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Consulter le programme des 3èmes Rencontres Cinémas de Martinique

De l'Atrium à Madiana avec tours et détours...

 

 
 
 
 
Non, les Mayas ne prévoient pas l'apocalypse pour 2012



Contrairement à ce qu'explique le film américain, les Mayas du Mexique et du Guatemala ne s'attendent pas à la fin du monde pour le 21 décembre 2012, mais au terme d'une «période cyclique».

  Les Mayas du Mexique et du Guatemala, héritiers de l'ancien empire maître d'une partie de l'Amérique centrale, ne prévoient pas pour 2012 l'apocalypse, contrairement à ce qu'annonce le film américain «2012», selon les premiers résultats d'une étude menée par des scientifiques mexicains.

Dans «2012», inspiré du best-seller vendu à 10 millions d'exemplaires de l'écrivain américain Steve Alten, et d'autres ouvrages, une prédiction maya fixe la fin du monde au 21 décembre de cette année-là.

En fait, selon une pierre gravée découverte à Coba, dans la péninsule du Yucatan (extrême sud-est du Mexique), c'est en 2012 que doit s'achever l'ère actuelle du calendrier maya, entamée 3.144 ans avant celle du calendrier romain.La communauté maya représente 40% des 13 millions d'habitants du Guatemala, selon les estimations officielles, et près de 1,5 million de Mexicains, concentrés dans le Yucatan.
Interprétations «occidentales»

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 À Madiana

Avatar, hélas !

 

par Selim Lander

  Dans un article récent du Monde (27 janvier 2010), Pierre Desjardins, professeur dans un CEGEP québécois, présente une judicieuse analyse de l’idéologie militariste du film événement de ce début d’année, qui a déjà fait onze millions (!) d’entrées en France (chiffre des six premières semaines). Depuis l’effondrement de « l’arbre-maison » qui évoque celui du WTC de New York jusqu’à l’apparition finale d’un dragon volant salvateur, image de l’aigle américain, tout est fait pour convaincre le spectateur que la guerre à outrance est juste pourvu qu’elle soit défensive. La transformation des paisibles Na’vi, qui versaient des larmes de crocodile chaque fois qu’ils devaient tuer un animal à la chasse, en guerriers assoiffés de sang passe ainsi comme une lettre à la poste. Les bons soldats se battent à la loyale, avec des arcs, des flèches et des poignards, tandis que les méchants, loin de se contenter de leurs gros calibres, dévastent les forêts au napalm et vont même jusqu’à tenter d’utiliser des armes chimiques. Heureusement, tout finit bien qui doit bien finir : les bons sont vainqueurs et ils expulsent manu militari les quelques envahisseurs qui ont survécu au carnage.

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La domination masculine

  Empruntant à Pierre Bourdieu le titre d’un livre -La Domination masculine–, le cinéaste belge Patric Jean vient de réaliser un documentaire qui fait l’effet d’une bombe. Pourquoi les hommes dominent-ils les femmes dans la quasi-totalité des sociétés actuelles? Cette domination mène-t-elle forcément à la violence?
La majorité des sociétés existantes sont patriarcales. Et dans ces sociétés, on enseigne aux enfants, dès leur plus jeune âge à se conduire d’une certaine manière lorsqu’ils sont de sexe masculin… Le film-documentaire très controversé de Patric Jean démonte les mécanismes qui conduisent les petits garçons à devenir des mâles “dominants”. La démonstration est progressive. Elle commence avec Serge Hefez, psychiatre: “Vous prenez un groupe d’adultes et vous leur montrez une vidéo d’un bébé de 9 mois en train de pleurer. Vous leur demandez: “Cette petite fille pleure. Pourquoi ?”. Les adultes répondent: “Elle a du chagrin, elle est triste. Elle souffre. Elle a besoin d’être consolée”. Ensuite, vous montrez la même vidéo à d’autres adultes, en leur demandant : “Ce petit garçon pleure. Pourquoi?”. Les gens répondent: “Il est contrarié. Il veut quelque chose. Il est en colère.” Sur le même visage, sur les mêmes expressions émotionnelles, on projette tout un univers qui est celui de la victimisation pour les filles et de l’action pour les garçons: “Les petites filles doivent être plutôt douces, conclut Serge Hefez. Elles peuvent avoir du chagrin, elles doivent se soumettre d’une certaine façon. Les petits garçons eux, sont coléreux et affirment leur personnalité”.

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L’ARCM ( Association pour des rencontres cinématographiques en Martinique) vous convie


Un film de Fabienne Kanor et Emmanuelle Bidou
Grand Prix 2009 Jean Philippe Matime du Meilleur Documentaire de Martinique
lire la présentation  et la bande annonce du film
 

 Ce film lauréat de notre compétition de films documentaire traite avec sensibilité et justesse de l’histoire de l’immigration antillaise en France à travers des portraits de famille martiniquaises et guadeloupéennes.

Afin de faire de rendre hommage à ce film , De nombreuses surprises seront au programme dont :

la présence de la réalisatrice Fabienne Kanor qui nous éclairera sur ce film et plus globalement sur son regard autour de ce thême . De plus elle nous présentera en exclusivité son nouveau film «  Des Pieds , Mon pied » .

Enfin nous convierons tous les spectateurs à rejoindre à la cafétéria pour un « Pawollakafet «  exceptionnel , cette rencontre autour de la poésie , du slam ou de la musique « aura pour thème central : l’immigration .

Une soirée riche en émotions , en images et en réflexions
 : La soirée spéciale «  JANBE DLO « 

Voir la bande annonce 

«This Is It» à Madiana

«Un portrait très simple et très touchant de Michael Jackson



«This Is It», documentaire de deux heures qui retrace les trois mois de répétition du spectacle que «Bambi» devait donner à Londres, est sorti ce matin en salles. Eric Dahan, critique musical à Libération, juge le film «plaisant et très réussi».
Pour des millions de personnes de par le monde, ce mercredi 28 octobre 2009 restera inoubliable. Ils n'avaient que cela en tête depuis l'annonce par Sony de la réalisation de ce film. This It It, long métrage retraçant les trois mois de répétition (d'avril à juin) du spectacle que Michael Jackson devait donner à Londres à partir de juillet, a donné lieu à dix-sept avant-premières simultanées ce mercredi à 1 heure GMT (2 heures en France) aux quatre coins du monde, en même temps que la projection officielle au Théâtre Nokia de Los Angeles (Californie).


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Créole en Court

Prix Lumina Sophie 2009
Concours de scénarii en court métrage

(5ème édition)

L’association Créole en Court organise la cinquième édition du Prix Lumina Sophie; concours de scénarios en court métrage de fiction 


Cette manifestation est ouverte à tous les scénaristes, amateurs ou professionnels. Il est impératif que le projet soit la représentation de l’espace géographique et culturel de la Martinique.

Les différentes éditions ont toutes été des succès puisque plus de 300 personnes sont venues à chaque fois assister à la remise des prix et à la diffusion des films présentés à cette occasion. Après 4 éditions, l’engouement du public ainsi que la quantité autant que la qualité des scénarios envoyés nous confortent dans l’idée que cette manifestation est devenue un rendez-vous incontournable.

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Sylviane Quitman maquilleuse.

 

Par Christian Antourel

« Les illusions sont nécessaires et font partie intégrante de l’ordre des choses »
Eloge du maquillage

Maquilleuse  Peu importe que la ruse et l’artifice soit connu du public le maquillage n’a pas à se cacher si l’effet parvient à faire disparaître du teint toutes les taches et disgrâces que dame nature y a volontairement semé. Il répond à une unité esthétique abstraite devenue incontournable. C’est là que l’artiste maquilleuse est reconnue dans toutes les pratiques, les astuces employées pour subtiliser les traits rebels, dont l’unanimité réclame la fluidité audiovisuelle imperturbable, pour une accroche sur un fond de lumière infernale.
Il est une condition qui ajoute beaucoup à la force d’action du maquillage :

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 Un boucher ultraorthodoxe de Jérusalem, marié et père de famille, se prend d'une passion irrépressible pour un jeune et bel étudiant d'une école talmudique. Qui aurait l'idée de faire de cette délicate affaire, possiblement scabreuse et blasphématoire, le sujet d'un film qui se révèle in fine aussi subtil que courageux ? La réponse est sur les écrans français depuis le 2 septembre : Haïm Tabakman, qui signe avec Tu n'aimeras point son premier long métrage. C'est de fait le sixième film israélien, aussi percutant et remarquable que les précédents, qui sort en France depuis le début 2009. Cette fréquence a priori extravagante, s'agissant d'un pays et d'une cinématographie de modestes dimensions, s'ajoute à une exposition et à une densité désormais régulières depuis quelques années.

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"Un prophète" à Madiana

La bande-son d’un monde caché

 

Par YVES SIMON

 Yves Simon est chanteur et écrivain. Dernier album : Rumeurs (Barclay, 2007)

 Tout lieu d’enfermement (caserne, centre de rétention, camp de réfugiés) porte à incandescence les travers et vicissitudes d’une société, comme les outrances refoulées des hommes qui le peuplent. Le film Un prophète ne prétend pas à la vérité (Jacques Audiard, son auteur, le répète à l’envi), il est dans l’outrance paroxystique comme la Peau de Malaparte ou le Voyage au bout de la nuit de Céline. Ce n’est pas un énième reportage sur l’univers carcéral, mais le prisme poétique par lequel une humanité séquestrée va dévoiler ses tumultes les plus ténébreux, les plus abjects, les plus inavouables.

Film sur la violence, la subordination et la promiscuité, sur l’indifférence au mal et aux morales, sur la plus haute des solitudes lorsqu’il s’agit de choisir entre la mort de soi et la mort de l’autre, Un prophète fascine. Il est un effroi car nul n’est préparé à recevoir la face cachée d’un monde parallèle qui se déploie au milieu de nos maisons, de nos rues, et sur lequel nous ne portons ni compassion ni regard. De la prison ne sort aucun cri. Même pas ceux qui, la nuit, s’interpellent de cellule à cellule pour échanger en langage SMS, minimaliste, des pleurs, une douleur. De l’extérieur, la prison est silence. Et pourtant quelle bande-son nous propose Audiard ! Caverneux bruits de clés, de portes, gémissements de vidéos pornos, cliquetis de gamelles, radios à fond la gomme, chuchotements, douches, coups portés sur des corps à terre… Matière sonore qui ponctue comme des couperets les actions de la société qui se côtoie là.

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Misère des rituels masculins à Las Vegas

 

VERY BAD TRIP

  Lorsque l'on voudra, dans quelques siècles, se pencher sur les moeurs de la société américaine au début du troisième millénaire, il faudra espérer que les comédies produites à Hollywood depuis quelques années auront été conservées. La grande force du nouveau cinéma comique américain ne réside-t-elle pas, en effet, dans cette impression que le trait a été à peine grossi, que la dimension burlesque des films avec Jim Carrey, Will Ferrell ou Steve Carrel, des productions de Judd Apatow, relève moins de la caricature ou de l'excès que de l'observation stricte des comportements ?

En résumé, c'est lorsqu'un film parvient à mettre en lumière l'aspect ridicule, obscène et régressif de la vie elle-même qu'il réussit son coup. Very Bad Trip fait indiscutablement partie de ces réussites. On y assiste pourtant à une enfilade de situations incongrues, s'additionnant comme par le jeu d'un cadavre exquis cinématographique. Et pourtant, à aucun moment n'est véritablement perdu de vue tout lien avec un certain réalisme.

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Madiana
Etreintes brisées

 

Film espagnol de Pedro Almodovar

Qu'y a-t-il dans la tête de Pedro Almodóvar ? Des histoires, et encore des histoires. Ainsi que tous les films qui les ont un jour racontées, et ceux qui pourraient leur être consacrés... Etreintes brisées est un film d'amour, le récit tragique d'une passion interdite, mais c'est d'abord un film d'amour du cinéma. On y trouve une classique mise en abyme, un film dans le film, intitulé Des filles et des valises, curieux fragment d'autoremake de Femmes au bord de la crise de nerfs. On y décrypte une belle référence cinéphile : le titre, Etreintes brisées, vient de Voyage en Italie, de Rossellini, précisément d'une scène où George Sanders et Ingrid Bergman découvrent les restes pétrifiés d'un couple d'amants surpris par l'éruption du Vésuve, à Pompéi. Etreinte éternelle dans la mort, comme un présage du malheur en marche...
On y parle, aussi, des films possibles, à venir : le héros, cinéaste devenu scénariste depuis qu'il est aveugle, ébauche sans cesse des récits. Il lance des idées en l'air. Certaines abracadabrantes, d'autres qui résonnent étrangement avec sa propre biographie – comme celle, dont il faudrait vérifier l'authenticité, de l'enfant caché d'Arthur Miller... Etreintes brisées pourrait sans mal être la matrice d'une demi-douzaine de films supplémentaires, boutures qui se rapporteraient à lui comme lui-même se rapporte au cinéma.

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Charles Najman : "L'histoire d'Haïti est une névrose collective dont personne ne guérit"

En Haïti la mémoire est bloquée, figée sur 1804,

  En haïti la mémoire s'est bloquée sur 1804, l'année de sa naissance, de son indépendance, un acte anti-esclavagiste inouï. Mais il y a un tel écart entre la grandeur du passé et la réalité d'aujourd'hui que parfois cela rend fou", explique le réalisateur qui est tombé amoureux de l'île et de ses habitants au point de leur faire jouer tous les rôles de cette fable politique.

 

Royal Bonbon est le premier long métrage de fiction entièrement tourné en Haïti. Votre approche de Haïti et de son histoire est aux antipodes d'un film historique classique...
Charles Najman : Je ne voulais pas d'une reconstitution historique. Je m'intéresse à l'histoire quand elle revient sous la forme d'une hantise ou d'une névrose, c'est de la mémoire très épidermique. Ce qui me fascinait dans le projet de Royal Bonbon, tant au niveau dramaturgique que cinématographique, c'est qu'en Haïti la mémoire est bloquée, figée sur 1804, l'année de sa naissance, de son indépendance. Cette révolution anti-esclavagiste est un acte inouï, incomparable. Mais il y a un tel écart entre cette grandeur du passé et la réalité de la vie des Haïtiens aujourd'hui que, parfois, ça rend fou.

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ROYAL BONBON

 -ROYAL BONBON projeté le 9 Juillet 19H au Centre
Culturel de Coridon et le 12 Juillet,  toujours 19H

Un film de Charles Najaman  Profondément ancré dans l'histoire et la tradition haïtienne, Royal bonbon de Charles NAJMAN (prix Jean VIGO en 2002) est le premier film de fiction à avoir été entièrement tourné en Haïti.

Film de Charles Najman (France/Canada/Haïti, 2002). Image : Josée Deshaies. Musique : Jean-François Pauvros. 90 mn. Avec Dominic Batraville : le roi. Verlus Delorme : Timothée. Ambroise Thompson : Valentin. Anne-Louise Mesadieu : la reine.

Genre : sous l'emprise d'Haïti. Un fou errant dans les rues du Cap haïtien se prend pour le Roi Christophe, premier souverain du Nouveau Monde, ancien esclave et libérateur d’Haïti en 1804. Chassé de la ville, le "roi Chacha", comme on le surnomme, se réfugie dans les ruines grandioses du Palais de Sans Souci en compagnie de Thimothée, un gamin des rues qu'il a pris sous son aile. Là, il reconstitue une cour de pacotille et règne par l’absurde sur son royaume imaginaire : un Palais aujourd’hui en ruines

Le film s'inspire très librement des derniers jours du roi Christophe, cas unique d'ancien esclave devenu souverain, qui avait déjà inspiré Aimé Césaire.

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"Au nom du père"


un film de Olivier Baudot Montezume

par Roland Sabra

Olivie Baudot Montézume à Cannes  A réveiller les morts, l'amour ou la haine, c'est du pareil au même ça vous tient debout! C'est ce que montre le film du martiniquais Olivier Baudot Montezume, « Au nom du père » projeté en avant-première à Fort-de-France dans le cadre des  Rencontres Cinéma de Martinique 2009  ( RCM). Constant, une petite soixantaine est en train de rendre son âme. Matériellement il a réussi sa vie, grâce à la force de son caractère qui ne laissait pas beaucoup de place à autrui. Le prêtre avant de lui donner l'extrême onction prononce de façon fortuite le nom d'Hubert Plancy lui aussi mal en point. Miracle! Au prononcé du nom, Constant se lève d'entre les mourants avec un seule idée en tête voir crever avant lui cet Hubert Plancy! Olivier Baudot Montezume le dit tout net : «J'ai voulu traiter d'une situation tout à fait ordinaire, celle de la quête d'un homme pour l'amour de son père »

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Cannes remet la Palme d'or à Michael Haneke

L'Autrichien reçoit la plus haute distinction du 62e Festival de Cannes avec "Le Ruban blanc". Retrouvez l'ensemble du palmarès.

 Michael Haneke   Palme d'or: l'Autrichien Michael Haneke pour Le Ruban blanc. «Parfois ma femme me pose une question très féminine: "est-ce que tu es heureux?". C'est très difficile de répondre. Mais aujourd'hui, c'est un moment dans ma vie où je peux dire… je suis très heureux et toi aussi, je pense», a confié Haneke.

Avec Le Ruban blanc, il signe un film à l'extraordinaire photographie en noir et blanc, qui dissèque les méfaits de l'éducation ultra-répressive en vogue en Europe au début du XXe siècle. Le réalisateur avait déjà été récompensé deux fois à Cannes, où il avait notamment reçu, en 2005, le Prix de la mise en scène pour Caché.

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Hollywood mise sur
les remakes des années 1980

De «Ghostbusters» à «RoboCop», vingt blockbusters font l'objet d'une nouvelle version. À voir dès l'automne prochain.

Le réalisateur Robert Zemeckis (Forrest Gump) veut revisiter en 3D Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, qu'il avait lui-même tourné en 1988. (Rue des Archives/BCA)  Pas une semaine sans que le remake d'un grand succès des années 1980 ne soit annoncé à ­Hollywood. La semaine prochaine, à Cannes, les Américains ont l'intention de séduire les distributeurs avec un Conan le Barbare (1982, Arnold Schwarzenegger) remis au goût du jour. Dans un autre genre, le réalisateur Robert Zemeckis (Forrest Gump) veut revisiter en 3D Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, qu'il avait lui-même tourné en 1988.

 

Selon une enquête du quotidien spécialisé The Hollywood Reporter, vingt remakes des années 1980 sont lancés aux États-Unis. Le premier à inaugurer la série sera Fame, qui sortira en salle en octobre prochain. Le vrai déferlement est attendu à partir de 2010. On aura alors vraiment l'impression de revenir plus de vingt ans en arrière.

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Gran Torino

Film américain de Clint Eastwood à Madiana

  La rumeur annonçait un film rance, déterrant le Clint East­wood de L'Inspecteur Harry pour un dernier « nettoyage » à sa manière virile. Intox. Si Gran Torino cite implicitement le justicier des années 70, c'est plutôt pour le trahir, en le rédimant. Par ailleurs, c'est un film nettement plus vivant, plus ouvert sur le monde et plus incarné que L'Echange, sorti cet automne. Et aussi plus modeste que Million Dollar Baby ou Mystic River, qui postulaient au statut de grand classique.

La première heure tient presque de la comédie - grinçante. Eastwood surjoue le vieux réac veuf et raciste, retraité des usines Ford, coincé dans la banlieue de Detroit entre des voisins qui ne sont plus ceux, bien blancs, d'autrefois, mais des immigrés asiatiques. Une bière à la main, un oeil sur sa Gran Torino (un modèle Ford, bien entendu) sur-astiquée, l'homme ne fait même pas semblant d'être civilisé : il gronde littéralement comme un clébard au moindre pas « étranger » sur sa pelouse. Et claque la porte au nez du curé qui veut à tout prix sauver son âme. Clint en quasi-bouffon, on n'avait jamais vu ça : une révélation tardive, à presque 80 ans.

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Vie et mort d'un héros gay

 Rencontre avec Gus Van Sant

Le film ! Harvey Milk  Premier militant homosexuel élu en 1977 à un poste officiel à San Francisco, Harvey Milk fut assassiné un an plus tard. A travers son portrait, Gus Van Sant fait celui d'une époque clé.

  Jusqu'à ce jour de novembre 1978 où Harvey Milk fut assassiné, Gus Van Sant, 25 ans alors, ne connaissait pas vraiment le personnage. Le futur cinéaste vivait à West Hollywood, dont il se souvient qu'à cette époque on la désignait volontiers comme «une ville de garçons», et s'il était au fait de l'existence du mouvement gay, lui-même n'était pas encore «sorti du placard» : «Je connaissais sans doute le nom de Harvey Milk, mais j'ignorais qui il était.»
Plusieurs années seront nécessaires pour qu'il s'intéresse à Milk, par le biais tout d'abord d'un projet inspiré par le livre de Randy Shilts, «The Mayor of Castro Street», lui-même à l'origine d'un documentaire «oscarisé» («The Times of Harvey Milk», de Rob Epstein, 1984). Van Sant se trouva impliqué après qu'Oliver Stone eut renoncé et que Stephen Frears eut un moment été envisagé.

Scène de sexe explicite
Un nouveau scénario fut écrit sous sa direction, mais la préférence du cinéaste se portait plutôt sur une évocation de la personnalité de Milk, qu'il aurait située non à San Francisco mais à Portland (Oregon), où il vivait alors déjà, et qui lui aurait permis de tourner la difficulté constituée à ses yeux par le principe même du film biographique.

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Le cinéma dopé par la crise

 par Léna Lutaud

Crise et cinéma Depuis le début de l'année, pour oublier la crise, les Français vont en masse dans les salles obscures. Un phénomène que l'on observe aussi à l'échelle mondiale.

Profiter de la pénombre des salles de cinéma pour s'immerger deux heures dans un film, le tout pour 9 euros ? C'est visiblement la solution anticrise la plus facile à organiser et la moins chère choisie par des millions de Français. Depuis le début de l'année, la fréquentation explose.

Avec 15 millions d'entrées, le mois de janvier a été excellent. Grâce aux vampires de Twilight, au duo Dany Boon-Sophie Marceau dans De l'autre côté du lit et à Slumdog Millionaire, les entrées sont en hausse de 4 % par rapport à janvier 2008. En février, ce phénomène s'est poursuivi de plus belle. Des locomotives comme LOL, Volt , star malgré lui et L'Étrange histoire de Benjamin Button ont attiré 6,2 millions de spectateurs. Dès mercredi, les Français continueront d'avoir l'embarras du choix avec les sorties de films qui ont fait un triomphe aux États-Unis : le merveilleux Last Chance for Love (Dustin Hoffman, Emma Thompson), Marley & Moi (Jennifer Aniston et son chiot labrador beige), Harvey Milk pour lequel Sean Penn a obtenu un oscar, puis Duplicity qui marque le retour de Julia Roberts, et Le Chihuahua de Beverly Hills.

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Slumdog Millionnaire
survole les 81e Oscars

 

Le long-métrage émouvant de Danny Boyle a obtenu huit statuettes dont celle du meilleur film, tandis que Kate Winslet et Sean Penn sont repartis avec les trophées des meilleurs acteurs. La France est repartie bredouille.

La cérémonie des OscarIl a failli ne pas être distribué en salles… Et Hollywood vient de le porter en triomphe. Film à petit budget, sans vedettes, Slumdog Millionnaire a régné sans partage sur les 81e Oscars dans la nuit de dimanche à lundi en obtenant huit récompenses sur neuf possibles. Outre l'Oscar du film, la plus convoitée des 24 statuettes dorées en jeu, l'œuvre qui raconte le destin d'un orphelin de Bombay gagnant contre toute attente à un jeu télévisé a valu à Danny Boyle l'Oscar du réalisateur. Le Britannique a remercié «tous ceux d'entre vous qui nous ont aidé et ceux qui ne l'ont pas fait».

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«Séraphine» survole les César
 
Avec son deuxième César de la meilleure actrice (pour «Séraphine»), Yolande Moreau rejoint Romy Schneider et Catherine Deneuve au panthéon du cinéma français. Crédits photo : AFP   

 

  Pourtant outsider, le film de Martin Provost sur la vie de Séraphine de Senlis, femme de ménage devenue peintre, rafle le plus grand nombre de césars. Mesrine remporte celui du meilleur réalisateur et du meilleur acteur principal pour Vincent Cassel. 

L'outsider a triomphé du favori. «Séraphine», de Martin Provost a été le grand vainqueur de la 34e cérémonie des César, vendredi soir. Retenu dans neuf catégories, le film qui conte l'histoire de la peintre autodidacte Séraphine de Senlis a remporté sept César dont celui du meilleur film, de la meilleure actrice pour Yolande Moreau, et meilleur scénario. «Je ne sais pas quoi dire. Je veux remercier toute l'équipe et les acteurs du film,. Je voudrais remercier Séraphine qui est revenue parmi nous. Elle a disparu pendant la crise de 29 (sic) mais celle-ci lui a porté chance», a lancé le réalisateur Martin Provost, étonné de son succès.

  Pour son interprétation de cette femme de ménage devenue peintre avant de mourir internée en 1942, Yolande Moreau récolte le deuxième César de la meilleure actrice de sa carrière, un joli cadeau d'anniversaire pour la comédienne qui fêtait ses 56 ans vendredi. «J'ai de quoi alimenter mon égo jusqu'à la fin de l'hiver, merci d'avoir aimé Séraphine», a plaisanté l'actrice qui rejoint au panthéon du cinéma français Romy Schneider et Catherine Deneuve, elles aussi récompensées deux fois en tant que meilleures actrices. Yolande Moreau avait déjà été distinguée en 2005 pour «Quand la Mer Monte».

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Le documentaire vérité sur la politique d'immigration à Mayotte

  Dans "Un aller simple pour Maoré", la réalisatrice Agnès Fouilleux dénonce le sort fait aux sans-papiers à Mayotte et le rôle trouble de la France aux Comores.

Documentaire. Un réquisitoire précis et précieux sur la mécanique de la politique d’immigration sur l’île de Mayotte, aux relents néocolonialistes.

Un tiers de la population de Mayotte est sans papiers. Comment cela se traduit-il au quotidien ?

Agnès Fouilleux. Les gens vivent complètement traqués, dans la peur d’être arrêtés, même les lycéens et les écoliers. Cette année, il y a eu près de 14 000 reconduites à la frontière depuis Mayotte. En 1994, le visa Balladur a obligé les Comoriens à obtenir un visa pour rejoindre Mayotte. Depuis, ils tentent de rejoindre l’île française en kwassa (barques de pêcheurs - NDLR). Soixante-dix kilomètres séparent l’île comorienne d’Anjouan de Mayotte, c’est peu mais c’est énorme. J’ai passé une nuit sur la vedette de la police aux frontières (PAF) : en haute mer, il y a des creux très importants.

Régulièrement, on entend qu’une barque a chaviré, que tant de personnes sont portées disparues. Il y a des morts tout le temps. À Anjouan, toutes les familles comptent un membre mort dans les kwassas.

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Il était une fois l'échec de la révolution

 

Deuxième volet du film de Steven Soderbergh consacré à Ernesto Che Guevara

CHE, 2E PARTIE : GUÉRILLA

Le Che partie 2  Voici doncGuérilla, deuxième volet du diptyque consacré par Steven Soderbergh au leader révolutionnaire Ernesto Che Guevara. Autan L'Argentin, sorti le 7 janvier, était un film d'action, une épopée qui retraçait la genèse et l'avènement de la révolution cubaine, autant celui-ci, situé quelques années plus tard en Bolivie, est un film lyrique et contemplatif, qui avance d'un seul bloc vers une fin tragique consignée par l'Histoire.

C'est le principe du diptyque que de proposer deux modes de représentation différents, entre lesquels circule une nuée de signes. Comme dans Hunger, de Steve McQueen - consacré à la grève de la faim et la mort du militant de l'IRA Bobby Sands -, celle-ci s'organise autour d'un parallèle qui s'impose, en filigrane, entre la foi révolutionnaire et la foi religieuse, et plus littéralement entre la vie du Che et celle du Christ. Dans un cas comme dans l'autre, une révolution qui a fédéré les masses s'est terminée, pour son instigateur, par un long calvaire assumé au nom de sa foi.

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Che, 1re partie - l'Argentin

Film américain de Steven Soderbergh


CRITIQUES

POUR
   Un léger regret d'abord : la sortie séparée des deux films, à trois semaines d'intervalle. Quatre heures trente en une séance, ce fut la forte expérience vécue à Cannes, qui valait le coup tant les deux parties - la première consacrant une victoire, la seconde une défaite - se rejoignent malgré leurs divergences, créant un mouvement d'un seul tenant, circulaire. Voilà pour l'aspect conceptuel. Passons maintenant à ce révolutionnaire qu'on ne présente plus, icône rebelle indépassable, interviewé par une journaliste au début du film. Brèves images en noir et blanc, sortes de flashs qui participent à la légende. Corps massif, treillis de guérillero, barbe épaisse et havane aux lèvres, impossible de se tromper, c'est bien le Che, réincarné en Benicio Del Toro.....

CONTRE
C'est un hold-up brillant... Steven Soderbergh, qui a toujours fait bon ménage (à trois...) avec l'art et l'industrie, a réussi à vendre l'idée d'une fresque sur le Che. L'idole de toutes les jeunesses révolutionnaires, l'un des posters les plus vendus au monde : on imagine l'enthousiasme des producteurs. Et leur tête en découvrant ce drôle de truc hybride. Quasiment invendable, en fait... La première partie, intitulée L'Argentin, n'est qu'un long essai sinistre, fait pour décourager tous les guérilleros éventuels d'entrer dans la lutte....

Lire les deux critiques

 

Doublage: une comédienne noire accuse le cinéma français de racisme

 La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) dénonce, dans une note datée du 29 décembre, les préjugés racistes en cours sur les plateaux de cinéma français, qui empêchent les comédiens noirs d'être choisis pour doubler la voix d'un personnage blanc. Saisie par Yasmine Modestine, une comédienne métisse estimant avoir été écartée d'une saison de doublage en raison de son origine, la Halde rappelle que "le choix d'un comédien-doubleur doit se faire en fonction de sa qualité de voix et de sa compétence, et non en raison de sa couleur de peau ou de son origine."
  Selon l'enquête menée par la Halde, les directeurs de casting rejettent régulièrement des candidats noirs parce qu'ils estiment que ceux-ci ont une voix trop spécifique, inadaptée à un personnage blanc. Les acteurs blancs, au contraire, sont censés avoir des voix "universelles", et doublent régulièrement des grandes vedettes hollywoodiennes noires. Sur les écrans français, Denzel Washinton, Danny Glover, Morgan Freeman, Bill Cosby, Forest Whitaker, Don Cheadle et Whitney Houston sont tous doublés par des comédiens blancs.  

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Louise-Michel

Cinéma politique: Louise-Michel, une comédie de Benoît Delépine et Gérard Kervern.

Par Selim Lander.

Un titre trompeur mais qui vise juste, à l’image d’un film qui jouera sur les faux semblants du début jusqu’à la fin. L’affiche annonce qu’il s‘agit d‘une « comédie » et, de fait, les outrances de ce film, ses gags, le jeu des acteurs sont tout-à-fait réjouissants. Pour autant, et sans vouloir sous-estimer le caractère de divertissement de Louise-Michel, il est permis de penser que les applaudissements, à la fin de la séance à laquelle nous avons assisté (plutôt exceptionnels dans une salle de cinéma en France), traduisaient l’acceptation par les spectateurs du message politique du film et de sa morale.

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Nouveau cinéma québécois : Un capitalisme sentimental d’Olivier Asselin

par Selim Lander

  On devrait commencer à s’habituer aux coups d’éclat du cinéma québécois. On se souvient sans doute, entre autres, des films de Denis Arcand (Le Déclin de l’Empire américain, 1986, Jésus de Montréal, 1989, Les Invasions barbares, 2003, L’Age des ténèbres, 2007) ou, dans une veine plus légère, de La Grande Séduction de Jean-François Pouliot (2003). Olivier Asselin appartient à la nouvelle génération des cinéastes québécois. Son premier long métrage, La Liberté d’une statue, date de 1990. Parallèlement à son activité de cinéaste (scénariste, réalisateur), il est actuellement professeur au département des Etudes cinématographiques de l’Université de Montréal.

Le festival du Nouveau cinéma qui s’est tenu à Montréal du 8 au 19 octobre a présenté en ouverture son dernier film, Un capitalisme sentimental, précédé de Next Floor, court métrage de Denis Villeneuve, autre cinéaste de cette génération ayant déjà à son actif deux « longs » (Un 32 août sur terre, 1998 ; Maelström, 2000). La décision de réunir ces deux films était particulièrement pertinente, au plus fort de la crise financière de l’automne 2008, puisqu’ils traitent tous les deux, dans des styles certes très différents, d’un même thème : la crise de 1929.

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"Aliker" le film de Guy Deslauriers, sur un scénario de Patrick Chamoiseau

Nos ancêtres les communistes

par Manuel NORVAT

 

  Aliker, le nouveau film de Guy Deslauriers m’a plongé dans une mélancolie qu’aucune marchande de pistaches ne peut consoler. Ce film bien escampé m’a en effet particulièrement ému sur cette question de la transmission de la mémoire, de celle qui se fait Histoire. Pendant la séance, dans les effluves de pop corn de mes jeunes voisins, je me remémorais qu’à l’âge de quinze ans j’allais me procurer à la librairie Désormeaux Des origines de la nation martiniquaise, le livre de Camille Darsières, et que c’était dans ce livre-là où, pour la première fois, je pu lire les faits concernant l’affaire Aliker. Il y eut dans mes boutonnements d’adolescent des veillées aux flambeaux avec des communistes, des pépéèmes et d’autres groupuscules politiques ou organisations syndicales de gauche forgeuses de convictions ; il y eut toujours au sujet d’Aliker des plongées en des encyclopédies ou autres historials, des paroles entendues derrières des paroles et aussi des jourés anti-cominisses bardés d’ingratitude ; il y eut dans mes fréquentations, et elle demeure toujours, la vaillante rue Jules Monnerot d’où part la maison du poète Georges Desportes. À l’autre bout se trouvait, place de l’Abbé Grégoire, le siège du parti communiste martiniquais. Il vaut d’ajouter encore à cette petite mythologie portative le dernier ouvrage du politique et écrivain Georges Mauvois : Château Aubéry. C’est dire que, au nom de mon humaine condition et collectivement, l’affaire Aliker revient, parce quelle nous revient.

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"Trénelle citron"

,  de Laurent Cadoux 

 mention spéciale prix Jean Philippe Matime du documentaire 2008 sur ce quartier de Fort de France 


En présence du réalisateur Laurent Cadoux  et du comité d’organisation du prix du doc  JeanPhillipe  Matime 
 
L'occasion de parler du film avec son réalisateur, de découvrir ce prix du doc martinique et le réalisateur Matime issu de la commune de Ste marie.

  "On ne va pas par hasard à Trénelle Citron. Ce quartier populaire de Fort de France s'est auto construit dans les années 50, principalement par une population qui venait de la campagne. Cette architecture singulière et spontanée, voire pittoresque, fait penser aux favelas et Barrios des grandes villes d'Amérique du sud. Mais cette urbanisation est surtout le résultat d'une histoire faite de luttes contre la pauvreté et contre un système foncier inadapté. [...]. Ce film documentaire raconte une quête. Celle de la liberté de vivre, de survivre et surtout d'habiter. Une dizaine d'habitants nous racontent leur histoire et comment ils sont arrivés à Trénelle Citron."

 Le commentaire ci-dessus est celui d'un internaute et il reflète assez bien le propos du film de Laurent Cadoux. On peut simplement ajouter que le cinéaste  évite deux écueils, l'exotisme et l'esthétisme. Le côté "favelas" s'il est évoqué n'est pas la thématique du film. Pas besoin d'un rabattement de ce qui échappe aux connaissances sur du déjà vu, pas de Brésil aux portes de Fort-de-France, non Laurent Cadoux semble s'être débarrassé des clichés, des images toutes faites. Son regard est celui d'un découvreur, c'est surtout celui d'un cinéaste pour lequel il n'est pas de réalité en dehors de l'image qu'elle produit. Le début de son film illustre assez bien cette démarche, où l'on voit, à partir d'une fresque représentant le quartier et peinte par des élèves de cours moyen, voire de cours élémentaire, le réalisateur isoler des détails du travail et chercher dans la réalité de la ville ce qui a susciter cette représentation. La réalité du quartier comme illustration de l'image posée comme première, comme seule matière. Image de l'image. Et c'est ce même mouvement de caméra qui balance entre passé et présent, entre le Trénelle d'hier et celui d'aujourd'hui, sans que l'un prenne le pas sur l'autre, sans que le film ne verse dans une nostalgie factice. Le regard de la caméra est toujours attendri, mais distant. Il évite ainsi de verser dans un esthétisme auquel la diversité des matériaux utilisés, le patchwork, kaléidoscopique des couleurs, l'inventivité créatrice des formes pouvaient inciter. L'objectif n'oublie jamais la misère et la douleur qui ont présidé à la naissance du quartier, tout en rappelant les joies, les solidarités indispensables à la survie et coextensives à l'essor de cette ville dans la ville. Le facteur le dit clairement, lui qui compte les marches du quartier depuis 25 ans  et qui précise  qu'il ne fait pas que distribuer du courrier mais qu'il fait du "social".  Trénelle Citron ou l'obstination de vivre, comme le dit joliment  un personnage : " Dans cette architecture il y a du cri."  voilà le documentaire que nous offre Laurent Cadoux et qu'il faut avoir vu et même revu pour mieux en apprécier la distance amoureuse.

Roland Sabra

 
Les Citronniers

Film israélien de Eran Riklis

 

  A sa façon, c'est une héroïne de Ken Loach. Courageuse. Opiniâtre. Et solitaire. Son mari est mort il y a longtemps, et, à en juger par son air de crétin sinistre qui trône en photo sur le mur de la maison, il a très bien fait. Son fils l'oublie. Et sa fille, est bien trop accaparée par ses mômes pour se soucier d'elle. Il ne reste à Salma que ses citronniers : une magnifique plantation située en Cisjordanie, sur les territoires occupés, dont elle s'occupe avec son fidèle serviteur.

Les citronniers

Mais voilà que le nouveau ministre de la Défense israélien et madame viennent s'installer tout près. Et avec eux des soldats juchés sur des miradors et une ribambelle d'agents de sécurité, forcément obsédés par les attentats. D'où leur décision immédiate d'abattre cette citronneraie qui pourrait abriter de dangereux terroristes. Là, soudain, Salma se révolte. Avec l'aide d'un avocat vite séduit, elle décide d'aller jusqu'à la Cour suprême...

Si joliment dessiné soit-il, cet avocat amoureux pose un vrai problème. Et son idylle avec l'héroïne, aussi. Leur histoire, bien touchante, amorce un autre problème, en fait, tout à fait intéressant (une veuve palestinienne peut-elle prendre pour amant un p'tit jeune ?), mais en arrive à distraire le spectateur de l'essentiel. A savoir le lien invisible, muet et passionnant qui se noue entre cette Palestinienne en révolte et l'épouse du ministre israélien qui, elle, prend conscience, peu à peu, de l'hypocrisie de son entourage et des faux-semblants de sa vie.

Par moments, le réalisateur de La Fiancée syrienne aurait tendance à sacrifier aux défauts habituels du film à thèse, mais, visiblement porté par ses deux comédiennes (Hiam Abbass et Rona Lipaz-Michael), il fait le plus souvent preuve d'une étonnante finesse. A travers les conflits qu'elles découvrent ou qu'elles provoquent, Eran Riklis parvient à décrire un pays, une société, un système démocratique, avec ses qualités (une Palestinienne qui interpelle la Cour suprême israélienne, ce n'est tout de même pas mal), mais aussi ses failles et ses défaillances absurdes.

Pierre Murat

Télérama, Samedi 26 avril 2008

 

Tonnerre sous les tropiques

 

  Après les satiriques Disjoncté (un Jim Carrey très noir) et Zoolander (une satire de la mode), Ben Stiller cinéaste brocarde les excès de Hollywood et les caprices des stars mégalos. Avec une arme à double détente : un bon gros humour qui cache une justesse inattendue. A la fois comédie déjantée et action movie efficace, Tonnerre sous les tropiques raconte l'épopée d'un tournage de film de guerre.

Cinq vedettes du box-office (les bandes-annonces de leurs exploits ouvrent le film) se retrouvent autour d'un réalisateur novice pour fabriquer l'oeuvre définitive sur la guerre du Vietnam. Les personnages-acteurs sont plongés dans la vraie jungle, hostile, et rivalisent de ridicule, bien malgré eux : il y a celui qui suit le script alors qu'il n'y a plus de tournage (Ben Stiller lui-même), le candidat à l'oscar qui habite son rôle au point de se faire opérer pour devenir noir (Robert Downey Jr., épatant) et le comique lourdingue en quête de reconversion (Jack Black, idoine).

Dans ce film en trompe-l'oeil, Ben Stiller se moque d'une société américaine vénérant des héros de guerre sans même se préoccuper de leur authenticité (Nick Nolte, en vétéran fraudeur, arbore de fabuleuses prothèses). Il allume aussi les comédiens obnubilés par leur plan de carrière - jouer des débiles, c'est bien pour les Oscars, à condition qu'ils aient des talents cachés, comme Rain Man ou Forrest Gump, conseille l'un à l'autre.

Au passage, on savourera le numéro grandiose d'une guest star surprise, jouissif en producteur vulgaire, mégalo et despotique, accro au Coca light... Et au final, Ben Stiller signe le genre de film qu'il dénonce : une superproduction chère, pleine de stars et d'effets spéciaux. Mais, malin, il évite de tomber dans son propre piège, en gardant son parti pris, celui d'une mise en abîme satirique et facétieuse.

Juliette Bénabent

Télérama, Samedi 18 octobre 2008

 

Ce James Bond n'est pas Bond

 

James Bond est devenu une machine à tuer, robuste, brutale, butée, qui ne décoche jamais un sourire. Crédits photo : EON Productions

James Bond est devenu une machine à tuer, robuste, brutale, butée, qui ne décoche jamais un sourire.La nouvelle aventure du célèbre espion, qui sort sur les écrans du monde entier aujourd'hui, déçoit. Un scénario insipide, pas de gadget et une violence accrue.
« Quantum of Solace » Film d'espionnage de Marc Forster, avec Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric. Durée : 1 h 58.

C'est la première fois dans toute l'histoire de la saga des James Bond qu'un film fait suite au précédent. L'argument scénaristique a de quoi allécher les fans de la planète.

Donc, Quantum of Solace, 22e épisode officiel de la plus ancienne des franchises de l'histoire du cinéma, commence une heure après la mort de la belle Vesper Lynd (Eva Green). Soixante petites minutes séparent ce nouvel épisode de l'époustouflant Casino Royale… À elle seule, cette perspective laissait présager presque deux heures de bonheur, tant, il y a deux ans, l'adaptation du premier roman de Ian Fleming avait renouvelé le personnage de 007 sous la férule de Martin Campbell, lui-même déjà aux manettes de Goldeneye (1996).

Cette fois, James Bond (toujours incarné par le blond aux yeux bleus Daniel Craig, plus « poutinien » que jamais) part à la recherche de ceux qui ont forcé la femme qu'il aimait à le trahir. Même s'il a été très critiqué par les fans au départ, la prestation de Daniel Craig est remar­quable. Dorénavant, l'acteur « EST » James Bond. En chemin, 007 rencontre Camille (insignifiante Olga Kurylenko) et traque le nouveau méchant du film, un certain Dominic Green, interprété par le Français Mathieu Amalric, qui parvient tout de même à tirer son épingle du jeu.

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Woody et ses sabots

Ibère. Chronique de mœurs vaine et caricaturale.

Un Woody Allen vain et caricatural!  Woody Allen raconte avec une coupable candeur qu’il ne comprenait rien aux paroles que s’échangeaient devant la caméra Javier Bardem et Penélope Cruz. S’exprimant dans leur langue d’origine, les deux vedettes brodaient, tandis que le cinéaste, lui, se contentait de filmer. Ou de faire la sieste ? Car, avec le recul, on trouve le procédé d’autant plus désinvolte que Vicky Cristina Barcelona manque précisément de consistance, variation romantique dont la nature volatile tranche avec plusieurs antécédents autrement affûtés du New-Yorkais.

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Captation d’énergie scolaire

  Dans la première séquence d’Entre les murs, on voit le jeune prof, François Marin [...] dans un café, avalant un expresso, le jour de la rentrée scolaire. Ce temps de solitude hors les murs, de liberté songeuse et de quant-à-soi silencieux gagné sur les exigences de la fonction, le rôle social, sera le seul que le film lui accordera. Une fois franchi le seuil de cet établissement parisien, il devient un autre, perpétuellement visible, sous le regard des élèves, des collègues, de l’administration, des parents, toujours en état de parole, toujours accompagné, la plupart du temps le corps debout, dressé, à l’affût au milieu de gamins assis en embuscade, à la fois impérieux et débordé. On ne se souvient pas avoir jamais vu avec une telle évidence, une telle acuité, la scénographie scolaire dans son autonomie radicale. Ce qui a provoqué un véritable choc à Cannes, c’est sans doute cette tension sans détente du «in», ce pleins feux de la rampe pédagogique que le cinéaste Laurent Cantet refuse sur plus de deux heures d’éteindre par les techniques habituelles de la diversion ou de clair-obscur.

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Le film qui secoue l’école

 On reproche suffisamment au cinéma français de ne s’intéresser qu’aux tourments existentiels de jeunes bourgeois du VIIe arrondissement taraudés par le vide pour ne pas louer Entre les murs. Mais le film de Laurent Cantet revient de très loin: il n’avait pas été annoncé au cours de la conférence de presse rituelle révélant la sélection officielle du dernier festival de Cannes. Des tractations tendues entre les différents comités de sélection et une certaine indécision (ou réticence) du directeur de la manifestation, Thierry Frémaux, avaient ainsi conduit à une situation inédite de place à prendre au côté des déjà retenus Desplechin (Un conte de Noël) et Garrel (la Frontière de l’aube). Faisant figure de repêché de dernière minute (comme certains à l’oral du bac), le film a été projeté en plein après-midi, le dernier jour de la compétition, avec à peu près aucun photographe pour immortaliser la montée des marches de l’équipe du film au grand complet. Sans l’énorme coup de pouce surprise d’une palme décernée par une star américaine, Sean Penn, président du jury, ce film de la 25e heure serait reparti comme il est arrivé, dans l’indifférence à peu près générale. Tohu- bohu. Cette palme d’or française, la première depuis Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, en 1987, a de fait créé en mai une inflammation médiatico-politique spectaculaire. Le collège FrançoiseDolto, dont sont issus les élèves du film, a été littéralement envahi par les caméras de télévisions et les journalistes.

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Agnès Jaoui & Jamel Debbouze : Incitation à la tolérance

Dans Parlez-moi de la pluie, le comique perd le sourire. Objet de l’humiliation ordinaire, il joue un homme tiraillé entre deux cultures. La réalisatrice, elle, signe une comédie douce-amère. Entre eux, c’est une histoire d’humour et de franc-parler.

Paru dans Le figarole 13.09.2008, par Béline Dolat

Dans Parlez-moi de la pluie (sortie le 17 septembre), sa dernière réalisation, Agnès Jaoui met en scène Jamel Debbouze. Pour l’occasion, le comédien a renoncé à son débit de mitraillette, à ses fantaisies lexicales, et s’est laissé porter par la musique des dialogues ciselés du binôme Jaoui-Bacri. Au milieu d’une tendre galerie de personnages, il forme avec ce dernier un duo à l’équilibre parfait, émanation cinématographique d’une amitié qui dure depuis dix ans et que l’actrice-réalisatrice a voulu imprimer sur la pellicule.

Dans le film, il incarne Karim, un personnage qui lui ressemble, Français d’origine maghrébine pris entre son monde et celui de Mimouna, sa mère. Agnès Jaoui est Agathe Villanova, écrivain féministe fraîchement arrivée en politique et confrontée à la dure réalité du terrain. Entre deux projections en province, nous les avons rencontrés dans les salons du cinéma MK2 Bibliothèque, à Paris. Légèrement dissipés, complices et unis par une même volonté de bousculer les a priori, ils ont, pour _Madame Figaro _, évoqué le film, la maman de Jamel, le tagine au poulet-citron et… Jean-Pierre Bacri.

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La fille de Monaco

La Fille de Monaco de Anne Fontaine (2008) avec Fabrice Luchini, Louise Bourgoin, Roschdy Zem, Stéphane Audran.

   En apparence, le scénario n'est qu'une osmose habile entre La Femme et le Pantin et En cas de malheur : un riche avocat pour riches (comme Gabin dans le film de Claude Autant-Lara), venu défendre, dans la principauté, la (vieille) meurtrière d'un gigolo bien membré, tombe raide dingue amoureux de la présentatrice météo d'une chaîne câblée. Audrey (Louise Bourgoin) a la blondeur, la sensualité et l'insolence d'une bimbo qui se prendrait pour Bardot, légère vulgarité en sus. C'est même ça qui émoustille l'avocat (Fabrice Luchini) : qu'une bombe comme elle puisse s'intéresser à son petit corps tout mou, redonner à sa libido endormie une nouvelle vigueur. Dont va profiter sans vergogne la ravissante (fausse) idiote, qui en ce nanti croit voir passer la chance de sa vie...

La Femme et le Pantin, donc. Sauf que rien n'est jamais aussi simple qu'il y paraît chez Anne Fontaine. Si l'on excepte sa veine fantaisiste (la trilogie consacrée au person­nage hurluberlu baptisé Augustin), la ciné­aste n'aime que les histoires ambiguës et troubles. Souvent peuplées de ménages à trois : un couple terne, soudain confronté à un ange pasolinien (Nettoyage à sec) ; deux femmes fantasmant sur le même homme (Nathalie).

Le troisième personnage de La Fille de Monaco, celui qui donne au film son mystère, c'est le garde du corps de l'avocat : Christophe, interprété par Roschdy Zem, impassible et fascinant. Le garde du corps parle peu, n'exprime rien. Sinon la détermination à exercer ce qu'on lui demande de faire - ce qu'il croit devoir faire. Silhouette impénétrable, minérale, au point d'en devenir inquiétante, comme une mécanique parfaite dont on pressent, à chaque instant, qu'elle pourrait s'enrayer. D'abord en retrait, le garde du corps envahit l'intrigue, au point de reléguer au second plan le personnage d'Audrey, en dépit de la plastique irréprochable et de l'évident naturel de Louise Bourgoin.

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Cinéastes inattendus à la Mostra

" Teza ", d'Haïlé Gerima, un film porté par une force lyrique et une lucidité politique hors du commun. DR

  La Mostra 2008 propose une section consacrée à des films italiens méconnus, intitulée " Questi Fantasmi ", ces fantômes. Mais l'appellation aurait aussi pu s'appliquer à plusieurs films de compétition, montrés depuis le 27 août, oeuvres de cinéastes dont on était restés longtemps sans nouvelles, comme Werner Schroeter, qui présentait Nuit de chien, son premier long métrage depuis 2002, ou l'Ethiopien Haïlé Gerima, venu sur le Lido avec Teza, qui suit le parcours d'un médecin dans la tragédie éthiopienne, de 1970 à 1990. Gerima n'avait pas tourné de fiction depuis 1993.

Le retour de Werner Schroeter, gravement malade, a pris la forme d'un épisode paroxystique. Tiré d'un roman de l'Uruguayen Juan Carlos Onetti, Nuit de chien suit la déambulation d'un homme revenu dans une ville déchirée par la guerre civile, dans l'espoir de sauver une femme qu'il a aimée. Assailli par tous ses passés, politique, amoureux, militaire, le héros se heurte au déchaînement de cruauté et de lâcheté provoqué par l'imminence du danger. Ce basculement dans l'horreur peint aux couleurs de l'opéra a été mal compris par un public aux réactions violentes, qui n'a vu que l'outrance et la pauvreté matérielle du film (qui donne en effet, le temps des scènes de combat, l'impression de tenir avec des bouts de ficelle) et a ignoré son courage, sa virulence.

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La série

Auteur : BIDOU EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Durée : 00:52:10
Réalisateur : BIDOU EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Avec la participation de : FRANCE 5
Production : MAT FILMS,TELESSONNE
Production déléguée : MOUCHEL-BLAISOT MARIE,MAGNIEN RICHARD
Production exécutive : MARIE MOUCHEL BLAISOT

 

   A travers les témoignages de Guadeloupéens et de Martiniquais ayant quitté leur île pour la métropole, ce film traite du déracinement et de la difficulté à trouver sa place entre terre d'origine et terre d'adoption.

Ils sont partis. Loin, très loin. Jambé dlo, disent-ils en créole. "Pour l'autre bord", expliquent-ils. L'autre bord ? C'est la rive d'en face, les côtes amies après l'océan, la métropole dont ils ont tant rêvé.

Antillais de Martinique et de Guadeloupe, ils ont, dans les années 60, quitté leur île pour se rendre à Paris, Crouy-sur-Ourcq, Fontenay-le-Comte… Au lendemain de la guerre, à l'heure de la reprise économique, l'administration française leur a offert des billets pour venir s'installer en métropole et a organisé pour eux, à leur arrivée, des formations pour apprendre un métier.

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Le secret d’Hancock

Ou quand le passé ségrégationniste des Etats-Unis fait retour dans la science-fiction

par Tina Harpin

Hancock  A l’heure où la candidature de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis fait la une de l’actualité, nul ne peut nier l’importance de la question raciale dans un pays qui a officiellement aboli la ségrégation il y a à peine quarante ans. C’est pourtant sur ce déni que semble jouer le film de science-fiction Hancock.

Que raconte en effet ce blockbuster actuellement au box office en France et aux Etats-Unis ? Se poser cette question n’est pas inutile lorsque plusieurs critiques soulignent l’incohérence du scenario et les ruptures de ton du film. Tout le monde aura noté l’originalité prétendument subversive de l’intrigue : Hancock, un superhéros marginal, déclassé, incapable d’utiliser intelligemment ses pouvoirs, s’avère être une plaie pour la société jusqu’à ce qu’il se fasse aider par Ray Embrey, un brave chargé de communication qui devient son « coach de vie » et redore son blason. Hancock se prend en main, oublie sa bouteille d’alcool, et accepte même d’endosser le costume trop « homo » à son goût ( !) de superhéros, pour se mettre enfin au service de la société. Telle semble être la fable d’Hancock. Qualifié hâtivement de « transgressif » pour une promotion publicitaire efficace, le film a aussi été interprété comme « progressiste » du fait que le superhéros soit noir, incarné par Will Smith. Cette donnée de la mise en scène passe facilement pour une preuve d’ouverture d’esprit, d’antiracisme, et on y voit même un clin d’œil amical au candidat en lice pour la présidence des Etats-Unis. Le fait que le superhéros noir doive suivre une véritable rééducation (dont la première étape est un séjour en prison) avant de pouvoir assumer ses fonctions ne serait qu’une innocente sophistication du scenario, une variation sur le schéma classique des épreuves purificatrices que doit endurer tout héros, et plus indubitablement tout superhéros.

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Lettre ouverte à
Alfred MARIE-JEANNE

  Créole en court vient de participer en tant que co-producteur à la réalisation du court métrage « Au nom du père » que vous avez bien voulu soutenir. Ce film produit par la société Marakudja’films, société Martiniquaise de cinéma en court métrage, a été pour nous l’occasion de vérifier « in situ » les conditions particulières de tournage au format 35mm, mais aussi et surtout la situation pour le moins singulière des intermittents Martiniquais du cinéma et de l’audiovisuel.

Il m’apparaît plus qu’important d’attirer votre attention sur la nécessité de soutenir l’activité cinématographique de façon réelle. Il y a une urgence politique à considérer ce secteur comme un secteur culturel à part entière : source d’emploi, de savoir faire, espace de création.

En effet, à l’occasion de nos recherches en personnel technique pour le film, nous avons pu observer que la plupart des techniciens Martiniquais formés aux techniques des métiers du cinéma dans le cadre d’école ou dans le cadre de pratique sur les plateaux de tournage, finissent par déserter leurs postes. La raison invoquée est toujours la même « pas assez de tournage »

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Les longs métrages: drames des pauvres, caprices des riches

par Selim Lander

  Cette année, les Rencontres cinématographiques associaient à une compétition de courts métrages et de documentaires, la projection de longs métrages, dont un certain nombre originaire de la Caraïbe. Rapide panorama sur quelques-uns de ces films. Zulaika de Diederik lm raconte l’histoire d’une petite fille de douze ans qui vit chez ses grands-parents, avec une tante et les enfants de cette dernière. Le grand-père est malade ; la grand-mère tient un tout petit commerce d’épicerie qui ne rapporte presque rien, faute de savoir faire rentrer les crédits accordés trop libéralement à une clientèle impécunieuse ou de mauvaise foi ; quant à la tante, elle-même toujours à court d’argent, elle est plus un fardeau qu’une aide.

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Palmarès 2008
De l'art et de l'ambigüité...

    Si le Prix Jean-Philippe Matime a été décerné avec justesse à la cinéaste Camille Mauduech, il faut néanmoins remarquer que la compétition était sans doute inégale. Les 16 de Basse-Pointe ( lire la critique) est d'un genre un peu particulier, ni tout à fait documentaire, ni docudrame, il faudrait inventer un terme comme docu-synoptique, tant le travail de la réalisatrice apparaît comme la base préparatoire à la réalisation d'une superbe fiction en devenir... Puisse-t-elle trouver les financements qui permettraient de  concrétiser ce tour de force.

Par ailleurs on notera que le jury n'a fait paraître dans son commentaire pour les mentions spéciales que " "l'intérêt patrimonial ..[des] œuvres". Les  artistes cinéastes apprécieront!De l'art et de l'ambigüité... Déjà la projection de Parfum de chêne du cubain    Rigoberto Lopez  à l'ouverture du festival avait donné lieu à un feu d'artifice d'éloges qui se situaient uniquement sur le plan politique et en aucun cas sur le plan artistique. il faut dire que cette telénovelas entre mélodrame et didactique politique faute d'être marxiste-léniniste était à tout le moins lénifiante.

Enfin on regrettera l'absence singulière dans la liste des longs métrages qui entouraient la compétition de la palme d'or cannoise 2007 le film de  Christian Mungiu 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Est-ce le sujet, l'avortement, qui aurait effarouché les organisateurs?  Auquel cas l'Artchipel en Guadeloupe, n'aurait pas eu de ces pudibonderies, puisqu'il a proposé à ses fidèles, au moment de Cannes 2008, l'essentiel du palmarès de l'an dernier. L'île sœur a bien de la chance d'avoir des cinéphiles moins prudes. Si le CMAC ne diffuse pas ces films qui le fera en Martinique? Certainement pas le circuit Elizé! N'y a-t-il pas là un manquement? Le service public n'a-t-il pas aussi pour objet de pallier les insuffisances, les carences, des circuits commerciaux?

R.S.

Lire le communiqué du jury

 

vendredi 06 juin à 9:30

Rigoberto Lopez - Cuba - 2003 - 2h05

Au19ème siècle à Cuba, …l’aventure amoureuse entre une belle et distinguée femme (noire) de Saint-Domingue et un commerçant allemand (blanc), romantique, arrivé récemment dans le pays. Une histoire d’amour infini qui fit de l’Angerona, la plus riche plantation de café de Cuba. Dans cette sombre période, marquée par l’intolérance, les incompréhensions, les conflits d’intérêts et le pouvoir absolu, en ces deux personnages s’affrontent, plus que deux cultures, deux identités, deux façons de voir la vie.

 
PRE-OUVERTURE DES RENCONTRES CINEMAS 2008 EN MARTINIQUE

Entrée libre
lundi 02 juin à 18:30

Zulaika (Curaçao, Antilles néerlandaises, 1990), fiction de Diederik Vaan Rooijen, 1 h 18

Section : Joyaux Caribéens-
Meilleur long-métrage pour jeunes : Prix du Jury, 4ème Festival International de Film de Buenos Aires, 2005 ? Certificat d’Excellence. Festival International de Film d’Enfants de Chicago.

Zulaika, est une jeune fille débrouillarde de 12 ans, dont la mère travaille aux Pays-Bas, vit à Curaçao avec sa grand-mère et son grand-père malentendant. La famille est humble et les enfants de l'école se moquent de Zulaika à cause de son uniforme râpé et de la difficulté que rencontre sa famille à s'acquitter les frais de sa scolarité. Lorsque la situation empire, sa force de caractère et sa persévérance lui donnent le courage de surmonter les difficultés.

 

Film franco-uruguayo-brésilien de Enrique Fernandes, César Charlone

Ken Loach a des cousins en Uruguay : ils ont posé leur caméra à Melo, tout près de la frontière avec le Brésil que, chaque jour, des petits trafiquants inoffensifs traversent à vélo - en rêvant d'avoir une moto ! Beto est de ceux-là, pédalant sans relâche, moustache au vent, pour le compte d'un commerçant local, à qui il rapporte du pays voisin, plus prospère, toutes sortes de denrées de base. L'annonce du voyage du pape - Jean-Paul II sillonna effectivement la région en 1988 - secoue la petite communauté, qui parie sur l'afflux de riches pèlerins brésiliens. Chacun s'affaire à préparer des stands de chorizos et autres empañadas, ce qui donne à Beto une autre idée : bâtir dans son jardin des toilettes payantes pour croyants repus. Reste à financer l'installation du (saint) siège.

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Ce n'était pas arrivé depuis vingt et un ans, depuis la Palme d'or décernée sous les huées à Sous le soleil de Satan, de Maurice Pialat, en 1987. En 2008, le jury, présidé par l'Américain Sean Penn, a décerné la récompense suprême du Festival de Cannes à un film français, Entre les murs, de Laurent Cantet, adapté du roman de François Bégaudeau, également coscénariste, acteur dans le film – et accessoirement chroniqueur de football au journal Le Monde.

Cette décision a été accueillie avec chaleur, peut-être même un brin d'euphorie par le public du Grand Théâtre Lumière, au Palais des Festivals. C'est que le spectacle final de cette cérémonie de clôture tranchait avec la liturgie des dimanches de palmarès ordinaires : les stars primées (Benicio Del Toro, Catherine Deneuve) se fondaient dans la joyeuse cohorte des élèves et des enseignants qui sont devenus acteurs pour Laurent Cantet.

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Cantet, la classe!

Les jeunes acteurs de Cantet

  Les salles de classe sont des pièces aussi mystérieuses que les chambres conjugales. Entre les murs éclaire ce mystère en mettant les outils de l'expérience directe au service de la fiction. Cette greffe est rendue possible par l'existence d'un individu qui occupe une multiplicité de positions au centre du film : François Bégaudeau en est à la fois le sujet (il a été professeur), l'inspirateur (il a écrit un roman tiré de son expérience d'enseignant), le coscénariste (avec Laurent Cantet et Robin Campillo) et l'interprète principal.

Cantet ne le laisse pas pour autant kidnapper le film et impose sa mise en scène fluide et rigoureuse. Le scénario, à première vue fait d'une succession de séquences disjointes, révèle progressivement une construction dramatique intense.

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