelström, 2000). La
décision de réunir ces deux films était particulièrement
pertinente, au plus fort de la crise financière de l’automne
2008, puisqu’ils traitent tous les deux, dans des styles
certes très différents, d’un même thème : la crise de 1929.
Lire la suite
|
|
"Aliker" le film de Guy Deslauriers,
sur un scénario de Patrick Chamoiseau
Nos ancêtres les communistes
par Manuel NORVAT

Aliker, le nouveau film de Guy Deslauriers
m’a plongé dans une mélancolie qu’aucune marchande de
pistaches ne peut consoler. Ce film bien
escampé m’a en effet particulièrement ému sur cette
question de la transmission de la mémoire, de celle qui
se fait Histoire. Pendant la séance, dans les effluves
de pop corn de mes jeunes voisins, je me remémorais qu’à
l’âge de quinze ans j’allais me procurer à la librairie
Désormeaux Des origines de la nation martiniquaise, le
livre de Camille Darsières, et que c’était dans ce
livre-là où, pour la première fois, je pu lire les faits
concernant l’affaire Aliker. Il y eut dans mes
boutonnements d’adolescent des veillées aux flambeaux
avec des communistes, des pépéèmes et d’autres
groupuscules politiques ou organisations syndicales de
gauche forgeuses de convictions ; il y eut toujours au
sujet d’Aliker des plongées en des encyclopédies ou
autres historials, des paroles entendues derrières des
paroles et aussi des jourés anti-cominisses bardés
d’ingratitude ; il y eut dans mes fréquentations, et
elle demeure toujours, la vaillante rue Jules Monnerot
d’où part la maison du poète Georges Desportes. À
l’autre bout se trouvait, place de l’Abbé Grégoire, le
siège du parti communiste martiniquais. Il vaut
d’ajouter encore à cette petite mythologie portative le
dernier ouvrage du politique et écrivain Georges Mauvois :
Château Aubéry. C’est dire que, au nom de mon humaine
condition et collectivement, l’affaire Aliker revient,
parce quelle nous revient.
Lire la suite
|
|
"Trénelle citron"
, de Laurent Cadoux
mention spéciale prix Jean Philippe Matime du documentaire
2008 sur ce quartier de Fort de France
En présence du réalisateur Laurent Cadoux et du comité
d’organisation du prix du doc JeanPhillipe Matime
L'occasion de parler du film avec son réalisateur,
de découvrir ce prix du doc martinique et le réalisateur Matime
issu de la commune de Ste marie.

"On ne
va pas par hasard à Trénelle Citron. Ce quartier populaire
de Fort de France s'est auto construit dans les années 50,
principalement par une population qui venait de la campagne.
Cette architecture singulière et spontanée, voire
pittoresque, fait penser aux favelas et Barrios des grandes
villes d'Amérique du sud. Mais cette urbanisation est
surtout le résultat d'une histoire faite de luttes contre la
pauvreté et contre un système foncier inadapté. [...]. Ce
film documentaire raconte une quête. Celle de la liberté de
vivre, de survivre et surtout d'habiter. Une dizaine
d'habitants nous racontent leur histoire et comment ils sont
arrivés à Trénelle Citron."
Le commentaire
ci-dessus est celui d'un internaute et il reflète assez bien
le propos du film de Laurent Cadoux. On peut simplement
ajouter que le cinéaste évite deux écueils, l'exotisme et
l'esthétisme. Le côté "favelas" s'il est évoqué n'est pas la
thématique du film. Pas besoin d'un rabattement de ce qui
échappe aux connaissances sur du déjà vu, pas de Brésil aux
portes de Fort-de-France, non Laurent Cadoux semble s'être
débarrassé des clichés, des images toutes faites. Son regard
est celui d'un découvreur, c'est surtout celui d'un cinéaste
pour lequel il n'est pas de réalité en dehors de l'image
qu'elle produit. Le début de son film illustre assez bien
cette démarche, où l'on voit, à partir d'une fresque
représentant le quartier et peinte par des élèves de cours
moyen, voire de cours élémentaire, le réalisateur isoler des
détails du travail et chercher dans la réalité de la ville
ce qui a susciter cette représentation. La réalité du
quartier comme illustration de l'image posée comme première,
comme seule matière. Image de l'image. Et c'est ce même
mouvement de caméra qui balance entre passé et présent,
entre le Trénelle d'hier et celui d'aujourd'hui, sans que
l'un prenne le pas sur l'autre, sans que le film ne verse
dans une nostalgie factice. Le regard de la caméra est
toujours attendri, mais distant. Il évite ainsi de verser
dans un esthétisme auquel la diversité des matériaux
utilisés, le patchwork, kaléidoscopique des couleurs,
l'inventivité créatrice des formes pouvaient inciter.
L'objectif n'oublie jamais la misère et la douleur qui ont
présidé à la naissance du quartier, tout en rappelant les
joies, les solidarités indispensables à la survie et
coextensives à l'essor de cette ville dans la ville. Le
facteur le dit clairement, lui qui compte les marches du
quartier depuis 25 ans et qui précise qu'il ne fait pas
que distribuer du courrier mais qu'il fait du "social".
Trénelle Citron ou l'obstination de vivre, comme le dit
joliment un personnage : " Dans cette architecture il y a
du cri." voilà le documentaire que nous offre Laurent
Cadoux et qu'il faut avoir vu et même revu pour mieux en
apprécier la distance amoureuse.
Roland Sabra
|
Film israélien de Eran Riklis

A sa façon, c'est une
héroïne de Ken Loach. Courageuse. Opiniâtre. Et solitaire.
Son mari est mort il y a longtemps, et, à en juger par son
air de crétin sinistre qui trône en photo sur le mur de la
maison, il a très bien fait. Son fils l'oublie. Et sa fille,
est bien trop accaparée par ses mômes pour se soucier
d'elle. Il ne reste à Salma que ses citronniers : une
magnifique plantation située en Cisjordanie, sur les
territoires occupés, dont elle s'occupe avec son fidèle
serviteur.
Les citronniers
Mais voilà
que le nouveau ministre de la Défense israélien et madame
viennent s'installer tout près. Et avec eux des soldats
juchés sur des miradors et une ribambelle d'agents de
sécurité, forcément obsédés par les attentats. D'où leur
décision immédiate d'abattre cette citronneraie qui pourrait
abriter de dangereux terroristes. Là, soudain, Salma se
révolte. Avec l'aide d'un avocat vite séduit, elle décide
d'aller jusqu'à la Cour suprême...
Si joliment dessiné soit-il, cet avocat amoureux pose un
vrai problème. Et son idylle avec l'héroïne, aussi. Leur
histoire, bien touchante, amorce un autre problème, en fait,
tout à fait intéressant (une veuve palestinienne peut-elle
prendre pour amant un p'tit jeune ?), mais en arrive à
distraire le spectateur de l'essentiel. A savoir le lien
invisible, muet et passionnant qui se noue entre cette
Palestinienne en révolte et l'épouse du ministre israélien
qui, elle, prend conscience, peu à peu, de l'hypocrisie de
son entourage et des faux-semblants de sa vie.
Par moments, le réalisateur de
La Fiancée syrienne
aurait tendance à sacrifier aux défauts habituels du film à
thèse, mais, visiblement porté par ses deux comédiennes (Hiam
Abbass et Rona Lipaz-Michael), il fait le plus souvent
preuve d'une étonnante finesse. A travers les conflits
qu'elles découvrent ou qu'elles provoquent, Eran Riklis
parvient à décrire un pays, une société, un système
démocratique, avec ses qualités (une Palestinienne qui
interpelle la Cour suprême israélienne, ce n'est tout de
même pas mal), mais aussi ses failles et ses défaillances
absurdes.
Pierre Murat
Télérama,
Samedi 26 avril 2008
|
Tonnerre sous les tropiques

Après les
satiriques Disjoncté (un Jim Carrey très noir)
et Zoolander (une satire de la mode), Ben
Stiller cinéaste brocarde les excès de Hollywood et les
caprices des stars mégalos. Avec une arme à double
détente : un bon gros humour qui cache une justesse
inattendue. A la fois comédie déjantée et action
movie efficace, Tonnerre sous les tropiques
raconte l'épopée d'un tournage de film de guerre.
Cinq vedettes du box-office (les bandes-annonces de
leurs exploits ouvrent le film) se retrouvent autour
d'un réalisateur novice pour fabriquer l'oeuvre
définitive sur la guerre du Vietnam. Les
personnages-acteurs sont plongés dans la vraie jungle,
hostile, et rivalisent de ridicule, bien malgré eux : il
y a celui qui suit le script alors qu'il n'y a plus de
tournage (Ben Stiller lui-même), le candidat à l'oscar
qui habite son rôle au point de se faire opérer pour
devenir noir (Robert Downey Jr., épatant) et le comique
lourdingue en quête de reconversion (Jack Black,
idoine).
Dans
ce film en trompe-l'oeil, Ben Stiller se moque d'une
société américaine vénérant des héros de guerre sans
même se préoccuper de leur authenticité (Nick Nolte, en
vétéran fraudeur, arbore de fabuleuses prothèses). Il
allume aussi les comédiens obnubilés par leur plan de
carrière - jouer des débiles, c'est bien pour les
Oscars, à condition qu'ils aient des talents cachés,
comme Rain Man ou Forrest Gump,
conseille l'un à l'autre.
Au
passage, on savourera le numéro grandiose d'une guest
star surprise, jouissif en producteur vulgaire, mégalo
et despotique, accro au Coca light... Et au final, Ben
Stiller signe le genre de film qu'il dénonce : une
superproduction chère, pleine de stars et d'effets
spéciaux. Mais, malin, il évite de tomber dans son
propre piège, en gardant son parti pris, celui d'une
mise en abîme satirique et facétieuse.
Juliette Bénabent
Télérama, Samedi 18
octobre 2008
|
|
Ce James Bond n'est pas
Bond
James Bond est devenu une machine à tuer,
robuste, brutale, butée, qui ne décoche jamais un
sourire.
Crédits photo : EON Productions
La
nouvelle aventure du célèbre espion, qui sort sur les écrans
du monde entier aujourd'hui, déçoit. Un scénario insipide,
pas de gadget et une violence accrue.
« Quantum of Solace » Film d'espionnage de Marc Forster,
avec Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric. Durée :
1 h 58.
C'est la première fois
dans toute l'histoire de la saga des James Bond qu'un
film fait suite au précédent. L'argument scénaristique a
de quoi allécher les fans de la planète.
Donc, Quantum of Solace,
22e épisode officiel de la plus ancienne des franchises
de l'histoire du cinéma, commence une heure après la
mort de la belle Vesper Lynd (Eva Green). Soixante
petites minutes séparent ce nouvel épisode de
l'époustouflant Casino Royale… À elle seule, cette
perspective laissait présager presque deux heures de
bonheur, tant, il y a deux ans, l'adaptation du premier
roman de Ian Fleming avait renouvelé le personnage de
007 sous la férule de Martin Campbell, lui-même déjà aux
manettes de Goldeneye (1996).
Cette fois, James Bond
(toujours incarné par le blond aux yeux bleus Daniel
Craig, plus « poutinien » que jamais) part à la
recherche de ceux qui ont forcé la femme qu'il aimait à
le trahir. Même s'il a été très critiqué par les fans au
départ, la prestation de Daniel Craig est remarquable.
Dorénavant, l'acteur « EST » James Bond. En chemin, 007
rencontre Camille (insignifiante Olga Kurylenko) et
traque le nouveau méchant du film, un certain Dominic
Green, interprété par le Français Mathieu Amalric, qui
parvient tout de même à tirer son épingle du jeu.
Lire la suite
|
|
Woody et ses sabots
Ibère. Chronique de
mœurs vaine et caricaturale.

Woody Allen raconte
avec une coupable candeur qu’il ne comprenait rien aux
paroles que s’échangeaient devant la caméra Javier Bardem et
Penélope Cruz. S’exprimant dans leur langue d’origine, les
deux vedettes brodaient, tandis que le cinéaste, lui, se
contentait de filmer. Ou de faire la sieste ? Car, avec le
recul, on trouve le procédé d’autant plus désinvolte que
Vicky Cristina Barcelona manque précisément de
consistance, variation romantique dont la nature volatile
tranche avec plusieurs antécédents autrement affûtés du
New-Yorkais.
Lire la suite
|
|

Dans la
première séquence d’Entre les murs, on voit le jeune prof,
François Marin [...] dans un café, avalant un expresso, le
jour de la rentrée scolaire. Ce temps de solitude hors les
murs, de liberté songeuse et de quant-à-soi silencieux gagné
sur les exigences de la fonction, le rôle social, sera le
seul que le film lui accordera. Une fois franchi le seuil de
cet établissement parisien, il devient un autre,
perpétuellement visible, sous le regard des élèves, des
collègues, de l’administration, des parents, toujours en
état de parole, toujours accompagné, la plupart du temps le
corps debout, dressé, à l’affût au milieu de gamins assis en
embuscade, à la fois impérieux et débordé. On ne se souvient
pas avoir jamais vu avec une telle évidence, une telle
acuité, la scénographie scolaire dans son autonomie
radicale. Ce qui a provoqué un véritable choc à Cannes,
c’est sans doute cette tension sans détente du «in», ce
pleins feux de la rampe pédagogique que le cinéaste Laurent
Cantet refuse sur plus de deux heures d’éteindre par les
techniques habituelles de la diversion ou de clair-obscur.
Lire la suite
|
|
 On
reproche suffisamment au cinéma français de ne s’intéresser
qu’aux tourments existentiels de jeunes bourgeois du VIIe
arrondissement taraudés par le vide pour ne pas louer Entre
les murs. Mais le film de Laurent Cantet revient de très
loin: il n’avait pas été annoncé au cours de la conférence
de presse rituelle révélant la sélection officielle du
dernier festival de Cannes. Des tractations tendues entre
les différents comités de sélection et une certaine
indécision (ou réticence) du directeur de la manifestation,
Thierry Frémaux, avaient ainsi conduit à une situation
inédite de place à prendre au côté des déjà retenus
Desplechin (Un conte de Noël) et Garrel (la Frontière de
l’aube). Faisant figure de repêché de dernière minute (comme
certains à l’oral du bac), le film a été projeté en plein
après-midi, le dernier jour de la compétition, avec à peu
près aucun photographe pour immortaliser la montée des
marches de l’équipe du film au grand complet. Sans l’énorme
coup de pouce surprise d’une palme décernée par une star
américaine, Sean Penn, président du jury, ce film de la 25e
heure serait reparti comme il est arrivé, dans
l’indifférence à peu près générale. Tohu- bohu. Cette palme
d’or française, la première depuis Sous le soleil de Satan
de Maurice Pialat, en 1987, a de fait créé en mai une
inflammation médiatico-politique spectaculaire. Le collège
FrançoiseDolto, dont sont issus les élèves du film, a été
littéralement envahi par les caméras de télévisions et les
journalistes.
Lire la suite
|
|
Agnès Jaoui & Jamel
Debbouze : Incitation à la tolérance

Dans Parlez-moi de la
pluie, le comique perd le sourire. Objet de
l’humiliation ordinaire, il joue un homme tiraillé entre
deux cultures. La réalisatrice, elle, signe une comédie
douce-amère. Entre eux, c’est une histoire d’humour et de
franc-parler.
Paru dans Le figarole
13.09.2008, par Béline Dolat
Dans Parlez-moi de la
pluie (sortie le 17 septembre), sa dernière
réalisation, Agnès Jaoui met en scène Jamel Debbouze. Pour
l’occasion, le comédien a renoncé à son débit de
mitraillette, à ses fantaisies lexicales, et s’est laissé
porter par la musique des dialogues ciselés du binôme Jaoui-Bacri.
Au milieu d’une tendre galerie de personnages, il forme avec
ce dernier un duo à l’équilibre parfait, émanation
cinématographique d’une amitié qui dure depuis dix ans et
que l’actrice-réalisatrice a voulu imprimer sur la
pellicule.
Dans le film, il incarne
Karim, un personnage qui lui ressemble, Français d’origine
maghrébine pris entre son monde et celui de Mimouna, sa
mère. Agnès Jaoui est Agathe Villanova, écrivain féministe
fraîchement arrivée en politique et confrontée à la dure
réalité du terrain. Entre deux projections en province, nous
les avons rencontrés dans les salons du cinéma MK2
Bibliothèque, à Paris. Légèrement dissipés, complices et
unis par une même volonté de bousculer les a priori, ils
ont, pour _Madame Figaro _, évoqué le film, la maman de
Jamel, le tagine au poulet-citron et… Jean-Pierre Bacri.
Lire la suite
|
|
La fille de Monaco

En
apparence, le scénario n'est qu'une osmose habile entre
La Femme et le Pantin et En cas de malheur :
un riche avocat pour riches (comme Gabin dans le film de
Claude Autant-Lara), venu défendre, dans la principauté, la
(vieille) meurtrière d'un gigolo bien membré, tombe raide
dingue amoureux de la présentatrice météo d'une chaîne
câblée. Audrey (Louise Bourgoin) a la blondeur, la
sensualité et l'insolence d'une bimbo qui se prendrait pour
Bardot, légère vulgarité en sus. C'est même ça qui
émoustille l'avocat (Fabrice Luchini) : qu'une bombe comme
elle puisse s'intéresser à son petit corps tout mou,
redonner à sa libido endormie une nouvelle vigueur. Dont va
profiter sans vergogne la ravissante (fausse) idiote, qui en
ce nanti croit voir passer la chance de sa vie...
La Femme et le Pantin,
donc. Sauf que rien n'est jamais aussi simple qu'il y paraît
chez Anne Fontaine. Si l'on excepte sa veine fantaisiste (la
trilogie consacrée au personnage hurluberlu baptisé
Augustin), la cinéaste n'aime que les histoires ambiguës et
troubles. Souvent peuplées de ménages à trois : un couple
terne, soudain confronté à un ange pasolinien (Nettoyage
à sec) ; deux femmes fantasmant sur le même homme (Nathalie).
Le troisième personnage de
La Fille de Monaco, celui qui donne au film son
mystère, c'est le garde du corps de l'avocat : Christophe,
interprété par Roschdy Zem, impassible et fascinant. Le
garde du corps parle peu, n'exprime rien. Sinon la
détermination à exercer ce qu'on lui demande de faire - ce
qu'il croit devoir faire. Silhouette impénétrable, minérale,
au point d'en devenir inquiétante, comme une mécanique
parfaite dont on pressent, à chaque instant, qu'elle
pourrait s'enrayer. D'abord en retrait, le garde du corps
envahit l'intrigue, au point de reléguer au second plan le
personnage d'Audrey, en dépit de la plastique irréprochable
et de l'évident naturel de Louise Bourgoin.
lire la suite
|
|
" Teza ", d'Haïlé Gerima, un film
porté par une force lyrique et une lucidité
politique hors du commun. DR

La Mostra 2008 propose une section consacrée à des
films italiens méconnus, intitulée " Questi Fantasmi
", ces fantômes. Mais l'appellation aurait aussi pu
s'appliquer à plusieurs films de compétition,
montrés depuis le 27 août, oeuvres de cinéastes dont
on était restés longtemps sans nouvelles, comme
Werner Schroeter, qui présentait Nuit de chien,
son premier long métrage depuis 2002, ou l'Ethiopien
Haïlé Gerima, venu sur le Lido avec Teza, qui
suit le parcours d'un médecin dans la tragédie
éthiopienne, de 1970 à 1990. Gerima n'avait pas
tourné de fiction depuis 1993.
Le retour de Werner
Schroeter, gravement malade, a pris la forme d'un
épisode paroxystique. Tiré d'un roman de l'Uruguayen
Juan Carlos Onetti, Nuit de chien suit la
déambulation d'un homme revenu dans une ville
déchirée par la guerre civile, dans l'espoir de
sauver une femme qu'il a aimée. Assailli par tous
ses passés, politique, amoureux, militaire, le héros
se heurte au déchaînement de cruauté et de lâcheté
provoqué par l'imminence du danger. Ce basculement
dans l'horreur peint aux couleurs de l'opéra a été
mal compris par un public aux réactions violentes,
qui n'a vu que l'outrance et la pauvreté matérielle
du film (qui donne en effet, le temps des scènes de
combat, l'impression de tenir avec des bouts de
ficelle) et a ignoré son courage, sa virulence.
Lire la suite |
La
série
Auteur :
BIDOU
EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Durée : 00:52:10
Réalisateur : BIDOU
EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Avec la participation de :
FRANCE 5
Production : MAT
FILMS,TELESSONNE
Production déléguée :
MOUCHEL-BLAISOT MARIE,MAGNIEN RICHARD
Production exécutive :
MARIE MOUCHEL BLAISOT

A travers les
témoignages de Guadeloupéens et de Martiniquais ayant quitté
leur île pour la métropole, ce film traite du déracinement
et de la difficulté à trouver sa place entre terre d'origine
et terre d'adoption.
Ils sont partis. Loin, très
loin. Jambé dlo, disent-ils en créole. "Pour l'autre bord",
expliquent-ils. L'autre bord ? C'est la rive d'en face, les
côtes amies après l'océan, la métropole dont ils ont tant
rêvé.
Antillais de Martinique et de
Guadeloupe, ils ont, dans les années 60, quitté leur île
pour se rendre à Paris, Crouy-sur-Ourcq, Fontenay-le-Comte…
Au lendemain de la guerre, à l'heure de la reprise
économique, l'administration française leur a offert des
billets pour venir s'installer en métropole et a organisé
pour eux, à leur arrivée, des formations pour apprendre un
métier.
Lire la suite |
|
Le secret d’Hancock
Ou quand le passé
ségrégationniste des Etats-Unis fait retour dans la
science-fiction
par Tina Harpin
 A
l’heure où la candidature de Barack Obama à la présidence
des Etats-Unis fait la une de l’actualité, nul ne peut nier
l’importance de la question raciale dans un pays qui a
officiellement aboli la ségrégation il y a à peine quarante
ans. C’est pourtant sur ce déni que semble jouer le film de
science-fiction Hancock.
Que raconte en effet ce
blockbuster actuellement au box office en France et aux
Etats-Unis ? Se poser cette question n’est pas inutile
lorsque plusieurs critiques soulignent l’incohérence du
scenario et les ruptures de ton du film. Tout le monde aura
noté l’originalité prétendument subversive de l’intrigue :
Hancock, un superhéros marginal, déclassé, incapable
d’utiliser intelligemment ses pouvoirs, s’avère être une
plaie pour la société jusqu’à ce qu’il se fasse aider par
Ray Embrey, un brave chargé de communication qui devient son
« coach de vie » et redore son blason. Hancock se prend en
main, oublie sa bouteille d’alcool, et accepte même
d’endosser le costume trop « homo » à son goût ( !) de
superhéros, pour se mettre enfin au service de la société.
Telle semble être la fable d’Hancock. Qualifié
hâtivement de « transgressif » pour une promotion
publicitaire efficace, le film a aussi été interprété comme
« progressiste » du fait que le superhéros soit noir,
incarné par Will Smith. Cette donnée de la mise en scène
passe facilement pour une preuve d’ouverture d’esprit,
d’antiracisme, et on y voit même un clin d’œil amical au
candidat en lice pour la présidence des Etats-Unis. Le fait
que le superhéros noir doive suivre une véritable
rééducation (dont la première étape est un séjour en prison)
avant de pouvoir assumer ses fonctions ne serait qu’une
innocente sophistication du scenario, une variation sur le
schéma classique des épreuves purificatrices que doit
endurer tout héros, et plus indubitablement tout superhéros.
Lire la suite |
|

Lettre ouverte à
Alfred MARIE-JEANNE
Créole en court vient de participer en
tant que co-producteur à la réalisation du court métrage
« Au nom du père » que vous avez bien voulu soutenir. Ce
film produit par la société Marakudja’films, société
Martiniquaise de cinéma en court métrage, a été pour nous
l’occasion de vérifier « in situ » les conditions
particulières de tournage au format 35mm, mais aussi et
surtout la situation pour le moins singulière des
intermittents Martiniquais du cinéma et de l’audiovisuel.
Il m’apparaît plus qu’important d’attirer
votre attention sur la nécessité de soutenir l’activité
cinématographique de façon réelle. Il y a une urgence
politique à considérer ce secteur comme un secteur culturel
à part entière : source d’emploi, de savoir faire, espace de
création.
En effet, à l’occasion de nos recherches en
personnel technique pour le film, nous avons pu observer que
la plupart des techniciens Martiniquais formés aux
techniques des métiers du cinéma dans le cadre d’école ou
dans le cadre de pratique sur les plateaux de tournage,
finissent par déserter leurs postes. La raison invoquée est
toujours la même « pas assez de tournage »
Lire la lettre
|
|
Les longs métrages: drames des pauvres, caprices des riches
par Selim Lander

Cette année, les Rencontres cinématographiques associaient à
une compétition de courts métrages et de documentaires, la
projection de longs métrages, dont un certain nombre
originaire de la Caraïbe. Rapide panorama sur quelques-uns
de ces films. Zulaika de Diederik lm raconte
l’histoire d’une petite fille de douze ans qui vit chez ses
grands-parents, avec une tante et les enfants de cette
dernière. Le grand-père est malade ; la grand-mère tient un
tout petit commerce d’épicerie qui ne rapporte presque rien,
faute de savoir faire rentrer les crédits accordés trop
libéralement à une clientèle impécunieuse ou de mauvaise foi
; quant à la tante, elle-même toujours à court d’argent,
elle est plus un fardeau qu’une aide.
Lire la suite
|
|
Palmarès 2008
De l'art et de l'ambigüité...
 Si
le Prix Jean-Philippe Matime a été décerné avec justesse à
la cinéaste Camille Mauduech, il faut néanmoins remarquer
que la compétition était sans doute inégale.
Les 16 de Basse-Pointe ( lire la critique) est d'un
genre un peu particulier, ni tout à fait documentaire, ni
docudrame, il faudrait inventer un terme comme
docu-synoptique, tant le travail de la réalisatrice apparaît
comme la base préparatoire à la réalisation d'une superbe
fiction en devenir...
Puisse-t-elle trouver les financements qui permettraient de
concrétiser ce tour de force.
Par ailleurs
on notera que le jury n'a fait paraître dans son commentaire
pour les mentions spéciales que " "l'intérêt patrimonial
..[des] œuvres". Les artistes cinéastes apprécieront!De
l'art et de l'ambigüité... Déjà la
projection de Parfum de chêne du cubain Rigoberto Lopez
à l'ouverture du festival avait donné lieu à un feu
d'artifice d'éloges qui se situaient uniquement sur le plan
politique et en aucun cas sur le plan artistique. il faut
dire que cette telénovelas entre mélodrame et
didactique politique faute d'être marxiste-léniniste
était à tout le moins lénifiante.
Enfin on regrettera l'absence singulière dans la liste des
longs métrages qui entouraient la compétition de la palme
d'or cannoise 2007 le film de Christian Mungiu 4 mois, 3
semaines et 2 jours. Est-ce le sujet, l'avortement, qui
aurait effarouché les organisateurs? Auquel cas l'Artchipel
en Guadeloupe, n'aurait pas eu de ces pudibonderies,
puisqu'il a proposé à ses fidèles, au moment de Cannes 2008,
l'essentiel du palmarès de l'an dernier. L'île sœur a bien
de la chance d'avoir des cinéphiles moins prudes. Si le CMAC
ne diffuse pas ces films qui le fera en Martinique?
Certainement pas le circuit Elizé! N'y a-t-il pas là un
manquement? Le service public n'a-t-il pas aussi pour objet
de pallier les insuffisances, les carences, des circuits
commerciaux?
R.S.
Lire le communiqué du jury
|
|
vendredi 06 juin à 9:30

Rigoberto Lopez - Cuba - 2003 - 2h05
Au19ème siècle à Cuba, …l’aventure amoureuse entre une belle
et distinguée femme (noire) de Saint-Domingue et un
commerçant allemand (blanc), romantique, arrivé récemment
dans le pays. Une histoire d’amour infini qui fit de l’Angerona,
la plus riche plantation de café de Cuba. Dans cette sombre
période, marquée par l’intolérance, les incompréhensions,
les conflits d’intérêts et le pouvoir absolu, en ces deux
personnages s’affrontent, plus que deux cultures, deux
identités, deux façons de voir la vie.
|
|
PRE-OUVERTURE DES RENCONTRES
CINEMAS 2008 EN MARTINIQUE Entrée libre
lundi 02 juin à 18:30

Zulaika (Curaçao, Antilles
néerlandaises, 1990), fiction de
Diederik Vaan Rooijen, 1 h 18
Section : Joyaux Caribéens-
Meilleur long-métrage pour jeunes : Prix du Jury, 4ème
Festival International de Film de Buenos Aires, 2005 ?
Certificat d’Excellence. Festival International de Film
d’Enfants de Chicago.
Zulaika, est une jeune fille débrouillarde de 12 ans, dont
la mère travaille aux Pays-Bas, vit à Curaçao avec sa
grand-mère et son grand-père malentendant. La famille est
humble et les enfants de l'école se moquent de Zulaika à
cause de son uniforme râpé et de la difficulté que rencontre
sa famille à s'acquitter les frais de sa scolarité. Lorsque
la situation empire, sa force de caractère et sa
persévérance lui donnent le courage de surmonter les
difficultés.
|

Film franco-uruguayo-brésilien de Enrique Fernandes, César
Charlone
Ken Loach a des cousins
en Uruguay : ils ont posé leur caméra à Melo, tout près de
la frontière avec le Brésil que, chaque jour, des petits
trafiquants inoffensifs traversent à vélo - en rêvant
d'avoir une moto ! Beto est de ceux-là, pédalant sans
relâche, moustache au vent, pour le compte d'un commerçant
local, à qui il rapporte du pays voisin, plus prospère,
toutes sortes de denrées de base. L'annonce du voyage du
pape - Jean-Paul II sillonna effectivement la région en 1988
- secoue la petite communauté, qui parie sur l'afflux de
riches pèlerins brésiliens. Chacun s'affaire à préparer des
stands de chorizos et autres empañadas, ce qui donne à Beto
une autre idée : bâtir dans son jardin des toilettes
payantes pour croyants repus. Reste à financer
l'installation du (saint) siège.
Lire la suite
|
|
Ce n'était pas
arrivé depuis vingt et un ans, depuis la Palme d'or
décernée sous les huées à Sous le soleil de Satan,
de Maurice Pialat, en 1987. En 2008, le jury, présidé
par l'Américain Sean Penn, a décerné la récompense
suprême du Festival de Cannes à un film français,
Entre les murs, de Laurent Cantet, adapté du roman
de François Bégaudeau, également coscénariste, acteur
dans le film – et accessoirement chroniqueur de football
au journal Le Monde.
Cette décision a
été accueillie avec chaleur, peut-être même un brin
d'euphorie par le public du Grand Théâtre Lumière, au
Palais des Festivals. C'est que le spectacle final de
cette cérémonie de clôture tranchait avec la liturgie
des dimanches de palmarès ordinaires : les stars primées
(Benicio Del Toro, Catherine Deneuve) se fondaient dans
la joyeuse cohorte des élèves et des enseignants qui
sont devenus acteurs pour Laurent Cantet.
Lire la suite
|
|
Cantet, la classe!

Les
salles de classe sont des pièces aussi mystérieuses que les
chambres conjugales. Entre les murs éclaire ce
mystère en mettant les outils de l'expérience directe au
service de la fiction. Cette greffe est rendue possible par
l'existence d'un individu qui occupe une multiplicité de
positions au centre du film : François Bégaudeau en est à la
fois le sujet (il a été professeur), l'inspirateur (il a
écrit un roman tiré de son expérience d'enseignant), le
coscénariste (avec Laurent Cantet et Robin Campillo) et
l'interprète principal.
Cantet ne le
laisse pas pour autant kidnapper le film et impose sa mise
en scène fluide et rigoureuse. Le scénario, à première vue
fait d'une succession de séquences disjointes, révèle
progressivement une construction dramatique intense.
Lire la suite |
Les archives
cinéma
|