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De l'Atrium à Madiana avec tours et détours...

 

Voir les critiques de quelques films Madiananesques

 
 
 
 
 
 

Qu'ils reposent en révolte...
un film sur la barbarie démocratique

 

 

  Sorti en salles, le 16 novembre 2011, le film de Sylvain George « Qu'ils reposent en révolte (Des figures de guerre I) », déjà applaudi et primé dans les festivals depuis un an, connaît aujourd'hui un véritable succès médiatique, salué par Médiapart, Libération, L'Humanité, L'Express, Le Monde, Les Inrockuptibles... comme un documentaire exceptionnel sur les migrants, les migrations ou les politiques migratoires.

C'est peut être le propre d'une œuvre majeure que de susciter des conflits d'interprétation et de classement, d'autant que chacun peut avoir envie de tirer le talent de Sylvain George à soi, les journalistes vers le documentaire, les chercheurs vers l'anthropologie visuelle, les artistes vers la création esthétique. Je n'y échapperai pas tout à fait en soutenant que ce film, bien loin d'être un documentaire sur les migrants est une création artistique d'anthropologie visuelle sur un sujet difficile à traiter visuellement : la barbarie démocratique.

Ceci n'est pas un documentaire : aucun film de ce genre cinématographique ou télévisuel n'a jamais associé, avec une telle audace, l'extrême fidélité dans la représentation du réel le plus laid avec la beauté fascinante des artifices visuels étonnamment découverts dans de piètres contextes par le talent de l'artiste.

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"Il n'y a pas de rapport sexuel" :

 

 HPG, sa vie, son sexe, sa dévoration

   Dans l'hypothèse où l'on prendrait ce film en cours de route, Il n'y a pas de rapport sexuel se donnerait à voir comme un making of de films X d'HPG. Un montage de séquences tournées dans le studio de ce personnage hors norme, hardeur professionnel, réalisateur, cadreur et producteur de films porno, qui s'illustre régulièrement par ailleurs comme auteur de films indépendants "classiques" (HPG, mon vit mes œuvres, On ne devrait pas exister...), prisés des festivals et de la critique cinéma.

La matière en soi est passionnante. Mais elle est loin de résumer ce film, qui échappe à toutes les catégories existantes, né de la rencontre entre HPG et le vidéaste Raphaël Siboni. Le producteur Thierry Lounas les a mis en relation quand il a découvert que le premier accumulait depuis des années des milliers d'heures de rushes de making of. Laissant tourner plusieurs heures par jour, à différents endroits de son studio, une caméra posée sur un trépied, HPG avait recréé là son propre petit loft, sans bien savoir à quoi pourraient servir les images. Siboni a tout visionné et en a tiré un film.
 

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Le vibromasseur, du cabinet médical au sexshop

 
Par Lucie Soullier,


  Actuellement en salles, le film Oh My God! raconte l'invention de l'ancêtre du sextoy. Une occasion de revenir sur un objet qui a participé à l'émancipation sexuelle des femmes.

Orgasme sur ordonnance. Avec la sortie, mercredi 14 décembre, du film Oh My God!, le vibromasseur est l'objet de la semaine. Voire l'objet du siècle.

Odile Buisson, gynécologue obstétricienne et auteure de Qui a peur du Point G?, a découvert le film de Tanya Wexler avec plaisir. "C'est une comédie pétillante, très déculpabilsante, sur l'invention du godemiché. Et un film sur ce thème n'aurait pas été possible il y a quelques années."

Le film s'inspire d'une histoire vraie. Dans l'Angleterre victorienne, au XIXe siècle, des "Oh!" et des "Ah!" sortent du cabinet médical du jeune docteur Mortimer Granville, interprété par Hugh Dancy, spécialiste de l'hystérie féminine. Le traitement préconisé pour ces femmes de la bonne société: des massages pelviens, pratiqués par le corps médical. Le remède par le plaisir. Mais, à force de frictions, le jeune praticien s'abime le poignet. C'est donc une crampe qui l'amène à mettre au point, avec un ami, le premier vibromasseur. Un des premiers objets du quotidien qui sera électrifié, en même temps que la machine à coudre ou le grille-pain.

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Ranimons le court métrage !


Par JACQUES PERRIN Parrain du «Jour le plus court», BERTRAND TAVERNIER, MICHEL GONDRY Parrain du «Jour le plus court», VALÉRIE DONZELLI Cinéaste, SERGE AVÉDIKIAN, JEAN-JACQUES BEINEIX, VALÉRIA BRUNI-TEDESCHI, RACHID DJAIDANI, PIERRE ETAIX, ERIC GARANDEAU, COSTA GAVRAS, DYANA GAYE, JULIE GAYET Parrain du «Jour le plus court», MICHEL HAZANAVICIUS, MÉLANIE LAURENT Parrain du «Jour le plus court», SOPHIE LETOURNEUR, JEANNE MOREAU Parrain du «Jour le plus court», OLIVIER NAKACHE, ERIC TOLEDANO, REBECCA ZLOTOWSKI Parrain du «Jour le plus court»


  La noblesse et la puissance d’une œuvre ne se mesurent pas à sa longueur, à son métrage. Il y a même tout lieu de penser qu’un court sera au moins aussi intense et corsé qu’un long… Alors d’où vient que le court métrage qui, depuis Lumière et Méliès régnait seul sur le cinéma, a été progressivement relégué en «avant programme», avant de disparaître purement et simplement du grand écran, sans retrouver une place digne sur le petit ?

Sans doute une forme de «darwinisme», qui pourrait aujourd’hui s’inverser. Dans un monde frappé par l’accélération du temps et la révolution numérique, les lourdes machines donnent parfois quelques signes d’essoufflement. Agile, audacieux, créatif, le film court a retrouvé la vitalité et la fraîcheur des premiers temps du cinéma. 657 films courts ont obtenu un visa d’exploitation en France en 2010, contre 380 en 2005, et 2011 est encore meilleure.
 

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Festival International du Film de Toronto :

L’ordre et la morale (Rébellion) 

 

 Un film de et avec Mathieu Kassovitz : sanglante déraison d’état

 
  On sait que les petits échassiers qui nous gouvernent sont affublés d’appétits énormes, disproportionnés et qui les corrompent, et que pour arriver au faîte de leurs ambitions il leur a fallu tuer à vue d’oeil : tuer symboliquement (dans le meilleur des cas) leurs concurrents, tuer ceux qui se mettaient en travers de leur route, tuer ou laisser tuer ceux dont la mort servirait leurs intérêts. La saloperie règne et a toujours régné, néanmoins on voudrait toujours se flatter que le cynisme soit plus prévalent et plus brutal « ailleurs » ; la tristesse est immense devant la mort salope et superflue d’être humains ; et la honte lorsque ce sont ceux qui officiellement nous représentent qui l’ont décidée.
 
« 21 cadavres pour une ambition présidentielle », c’est-à-dire pour la satisfaction d’un ego boursouflé, tel pourrait donc être le sous-titre du dernier film de Mathieu Kassovitz, consacré aux dix jours qui ont mené au déplorable assaut de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988. Je ne rappellerai que succinctement les événements, tant ils sont connus et facilement accessibles : une occupation de gendarmerie, organisée par des indépendantistes kanaks sur la petite île d’Ouvéa, tourne mal et aboutit à la mort de quatre gendarmes ; les indépendantistes se retranchent alors dans une grotte de la forêt, avec le reste des gendarmes emportés comme otage ; leurs revendications sont sans doute impossibles à satisfaire, cependant des négociations semblent progresser, lorsque Chirac pour en finir avant le deuxième tour et agrémenter sa candidature d’une image d’homme fort (propre à plaire aux électeurs du FN) commande à des forces militaires importantes de donner l’assaut (l’ordre est contresigné par le président Mitterrand) ; dix-neuf indépendantistes perdront la vie, ainsi que deux otages, atteint par des « tirs amis ».
 
Une pour toutes... Toutes pour les femmes !

par Audrey Soto

 
L’infiniment petit, c’est ce qu’est venu observer un jeune journaliste dans ce discret village perdu au creux des montagnes. Son étude est à la base dédiée aux insectes, comme on pourrait le comprendre au premier abord, avant qu’il ne soit témoin d’un spectacle bien plus fascinant. Cette intelligente métaphore a pour but de souligner le fait que les femmes sont considérées comme une minorité, cet "infiniment petit" qui s’avèrera bien plus grand et puissant qu’on ne le croit.
 
 À travers ce magnifique film, relaté tel un conte traditionnel, Radu Mihaileanu réalise une véritable déclaration d’amour à la femme, aux femmes du Monde entier, mais plus particulièrement à la femme arabe. Il fait ainsi brillamment comprendre que la tradition et l’indifférence des hommes pèsent sur leur liberté.
 
Filmées d’un œil bienveillant, les sublimes Biyouna, Hafsia Herzi, Hiam Abbas et Sabrina Ouazani sont portées ici jusqu’à la grâce, ce casting envoûtant conduit par une Leïla Bekhti qui dévoile l’ensemble de ses talents d’une façon admirable.
 
 Ce film s’adresse à tous. Aux femmes comme aux hommes. Véritable plaidoyer en faveur de la tolérance, il pose à travers la relation entre les personnages de Leïla (Leïla Bekhti) et Sami (Saleh Bakri), son époux, un regard sur les bases d’une relation sincère et aimante, sur ce qu’un homme devrait être prêt à accepter et à comprendre pour la femme qu’il aime et surtout à se battre pour ses ambitions.
 
Fondé sur des faits qui ont réellement eu lieu, La Source Des Femmes démontre que quelque soit nos origines, notre langue ou notre religion, il ne faut jamais baisser les bras face à l’adversité et toujours croire en ses convictions, bien qu’il reste malgré tout, pour certains d’entre nous, beaucoup de chemin à parcourir…
 

Audrey Soto

Comme Au Cinema

 

Vive "Polisse"
 

Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de protection des mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs, mais aussi la pause déjeuner où l'on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c'est savoir que le pire existe et tenter de faire avec... Comment ces flics parviennent-ils à trouver l'équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés tous les jours ?

 

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"Intouchables" : derrière la comédie populaire, une métaphore sociale généreuse
 


  A en croire les échos, un gros buzz entoure la sortie nationale d'Intouchables, quatrième long métrage d'Olivier Nakache et Eric Toledano. Ce sonore anglicisme désigne, en termes de marketing, le "bourdonnement" qui est organisé autour d'un produit pour le lancer, et par extension les faits avérés annonçant son succès. Le film arrive, de fait, avec une besace bien remplie. Il est à ce jour vendu dans quarante territoires, y compris aux Etats-Unis où les frères Weinstein, producteurs légendaires, le distribueront au printemps 2012, tout en ayant posé une option pour un possible remake. Par ailleurs, ses avant-premières, tant à l'étranger qu'en France, font un tabac, et les exploitants se l'arrachent.
 

 


Cela a déjà été dit, l’édition 2011 du mois du film documentaire en Martinique est bicéphale : cycle de projections et exposition. Les questions posées par la programmation sont nombreuses : Qu’est-ce que la pratique documentaire ? Qu’est-ce que le cinéma du réel ? Qu’est-ce que l’art ou la création documentaire ? Interrogations auxquelles s’ajoutent celles non moins passionnantes et complexes de l’adaptation, de l’intertextualité et de l’hybridation telles que les formule par exemple le film de Jean Rouch, essai théâtre créé à partir de la pièce du dramaturge et cinéaste martiniquais Julius Amédée Laou.

 

Application de la TSA dans les DOM
 

L’article proposé par le Gouvernement dans le projet de loi de finance rectificative pour 2001, refusé par le vote du Sénat, s’est inscrit dans le cadre des propositions actées par le Conseil interministériel de l’outre mer du 6 novembre 2009, suite à la volonté de la Présidence de la République.

Cet article visait à étendre aux séances de spectacles cinématographiques organisées par les exploitants d’établissements de spectacles cinématographiques situées dans les DOM, la taxe sur le prix des entrées (TSA) qui est affectée au Centre national du cinéma et de l’image animée.

L’assujettissement à cette taxe permettra aux exploitants de bénéficier des aides à l’exploitation accordées par le CNC, notamment les aides automatiques et sélectives (culturelles) à pour la modernisation et la création des établissements.

Mais elle permettra également aux producteurs et distributeurs ultramarins et métropolitains dont les œuvres sont exploitées dans les DOM de bénéficier des aides automatiques à la production et à la distribution accordées par le CNC au titre de cette exploitation.

L’ensemble de ces soutiens, pour leur part automatique, est en effet assis sur la TSA encaissées dans les salles.
Ce dispositif devait entrer en vigueur au 1er janvier 2012, ce qui permettait aux exploitants concernées et au CNC le temps nécessaire pour la mise en place de ce dispositif.

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La ré-ouverture du Pax à Fort-de-France

 

par Roland Sabra

C'est en 2002 lors du premier festival CINAMAZONIA qu' a germé dans la tête de Willy Rameau et de quelques autres l'idée d'un cinema Art et Essai à Fort-de-France. Il s'agit de reprendre l'ancien cinéma « Le Pax » aujourd'hui occupé par l'église catholique, non pas reprendre à l'identique, le bâtiment ne se prête pas à une nouvelle affectation mais d'en sauvegarder la façade et derrière elle d'installer un ensemble de trois salles de projection. Le projet est soutenu par le FEDER ( Europe), la Région et la municipalité de Fort-de-France qui voit là un moyen de revitaliser le centre ville autour du Théâtre Aimé Césaire du centre commercial Perrinon et pourquoi pas  du théâtre de la Croix mission. Ce projet dans les cartons depuis plusieurs années a vu sa réalisation reportée plusieurs fois notamment à cause du refus des élus locaux, l'an dernier encore, d'accepter l'extension de la TSA à nos régions ( Voir article ….) Daniel Robin, élu régional, mais surtout Directeur Général du circuit Elizé a vait fait prévaloir ses intérêts de distributeur hégémonique au détriment des intérêts des cinéphiles. La réunion du 08/11/2011 a permis de faire bouger les lignes. LE président de la Région Martinique et les autres élus présents ont dit leur ralliement aux défenseurs de la diversité culturelle en se déclarant favorables à l'application de la TSA à nos territoires, mesure incontournable pour que puisse exister un cinéma Art-et-Essai. Cette taxe de 10 ,72 % sur le prix d'un billet, soit environ 75 cents pourra faire l'objet d'une introduction progressive sur plusieurs années, avec un taux intermédiaire de 5% comme il a été envisagé. Notons quand même qu'il n'y a pas pour autant obligation d'augmenter le prix des billets, cette hausse modérée pouvant être compensée par une plus grande rationalisation des coûts de fonctionnement.

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Une salle Art-et-Essai à Madiana et/ou Fort-de-France ?

 

Pourquoi faut-il, éventuellement,  accepter de payer un peu plus cher sa place de cinéma ?

par Roland Sabra

Les parlementaires des Antilles et de la Guyane ne doivent pas  aller très souvent au cinéma là où ils ont été élus ; à moins que leurs goûts en la matière épousent l'indigence programmatique de leur région d'élection. Ils ont été jusqu'à présent majoritairement hostiles à doter leur cher pays des moyens de s'émanciper de la tutelle que fait peser sur les amateurs de cinéma le monopole de distribution de films que possède une famille martiniquaise, non seulement sur la Martinique, mais aussi en Guadeloupe et en Guyane. Parler d'indigence est en-dessous de la réalité. Il s'agit en fait d'un processus d'acculturation de la jeunesse de ces régions, plus précisément d'un travail d'américanisation, de diffusion des normes et valeurs de la société étasunienne, une valorisation de la violence des rapports sociaux, de l’individualisme, le culte de l'argent facile comme seul moyen de réalisation. Comme si la lutte contre l'assimilation consistait à se choisir un autre maître plus puissant que celui que l'on combat. Les distributeurs de film, il faudrait écrire LE distributeur de films de la zone n'est pas responsable de la montée de la violence, mais les films qu'il choisit la légitiment en la transformant en objet « artistique ». Le recours à la violence pour des jeunes en situation de désespérance si ce n'est en perdition ( 60% de chômeurs chez les 18-25 ans)

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   Avec l’événement national qu’est « Le Mois du film documentaire », le mois de Novembre est depuis onze ans un rendez vous cinéma riche et foisonnant dans des centaines de lieux de l’hexagone, des DOM-TOM et des Centres culturels français à l’étranger.

L’objectif est de faire découvrir à un public de proximité la richesse du documentaire de création en fédérant les multiples manifestations construites par des programmateurs passionnés, dans des lieux de diffusion très divers.

Pour le Mois du film documentaire 2011 en Martinique, huit lieux répartis sur tout le territoire martiniquais accueillent le public en entrée libre.

Une programmation riche : 11 films, 20 dates, la venue de deux invités : Gilles Elie-dit-Cosaque -pour une rétrospective de ses œuvres- et M. Soglo, personnage principal de l’un des documentaires proposés-, un débat sur l’esthétique documentaire, une exposition itinérante, des soirées plein air.

Autour du thème « Retour vers soi », cette programmation présente des regards particuliers sur le réel ; comment percevons nous notre réalité et comment réussir à se la partager ?

Des problématiques chères à la marraine de cette année, Marie-Claude CELESTE.

Voir la liste des films et les dates en Martinique

 

Deux films primés à Cannes en 2011.

Terrence Malick : The Tree of Life

Par Selim Lander.

  Deux films qui prennent pour sujet principal l’enfance ou la prime adolescence, son mal-être, sa révolte ont été récompensés à Cannes cette année par une palme d’or et un prix spécial du jury. Sans doute faut-il y voir autre chose qu’un hasard. Les enfants et les adolescents se montrent au cinéma des acteurs d’un naturel surprenant. Mais là n’est pas l’unique raison pour laquelle ils fascinent tant les spectateurs adultes. Aussi différents soient-ils, à bien des égards, de ce que nous fûmes au même âge, ils font montre d’une sincérité, d’une pureté, ou d’une fraîcheur de caractère (comme on voudra) dont nous n’étions pas conscients dans nos jeunes années et qui nous émeuvent depuis que nous les avons perdues.

 

Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné à six ans de prison

 

Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné à six ans de prison

  Une cour d'appel iranienne a confirmé la condamnation du cinéaste Jafar Panahi à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de faire des films, de voyager ou de donner des interviews, a indiqué samedi un membre de sa famille à l'AFP.
 


La condamnation en première instance de Jafar Panahi a été confirmée par une cour d'appel iranienne: six ans de prison et vingt ans d'interdiction de faire des films.

 

Une cour d'appel iranienne a confirmé la condamnation de Jafar Panahi à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de faire des films, de voyager ou de donner des interviews. La condamnation a été rendue il y a deux semaines mais n'est connue que depuis quelques heures et n'a touhjours pas été officiellement signifiée au cinéaste.
 

Le réalisateur, toujours en liberté ce samedi selon sa famille, avait été condamné en décembre 2010 pour "activités contre la sécurité nationale et propagande contre le régime" après avoir entamé la réalisation d'un film sur les troubles ayant suivi la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad, en juin 2009.
 

A 51 ans, Jafar Panahi, connu pour ses satires sociales grinçantes, est l'un des cinéastes de la "nouvelle vague" iranienne les plus connus à l'étranger, où il a reçu de très nombreuses récompenses, notamment aux festivals de Cannes, Berlin ou Venise.
 

Sa condamnation en décembre dernier avait suscité une vague de protestation dans les milieux artistiques et politiques européens, qui se sont mobilisés pour demander à Téhéran d'abandonner les poursuites. Au dernier festival de Cannes, il avait été symboliquement appelé à faire partie du jury, sa chaise restant vide pendant la remise des prix.
 

La condamnation de Jafar Panahi inclut également l'interdiction d'écrire des scénarios pendant 20 ans, selon le quotidien gouvernemental Iran. Le journal précise que Jafar Panahi, une fois sa peine de prison purgée, pourrait être autorisé à se rendre à l'étranger uniquement pour participer au pèlerinage à la Mecque ou "pour raisons médicales".
 
Selon lui, la Cour d'appel a réduit à un an de prison, contre six auparavant, la peine de prison de Mohammad Rassoulof, jeune cinéaste qui travaillait avec Jafar Panahi sur le film qui leur a valu d'être condamnés ensemble, en décembre 2010.


Avec AFP Par LEXPRESS.fr, publié le 15/10/2011 à 09:53, mis à jour à 09:53

 

"Drive", un bloc de granit sans faille

Crédits photo: Ryan Gosling dans "Drive"


Drive de Nicolas Winding Refn - 2011
avec Ryan Gosling à Madiana


   Un film semblable à un bloc de granit, avec un acteur minéral comme sorti d’une roche en fusion.

Une voiture file dans la nuit, zigzagant tel Pacman sur la grille de Los Angeles pour semer ses poursuivants. Arrivée sur le parking d’un stade, la Chevy Impala grise s’arrête. Son conducteur en descend et, casquette des Dodgers vissée sur la tête, s’en va réintégrer le flux compact des anonymes. Mission accomplie en cinq minutes chrono, le temps d’une séquence parfaite, d’une pureté machinique que n’aurait pas reniée Michael Mann.

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2011, le naufrage de Malick

Par Thomas Baurez (Studio Ciné Live), publié le 16/05/2011

 

  Avec The Tree of Life et sa métaphysique de pacotille, Terrence Malick perd toute la grâce de son cinéma. Une déception à la mesure d'une interminable attente.

"C'est son 2001!" claironnaient nos chanceux confrères qui avaient eu la chance - disons l'honneur- de voir The Tree of Life avant les autres. Une formule à l'emporte pièce qui voulait tout et rien dire. On voyait déjà le cosmos sur fond de Strauss, des voyages spatio-temporels sidérants ou encore un ordinateur fou. Bref, une machine à usiner de la métaphysique à 24 i/s ... Or, si en 1969 avec son 2001 Kubrick a fait date, Malick et son arbre de vie devraient, en revanche, rapidement se dessécher.

Cette Odyssée de l'espace s'avère, en effet, bien terre à terre, livrant sur plus de deux heures un cours de philo pour les nuls. "Est-ce que je dois être bon, si Toi tu ne l'es pas?" se demande en substance un jeune gamin, tiraillé entre une mère aimante mais passive et un père actif mais autoritaire. Ce père c'est Brad Pitt en mode fifties, homme frustré de n'avoir pas réussi son American Way of Life. La mort d'un de ses rejetons va ébranler un peu plus un climat familial déjà pesant. Le film commence d'ailleurs là-dessus. L'horreur de la perte, le sentiment d'injustice, la difficulté du deuil et la question adressée à l'éternel: "Pourquoi?" Malick a évidemment la réponse. Sa caméra se substitue au regard de Dieu tout puissant qui observe les hommes tomber.

Commence alors un voyage dans l'au-delà. Au-delà du temps (des dinosaures à notre présent), de l'espace (la Terre, les anneaux de Saturne, la nature originelle, les buildings climatisés d'une ville moderne)... C'est la parenthèse 2001, dont on se demande en la voyant si on touche au sublime ou au ridicule. Un bénéfice du doute que l'heure et demie suivante va lever. Si le film redescend vers une temporalité et un espace plus resserrés, la voix-off exaltée et la caméra flottante, rappellent la dimension a priori supérieure du "machin". Le film ne redécollera jamais, scotché au sol par un lyrisme de pacotille et un esthétisme à mi-chemin entre le fond d'écran d'ordinateur et le clip de Michael Jackson période Heal The World. Un mot enfin pour les fans de Sean Penn. Leur idole a un temps d'existence à l'écran comparable à celui de Carla Bruni dans le Woody Allen. Une faute de goût qui vient s'ajouter à ce pudding indigeste! Une vraie crise de foi(e) en somme!!!!

 

Le film sur le massacre d'Ouvéa privé de sortie en Nouvelle-Calédonie

 



  Vingt-trois ans après les faits, les cendres de l'assaut militaire de la grotte d'Ouvéa, dans lequel périrent dix-neuf Kanaks et deux militaires, sont-elles encore trop chaudes pour être portées à l'écran ? "Oui", a tranché l'unique exploitant de salles de cinéma de Nouvelle-Calédonie, Douglas Hickson. Issu d'une vieille famille calédonienne, ce dernier, qui a réservé ses explications aux seules ondes de la radio locale proche de l'UMP, a jugé "très caricaturale et polémique" l'oeuvre de Mathieu Kassovitz, L'Ordre et la Morale, dont la sortie est prévue le 16 novembre en métropole. Accusant le film de "rouvrir des plaies cicatrisées",

M. Hickson a affirmé que ses salles, consacrées au "divertissement", n'étaient pas "le lieu approprié" pour une telle diffusion. En 1997, la même maison avait refusé de programmer Les Médiateurs du Pacifique de Charles Belmont, qui retraçaient les coulisses des accords de Matignon (1988).

L'Ordre et la Morale s'attaque à l'épisode le plus traumatique de l'histoire récente du Caillou. Le 22 avril 1988, au terme de deux années de politique du gouvernement Chirac hostile aux indépendantistes, un commando du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) attaque la gendarmerie de Fayaoué sur l'île d'Ouvéa. Quatre gendarmes sont tués puis une trentaine d'autres sont emmenés en otage dans la grotte de Gossanah. En pleine élection présidentielle, la crise est traitée sous pression. L'assaut militaire, le 5 mai 1988 à la veille du second tour, vire au carnage. Kassovitz s'est appuyé sur le livre La Morale et l'Action de Philippe Legorjus, alors patron du GIGN, que le réalisateur incarne à l'écran, et dont les tentatives de médiation avaient échoué.

Le réalisateur a aussi passé plusieurs années à discuter et à rencontrer les habitants de Gossanah, mais il avait dû renoncer à tourner sur place où des réticences subsistaient. L'équipe avait mis le cap sur la Polynésie française, dont l'aide financière au projet avait soulevé la colère du sénateur calédonien, Pierre Frogier (UMP).

"Pressions politiques"

Originaire de Gossanah et acteur du film, Macky Wéa affirme que "des pressions politiques" ont conduit à cette censure. "Je suis furieux, mais je m'y attendais. On parle de destin commun mais on refuse de regarder notre histoire commune", s'est-il insurgé, assurant que "le film sera diffusé dans tout le pays", par d'autres vecteurs.

Sur les réseaux sociaux, les réactions des internautes ont plu pour dénoncer "la censure, la dictature et le scandale" de cet ostracisme cinématographie. Figure historique du combat indépendantiste, Paul Néaoutyine, président de la province nord, s'est indigné de cette décision "incompréhensible voire scandaleuse", jugeant les Calédoniens "assez mûrs pour s'approprier leur propre histoire".

Si beaucoup pensent que les pressions ont surtout émané de la droite anti-indépendantiste, L'Ordre et la Morale soulève aussi la controverse dans les rangs du FLNKS, dont le rôle dans le drame d'Ouvéa serait mis cause. "C'est une décision sage de la famille Hickson", a ainsi déclaré Roch Wamytan, président indépendantiste du Congrès : "Le film, a-t-il dit, n'arrête pas de dire que le FLNKS est responsable de l'assaut à Ouvéa, c'est faux. A l'époque, il n'y avait plus aucun contact entre le FLNKS et Alphonse Dianou (le chef du commando kanak)."
Claudine Wéry
Article paru dans l'édition du 24.10.11 Le Monde

 

La politique, cet obscur objet du désir

"L'Exercice de l'Etat" et "Les Marches du pouvoir" : la politique, cet obscur objet du désir
 

   Nous aussi, dans les salles de cinéma, nous avons notre primaire. Elle oppose Olivier Gourmet et Michel Blanc à George Clooney et Ryan Gosling. Cette compétition franco-américaine, organisée par le hasard du calendrier des sorties, somme de choisir son film politique à la porte du multiplexe.

D'un côté, L'Exercice de l'Etat, oeuvre complexe qui parle d'une vie quotidienne plus mystérieuse que celle des créatures qui peuplent les fosses marines : celle des hommes au pouvoir en France. De l'autre, Les Marches du pouvoir, qui revient avec un brio un peu superficiel sur un rituel aussi connu que le repas des lions : le processus de nomination d'un candidat à la présidence des Etats-Unis. On encouragera le spectateur-électeur à ne pas se laisser aveugler par l'éclat des étoiles, mais à se décider sur le fond. A donner donc la priorité à L'Exercice de l'Etat, film intelligent, neuf, provocant.

A quoi rêvent les hommes de pouvoir ? A leur bureau, peuplé d'huissiers encagoulés, d'une femme nue et d'un crocodile, nous dit la première séquence du film. C'est le premier coup de maître de ce film magistral que d'établir d'un seul coup la dimension fantasmatique et érotique du pouvoir. Pierre Schoeller n'y reviendra pas, mais ce trouble sensuel vibre tout au long du film. Le désir bouillonne dans les antichambres du pouvoir comme dans les chambres à coucher.

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Festival International du Film de Toronto :
L’ordre et la morale (Rébellion)
 

 Un film de et avec Mathieu Kassovitz : sanglante déraison d’état

 

  On sait que les petits échassiers qui nous gouvernent sont affublés d’appétits énormes, disproportionnés et qui les corrompent, et que pour arriver au faîte de leurs ambitions il leur a fallu tuer à vue d’oeil : tuer symboliquement (dans le meilleur des cas) leurs concurrents, tuer ceux qui se mettaient en travers de leur route, tuer ou laisser tuer ceux dont la mort servirait leurs intérêts. La saloperie règne et a toujours régné, néanmoins on voudrait toujours se flatter que le cynisme soit plus prévalent et plus brutal « ailleurs » ; la tristesse est immense devant la mort salope et superflue d’être humains ; et la honte lorsque ce sont ceux qui officiellement nous représentent qui l’ont décidée.
 
« 21 cadavres pour une ambition présidentielle », c’est-à-dire pour la satisfaction d’un ego boursouflé, tel pourrait donc être le sous-titre du dernier film de Mathieu Kassovitz, consacré aux dix jours qui ont mené au déplorable assaut de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988. Je ne rappellerai que succinctement les événements, tant ils sont connus et facilement accessibles : une occupation de gendarmerie, organisée par des indépendantistes kanaks sur la petite île d’Ouvéa, tourne mal et aboutit à la mort de quatre gendarmes ; les indépendantistes se retranchent alors dans une grotte de la forêt, avec le reste des gendarmes emportés comme otage ; leurs revendications sont sans doute impossibles à satisfaire, cependant des négociations semblent progresser, lorsque Chirac pour en finir avant le deuxième tour et agrémenter sa candidature d’une image d’homme fort (propre à plaire aux électeurs du FN) commande à des forces militaires importantes de donner l’assaut (l’ordre est contresigné par le président Mitterrand) ; dix-neuf indépendantistes perdront la vie, ainsi que deux otages, atteint par des « tirs amis ».

 

 

Soutien aux cinéastes iraniens emprisonnés

  Les dernières informations en provenance d’Iran sont très alarmantes, elles concernent la situation des cinq cinéastes iraniens emprisonnés depuis le 18 septembre. Rappelons leurs noms : Mojtaba MIRTAHMASB, Nasser SAFFARIAN, Hadi AFARIDEH, Mohsen SHAHRNAZDAR, Marzieh VAFAMEHR, tous réalisateurs, ainsi que Katayoun SHAHABI, productrice de films.

Les médias gouvernementaux, les délégués du Sénat de Téhéran, le ministre de l’Information, celui de la Police secrète, le ministre de la Culture, le directeur général du ministère de la Culture, trois réalisateurs islamiques proches du régime, douze associations d’étudiants islamiques, le site du gouvernement et les télévisions, ont accusé les 6 réalisateurs arrêtés en les traitant d’espions, annonçant que l’espionnage en Iran était passible de longues peines de prison. Les familles des réalisateurs emprisonnés ont appris qu’elles n’avaient pas le droit de rendre visite à leur proche.

Le gouvernement iranien a également arrêté le caméraman, Touraj ASLANI, alors qu’il se trouvait dans un avion en partance pour la Turquie.
La Maison du Cinéma en Iran avait lancé un appel pour la défense et la libération des cinéastes emprisonnés. Les médias gouvernementaux ont annoncé que la Maison du Cinéma en Iran n’aurait désormais plus de reconnaissance officielle, accusée d’être un parti politique en contact avec l’étranger.
Selon nos informations, le gouvernement iranien a l’intention de museler tous les organismes et artistes indépendants.
Le ministre de l’Information en Iran a demandé aux familles des réalisateurs de s’en tenir au silence, et de ne pas évoquer la situation des cinéastes emprisonnés.
Un grand nombre d’artistes iraniens, en France, en Europe, au Canada et aux Etats-Unis, viennent de créer le Comité de Soutien aux Cinéastes iraniens Emprisonnés.
Contact du Comité de soutien : cinemairan@ymail.com

Nous avons besoin de votre soutien pour organiser ensemble des actions pour la défense des réalisateurs iraniens emprisonnés.

Signez la pétition sur www.cinematheque.fr

ou directement ici :

Le Festival de Cannes, La Cinémathèque française, La SACD, La SRF, France Culture
Posté dans Cinéma le 29.09.2011 par Serge Toubiana

 

L’Iran doit libérer Katayoun Shahabi

 

Par JEAN-MICHEL VECCHIET Réalisateur


  La productrice iranienne Katayoun Shahabi a été arrêtée le 17 septembre à Téhéran, ainsi que six de ses compatriotes réalisateurs, accusés d’avoir distribué à la BBC des images «visant à donner une image négative de l’Iran». Le ministère de l’Intérieur iranien ajoute que les «agents iraniens» de la BBC ont «reçu des dizaines de milliers de dollars pour ce travail». On pourrait en rire s’il ne s’agissait d’accusations gravissimes. Accusés d’espionnage à la solde d’une puissance étrangère, ces cinéastes sont détenus à la prison d’Evin, dans la terrible section 209, dont beaucoup ne sont jamais ressortis. Katayoun Shahabi une espionne, traître à sa patrie ? Ridicule, fantaisiste, profondément injuste. Je l’ai rencontrée en 2009 à Téhéran, à l’occasion du tournage d’un documentaire que j’ai réalisé avec son aide pour Arte. Je peux dire que Katayoun Shahabi n’est pas une employée de la BBC ou d’une quelque autre compagnie étrangère. Elle est PDG de sa propre société de films, officiellement reconnue par le gouvernement. Elle travaille en plein jour, ses productions sont systématiquement approuvées par les autorités. Katayoun ne vend pas d’archives aux pays étrangers, pour la simple raison qu’elle n’en a pas. Lorsque l’on fait un documentaire en Iran, on achète les images aux organismes officiels. Tout passe par l’Etat ! Même les projets de scénarios et les synopsis sont soumis au ministère des Affaires étrangères.

 

Josiane Cueff, entourée de Steeve Zébina et de Frédéric Thaly présentait lundi 03 octobre pour la saison 2011-2012 le programme du CMAC que l'on peut par ailleurs télécharger ou voir en vidéo sur Madinin'Art. On sent et on devine plus qu'on ne voit la touche de la nouvelle directrice de la scène nationale. Il faut dire que la compétence de l'équipe qui l'entoure n'est plus a démontrer, d'autant plus que celle-ci a fonctionné, sans capitaine pendant de longs mois et qu'elle a de ce fait dû conquérir des espaces d'autonomie qu'il serait mal venu de vouloir lui contester. Même s'il s'agissait de remonter face au vent il faudrait de s'appuyer sur ce vent. Ce qui ne semble pas être de circonstance et c'est tant mieux. Un programme dans l'air de la maison, c'est à dire avec un air musical très prononcé, une touche de danse, un zeste de théâtre et quelques grains de épars de cinéma? C'est à propos du cinéma que quelques remarques viennent à l'esprit.

 

"Case départ", une comédie explosive autour de l'esclavage

  Dans cette comédie populaire aux admirables vibrations moliéresques, Ngijol et Eboué sont deux demi-frères, l'un noir, l'autre métis. Le grand mince aux allures élégiaques, avec un je-ne-sais-quoi de vulnérable, c'est Ngijol. Il incarne le chômeur Joël, un Nique Ta Mère du 9-4, un Trissotin zy-va de la victimisation. Eboué joue Régis, un conseiller municipal de Normandie, prêt à toutes les abjurations pour parvenir. Un oncle Tom, selon la terminologie américaine.

Victimes d'un sortilège, ils se retrouvent en 1780 dans une plantation de Martinique, esclaves parmi les esclaves d'un certain monsieur Jourdain. Disons-le : cette very bad grande vadrouille est une bombe comique et cathartique. De quoi purger les vices et les ridicules des Français. De quoi châtier par le rire les grands haineux comme Dieudonné et les grands effarés comme Finkielkraut, les racistes béants et les antiracistes béats, les sadiques de l'identité nationale et les masochistes de la repentance. Universels, hexagonaux, Eboué et Ngijol ressuscitent De Funès et Bourvil, dans une version mazoutée de notre grand récit national.

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"Balada triste de trompeta": les clowns cruels de Franco



PARIS - Avec "Balada triste" (sortie mercredi), fresque burlesque teintée d'horreur, le réalisateur espagnol Alex de la Iglesia tente de purger par la parodie le douloureux passé franquiste de son pays qui, selon lui, "conditionne encore son présent".

Cette "Ballade triste" - et déjantée - confronte deux clowns défigurés et pathétiques (Carlos Areces et Antonio de la Torre) d'un cirque ambulant, en lutte à mort pour les beaux yeux d'une acrobate (Carolina Bang) dans un pays marqué au fer par la dictature du général Franco.

Aux premières images, en 1937, le père du clown triste est enrôlé de force, sur fond de bombardement, pour commettre un massacre à la machette contre la Garde civile. A la fin du film, en 1973, son fils (Carlos Areces), à qui il a enseigné que seule la vengeance vaut la peine d'être vécue, mord comme un chien la main de Franco.

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Tout sur sa mère

Eva Ionesco se livre sur son enfance qui fut abusée "au nom de l'art".
My Little Princess
 

Isabelle Huppert en mère fantasque et abusive. (Sophie Dulac Distribution)



Autobiographique, My Little Princess est à l’image de son auteure : sur le fil d’une enfance à la fois prodigieuse et pathétique, excentrique et cruelle. Avec courage, Eva Ionesco a réussi son pari de délivrer ce marasme dans son premier long métrage, une fiction convaincante et tantôt drôle. L’histoire n’en reste pas moins terriblement bourbeuse, douloureuse et accusatrice envers sa mère, la photographe Irina Ionesco, ici interprétée dans un mélange d’exaltation, de grotesque et d’égotisme assumé par Isabelle Huppert. Passionnée par les contes féeriques et les vieux films hollywoodiens, Eva Ionesco a su, malgré la lourdeur de son sujet – art et pédopornographie –, témoigner de situations limites sans pour autant verser dans le spectacle choc ou dans la morale bon marché. "Je ne voulais surtout pas tomber dans le psychodrame réaliste ni dans la pornographie des sentiments", prévient d’emblée la cinéaste.

Il n’empêche. Sa mère? "Une cinglée. Je l’ai toujours connue ne parlant que d’elle, se comportant comme une enfant qui ne supporte ni contradiction ni dialogue. Je ne veux plus la voir et je me fiche de savoir ce qu’elle pense du film. Elle est folle!" Loin d’être apaisé par ce film, le conflit entre les deux femmes "se finira au pénal s’il le faut", ajoute-t-elle. "La police a récemment saisi et placé sous scellé 50 planches de négatifs qu’elle refuse de me restituer et qu’elle s’obstine à vendre en Asie".
Le clash survient avec la puberté

Née d’un père qu’elle n’a quasiment pas connu, Eva porte le nom fleuri de sa mère, Ionesco, photographe érotico-baroque en pleine ascension au fur et à mesure qu’elle grandit. On est alors en pleines années 1970, "cette belle époque où l’on parlait d’aimer sans tabou", dit Eva tout en levant ses beaux yeux gris vert au ciel, lumineux mais las. "La démarche amusait les intellectuels, beaucoup de garçons étaient concernés aussi…" Elle n’a pas encore 5 ans lorsqu’Irina, fantasque et dévorée par ses visions d’artiste en devenir, la fait poser nue pour elle. Les postures sollicitées sont toujours celles de séductrice patentée, voire de vamp et affublée de couronnes, fleurs et déguisements en dentelles. "Au début, c’était un jeu, plutôt amusant, et puis c’est devenu plus intello, plus lourd, et ce jusqu’à la névrose absolue".

Les séances se répètent dans le sombre appartement d’Irina, encombré de miroirs, de poupées, de phallus, situé juste en face du cimetière de Vincennes. Eva n’y dort qu’à l’occasion, dans l’entrée. Le reste du temps, elle vit dans un studio avec sa grand-mère roumaine et dévote. À 10 ans, elle est "le petit minou" rêvé de sa mère, rompue aux tenues les plus audacieuses, armée de talons et maquillages insensés aussi bien à l’école que dans les vernissages. Elle est terriblement seule aussi, exhibée nue en couverture de magazines allemands grand public, et même "vendue" à d’autres, photographes (Jacques Bourboulon) ou réalisateurs d’obscures fantaisies érotiques. "Ma mère était une sorte de Marlene Dietrich de HLM, terriblement snob. Avec elle, tous les autres étaient des ploucs". Le clash survient avec la puberté. Placée de 13 à 16 ans, Eva Ionesco estime aujourd’hui avoir été sauvée par la décision de la Ddass. "Sans cela, je serais passée de l’autre côté". Son seul asile devient le Palace, la boîte de nuit emblématique du Paris branché des années 1980, dont elle deviendra la plus jeune égérie et qui sera l’objet de son deuxième long métrage.

My Little Princess ** d’Eva Ionesco, avec Isabelle Huppert, Anamaria Vartolomei, Georgetta Leahu. 1h45.
Paru dans leJDD 26/06/11
 

Le « baroquisme » : une nouvelle mode cinématographique.

 

À propos de Melancholia de Lars Van Trier, La Piel que habito de Pedro Alomodovar, L’Apollonide de Bertrand Bonello.

 Par Selim Lander.

À en juger par trois films qui firent partie de la sélection officielle lors du dernier festival de Cannes et qui ont reçu un accueil très favorable de la critique, le culte du baroque – que l’on peut nommer « baroquisme » – se révèle aujourd’hui très « tendance ». Le baroque tel que nous l’entendons se caractérise par l’exagération de la forme au détriment du fond, l’accumulation de boursouflures inutiles, la perte du sens ou alors sa réduction à l’affirmation d’une opulence désordonnée. Les grands retables des églises baroques – celui de la cathédrale de Séville est un exemple particulièrement frappant – illustrent bien ce propos : il y a tant de figures sculptées couvertes d’or que l’œil renonce à les distinguer ; le visiteur ébahi gardera seulement l’impression que l’Espagne dut être bien riche pour décorer ainsi ses églises. Une chapelle romane, une cathédrale gothique véhiculent un tout autre message : la pureté des lignes, l’ascension des flèches vers le ciel sont autant de témoignages de la foi des bâtisseurs et de la ferveur de tout un peuple.

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Le court, c'est bien avec notre sélection ciné

Mafrouza

  Divisé en cinq parties thématiques, ce documentaire égyptien de douze heures s'inscrit dans la lignée du travail de Pedro Costa dans la communauté cap-verdienne de Fontainhas (Ossos, 1997 ; Dans la chambre de Vanda, 2000 ; En avant jeunesse !, 2006), ou de celui de Wang Bing à l'intérieur de l'immense complexe industriel dont il a filmé le démantèlement dans A l'ouest des Rails. Tourné pendant deux ans par la française Emmanuelle Demoris dans le quartier de Mafrouza, à Alexandrie, ce film monstre est une expérience cinématographique hors norme. Alors que ce quartier de bidonvilles a fini par être détruit, le film est tout ce qu'il en reste : un tombeau poétique, une prophétie politique, un film d'amour. La vraie légende des parias de notre temps.
Film documentaire français d'Emmanuelle Demoris. (11 h 41)

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Antagonismes culturels irréductibles

par Roland Sabra

  « La barra » est l’œuvre d'un tout jeune réalisateur colombien Oscar Ruiz Navia qui s'interroge sur les rapports entre l'ici et l'ailleurs, le dedans et le dehors, le monde du même et celui de l'étranger. « La Barra » est le nom d'un village colombien perdu dans le trou du cul du diable, coincé entre mer et forêt, et peuplé de pécheurs afro-colombiens, descendants d'esclaves pour la plupart, qui vivent dans un grand dénuement la répétition à l'identique des jours qui passent semblables aux jours passés et tout aussi semblables aux jours qui viennent. Des éléments exogènes perturbent la vie du village. D'abord il y a la raréfaction des poissons qui obligent désormais les pécheurs à partir en mer pour une à deux semaines. La disparition de la ressource halieutique ne résulte pas, on le devine, des techniques employées par les villageois mais de l'industrialisation de l'activité. Ensuite il y a avec l'arrivée de l'électricité dans le village un propriétaire d’hôtel, qui voudrait développer son entreprise en faisant venir des touristes, en privatisant une partie de la plage et remettre en cause l'usage commun et public qui en est fait. Enfin arrive dans le village, venu d'on ne sait où, un étranger, Daniel, avec un maigre pécule et qui cherche un bateau pour repartir.

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Grizzly Man, Werner Herzog

par Simon Tirant


  Ce film est un documentaire sur l’américain Timothy Treadwell, de son vrai nom Timothy Dexter, qui, comme chaque homme, avait une passion : passer des étés entiers en pleine nature, au beau milieu des grizzlis et se filmer dans le but de protéger ceux-ci et de sensibiliser les gens à la nécessité de leur protection.
Autant dire que cette marotte n’est pas banale et plutôt dangereuse. D’ailleurs ces parties de camping causeront la mort du jeune homme, ainsi que de sa petite amie, en 2003, après 13 étés passés au milieu de ses amis velus. On peut donc dire que l’on retrouve ici une des constantes du cinéma de Werner Herzog : la nature.
En effet, après avoir capturé les paysages de la jungle amazonienne dans Aguirre ou la colère de Dieu en 1972, dans Fitzcarraldo en 1982 ou encore dans Le Diamant blanc en 2003, il nous montre ici les plaines sauvages de l’Alaska à travers les images de Timothy Treadwell.

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Brésiliens au bord de la crise de nerfs

Le Diable à quatre
réalisé par Alice de Andrade

 La réalisatrice brésilienne Alice de Andrade a été l’assistante de John Boorman, André Techiné, Pascal Bonitzer... Le moins que l’on puisse dire en voyant Le Diable à quatre, son premier long métrage, est qu’elle n’a pas retenu grand-chose de ces expériences. Chronique haute en couleurs de la jeunesse désœuvrée de Rio de Janeiro, le film se perd dans de multiples références (à Almodóvar, aux télénovelas brésiliennes) sans jamais parvenir à se constituer une identité propre.

En 2002, Fernando Meirelles offrait un tableau étourdissant, âpre et violent de la jeunesse brésilienne avec La Cité de Dieu, coup de poing à la forme clipesque et au contenu décapant qui a laissé nombre de spectateurs sur le carreau. Sans être le chef-d’œuvre décrit par ses admirateurs, La Cité de Dieu avait le mérite de donner une bonne claque à ceux qui préféraient ne retenir du Brésil que les images de carte postale associées au carnaval de Rio.

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"We Want Sex Equality" : rouge gauchiste et rose bonbon
 par Thomas Sotinel


  On a rarement l'occasion d'employer les termes " trotskiste " et " mièvre " dans la même phrase, alors, profitons-en. Inspiré de la grève que les ouvrières d'une usine anglaise de Ford menèrent en 1968, We Want Sex Equality mène une charge impitoyable contre la bureaucratie syndicale et le grand capital (on croirait alors que le film a été écrit par un militant du très trotskiste Socialist Workers Party) tout en déchaînant des torrents lacrymaux dès que les prolétaires quittent leur poste de combat pour leur foyer, où la vie est aussi mièvre qu'un livre de Barbara Cartland.

Nigel Cole, le réalisateur de cette bluette aux reflets rouges, avait déjà témoigné de son attachement à la cause des femmes avec Calendar Girls, également inspiré de faits réels (une poignée de dames patronnesses posaient dans le plus simple appareil pour une bonne cause). Cette fois l'inspiration surgit du fond des âges - 1968, donc. Cet été-là, les ouvrières de l'atelier de sellerie de Dagenham, d'où sortaient les Cortina qui transportaient l'Angleterre de Harold Wilson, se mirent en grève pour demander non seulement une augmentation de salaire, mais la parité de traitement avec les hommes.

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« Miente » ou la vérité de la création

par Roland Sabra

Art et transgression, telle semble être la thématique développée dans le film « Miente » qu'un jeune réalisateur Porto-ricain, Rafi Mercado est venu présenter au CMAC le 09 juin 2011. Voyons l'histoire qui est une libre adaptation d'un roman de Javier Avila, «  Different », avec une scénario écrit par José Ignacio Valenzuela. Un jeune boutiquier d'un magasin vidéo Henry ( Oscar Guerrero) mène la nuit dans on appartement une vie secrète, tournée vers lui-même. Introverti, il dessine et il peint comme pour donner figure à ses fantasmes. Un repli sur soi qu'illustre l'ouverture du film, à savoir une séance de masturbation sous la douche. Très vite on le voit partir dans des rêvasseries suggérées par son dessin d'une femme au corps entièrement tatoué. A partir de là le réalisateur nous engage dans une étrange dérive entre délire et réalité. En effet Henry ne tarde pas à rencontrer dans son magasin une belle cliente pas mal déjantée, Paula ( Mariana Santangelo) au corps tatoué comme par hasard et dont il s'empressera de peindre tout l'épiderme comme une réplique, un double vivant de son dessin. Un troisième personnage intervient lors d'une agression urbaine sous la forme d'un bandit de rue, Diff, raccourci de Different, (rôle tenu par Frank Perozo). Paula et Diff ont pour fonction dans le film de déstabiliser Henry, l'une en lui racontant ses amoures antérieures et notamment lesbiennes, et l'autre en l’entrainant dans coups de plus en plus tordus mais toujours en dehors de la légalité.

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Résumé des Sixièmes Rencontres Cinémas de Martinique

 Semaine 1. Ces sixièmes rencontres cinémas de Martinique sont bien étranges. A côté du meilleur se fourvoie certains soirs le moins bon ou très exactement des œuvres, car ce sont tout de même des œuvres, qui auraient sans doute plus leur place dans d'autres cadres que ces Rencontres Cinémas, qui ont une importance d'autant plus grande pour le spectateur de Martinique qu'il n'est pas si fréquent de pouvoir assister à ce qui se présente implicitement comme un Festival. S'il est vrai que sur le continent ces dits festivals de cinéma présentent une incroyable diversité ou l' excellence côtoie l'exécrable, leur nombre, leur fréquence fait vite oublier ce que l'on n'aurait pas dû voir pour ne retenir que le meilleur. La rareté de tels évènements en Martinique devrait inciter à une plus grande rigueur dans le menu proposé.

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Deux films primés à Cannes en 2011.

Par Selim Lander.

  Deux films qui prennent pour sujet principal l’enfance ou la prime adolescence, son mal-être, sa révolte ont été récompensés à Cannes cette année par une palme d’or et un prix spécial du jury. Sans doute faut-il y voir autre chose qu’un hasard. Les enfants et les adolescents se montrent au cinéma des acteurs d’un naturel surprenant. Mais là n’est pas l’unique raison pour laquelle ils fascinent tant les spectateurs adultes. Aussi différents soient-ils, à bien des égards, de ce que nous fûmes au même âge, ils font montre d’une sincérité, d’une pureté, ou d’une fraîcheur de caractère (comme on voudra) dont nous n’étions pas conscients dans nos jeunes années et qui nous émeuvent depuis que nous les avons perdues.

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Ninety Perrinon Street

Un documentaire de Laurent Cadoux

par Roland Sabra

Vous êtes sans doute déjà passés devant le 90 de la rue Perrinon sans peut-être avoir remarquer cette maison en bois à la fois studio d'enregistrement, lieu de rencontres et d'échanges musicaux. Laurent Cadoux dans son troisième opus sur les quartiers de Fort-de-France, après les Trenelle-Citron et Terre-Sainville s'attarde dans ce lieu de création artistique. Le film qu'il nous propose relève d'une commande de la ville qui voudrait présenter ses quartiers. Comment filmer le centre ville? A-t-il une unité qui puisse être filmée et faire l'objet d'une narration? Laurent Cadoux est tombé un peu par hasard sur la maison qui donne son titre au documentaire.

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"L'eau, c'est la vie"
et le cinéma alors?

par Roland Sabra

Iciar Bollain, actrice, scénariste et réalisatrice espagnole, connue jusqu'alors pour des films plutôt intimistes, comme «Ne dis rien» qui dénonce les violences conjugales, est une admiratrice de Ken Loach à qui elle a consacré un livre en 1996. Cette admiration va jusqu'à lui emprunté, pour son dernier film, « Même la pluie», son scénariste préféré, Paul Laverty, engagé par ailleurs dans les causes humanitaires en Amérique centrale. Du film intimiste au ciné social le lien est moins ténu qu'il n'y paraît. «Ne dis rien» reposait sur un solide travail d'enquête sociologique qui soulignait que la dépendance économique des femmes ne suffisait pas à expliquer l'existence de relations violentes. C'est ce refus d'un simplisme construit à partir de fausses évidences que l'on retrouve dans «Même la pluie». Le scénario est une mise en abyme pirandellienne qui prend la forme de la réalisation d'un film dans le film. Il ne s'agit pas tant de faire un film sur le cinéma, à la façon de Godard dans «Le mépris» ou de Trufaut dans «La nuit américaine», encore que d'évoquer la question de l'engagement. Qu'est-il préférable? Faire œuvre d'art et laisser une trace pour l'avenir ou se colleter au réel et tenter de transformer la réalité présente? Engagement artistique ou engagement politique? Inclusion transitive peut-être?

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Cinéma du passé, cinéma dépassé ?

Par Selim Lander.

  En dehors du film de Bansky, qui traite du présent le plus « contemporain » qui soit (voir notre compte-rendu précédent), les films projetés ce mois de mai au CMAC étaient tous tournés vers le passé : L’émouvant Incendies, bien sûr, enquête sur une Libanaise condamnée à revivre le destin tragique de la Jocaste du mythe œdipien, mais également The Hunter qui, bien que racontant une histoire qui se passe dans l’Iran d’aujourd’hui, nous plonge dans une atmosphère sombre et lourde qu’on aurait pu croire dissipée depuis l’effondrement des régimes de l’Europe de l’Est (voir les comptes-rendus de Roland Sabra). Les deux films restants se rattachent encore plus directement au passé. Cabeza de Vaca, tourné en 1990 au Mexique, qui raconte l’aventure d’un conquistador devenu esclave des Indiens après le naufrage de son bateau près des côtes de Floride, comme Le Petit Fugitif, tourné en 1953, qui met en scène un petit garçon de sept ans qui s’échappe à Coney Island, le parc d’attraction de New-York,… en 1953.

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Ce que théâtre suggère un certain cinéma le montre, mais il en est d'autres...

par Roland Sabra

  Steeve Zébina du CMAC nous a proposé dernièrement « Incendies », un film de Denis Villeneuve d'après la pièce de théâtre époustouflante de Wajdi Mouawad créée en 2004 et jouée dans le monde entier. Incendies, c’est l’histoire de jumeaux (un frère et une sœur, Simon et Jeanne Marwan) qui, à la mort de leur mère, Nawal, apprennent que leur père, qu’ils n’ont pas connu, est vivant et qu’ils ont un frère dont ils ignoraient l’existence. Dans son testament la mère demande aux jumeaux de les retrouver pour leur remettre à chacun une lettre Simon refuse cette tâche et Jeanne part seule pour un pays, qui n'est jamais nommé, mais dont l'histoire ressemble à celle du Liban de ces trente dernières années. La force de Wadji Mouawad est de faire d'un roman familial une œuvre allégorique qui renoue avec les tragédies antiques. Meurtres, viols, infanticides, incestes décollent du fait divers pour poser le problème de la nécessaire canalisation de la violence primordiale comme fondement du lien social. L'enquête que mène Jeanne dévoile l'enquête qu'à menée Nawal sa propre mère pour retrouver le frère ainé. Dédoublements, aller et retour temporels participent à l'intensité dramatique du récit.

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Les jeudis de Madiana le 26/05/11

"La Conquête" : Nicolas Sarkozy pour les nuls
 

"Les hommes politiques sont de vraies bêtes sexuelles", assène le personnage de Nicolas Sarkozy dans "La Conquête", déclenchant les applaudissements en pleine affaire DSK lors de la première projection cannoise du film. (c) Afp

  Le secret orchestré par le réalisateur Xavier Durringer semble inapproprié à la vue de son film, une comédie sympathique qui humanise le chef de l'Etat. Par Olivier Bonnard, Bernard Achour et Lucie Calet.
Xavier Durringer, le réalisateur de "La Conquête", avait tenu à garder son film secret avant sa projection à Cannes, mercredi 18 mai. Le film raconte le parcours de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2007. Le premier film sur un président en exercice en France. Mais plutôt que d'ouvrir une polémique, l'oeuvre de Xavier Durringer dresse un portrait humain du chef de l'Etat.
"La Conquête" à Cannes par Nouvelobs

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"Kreol"

Une soirée Bizounours sous le signe du patronage

 

Un film de Frédérique Menant avec Mario Mucio

  Le film documentaire de Frédérique Menant était présenté en avant-première mardi 24 mai dans la salle Frantz Fanon du CMAC. Pourquoi fallait-il le présenter en avant-première ? Et bien même après avoir vu le film nous n'en savons toujours rien. C'est Gérard GUILLAUME, le directeur d'antenne de Martinique 1ère qui invitait et qui officiait aux commandes de la soirée. Il a d'abord tenu a présenter ses gentils amis présents parmi les spectateurs, une petite partie de sa gentille famille, son gentil tailleur, celui qui lui coupe ses chemises indiennes, peut-être dans l'espoir d'une prochaine remise, sait-on jamais ? Il nous a gentiment fait grâce de la présentation de son gentil chien ou chat. Il nous a annoncé, entre deux aphorismes tout aussi gentils, le programme : présentation, c'était fait, projection, discussion , restauration, digestion et peut-être réflexion. Puis vint le documentaire. Mario Lucio romancier, essayiste cap-verdien converti à la chanson depuis 2004 et tout récemment promu Ministre de la Culture de son pays, est filmé au cours l'enregistrement de son dernier album Kreol.

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Regards sur le cinéma mexicain.

Par Selim Lander.

   Les Mexicains font un cinéma très typé. Ils aiment mêler du fantastique à leurs films. Ils adorent également mettre en scène des enfants dans des histoires de famille sombres ou drôles. Cinq des films projetés lors de la session Regard sur le Mexique du CMAC tournaient, à des degrés divers, autour de la relation d’un père à ses enfants.
Abel, premier film d’un jeune cinéaste, Diego Luna, nous a paru le plus attachant. Abel est le premier fils et second de sa fratrie, il a neuf ans, est autiste et totalement mutique pendant les premières séquences, jusqu’à ce qu’il se décide, un beau jour, à rompre le silence et même à prendre la place du père, parti conter fleurette ailleurs. Comme le psychisme d’Abel est, à l’évidence, très fragile, toute la famille – mère, fille et frère cadet – accepte de jouer le jeu. Jusqu’au retour du vrai père qui n’est pas sans poser les problèmes qu’on imagine. Le moment où le petit garçon de neuf ans se met à assumer le rôle du père est très drôle, même si l’on est prévenu. La suite l’est moins. Mais il reste une atmosphère onirique, dans une étrange maison située au bout de nulle part, au fin fond d’un quartier inachevé. Abel est un conte prenant, où la magie enfantine fonctionne bien, même s’il a du mal à finir.

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Histoires d’art : Exit through the gift shop (Faites le mur!),

un film de Banksy (2010).

 

Banksy – Bethléem

La session cinéma de mai a démarré très fort au CMAC avec le film décapant de Banksy, célébrissime street artist qui a pourtant réussi à préserver le mystère sur son identité véritable. Son film est à son image. Si Banksy est bien présent (en personne – évidemment floutée – et à travers son œuvre), Faites le mur! s’organise autour d’un autre artiste contemporain, Mr. Brainwash, qui demeure également une énigme, même si son identité, dans ce cas, est parfaitement connue (Thierry Guetta, un Français installé à Los Angeles).

Le film est simultanément et contradictoirement la glorification des street artists authentiques et la dénonciation du n’importe quoi dans l’art contemporain. Parmi les artistes authentiques qui sont montrés dans le film, on signalera par exemple le mosaïste Space Invader (un autre Français) qui scelle sur les murs des villes du monde entier des figures inspirées au départ du jeu vidéo du même nom.

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“Faites le mur !”

de Banksy

par Boustoune

Faites le mur - 3 Quand on sort de la projection de Faites le mur ! premier long-métrage d’un street-artist (1) connu sous le pseudonyme de Banksy, on reste un peu perplexe, interloqué, partagé entre l’impression d’avoir été victime d’une mauvaise blague et celle d’avoir assisté à une mystification de génie. On a déjà du mal à définir l’objet cinématographique qui nous a été proposé. S’il se revendique documentaire, le film ressemble plutôt à gigantesque canular…

Commençons par le commencement. Au début de cette aventure, il y a un français nommé Thierry Guetta. Le bonhomme, un brin fantasque, a quitté l’hexagone pour s‘installer à Los Angeles. Là-bas, il a tenu brièvement une boutique de fringues avant de s’improviser vidéaste. Son cousin, Invader (2) lui a fait découvrir le monde du street art et les expéditions nocturnes risquées pour tenter de poser les “oeuvres” des artistes sur des monuments ou des murs interdits au public et peu faciles d’accès. Guetta a été subjugué. Il a alors commencé à filmer les artistes, enregistrant leurs différentes prouesses, imprimant sur bandes-vidéos la création de ces oeuvres longtemps assimilées à du vandalisme pur et dur avant de devenir les porte-drapeaux de l’art contemporain. Tout cela sans but réel, juste pour le plaisir de prendre part à ce mouvement culturel contestataire. Il s’est ainsi lié d’amitié avec des artistes aujourd’hui réputés comme Frank Shepard Fairey (la campagne “Obey Giant” et le portrait warholien de Barack Obama “Hope”) ou Banksy, son idole, son mentor.

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Steeve Zebina
renouvelle avec bonheur la programmation du CMAC

par Roland Sabra

Un souffle d'air frais dans la programmation martiniquaise tel est le résultat du travail du nouveau Monsieur Cinéma du CMAC, Steeve Zébina. Depuis sa prise de fonction l'an dernier Steeve Zébina nous propose des films emprunts de modernité et qui ressemblent à des coups de cœur. Après"Regards sur le Mexique" (lire le compte rendu de Selim Lander) voici "Regards sur..." La question reste entière car de "Dans ses yeux" à "Another Year" en passant par "Notre étrangère" et "Women are heroes" on cherche en vain la ligne directrice, mais peut-être n'avons nous pas tout compris, ni tout vu. Le seul reproche que l'on puisse faire à Steeve Zébina, c'est peut-être ne nous offrir des films qui relèvent d'une logique amoureuse car comme chacun sait le cœur a des raisons que la raison n'a pas. Tant pis ou tant mieux, tant que ses goûts font échos aux nôtres, nous voulons dire à ceux du public ce qui semble le cas, car il y a bien longtemps que la salle Frantz Fanon n'a été aussi remplie pour des séances de cinéma. De sa dernière livrée nous avons retenu "Antoher year" de Mike Leigh et "Dans ses yeux" de Juan José Campanella".

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Le malheur des yeux.

par TAIRIC Alice

Dans le cadre d’un festival dédié aux talents émergents sur lequel a soufflé un vent de poésie et de création, que ne fut pas ma surprise de découvrir un film détonnant, lors de la deuxième partie de la cérémonie de clôture du festival prix de court 2011.
Cette soirée a donc servi de tremplin au lancement de la diffusion Martiniquaise à Madiana d’un long métrage réalisé par Mariette Montpierre, récompensée ? par le circuit à cette occasion par une étoile d’or .
Avant même les photos officielles du palmarès , alors que les acras refroidissaient dans les plats, le public de professionnels et d’amateurs a dû subir pendant 1h19 un parfait contre-exemple de ce que pourraient développer en long métrage les lauréats et aspirants de ce festival.
Ce film pourrait se définir comme la rencontre sur une île artificielle d’une télénovela des années 80 et d’un clip vidéo à l’aide des pages du catalogue de La Redoute.

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"Noire Ode"
de Patrice Le Namouric remporte le grand prix

par Roland Sabra

Le Trophée dessiné par l'artiste Julie Bessard

Le comédien, et donc réalisateur Patrice Le Namouric ? a remporté la compétition de la deuxième édition du Festival "Prix de court" avec un film de huit minutes vingt-six secondes. L'action se déroule dans un futur éloigné, en 2171. Madinina devenue capitale de l'Empire Karaib concentre le pouvoir médical, notamment en ce qui concerne la reproduction. une jeune femme, Madame Cordy, interprétée par Daniely Francisque, s'adresse a un médecin ( Patrice Le Namouric pour guérir d'une "maladie" de peau sexuellement transmissible : elle a la peau noire! On ne se sépare pas d'une obsession encore vivace. Entre négritude et "black is beautiful" perdure en 2171, du moins c'est l'hypothèse du film la folie du blanchiment de la peau. Madame Cordy veut un enfant blanc.

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Enfance au cinéma. En février au CMAC.

 

par Selim Lander

 

  Le cinéma en Martinique se résume pour l’essentiel aux films (atrocement) commerciaux présentés dans le complexe de Madiana, avec un succès d’audience qui en dit long sur la culture cinématographique moyenne de nos concitoyens. De temps en temps, heureusement, pour le soulagement des cinéphiles, le CMAC présente des films qui rompent avec la médiocrité ambiante. La dernière session rassemblait cinq longs métrages ayant pour personnage principal un enfant : émotion garantie !

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Un documentaire sur Dany Laferrière

La dérive douce d’un enfant de Petit Goâve

 

Par Selim Lander

   « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » : Le titre du premier roman de Dany Laferrière, qui d’emblée en a fait un écrivain à succès, le poursuit depuis, comme si tous ses ouvrages ultérieurs n’étaient que des ersatz édulcorés du premier. Telle est l’une des confidences que l’on peut recueillir en écoutant Dany Laferrière se raconter dans le documentaire de Pedro Ruiz, La dérive douce d’un enfant de Petit Goâve. Un documentaire sur un auteur vivant, haïtien de surcroît – l’on sait ce que Haïti connote aujourd’hui : destin tragique, malédiction divine –, comment un écrivain originaire d’Haïti, déjà mondialement célèbre, pourrait-il échapper à la boursouflure ou l’enflure d’un personnage qui se sait exceptionnel ? Pedro Ruiz évite pourtant de nous présenter l’hagiographie ampoulée que l’on pouvait redouter, en refusant délibérément de prendre son personnage au sérieux. Parti pris qui débouche sur un constat à demi rassurant : le destin d’Haïti est hélas ! tragique ; du moins celui de Dany Laferrière ne l’est-il pas.

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"Regards croisés" :
lost in translation.

 Par Selim Lander.

    Deux films très différents par la forme et les intentions et en même temps assez semblables par le sujet : comment faire face à un changement majeur dans sa vie, un changement dont nous ne voulons pas ? Un homme qui crie est réalisé au Tchad par le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun. Il est tourné en décor naturel : un grand hôtel de Ndjamena où travaillent les deux personnages principaux ; la concession où ils vivent avec leur mère ; des rues de la ville qu’ils sillonnent dans un side-car, antique mais vaillant ; la savane. L’histoire est celle d’Adam (Youssouf Djaoro), un vieux maître nageur qui refuse de vieillir. Lorsqu’il apprend que, pour des raisons d’économie (1), seul l’un des deux emplois de maître-nageur de l’hôtel sera conservé, et qu’il ira à son fils Abdel (Diouc Koma), le père, ancien champion de natation, qui n’envisage pas d’autre métier que celui-là, qu’il a accompli presque comme un sacerdoce, décide de ne pas se laisser faire. Pour garder son poste, il accepte de vendre son âme, ou plutôt son fils, au diable.

L’Arbre est tourné en Australie par la réalisatrice française Julie Bertuccelli, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle principal, celui d’une mère de quatre enfants confrontée à la disparition brutale de son mari. Dawn adorait son mari, elle adore ses enfants, mais elle est une femme libre, décomplexée. Quand elle se retrouve seule, elle se laisse submerger moins par le désespoir que par les tâches ménagères. Heureusement, elle a des enfants formidables, compréhensifs et, malgré leur jeune âge (l’aîné est encore adolescent, le dernier ne parle pas encore), capables de prenhref="http://www.madinin-art.net/images/s initiatives en général opportunes. Certes, quand Dawn prendra un amant, son unique fille, Simone (Morgana Davies), regimbera un peu, d’autant que pour elle son père n’est pas vraiment mort, puisqu’il continue à répondre à ses questions depuis le haut de l’arbre gigantesque qui domine la maison.

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*LA MARTINIQUE AUX**MARTINIQUAIS*
L'affaire de l'O.J.A.M

 par Roger Riam


    C'est le titre du nouveau film documentaire de Camille Mauduech. La réalisatrice, déjà connue pour un premier film, « Les 16 de Basse Pointe », nous fait revivre cette fois-ci, l'histoire de 13 jeunes
martiniquais, dirigeants de l'Organisation Anticolonialiste de la Jeunesse Martiniquaise (l'O.J.A M). Emprisonnés d'abord à Fort de France
puis expédiés en France encadrés par un grand déploiement de forces de gendarmerie, ils sont accusés de « Complot contre l'état et atteinte à
l'intégrité du territoire ».En clair, leur crime est de réclamer l'autonomie pour la Martinique. Leur mot d'ordre, LA MARTINIQUE AUX  MARTINIQUAIS, apparaît pour la première fois, un matin, lorsque les Martiniquais, au réveil, découvrent, placardé sur les murs de toutes les  communes ,le Manifeste de la jeunesse martiniquaise.

Avec de nombreux témoignages, le film nous plonge dans une époque riche en événements, allant de la révolte de décembre 1959 à la libération des derniers emprisonnés de l'OJAM, en avril 1964.

Ces témoignages permettent de faire le lien entre, d'une part, les  événements qui ont secoué la Martinique en décembre 59 et fait 3 morts, la naissance du nationalisme au sein de la communauté des étudiants poursuivant des études en France, la création du Front Antillo-guyanais à
Paris avec Marcel Manville, Edouard Glissant, Albert Beville et Marie Joseph et, d'autre part, a création à la Martinique de l'OJAM.

On suit pas à pas, la création de l'OJAM. Des étudiants nationalistes  rentrés au pays et des membres de la jeunesse communiste dirigée par Guy Dufond parviennent à surmonter leurs divergences et à s'unir pour, nous dit Marlène Hospice, /donner un avenir/ à la jeunesse martiniquaise et à la Martinique

Daniel Boukman et Victor Joachim, qui tous deux ont vécu les atrocités de la guerre que la France a livré contre les patriotes algériens, révèlent des préparatifs d'une organisation parallèle, secrète, ignorée des membres de l'OJAM en Martinique et pilotée depuis Paris, pour constituer une force militaire capable de riposter à la répression coloniale aux Antilles. De leur côté, d' anciens membres de l'OJAM, Victor Lessort et Renaud de Grandmaison, font la lumière sur un sujet longtemps resté tabou : la question de la fameuse « fiche dogmatique et technique » qui, selon les
gendarmes, fut trouvée dans la serviette de Henry Armongon.

La MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS, un film qui accroche le spectateur pendant deux heures, du début à la fin. A voir absolument.



Roger Riam

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L'appel du vide


Somewhere à Madiana

Le dernier film de Sofia Coppola, primé à Venise, ne mène nulle part et déçoit beaucoup

  Hollywood, un grand hôtel (Chateau Marmont) encore plus célèbre que la jeune star déjà fatiguée qui l’occupe à temps plein, une fille pré-ado qui se cherche dans le regard de son papa paumé, de grandes bouffées d’ennui et de vacuité, une Ferrari qui tourne en rond… Tels sont les ingrédients du nouveau Sofia Coppola, sacré lion d’or au dernier festival de Venise par son ex-amoureux Quentin Tarantino, président du jury. Occurrence douteuse qui fit autant jaser que, l’année précédente à Cannes, Isabelle Huppert sacrant Michael Haneke. Et que la réalisatrice se refuse de commenter autrement que sur le mode du "circulez, y a rien à voir": "Il n’y a pas de controverse. Tous les membres du jury m’ont dit individuellement combien ils avaient aimé mon film."

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Visions d’Asie à l’Atrium :

 Aperçus.

 Par Selim Lander.

Un film « japonais » : Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa, prix spécial du jury, Cannes 2009.

  Un film japonais, je veux dire un film vraiment japonais. De Kurosawa. Non pas celui que vous connaissez, pas le vrai, un autre d’aujourd’hui, Kiyoshi Kurosawa (55 ans) qui a commis déjà de nombreux films (dont pas mal de téléfilms d’horreur). L’histoire, pour le spectateur français a un goût de resucée. Du moins au début. Parce qu’ensuite les choses changent. Au début donc, nous sommes face à un cadre d’entreprise licencié qui n’ose pas avouer à sa famille sa nouvelle situation (c’est-à-dire plus précisément son absence de situation). Nous le suivons, lui et sa famille qui vont cahin-caha. Jusqu’au moment où leur situation commence à se dégrader sérieusement. Le père, humilié à l’extérieur de la maison, se mue, chez lui, en tyran domestique. La mère qui a découvert fortuitement que son mari est au chômage, accuse le coup. Les enfants, qui ne savent rien mais qui voient bien que quelque chose ne va pas, supportent de plus en plus mal l’autoritarisme paternel. Le père lui-même, qui a fini par intégrer l’équipe de nettoyage d’un centre commercial, vit cela comme une humiliation supplémentaire. Le plus jeune fils se réfugie dans la musique ; il apprend clandestinement le piano pour lequel il se montre très doué. Quant au fils aîné, il préfère quitter le navire et s’engage dans l’armée américaine.

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Le 7e art vu par un philosophe

   Alain Badiou, philosophe, apparaît dans le dernier film de Jean-Luc Godard, Film Socialisme. Quelques courts plans, où on le voit travailler à son bureau, puis donner une conférence sur le philosophe Edmund Husserl devant un amphithéâtre vide. Certains ont trouvé que le cinéaste l'avait convoqué pour pas grand-chose, Badiou n'est pas de cet avis : " Que cela ne dure que quelques secondes n'est pas l'important, puisque cette image de Godard m'a rendu justice. Ce qui m'a frappé, c'est qu'il n'a pas cherché à me mélanger avec le reste des éléments de ce film, qui traite du brouhaha du monde. J'existe en moi-même, par moi-même. C'est là mon lieu, c'est là que j'existe, c'est absolument moi, imparablement moi, en quelques secondes. "

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Des hommes et des dieux

Film français de Xavier Beauvois

   Pour
C'est un événement, qui, au printemps 1996, a fait les gros titres des journaux : l'enlèvement et l'assassinat de sept moines trappistes français, à Tibhirine, en Algérie. Les coupables - groupuscule islamiste, militaires corrompus ? - n'ont pas été identifiés. Ce drame qui, comme beaucoup d'autres, a peu à peu disparu des médias, le cinéma s'en empare non pour sa valeur spectaculaire, mais pour sa dimension humaine.

Un petit groupe de croyants en terre étrangère, que leur humilité et leur dévouement ont rendus proches d'une population déboussolée par un climat de guerre civile, s'obstine à ne rien lâcher, à mesure que le danger monte. Ils ne bougeront pas de leur monastère : une forme de sacrifice qui offre à Xavier Beauvois (après Le Petit Lieutenant, il y a déjà cinq ans) la matière de son meilleur film, et de loin. Une tragédie riche de son dépouillement, contemplative mais prenante, dont l'humanisme universel excède la question de la foi : Des hommes et des dieux touchera ceux qui croient au divin comme ceux qui ne jurent que par l'homme.

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Cinéma du silence. Trois films primés au festival de Cannes 2010

par Selim Lander.

 Le cinéma c’est la vie. La vieillesse et la mort, qui font partie de la vie, étaient au rendez-vous du dernier festival de Cannes. Pour traiter d’un pareil sujet, la gravité est de mise, ce qui n’exclut ni la tendresse, ni l’humour. Poetry, le film coréen qui relate les ennuis d’une humble garde-malade elle-même guettée par la maladie d’Alzheimer, est le seul à jouer, avec succès, sur les trois registres. Des hommes et des dieux est un tribut aux martyrs du monastère de Tibhirine en Algérie. Ce film français de Xavier Beauvois se cantonne sans doute avec raison dans une gravité chargée d’émotion. Quant à Oncle Boonmee, le film thaïlandais qui a obtenu la récompense suprême à Cannes, il manque complètement sa cible et sombre dans l’ennui et le ridicule. Les choix des jurys de Cannes sont souvent contestables mais cette dernière Palme d’or est tout bonnement incompréhensible.

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Cleveland contre Wall Street : l’autre procès

Par Romain Rancière

Dans un documentaire fascinant, Cleveland contre Wall Street, Jean-Stéphane Bron filme le procès des pratiques abusives des vendeurs de crédits hypothécaires financés par les banques de Wall Street. Poussés à prendre des deuxièmes et troisièmes crédits gagés sur leur maison, de nombreux propriétaires se sont placés dans une situation de risque extrême. Ils ne pouvaient s’en sortir que si les prix continuaient de monter. Dans le cas contraire, ils se retrouvaient en faillite et leur maison était saisie.

Le message du film est plus nuancé qu’il n’y paraît au premier abord et l’issue du procès de Cleveland est incertaine. Si les banques ont eu des pratiques déloyales et prédatrices, les propriétaires ont aussi singulièrement manqué de clairvoyance, tel celui-ci qui emprunte 70 000 dollars [54 000 euros] gagés sur une maison qu’il avait achetée 26 000 dollars six mois plus tôt. Le vrai procès ne serait-il pas ailleurs : celui de la réponse asymétrique du gouvernement américain qui a déployé des ressources gigantesques pour sauver le système financier alors qu’il a fait si peu pour aider les propriétaires de logement menacés de saisie ?

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Association pour le développement du Cinéma d’Art et d’essai en Guadeloupe

   L'APCAG a été créée en 2007, à la suite d'un constat établi par plusieurs acteurs de la diffusion cinématographique en Guadeloupe: il n'existe pas de réseau coordonné pour la distribution de films d'Art et d'Essai dans la région. Il en ressort donc plusieurs problématiques:

Absence de coordination des programmations

Multiplication des interlocuteurs locaux et par conséquents des coûts

Absence de rationalisation des moyens

Peu de débouchés pour les réalisateurs et producteurs locaux

Absence de recensement des professionnels du Cinéma en Guadeloupe

Pour ce faire, il semblait essentiel d'organiser autour d'une structure établie l'ensemble des actions nécessaires à la mise en place d'une gestion coordonnée avec les différents professionnels dans l'optique de favoriser la rationalisation des ressources pour tous les espaces de diffusion, la reconnaissance et la promotion des talents locaux, et la démocratisation de l'accès au Cinéma Art et Essai.

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Films d'Histoire et libertinages

Dans " Vénus noire ", d'Abdellatif Kechiche, Yahima Torres joue la " Vénus hottentote " qui fascina l'Europe de Napoléon. DR
 

  Jesse Eisenberg et Yahima Torres : on attend de voir ces deux-là sur les écrans de cinéma avec plus d'impatience que Jean Dujardin ou Angelina Jolie, même si leurs noms sont quasi inconnus. Jesse Eisenberg est un jeune acteur américain plutôt doué, cantonné jusqu'à maintenant aux rôles d'adolescent. Il passe d'un coup à celui de maître du monde puisqu'il incarne Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, dans The Social Network, de l'Américain David Fincher, qui sort le 13 octobre.

A la question de savoir comment le jeune Jesse va se sortir d'un rôle aussi écrasant - d'autant que le personnage n'inspire pas forcément la sympathie -, s'ajoute celle de la façon dont Fincher va traiter le sujet. La construction d'une multinationale, fût-elle virtuelle, ne suscite pas les vertiges de fiction de ses films précédents, que l'on contemple les esprits criminels (Seven, Zodiac) ou qu'on inverse le cours de la vie (Benjamin Button).

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Le cinéma n’est pas le miroir de la diversité

Par FRANÇOIS PRODROMIDES critique, scénariste et enseignant à Sciences-Po


Lors de la dernière cérémonie des césars qui le sacre meilleur acteur et meilleur espoir dans Un prophète, Tahar Rahim a remercié publiquement, avec subtilité, «la France du cinéma». Pas «le cinéma français», réuni devant lui. Ni la France même. La France telle que le cinéma la rend possible, la prophétise, lui offre un «nouveau prototype», selon les termes de Jacques Audiard. Sur la scène du Châtelet, Gérard Depardieu et Isabelle Adjani ressemblaient aux mythes égarés d’un cinéma qui cherche ses nouveaux visages. Au même moment, une polémique naît autour du film l’Autre Dumas : le grand écrivain national, fils de mulâtre, y est incarné par Depardieu, l’un de «nos» meilleurs acteurs, mais blanc. Le débat renvoyait à l’affaire Koltès : il y a deux ans, le frère et ayant droit du dramaturge s’était opposé à la Comédie-Française qui n’avait pas respecté sa volonté de voir incarner un personnage d’Arabe par un acteur arabe dans le Retour au désert.

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Nine

Film américain de Rob Marshall

  Les chansons sont moches - vieillottes ou nunuches -, ce qui, évidemment, pour une comédie musicale, est rédhibitoire. Les numéros musicaux, en revanche, sont assez rigolos. Nine (gros succès du Broadway des années 1980) s'inspire du 8 ½ de Fellini, mais ce n'en est pas le remake : c'eut été, de la part de Rob Mar­shall, présomptueux et suicidaire. C'est, au contraire, l'histoire d'un cinéaste qui cherche dans ses souvenirs (on se croirait dans Amarcord) le moyen d'échapper à 8 ½.

Guido est mondialement connu, mais en panne. Plus d'idées, plus d'envies. Le décor de son prochain film est déjà construit, les paparazzis grouillent, le producteur se tord les mains, et sa star favorite, sur le point de débarquer à Cinecittà, réclame un scénario à cor et à cri. A bout de nerfs, il fuit ce film qui se dérobe...

Guido, c'est Daniel Day-Lewis. Encore une fois surprenant. Agile lors de son numéro musical, insupportable en artiste gâté, mais suffisamment fascinant pour justifier l'indulgence de son entourage. Celle de ses femmes, notamment : sa fidèle costumière (Judi Dench) que Guido imagine ironiquement en meneuse de ­revue vieillissante aux Folies-Bergère ; l'épouse légitime (Marion Cotillard), ­toute de sagesse résignée ; l'actrice idéale (Nicole Kidman, la plus sacrifiée de la distribution). La plus réussie, la plus touchante est Penélope Cruz dans un double rôle : pur fantasme sexuel - elle chante et danse A call from the Vatican en glissant sur 25 mètres de draperie rose - et petite amoureuse sensuelle, capable de tout par amour... A son image, entre paillettes et émotion, le film va son bonhomme de chemin, sage hommage à une dolce vita depuis longtemps disparue.

Pierre Murat

Télérama, Samedi 06 mars 2010

 

Shutter Island

Film américain de Martin Scorsese

Tous les lecteurs qui avaient dévoré Shutter Island lors de sa publication, en 2003, en étaient convaincus : les studios hollywoodiens allaient s'arracher les droits du livre de Dennis Lehane (réédité chez Rivages Noir). Tous les ingrédients de ce polar appelaient le cinéma : un ­décor incroyable, un potentiel dramatique excep­tionnel, des rebondissements spectaculaires... Un matin de 1954, le marshal Teddy Daniels et son nouveau coéquipier, Chuck Aule, débarquent sur une île inhospita­lière au large de la Nouvelle-Angleterre. Shutter Island abrite un ancien fort de la guerre de Sécession reconverti en hôpital psychiatrique pour criminels particulièrement dangereux. Une patiente, internée après avoir noyé ses trois enfants, s'est mystérieusement évadée. Les deux enquêteurs fédéraux vont devoir affronter la méfiance des médecins, la violence d'un ouragan, mais, aussi, leurs propres démons.

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Eric Rohmer, un grand nom du cinéma français s'éteint
 

Le cinéaste, pionnier de la Nouvelle vague et réalisateur des Contes des quatre saisons ou du Rayon vert, est décédé lundi matin à l'âge de 89 ans.

 C'était l'un des cinéastes français les plus admirés et les plus reconnus dans le monde. Hospitalisé depuis une semaine, Eric Rohmer s'est éteint lundi matin à Paris, a annoncé en fin d'après-midi sa produtrice, Margaret Menegoz. Il avait 89 ans.

De son vrai nom Maurice Schérer, le réalisateur naît le 4 avril 1920 à Tulle, en Corrèze. Il commence une carrière d'enseignant et d'écrivain. En 1946, à 26 ans, il publie un roman, Elizabeth, sous un pseudonyme. Peu à peu, il se passionne pour le cinéma, mais d'abord en restant un homme de plume. Il écrit pour plusieurs revues sur le 7e art et fonde La Gazette du cinéma, l'un des premiers périodiques consacrés à ce médium en France. Il y publie nombre de chroniques et d'analyses, dont une thèse sur l'organisation de l'espace chez Murnau.

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Non, les Mayas ne prévoient pas l'apocalypse pour 2012



Contrairement à ce qu'explique le film américain, les Mayas du Mexique et du Guatemala ne s'attendent pas à la fin du monde pour le 21 décembre 2012, mais au terme d'une «période cyclique».

  Les Mayas du Mexique et du Guatemala, héritiers de l'ancien empire maître d'une partie de l'Amérique centrale, ne prévoient pas pour 2012 l'apocalypse, contrairement à ce qu'annonce le film américain «2012», selon les premiers résultats d'une étude menée par des scientifiques mexicains.

Dans «2012», inspiré du best-seller vendu à 10 millions d'exemplaires de l'écrivain américain Steve Alten, et d'autres ouvrages, une prédiction maya fixe la fin du monde au 21 décembre de cette année-là.

En fait, selon une pierre gravée découverte à Coba, dans la péninsule du Yucatan (extrême sud-est du Mexique), c'est en 2012 que doit s'achever l'ère actuelle du calendrier maya, entamée 3.144 ans avant celle du calendrier romain.La communauté maya représente 40% des 13 millions d'habitants du Guatemala, selon les estimations officielles, et près de 1,5 million de Mexicains, concentrés dans le Yucatan.
Interprétations «occidentales»

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 À Madiana Avatar, hélas !

par Selim Lander

  Dans un article récent du Monde (27 janvier 2010), Pierre Desjardins, professeur dans un CEGEP québécois, présente une judicieuse analyse de l’idéologie militariste du film événement de ce début d’année, qui a déjà fait onze millions (!) d’entrées en France (chiffre des six premières semaines). Depuis l’effondrement de « l’arbre-maison » qui évoque celui du WTC de New York jusqu’à l’apparition finale d’un dragon volant salvateur, image de l’aigle américain, tout est fait pour convaincre le spectateur que la guerre à outrance est juste pourvu qu’elle soit défensive. La transformation des paisibles Na’vi, qui versaient des larmes de crocodile chaque fois qu’ils devaient tuer un animal à la chasse, en guerriers assoiffés de sang passe ainsi comme une lettre à la poste. Les bons soldats se battent à la loyale, avec des arcs, des flèches et des poignards, tandis que les méchants, loin de se contenter de leurs gros calibres, dévastent les forêts au napalm et vont même jusqu’à tenter d’utiliser des armes chimiques. Heureusement, tout finit bien qui doit bien finir : les bons sont vainqueurs et ils expulsent manu militari les quelques envahisseurs qui ont survécu au carnage.

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La domination masculine

  Empruntant à Pierre Bourdieu le titre d’un livre -La Domination masculine–, le cinéaste belge Patric Jean vient de réaliser un documentaire qui fait l’effet d’une bombe. Pourquoi les hommes dominent-ils les femmes dans la quasi-totalité des sociétés actuelles? Cette domination mène-t-elle forcément à la violence?
La majorité des sociétés existantes sont patriarcales. Et dans ces sociétés, on enseigne aux enfants, dès leur plus jeune âge à se conduire d’une certaine manière lorsqu’ils sont de sexe masculin… Le film-documentaire très controversé de Patric Jean démonte les mécanismes qui conduisent les petits garçons à devenir des mâles “dominants”. La démonstration est progressive. Elle commence avec Serge Hefez, psychiatre: “Vous prenez un groupe d’adultes et vous leur montrez une vidéo d’un bébé de 9 mois en train de pleurer. Vous leur demandez: “Cette petite fille pleure. Pourquoi ?”. Les adultes répondent: “Elle a du chagrin, elle est triste. Elle souffre. Elle a besoin d’être consolée”. Ensuite, vous montrez la même vidéo à d’autres adultes, en leur demandant : “Ce petit garçon pleure. Pourquoi?”. Les gens répondent: “Il est contrarié. Il veut quelque chose. Il est en colère.” Sur le même visage, sur les mêmes expressions émotionnelles, on projette tout un univers qui est celui de la victimisation pour les filles et de l’action pour les garçons: “Les petites filles doivent être plutôt douces, conclut Serge Hefez. Elles peuvent avoir du chagrin, elles doivent se soumettre d’une certaine façon. Les petits garçons eux, sont coléreux et affirment leur personnalité”.

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L’ARCM ( Association pour des rencontres cinématographiques en Martinique) vous convie


Un film de Fabienne Kanor et Emmanuelle Bidou
Grand Prix 2009 Jean Philippe Matime du Meilleur Documentaire de Martinique
lire la présentation  et la bande annonce du film
 

 Ce film lauréat de notre compétition de films documentaire traite avec sensibilité et justesse de l’histoire de l’immigration antillaise en France à travers des portraits de famille martiniquaises et guadeloupéennes.

Afin de faire de rendre hommage à ce film , De nombreuses surprises seront au programme dont :

la présence de la réalisatrice Fabienne Kanor qui nous éclairera sur ce film et plus globalement sur son regard autour de ce thême . De plus elle nous présentera en exclusivité son nouveau film «  Des Pieds , Mon pied » .

Enfin nous convierons tous les spectateurs à rejoindre à la cafétéria pour un « Pawollakafet «  exceptionnel , cette rencontre autour de la poésie , du slam ou de la musique « aura pour thème central : l’immigration .

Une soirée riche en émotions , en images et en réflexions
 : La soirée spéciale «  JANBE DLO « 

Voir la bande annonce 

«This Is It» à Madiana

«Un portrait très simple et très touchant de Michael Jackson



«This Is It», documentaire de deux heures qui retrace les trois mois de répétition du spectacle que «Bambi» devait donner à Londres, est sorti ce matin en salles. Eric Dahan, critique musical à Libération, juge le film «plaisant et très réussi».
Pour des millions de personnes de par le monde, ce mercredi 28 octobre 2009 restera inoubliable. Ils n'avaient que cela en tête depuis l'annonce par Sony de la réalisation de ce film. This It It, long métrage retraçant les trois mois de répétition (d'avril à juin) du spectacle que Michael Jackson devait donner à Londres à partir de juillet, a donné lieu à dix-sept avant-premières simultanées ce mercredi à 1 heure GMT (2 heures en France) aux quatre coins du monde, en même temps que la projection officielle au Théâtre Nokia de Los Angeles (Californie).


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Créole en Court

Prix Lumina Sophie 2009
Concours de scénarii en court métrage

(5ème édition)

L’association Créole en Court organise la cinquième édition du Prix Lumina Sophie; concours de scénarios en court métrage de fiction 


Cette manifestation est ouverte à tous les scénaristes, amateurs ou professionnels. Il est impératif que le projet soit la représentation de l’espace géographique et culturel de la Martinique.

Les différentes éditions ont toutes été des succès puisque plus de 300 personnes sont venues à chaque fois assister à la remise des prix et à la diffusion des films présentés à cette occasion. Après 4 éditions, l’engouement du public ainsi que la quantité autant que la qualité des scénarios envoyés nous confortent dans l’idée que cette manifestation est devenue un rendez-vous incontournable.

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Sylviane Quitman maquilleuse.

Par Christian Antourel

« Les illusions sont nécessaires et font partie intégrante de l’ordre des choses »
Eloge du maquillage

Maquilleuse  Peu importe que la ruse et l’artifice soit connu du public le maquillage n’a pas à se cacher si l’effet parvient à faire disparaître du teint toutes les taches et disgrâces que dame nature y a volontairement semé. Il répond à une unité esthétique abstraite devenue incontournable. C’est là que l’artiste maquilleuse est reconnue dans toutes les pratiques, les astuces employées pour subtiliser les traits rebels, dont l’unanimité réclame la fluidité audiovisuelle imperturbable, pour une accroche sur un fond de lumière infernale.
Il est une condition qui ajoute beaucoup à la force d’action du maquillage :

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 Un boucher ultraorthodoxe de Jérusalem, marié et père de famille, se prend d'une passion irrépressible pour un jeune et bel étudiant d'une école talmudique. Qui aurait l'idée de faire de cette délicate affaire, possiblement scabreuse et blasphématoire, le sujet d'un film qui se révèle in fine aussi subtil que courageux ? La réponse est sur les écrans français depuis le 2 septembre : Haïm Tabakman, qui signe avec Tu n'aimeras point son premier long métrage. C'est de fait le sixième film israélien, aussi percutant et remarquable que les précédents, qui sort en France depuis le début 2009. Cette fréquence a priori extravagante, s'agissant d'un pays et d'une cinématographie de modestes dimensions, s'ajoute à une exposition et à une densité désormais régulières depuis quelques années.

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"Un prophète" à Madiana

La bande-son d’un monde caché

Par YVES SIMON

 Yves Simon est chanteur et écrivain. Dernier album : Rumeurs (Barclay, 2007)

 Tout lieu d’enfermement (caserne, centre de rétention, camp de réfugiés) porte à incandescence les travers et vicissitudes d’une société, comme les outrances refoulées des hommes qui le peuplent. Le film Un prophète ne prétend pas à la vérité (Jacques Audiard, son auteur, le répète à l’envi), il est dans l’outrance paroxystique comme la Peau de Malaparte ou le Voyage au bout de la nuit de Céline. Ce n’est pas un énième reportage sur l’univers carcéral, mais le prisme poétique par lequel une humanité séquestrée va dévoiler ses tumultes les plus ténébreux, les plus abjects, les plus inavouables.

Film sur la violence, la subordination et la promiscuité, sur l’indifférence au mal et aux morales, sur la plus haute des solitudes lorsqu’il s’agit de choisir entre la mort de soi et la mort de l’autre, Un prophète fascine. Il est un effroi car nul n’est préparé à recevoir la face cachée d’un monde parallèle qui se déploie au milieu de nos maisons, de nos rues, et sur lequel nous ne portons ni compassion ni regard. De la prison ne sort aucun cri. Même pas ceux qui, la nuit, s’interpellent de cellule à cellule pour échanger en langage SMS, minimaliste, des pleurs, une douleur. De l’extérieur, la prison est silence. Et pourtant quelle bande-son nous propose Audiard ! Caverneux bruits de clés, de portes, gémissements de vidéos pornos, cliquetis de gamelles, radios à fond la gomme, chuchotements, douches, coups portés sur des corps à terre… Matière sonore qui ponctue comme des couperets les actions de la société qui se côtoie là.

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Misère des rituels masculins à Las Vegas

VERY BAD TRIP

  Lorsque l'on voudra, dans quelques siècles, se pencher sur les moeurs de la société américaine au début du troisième millénaire, il faudra espérer que les comédies produites à Hollywood depuis quelques années auront été conservées. La grande force du nouveau cinéma comique américain ne réside-t-elle pas, en effet, dans cette impression que le trait a été à peine grossi, que la dimension burlesque des films avec Jim Carrey, Will Ferrell ou Steve Carrel, des productions de Judd Apatow, relève moins de la caricature ou de l'excès que de l'observation stricte des comportements ?

En résumé, c'est lorsqu'un film parvient à mettre en lumière l'aspect ridicule, obscène et régressif de la vie elle-même qu'il réussit son coup. Very Bad Trip fait indiscutablement partie de ces réussites. On y assiste pourtant à une enfilade de situations incongrues, s'additionnant comme par le jeu d'un cadavre exquis cinématographique. Et pourtant, à aucun moment n'est véritablement perdu de vue tout lien avec un certain réalisme.

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Madiana
Etreintes brisées

 

Film espagnol de Pedro Almodovar

Qu'y a-t-il dans la tête de Pedro Almodóvar ? Des histoires, et encore des histoires. Ainsi que tous les films qui les ont un jour racontées, et ceux qui pourraient leur être consacrés... Etreintes brisées est un film d'amour, le récit tragique d'une passion interdite, mais c'est d'abord un film d'amour du cinéma. On y trouve une classique mise en abyme, un film dans le film, intitulé Des filles et des valises, curieux fragment d'autoremake de Femmes au bord de la crise de nerfs. On y décrypte une belle référence cinéphile : le titre, Etreintes brisées, vient de Voyage en Italie, de Rossellini, précisément d'une scène où George Sanders et Ingrid Bergman découvrent les restes pétrifiés d'un couple d'amants surpris par l'éruption du Vésuve, à Pompéi. Etreinte éternelle dans la mort, comme un présage du malheur en marche...
On y parle, aussi, des films possibles, à venir : le héros, cinéaste devenu scénariste depuis qu'il est aveugle, ébauche sans cesse des récits. Il lance des idées en l'air. Certaines abracadabrantes, d'autres qui résonnent étrangement avec sa propre biographie – comme celle, dont il faudrait vérifier l'authenticité, de l'enfant caché d'Arthur Miller... Etreintes brisées pourrait sans mal être la matrice d'une demi-douzaine de films supplémentaires, boutures qui se rapporteraient à lui comme lui-même se rapporte au cinéma.

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Charles Najman : "L'histoire d'Haïti est une névrose collective dont personne ne guérit"

En Haïti la mémoire est bloquée, figée sur 1804,

  En haïti la mémoire s'est bloquée sur 1804, l'année de sa naissance, de son indépendance, un acte anti-esclavagiste inouï. Mais il y a un tel écart entre la grandeur du passé et la réalité d'aujourd'hui que parfois cela rend fou", explique le réalisateur qui est tombé amoureux de l'île et de ses habitants au point de leur faire jouer tous les rôles de cette fable politique.

 

Royal Bonbon est le premier long métrage de fiction entièrement tourné en Haïti. Votre approche de Haïti et de son histoire est aux antipodes d'un film historique classique...
Charles Najman : Je ne voulais pas d'une reconstitution historique. Je m'intéresse à l'histoire quand elle revient sous la forme d'une hantise ou d'une névrose, c'est de la mémoire très épidermique. Ce qui me fascinait dans le projet de Royal Bonbon, tant au niveau dramaturgique que cinématographique, c'est qu'en Haïti la mémoire est bloquée, figée sur 1804, l'année de sa naissance, de son indépendance. Cette révolution anti-esclavagiste est un acte inouï, incomparable. Mais il y a un tel écart entre cette grandeur du passé et la réalité de la vie des Haïtiens aujourd'hui que, parfois, ça rend fou.

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ROYAL BONBON

 -ROYAL BONBON projeté le 9 Juillet 19H au Centre
Culturel de Coridon et le 12 Juillet,  toujours 19H

Un film de Charles Najaman  Profondément ancré dans l'histoire et la tradition haïtienne, Royal bonbon de Charles NAJMAN (prix Jean VIGO en 2002) est le premier film de fiction à avoir été entièrement tourné en Haïti.

Film de Charles Najman (France/Canada/Haïti, 2002). Image : Josée Deshaies. Musique : Jean-François Pauvros. 90 mn. Avec Dominic Batraville : le roi. Verlus Delorme : Timothée. Ambroise Thompson : Valentin. Anne-Louise Mesadieu : la reine.

Genre : sous l'emprise d'Haïti. Un fou errant dans les rues du Cap haïtien se prend pour le Roi Christophe, premier souverain du Nouveau Monde, ancien esclave et libérateur d’Haïti en 1804. Chassé de la ville, le "roi Chacha", comme on le surnomme, se réfugie dans les ruines grandioses du Palais de Sans Souci en compagnie de Thimothée, un gamin des rues qu'il a pris sous son aile. Là, il reconstitue une cour de pacotille et règne par l’absurde sur son royaume imaginaire : un Palais aujourd’hui en ruines

Le film s'inspire très librement des derniers jours du roi Christophe, cas unique d'ancien esclave devenu souverain, qui avait déjà inspiré Aimé Césaire.

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"Au nom du père"


un film de Olivier Baudot Montezume

par Roland Sabra

Olivie Baudot Montézume à Cannes  A réveiller les morts, l'amour ou la haine, c'est du pareil au même ça vous tient debout! C'est ce que montre le film du martiniquais Olivier Baudot Montezume, « Au nom du père » projeté en avant-première à Fort-de-France dans le cadre des  Rencontres Cinéma de Martinique 2009  ( RCM). Constant, une petite soixantaine est en train de rendre son âme. Matériellement il a réussi sa vie, grâce à la force de son caractère qui ne laissait pas beaucoup de place à autrui. Le prêtre avant de lui donner l'extrême onction prononce de façon fortuite le nom d'Hubert Plancy lui aussi mal en point. Miracle! Au prononcé du nom, Constant se lève d'entre les mourants avec un seule idée en tête voir crever avant lui cet Hubert Plancy! Olivier Baudot Montezume le dit tout net : «J'ai voulu traiter d'une situation tout à fait ordinaire, celle de la quête d'un homme pour l'amour de son père »

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Cannes remet la Palme d'or à Michael Haneke

L'Autrichien reçoit la plus haute distinction du 62e Festival de Cannes avec "Le Ruban blanc". Retrouvez l'ensemble du palmarès.

 Michael Haneke   Palme d'or: l'Autrichien Michael Haneke pour Le Ruban blanc. «Parfois ma femme me pose une question très féminine: "est-ce que tu es heureux?". C'est très difficile de répondre. Mais aujourd'hui, c'est un moment dans ma vie où je peux dire… je suis très heureux et toi aussi, je pense», a confié Haneke.

Avec Le Ruban blanc, il signe un film à l'extraordinaire photographie en noir et blanc, qui dissèque les méfaits de l'éducation ultra-répressive en vogue en Europe au début du XXe siècle. Le réalisateur avait déjà été récompensé deux fois à Cannes, où il avait notamment reçu, en 2005, le Prix de la mise en scène pour Caché.

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Hollywood mise sur
les remakes des années 1980

De «Ghostbusters» à «RoboCop», vingt blockbusters font l'objet d'une nouvelle version. À voir dès l'automne prochain.

Le réalisateur Robert Zemeckis (Forrest Gump) veut revisiter en 3D Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, qu'il avait lui-même tourné en 1988. (Rue des Archives/BCA)  Pas une semaine sans que le remake d'un grand succès des années 1980 ne soit annoncé à ­Hollywood. La semaine prochaine, à Cannes, les Américains ont l'intention de séduire les distributeurs avec un Conan le Barbare (1982, Arnold Schwarzenegger) remis au goût du jour. Dans un autre genre, le réalisateur Robert Zemeckis (Forrest Gump) veut revisiter en 3D Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, qu'il avait lui-même tourné en 1988.

Selon une enquête du quotidien spécialisé The Hollywood Reporter, vingt remakes des années 1980 sont lancés aux États-Unis. Le premier à inaugurer la série sera Fame, qui sortira en salle en octobre prochain. Le vrai déferlement est attendu à partir de 2010. On aura alors vraiment l'impression de revenir plus de vingt ans en arrière.

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Gran Torino

Film américain de Clint Eastwood à Madiana

  La rumeur annonçait un film rance, déterrant le Clint East­wood de L'Inspecteur Harry pour un dernier « nettoyage » à sa manière virile. Intox. Si Gran Torino cite implicitement le justicier des années 70, c'est plutôt pour le trahir, en le rédimant. Par ailleurs, c'est un film nettement plus vivant, plus ouvert sur le monde et plus incarné que L'Echange, sorti cet automne. Et aussi plus modeste que Million Dollar Baby ou Mystic River, qui postulaient au statut de grand classique.

La première heure tient presque de la comédie - grinçante. Eastwood surjoue le vieux réac veuf et raciste, retraité des usines Ford, coincé dans la banlieue de Detroit entre des voisins qui ne sont plus ceux, bien blancs, d'autrefois, mais des immigrés asiatiques. Une bière à la main, un oeil sur sa Gran Torino (un modèle Ford, bien entendu) sur-astiquée, l'homme ne fait même pas semblant d'être civilisé : il gronde littéralement comme un clébard au moindre pas « étranger » sur sa pelouse. Et claque la porte au nez du curé qui veut à tout prix sauver son âme. Clint en quasi-bouffon, on n'avait jamais vu ça : une révélation tardive, à presque 80 ans.

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Vie et mort d'un héros gay

 Rencontre avec Gus Van Sant

Le film ! Harvey Milk  Premier militant homosexuel élu en 1977 à un poste officiel à San Francisco, Harvey Milk fut assassiné un an plus tard. A travers son portrait, Gus Van Sant fait celui d'une époque clé.

  Jusqu'à ce jour de novembre 1978 où Harvey Milk fut assassiné, Gus Van Sant, 25 ans alors, ne connaissait pas vraiment le personnage. Le futur cinéaste vivait à West Hollywood, dont il se souvient qu'à cette époque on la désignait volontiers comme «une ville de garçons», et s'il était au fait de l'existence du mouvement gay, lui-même n'était pas encore «sorti du placard» : «Je connaissais sans doute le nom de Harvey Milk, mais j'ignorais qui il était.»
Plusieurs années seront nécessaires pour qu'il s'intéresse à Milk, par le biais tout d'abord d'un projet inspiré par le livre de Randy Shilts, «The Mayor of Castro Street», lui-même à l'origine d'un documentaire «oscarisé» («The Times of Harvey Milk», de Rob Epstein, 1984). Van Sant se trouva impliqué après qu'Oliver Stone eut renoncé et que Stephen Frears eut un moment été envisagé.

Scène de sexe explicite
Un nouveau scénario fut écrit sous sa direction, mais la préférence du cinéaste se portait plutôt sur une évocation de la personnalité de Milk, qu'il aurait située non à San Francisco mais à Portland (Oregon), où il vivait alors déjà, et qui lui aurait permis de tourner la difficulté constituée à ses yeux par le principe même du film biographique.

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Le cinéma dopé par la crise

 par Léna Lutaud

Crise et cinéma Depuis le début de l'année, pour oublier la crise, les Français vont en masse dans les salles obscures. Un phénomène que l'on observe aussi à l'échelle mondiale.

Profiter de la pénombre des salles de cinéma pour s'immerger deux heures dans un film, le tout pour 9 euros ? C'est visiblement la solution anticrise la plus facile à organiser et la moins chère choisie par des millions de Français. Depuis le début de l'année, la fréquentation explose.

Avec 15 millions d'entrées, le mois de janvier a été excellent. Grâce aux vampires de Twilight, au duo Dany Boon-Sophie Marceau dans De l'autre côté du lit et à Slumdog Millionaire, les entrées sont en hausse de 4 % par rapport à janvier 2008. En février, ce phénomène s'est poursuivi de plus belle. Des locomotives comme LOL, Volt , star malgré lui et L'Étrange histoire de Benjamin Button ont attiré 6,2 millions de spectateurs. Dès mercredi, les Français continueront d'avoir l'embarras du choix avec les sorties de films qui ont fait un triomphe aux États-Unis : le merveilleux Last Chance for Love (Dustin Hoffman, Emma Thompson), Marley & Moi (Jennifer Aniston et son chiot labrador beige), Harvey Milk pour lequel Sean Penn a obtenu un oscar, puis Duplicity qui marque le retour de Julia Roberts, et Le Chihuahua de Beverly Hills.

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Slumdog Millionnaire
survole les 81e Oscars

 

Le long-métrage émouvant de Danny Boyle a obtenu huit statuettes dont celle du meilleur film, tandis que Kate Winslet et Sean Penn sont repartis avec les trophées des meilleurs acteurs. La France est repartie bredouille.

La cérémonie des OscarIl a failli ne pas être distribué en salles… Et Hollywood vient de le porter en triomphe. Film à petit budget, sans vedettes, Slumdog Millionnaire a régné sans partage sur les 81e Oscars dans la nuit de dimanche à lundi en obtenant huit récompenses sur neuf possibles. Outre l'Oscar du film, la plus convoitée des 24 statuettes dorées en jeu, l'œuvre qui raconte le destin d'un orphelin de Bombay gagnant contre toute attente à un jeu télévisé a valu à Danny Boyle l'Oscar du réalisateur. Le Britannique a remercié «tous ceux d'entre vous qui nous ont aidé et ceux qui ne l'ont pas fait».

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«Séraphine» survole les César
 
Avec son deuxième César de la meilleure actrice (pour «Séraphine»), Yolande Moreau rejoint Romy Schneider et Catherine Deneuve au panthéon du cinéma français. Crédits photo : AFP   

  Pourtant outsider, le film de Martin Provost sur la vie de Séraphine de Senlis, femme de ménage devenue peintre, rafle le plus grand nombre de césars. Mesrine remporte celui du meilleur réalisateur et du meilleur acteur principal pour Vincent Cassel. 

L'outsider a triomphé du favori. «Séraphine», de Martin Provost a été le grand vainqueur de la 34e cérémonie des César, vendredi soir. Retenu dans neuf catégories, le film qui conte l'histoire de la peintre autodidacte Séraphine de Senlis a remporté sept César dont celui du meilleur film, de la meilleure actrice pour Yolande Moreau, et meilleur scénario. «Je ne sais pas quoi dire. Je veux remercier toute l'équipe et les acteurs du film,. Je voudrais remercier Séraphine qui est revenue parmi nous. Elle a disparu pendant la crise de 29 (sic) mais celle-ci lui a porté chance», a lancé le réalisateur Martin Provost, étonné de son succès.

  Pour son interprétation de cette femme de ménage devenue peintre avant de mourir internée en 1942, Yolande Moreau récolte le deuxième César de la meilleure actrice de sa carrière, un joli cadeau d'anniversaire pour la comédienne qui fêtait ses 56 ans vendredi. «J'ai de quoi alimenter mon égo jusqu'à la fin de l'hiver, merci d'avoir aimé Séraphine», a plaisanté l'actrice qui rejoint au panthéon du cinéma français Romy Schneider et Catherine Deneuve, elles aussi récompensées deux fois en tant que meilleures actrices. Yolande Moreau avait déjà été distinguée en 2005 pour «Quand la Mer Monte».

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Le documentaire vérité sur la politique d'immigration à Mayotte

  Dans "Un aller simple pour Maoré", la réalisatrice Agnès Fouilleux dénonce le sort fait aux sans-papiers à Mayotte et le rôle trouble de la France aux Comores.

Documentaire. Un réquisitoire précis et précieux sur la mécanique de la politique d’immigration sur l’île de Mayotte, aux relents néocolonialistes.

Un tiers de la population de Mayotte est sans papiers. Comment cela se traduit-il au quotidien ?

Agnès Fouilleux. Les gens vivent complètement traqués, dans la peur d’être arrêtés, même les lycéens et les écoliers. Cette année, il y a eu près de 14 000 reconduites à la frontière depuis Mayotte. En 1994, le visa Balladur a obligé les Comoriens à obtenir un visa pour rejoindre Mayotte. Depuis, ils tentent de rejoindre l’île française en kwassa (barques de pêcheurs - NDLR). Soixante-dix kilomètres séparent l’île comorienne d’Anjouan de Mayotte, c’est peu mais c’est énorme. J’ai passé une nuit sur la vedette de la police aux frontières (PAF) : en haute mer, il y a des creux très importants.

Régulièrement, on entend qu’une barque a chaviré, que tant de personnes sont portées disparues. Il y a des morts tout le temps. À Anjouan, toutes les familles comptent un membre mort dans les kwassas.

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Il était une fois l'échec de la révolution

Deuxième volet du film de Steven Soderbergh consacré à Ernesto Che Guevara

CHE, 2E PARTIE : GUÉRILLA

Le Che partie 2  Voici doncGuérilla, deuxième volet du diptyque consacré par Steven Soderbergh au leader révolutionnaire Ernesto Che Guevara. Autan L'Argentin, sorti le 7 janvier, était un film d'action, une épopée qui retraçait la genèse et l'avènement de la révolution cubaine, autant celui-ci, situé quelques années plus tard en Bolivie, est un film lyrique et contemplatif, qui avance d'un seul bloc vers une fin tragique consignée par l'Histoire.

C'est le principe du diptyque que de proposer deux modes de représentation différents, entre lesquels circule une nuée de signes. Comme dans Hunger, de Steve McQueen - consacré à la grève de la faim et la mort du militant de l'IRA Bobby Sands -, celle-ci s'organise autour d'un parallèle qui s'impose, en filigrane, entre la foi révolutionnaire et la foi religieuse, et plus littéralement entre la vie du Che et celle du Christ. Dans un cas comme dans l'autre, une révolution qui a fédéré les masses s'est terminée, pour son instigateur, par un long calvaire assumé au nom de sa foi.

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Che, 1re partie - l'Argentin

Film américain de Steven Soderbergh


CRITIQUES

POUR
   Un léger regret d'abord : la sortie séparée des deux films, à trois semaines d'intervalle. Quatre heures trente en une séance, ce fut la forte expérience vécue à Cannes, qui valait le coup tant les deux parties - la première consacrant une victoire, la seconde une défaite - se rejoignent malgré leurs divergences, créant un mouvement d'un seul tenant, circulaire. Voilà pour l'aspect conceptuel. Passons maintenant à ce révolutionnaire qu'on ne présente plus, icône rebelle indépassable, interviewé par une journaliste au début du film. Brèves images en noir et blanc, sortes de flashs qui participent à la légende. Corps massif, treillis de guérillero, barbe épaisse et havane aux lèvres, impossible de se tromper, c'est bien le Che, réincarné en Benicio Del Toro.....

CONTRE
C'est un hold-up brillant... Steven Soderbergh, qui a toujours fait bon ménage (à trois...) avec l'art et l'industrie, a réussi à vendre l'idée d'une fresque sur le Che. L'idole de toutes les jeunesses révolutionnaires, l'un des posters les plus vendus au monde : on imagine l'enthousiasme des producteurs. Et leur tête en découvrant ce drôle de truc hybride. Quasiment invendable, en fait... La première partie, intitulée L'Argentin, n'est qu'un long essai sinistre, fait pour décourager tous les guérilleros éventuels d'entrer dans la lutte....

Lire les deux critiques

Doublage: une comédienne noire accuse le cinéma français de racisme

 La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) dénonce, dans une note datée du 29 décembre, les préjugés racistes en cours sur les plateaux de cinéma français, qui empêchent les comédiens noirs d'être choisis pour doubler la voix d'un personnage blanc. Saisie par Yasmine Modestine, une comédienne métisse estimant avoir été écartée d'une saison de doublage en raison de son origine, la Halde rappelle que "le choix d'un comédien-doubleur doit se faire en fonction de sa qualité de voix et de sa compétence, et non en raison de sa couleur de peau ou de son origine."
  Selon l'enquête menée par la Halde, les directeurs de casting rejettent régulièrement des candidats noirs parce qu'ils estiment que ceux-ci ont une voix trop spécifique, inadaptée à un personnage blanc. Les acteurs blancs, au contraire, sont censés avoir des voix "universelles", et doublent régulièrement des grandes vedettes hollywoodiennes noires. Sur les écrans français, Denzel Washinton, Danny Glover, Morgan Freeman, Bill Cosby, Forest Whitaker, Don Cheadle et Whitney Houston sont tous doublés par des comédiens blancs.  

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Louise-Michel

Cinéma politique: Louise-Michel, une comédie de Benoît Delépine et Gérard Kervern.

Par Selim Lander.

Un titre trompeur mais qui vise juste, à l’image d’un film qui jouera sur les faux semblants du début jusqu’à la fin. L’affiche annonce qu’il s‘agit d‘une « comédie » et, de fait, les outrances de ce film, ses gags, le jeu des acteurs sont tout-à-fait réjouissants. Pour autant, et sans vouloir sous-estimer le caractère de divertissement de Louise-Michel, il est permis de penser que les applaudissements, à la fin de la séance à laquelle nous avons assisté (plutôt exceptionnels dans une salle de cinéma en France), traduisaient l’acceptation par les spectateurs du message politique du film et de sa morale.

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Nouveau cinéma québécois : Un capitalisme sentimental d’Olivier Asselin

par Selim Lander

  On devrait commencer à s’habituer aux coups d’éclat du cinéma québécois. On se souvient sans doute, entre autres, des films de Denis Arcand (Le Déclin de l’Empire américain, 1986, Jésus de Montréal, 1989, Les Invasions barbares, 2003, L’Age des ténèbres, 2007) ou, dans une veine plus légère, de La Grande Séduction de Jean-François Pouliot (2003). Olivier Asselin appartient à la nouvelle génération des cinéastes québécois. Son premier long métrage, La Liberté d’une statue, date de 1990. Parallèlement à son activité de cinéaste (scénariste, réalisateur), il est actuellement professeur au département des Etudes cinématographiques de l’Université de Montréal.

Le festival du Nouveau cinéma qui s’est tenu à Montréal du 8 au 19 octobre a présenté en ouverture son dernier film, Un capitalisme sentimental, précédé de Next Floor, court métrage de Denis Villeneuve, autre cinéaste de cette génération ayant déjà à son actif deux « longs » (Un 32 août sur terre, 1998 ; Maelström, 2000). La décision de réunir ces deux films était particulièrement pertinente, au plus fort de la crise financière de l’automne 2008, puisqu’ils traitent tous les deux, dans des styles certes très différents, d’un même thème : la crise de 1929.

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"Aliker" le film de Guy Deslauriers, sur un scénario de Patrick Chamoiseau

Nos ancêtres les communistes

par Manuel NORVAT

  Aliker, le nouveau film de Guy Deslauriers m’a plongé dans une mélancolie qu’aucune marchande de pistaches ne peut consoler. Ce film bien escampé m’a en effet particulièrement ému sur cette question de la transmission de la mémoire, de celle qui se fait Histoire. Pendant la séance, dans les effluves de pop corn de mes jeunes voisins, je me remémorais qu’à l’âge de quinze ans j’allais me procurer à la librairie Désormeaux Des origines de la nation martiniquaise, le livre de Camille Darsières, et que c’était dans ce livre-là où, pour la première fois, je pu lire les faits concernant l’affaire Aliker. Il y eut dans mes boutonnements d’adolescent des veillées aux flambeaux avec des communistes, des pépéèmes et d’autres groupuscules politiques ou organisations syndicales de gauche forgeuses de convictions ; il y eut toujours au sujet d’Aliker des plongées en des encyclopédies ou autres historials, des paroles entendues derrières des paroles et aussi des jourés anti-cominisses bardés d’ingratitude ; il y eut dans mes fréquentations, et elle demeure toujours, la vaillante rue Jules Monnerot d’où part la maison du poète Georges Desportes. À l’autre bout se trouvait, place de l’Abbé Grégoire, le siège du parti communiste martiniquais. Il vaut d’ajouter encore à cette petite mythologie portative le dernier ouvrage du politique et écrivain Georges Mauvois : Château Aubéry. C’est dire que, au nom de mon humaine condition et collectivement, l’affaire Aliker revient, parce quelle nous revient.

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"Trénelle citron"

,  de Laurent Cadoux 

 mention spéciale prix Jean Philippe Matime du documentaire 2008 sur ce quartier de Fort de France 


En présence du réalisateur Laurent Cadoux  et du comité d’organisation du prix du doc  JeanPhillipe  Matime 
 
L'occasion de parler du film avec son réalisateur, de découvrir ce prix du doc martinique et le réalisateur Matime issu de la commune de Ste marie.

  "On ne va pas par hasard à Trénelle Citron. Ce quartier populaire de Fort de France s'est auto construit dans les années 50, principalement par une population qui venait de la campagne. Cette architecture singulière et spontanée, voire pittoresque, fait penser aux favelas et Barrios des grandes villes d'Amérique du sud. Mais cette urbanisation est surtout le résultat d'une histoire faite de luttes contre la pauvreté et contre un système foncier inadapté. [...]. Ce film documentaire raconte une quête. Celle de la liberté de vivre, de survivre et surtout d'habiter. Une dizaine d'habitants nous racontent leur histoire et comment ils sont arrivés à Trénelle Citron."

 Le commentaire ci-dessus est celui d'un internaute et il reflète assez bien le propos du film de Laurent Cadoux. On peut simplement ajouter que le cinéaste  évite deux écueils, l'exotisme et l'esthétisme. Le côté "favelas" s'il est évoqué n'est pas la thématique du film. Pas besoin d'un rabattement de ce qui échappe aux connaissances sur du déjà vu, pas de Brésil aux portes de Fort-de-France, non Laurent Cadoux semble s'être débarrassé des clichés, des images toutes faites. Son regard est celui d'un découvreur, c'est surtout celui d'un cinéaste pour lequel il n'est pas de réalité en dehors de l'image qu'elle produit. Le début de son film illustre assez bien cette démarche, où l'on voit, à partir d'une fresque représentant le quartier et peinte par des élèves de cours moyen, voire de cours élémentaire, le réalisateur isoler des détails du travail et chercher dans la réalité de la ville ce qui a susciter cette représentation. La réalité du quartier comme illustration de l'image posée comme première, comme seule matière. Image de l'image. Et c'est ce même mouvement de caméra qui balance entre passé et présent, entre le Trénelle d'hier et celui d'aujourd'hui, sans que l'un prenne le pas sur l'autre, sans que le film ne verse dans une nostalgie factice. Le regard de la caméra est toujours attendri, mais distant. Il évite ainsi de verser dans un esthétisme auquel la diversité des matériaux utilisés, le patchwork, kaléidoscopique des couleurs, l'inventivité créatrice des formes pouvaient inciter. L'objectif n'oublie jamais la misère et la douleur qui ont présidé à la naissance du quartier, tout en rappelant les joies, les solidarités indispensables à la survie et coextensives à l'essor de cette ville dans la ville. Le facteur le dit clairement, lui qui compte les marches du quartier depuis 25 ans  et qui précise  qu'il ne fait pas que distribuer du courrier mais qu'il fait du "social".  Trénelle Citron ou l'obstination de vivre, comme le dit joliment  un personnage : " Dans cette architecture il y a du cri."  voilà le documentaire que nous offre Laurent Cadoux et qu'il faut avoir vu et même revu pour mieux en apprécier la distance amoureuse.

Roland Sabra

 
Les Citronniers

Film israélien de Eran Riklis

  A sa façon, c'est une héroïne de Ken Loach. Courageuse. Opiniâtre. Et solitaire. Son mari est mort il y a longtemps, et, à en juger par son air de crétin sinistre qui trône en photo sur le mur de la maison, il a très bien fait. Son fils l'oublie. Et sa fille, est bien trop accaparée par ses mômes pour se soucier d'elle. Il ne reste à Salma que ses citronniers : une magnifique plantation située en Cisjordanie, sur les territoires occupés, dont elle s'occupe avec son fidèle serviteur.

Les citronniers

Mais voilà que le nouveau ministre de la Défense israélien et madame viennent s'installer tout près. Et avec eux des soldats juchés sur des miradors et une ribambelle d'agents de sécurité, forcément obsédés par les attentats. D'où leur décision immédiate d'abattre cette citronneraie qui pourrait abriter de dangereux terroristes. Là, soudain, Salma se révolte. Avec l'aide d'un avocat vite séduit, elle décide d'aller jusqu'à la Cour suprême...

Si joliment dessiné soit-il, cet avocat amoureux pose un vrai problème. Et son idylle avec l'héroïne, aussi. Leur histoire, bien touchante, amorce un autre problème, en fait, tout à fait intéressant (une veuve palestinienne peut-elle prendre pour amant un p'tit jeune ?), mais en arrive à distraire le spectateur de l'essentiel. A savoir le lien invisible, muet et passionnant qui se noue entre cette Palestinienne en révolte et l'épouse du ministre israélien qui, elle, prend conscience, peu à peu, de l'hypocrisie de son entourage et des faux-semblants de sa vie.

Par moments, le réalisateur de La Fiancée syrienne aurait tendance à sacrifier aux défauts habituels du film à thèse, mais, visiblement porté par ses deux comédiennes (Hiam Abbass et Rona Lipaz-Michael), il fait le plus souvent preuve d'une étonnante finesse. A travers les conflits qu'elles découvrent ou qu'elles provoquent, Eran Riklis parvient à décrire un pays, une société, un système démocratique, avec ses qualités (une Palestinienne qui interpelle la Cour suprême israélienne, ce n'est tout de même pas mal), mais aussi ses failles et ses défaillances absurdes.

Pierre Murat

Télérama, Samedi 26 avril 2008

Tonnerre sous les tropiques

  Après les satiriques Disjoncté (un Jim Carrey très noir) et Zoolander (une satire de la mode), Ben Stiller cinéaste brocarde les excès de Hollywood et les caprices des stars mégalos. Avec une arme à double détente : un bon gros humour qui cache une justesse inattendue. A la fois comédie déjantée et action movie efficace, Tonnerre sous les tropiques raconte l'épopée d'un tournage de film de guerre.

Cinq vedettes du box-office (les bandes-annonces de leurs exploits ouvrent le film) se retrouvent autour d'un réalisateur novice pour fabriquer l'oeuvre définitive sur la guerre du Vietnam. Les personnages-acteurs sont plongés dans la vraie jungle, hostile, et rivalisent de ridicule, bien malgré eux : il y a celui qui suit le script alors qu'il n'y a plus de tournage (Ben Stiller lui-même), le candidat à l'oscar qui habite son rôle au point de se faire opérer pour devenir noir (Robert Downey Jr., épatant) et le comique lourdingue en quête de reconversion (Jack Black, idoine).

Dans ce film en trompe-l'oeil, Ben Stiller se moque d'une société américaine vénérant des héros de guerre sans même se préoccuper de leur authenticité (Nick Nolte, en vétéran fraudeur, arbore de fabuleuses prothèses). Il allume aussi les comédiens obnubilés par leur plan de carrière - jouer des débiles, c'est bien pour les Oscars, à condition qu'ils aient des talents cachés, comme Rain Man ou Forrest Gump, conseille l'un à l'autre.

Au passage, on savourera le numéro grandiose d'une guest star surprise, jouissif en producteur vulgaire, mégalo et despotique, accro au Coca light... Et au final, Ben Stiller signe le genre de film qu'il dénonce : une superproduction chère, pleine de stars et d'effets spéciaux. Mais, malin, il évite de tomber dans son propre piège, en gardant son parti pris, celui d'une mise en abîme satirique et facétieuse.

Juliette Bénabent

Télérama, Samedi 18 octobre 2008

Ce James Bond n'est pas Bond

James Bond est devenu une machine à tuer, robuste, brutale, butée, qui ne décoche jamais un sourire. Crédits photo : EON Productions

 

James Bond est devenu une machine à tuer, robuste, brutale, butée, qui ne décoche jamais un sourire.La nouvelle aventure du célèbre espion, qui sort sur les écrans du monde entier aujourd'hui, déçoit. Un scénario insipide, pas de gadget et une violence accrue.
« Quantum of Solace » Film d'espionnage de Marc Forster, avec Daniel Craig, Olga Kurylenko, Mathieu Amalric. Durée : 1 h 58.

C'est la première fois dans toute l'histoire de la saga des James Bond qu'un film fait suite au précédent. L'argument scénaristique a de quoi allécher les fans de la planète.

Donc, Quantum of Solace, 22e épisode officiel de la plus ancienne des franchises de l'histoire du cinéma, commence une heure après la mort de la belle Vesper Lynd (Eva Green). Soixante petites minutes séparent ce nouvel épisode de l'époustouflant Casino Royale… À elle seule, cette perspective laissait présager presque deux heures de bonheur, tant, il y a deux ans, l'adaptation du premier roman de Ian Fleming avait renouvelé le personnage de 007 sous la férule de Martin Campbell, lui-même déjà aux manettes de Goldeneye (1996).

Cette fois, James Bond (toujours incarné par le blond aux yeux bleus Daniel Craig, plus « poutinien » que jamais) part à la recherche de ceux qui ont forcé la femme qu'il aimait à le trahir. Même s'il a été très critiqué par les fans au départ, la prestation de Daniel Craig est remar­quable. Dorénavant, l'acteur « EST » James Bond. En chemin, 007 rencontre Camille (insignifiante Olga Kurylenko) et traque le nouveau méchant du film, un certain Dominic Green, interprété par le Français Mathieu Amalric, qui parvient tout de même à tirer son épingle du jeu.

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Woody et ses sabots

Ibère. Chronique de mœurs vaine et caricaturale.

Un Woody Allen vain et caricatural!  Woody Allen raconte avec une coupable candeur qu’il ne comprenait rien aux paroles que s’échangeaient devant la caméra Javier Bardem et Penélope Cruz. S’exprimant dans leur langue d’origine, les deux vedettes brodaient, tandis que le cinéaste, lui, se contentait de filmer. Ou de faire la sieste ? Car, avec le recul, on trouve le procédé d’autant plus désinvolte que Vicky Cristina Barcelona manque précisément de consistance, variation romantique dont la nature volatile tranche avec plusieurs antécédents autrement affûtés du New-Yorkais.

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Captation d’énergie scolaire

  Dans la première séquence d’Entre les murs, on voit le jeune prof, François Marin [...] dans un café, avalant un expresso, le jour de la rentrée scolaire. Ce temps de solitude hors les murs, de liberté songeuse et de quant-à-soi silencieux gagné sur les exigences de la fonction, le rôle social, sera le seul que le film lui accordera. Une fois franchi le seuil de cet établissement parisien, il devient un autre, perpétuellement visible, sous le regard des élèves, des collègues, de l’administration, des parents, toujours en état de parole, toujours accompagné, la plupart du temps le corps debout, dressé, à l’affût au milieu de gamins assis en embuscade, à la fois impérieux et débordé. On ne se souvient pas avoir jamais vu avec une telle évidence, une telle acuité, la scénographie scolaire dans son autonomie radicale. Ce qui a provoqué un véritable choc à Cannes, c’est sans doute cette tension sans détente du «in», ce pleins feux de la rampe pédagogique que le cinéaste Laurent Cantet refuse sur plus de deux heures d’éteindre par les techniques habituelles de la diversion ou de clair-obscur.

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Le film qui secoue l’école

 On reproche suffisamment au cinéma français de ne s’intéresser qu’aux tourments existentiels de jeunes bourgeois du VIIe arrondissement taraudés par le vide pour ne pas louer Entre les murs. Mais le film de Laurent Cantet revient de très loin: il n’avait pas été annoncé au cours de la conférence de presse rituelle révélant la sélection officielle du dernier festival de Cannes. Des tractations tendues entre les différents comités de sélection et une certaine indécision (ou réticence) du directeur de la manifestation, Thierry Frémaux, avaient ainsi conduit à une situation inédite de place à prendre au côté des déjà retenus Desplechin (Un conte de Noël) et Garrel (la Frontière de l’aube). Faisant figure de repêché de dernière minute (comme certains à l’oral du bac), le film a été projeté en plein après-midi, le dernier jour de la compétition, avec à peu près aucun photographe pour immortaliser la montée des marches de l’équipe du film au grand complet. Sans l’énorme coup de pouce surprise d’une palme décernée par une star américaine, Sean Penn, président du jury, ce film de la 25e heure serait reparti comme il est arrivé, dans l’indifférence à peu près générale. Tohu- bohu. Cette palme d’or française, la première depuis Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, en 1987, a de fait créé en mai une inflammation médiatico-politique spectaculaire. Le collège FrançoiseDolto, dont sont issus les élèves du film, a été littéralement envahi par les caméras de télévisions et les journalistes.

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Agnès Jaoui & Jamel Debbouze : Incitation à la tolérance

Dans Parlez-moi de la pluie, le comique perd le sourire. Objet de l’humiliation ordinaire, il joue un homme tiraillé entre deux cultures. La réalisatrice, elle, signe une comédie douce-amère. Entre eux, c’est une histoire d’humour et de franc-parler.

Paru dans Le figarole 13.09.2008, par Béline Dolat

Dans Parlez-moi de la pluie (sortie le 17 septembre), sa dernière réalisation, Agnès Jaoui met en scène Jamel Debbouze. Pour l’occasion, le comédien a renoncé à son débit de mitraillette, à ses fantaisies lexicales, et s’est laissé porter par la musique des dialogues ciselés du binôme Jaoui-Bacri. Au milieu d’une tendre galerie de personnages, il forme avec ce dernier un duo à l’équilibre parfait, émanation cinématographique d’une amitié qui dure depuis dix ans et que l’actrice-réalisatrice a voulu imprimer sur la pellicule.

Dans le film, il incarne Karim, un personnage qui lui ressemble, Français d’origine maghrébine pris entre son monde et celui de Mimouna, sa mère. Agnès Jaoui est Agathe Villanova, écrivain féministe fraîchement arrivée en politique et confrontée à la dure réalité du terrain. Entre deux projections en province, nous les avons rencontrés dans les salons du cinéma MK2 Bibliothèque, à Paris. Légèrement dissipés, complices et unis par une même volonté de bousculer les a priori, ils ont, pour _Madame Figaro _, évoqué le film, la maman de Jamel, le tagine au poulet-citron et… Jean-Pierre Bacri.

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La fille de Monaco

La Fille de Monaco de Anne Fontaine (2008) avec Fabrice Luchini, Louise Bourgoin, Roschdy Zem, Stéphane Audran.

   En apparence, le scénario n'est qu'une osmose habile entre La Femme et le Pantin et En cas de malheur : un riche avocat pour riches (comme Gabin dans le film de Claude Autant-Lara), venu défendre, dans la principauté, la (vieille) meurtrière d'un gigolo bien membré, tombe raide dingue amoureux de la présentatrice météo d'une chaîne câblée. Audrey (Louise Bourgoin) a la blondeur, la sensualité et l'insolence d'une bimbo qui se prendrait pour Bardot, légère vulgarité en sus. C'est même ça qui émoustille l'avocat (Fabrice Luchini) : qu'une bombe comme elle puisse s'intéresser à son petit corps tout mou, redonner à sa libido endormie une nouvelle vigueur. Dont va profiter sans vergogne la ravissante (fausse) idiote, qui en ce nanti croit voir passer la chance de sa vie...

La Femme et le Pantin, donc. Sauf que rien n'est jamais aussi simple qu'il y paraît chez Anne Fontaine. Si l'on excepte sa veine fantaisiste (la trilogie consacrée au person­nage hurluberlu baptisé Augustin), la ciné­aste n'aime que les histoires ambiguës et troubles. Souvent peuplées de ménages à trois : un couple terne, soudain confronté à un ange pasolinien (Nettoyage à sec) ; deux femmes fantasmant sur le même homme (Nathalie).

Le troisième personnage de La Fille de Monaco, celui qui donne au film son mystère, c'est le garde du corps de l'avocat : Christophe, interprété par Roschdy Zem, impassible et fascinant. Le garde du corps parle peu, n'exprime rien. Sinon la détermination à exercer ce qu'on lui demande de faire - ce qu'il croit devoir faire. Silhouette impénétrable, minérale, au point d'en devenir inquiétante, comme une mécanique parfaite dont on pressent, à chaque instant, qu'elle pourrait s'enrayer. D'abord en retrait, le garde du corps envahit l'intrigue, au point de reléguer au second plan le personnage d'Audrey, en dépit de la plastique irréprochable et de l'évident naturel de Louise Bourgoin.

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Cinéastes inattendus à la Mostra

" Teza ", d'Haïlé Gerima, un film porté par une force lyrique et une lucidité politique hors du commun. DR

  La Mostra 2008 propose une section consacrée à des films italiens méconnus, intitulée " Questi Fantasmi ", ces fantômes. Mais l'appellation aurait aussi pu s'appliquer à plusieurs films de compétition, montrés depuis le 27 août, oeuvres de cinéastes dont on était restés longtemps sans nouvelles, comme Werner Schroeter, qui présentait Nuit de chien, son premier long métrage depuis 2002, ou l'Ethiopien Haïlé Gerima, venu sur le Lido avec Teza, qui suit le parcours d'un médecin dans la tragédie éthiopienne, de 1970 à 1990. Gerima n'avait pas tourné de fiction depuis 1993.

Le retour de Werner Schroeter, gravement malade, a pris la forme d'un épisode paroxystique. Tiré d'un roman de l'Uruguayen Juan Carlos Onetti, Nuit de chien suit la déambulation d'un homme revenu dans une ville déchirée par la guerre civile, dans l'espoir de sauver une femme qu'il a aimée. Assailli par tous ses passés, politique, amoureux, militaire, le héros se heurte au déchaînement de cruauté et de lâcheté provoqué par l'imminence du danger. Ce basculement dans l'horreur peint aux couleurs de l'opéra a été mal compris par un public aux réactions violentes, qui n'a vu que l'outrance et la pauvreté matérielle du film (qui donne en effet, le temps des scènes de combat, l'impression de tenir avec des bouts de ficelle) et a ignoré son courage, sa virulence.

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La série

Auteur : BIDOU EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Durée : 00:52:10
Réalisateur : BIDOU EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Avec la participation de : FRANCE 5
Production : MAT FILMS,TELESSONNE
Production déléguée : MOUCHEL-BLAISOT MARIE,MAGNIEN RICHARD
Production exécutive : MARIE MOUCHEL BLAISOT

 

   A travers les témoignages de Guadeloupéens et de Martiniquais ayant quitté leur île pour la métropole, ce film traite du déracinement et de la difficulté à trouver sa place entre terre d'origine et terre d'adoption.

Ils sont partis. Loin, très loin. Jambé dlo, disent-ils en créole. "Pour l'autre bord", expliquent-ils. L'autre bord ? C'est la rive d'en face, les côtes amies après l'océan, la métropole dont ils ont tant rêvé.

Antillais de Martinique et de Guadeloupe, ils ont, dans les années 60, quitté leur île pour se rendre à Paris, Crouy-sur-Ourcq, Fontenay-le-Comte… Au lendemain de la guerre, à l'heure de la reprise économique, l'administration française leur a offert des billets pour venir s'installer en métropole et a organisé pour eux, à leur arrivée, des formations pour apprendre un métier.

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Le secret d’Hancock

Ou quand le passé ségrégationniste des Etats-Unis fait retour dans la science-fiction

par Tina Harpin

Hancock  A l’heure où la candidature de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis fait la une de l’actualité, nul ne peut nier l’importance de la question raciale dans un pays qui a officiellement aboli la ségrégation il y a à peine quarante ans. C’est pourtant sur ce déni que semble jouer le film de science-fiction Hancock.

Que raconte en effet ce blockbuster actuellement au box office en France et aux Etats-Unis ? Se poser cette question n’est pas inutile lorsque plusieurs critiques soulignent l’incohérence du scenario et les ruptures de ton du film. Tout le monde aura noté l’originalité prétendument subversive de l’intrigue : Hancock, un superhéros marginal, déclassé, incapable d’utiliser intelligemment ses pouvoirs, s’avère être une plaie pour la société jusqu’à ce qu’il se fasse aider par Ray Embrey, un brave chargé de communication qui devient son « coach de vie » et redore son blason. Hancock se prend en main, oublie sa bouteille d’alcool, et accepte même d’endosser le costume trop « homo » à son goût ( !) de superhéros, pour se mettre enfin au service de la société. Telle semble être la fable d’Hancock. Qualifié hâtivement de « transgressif » pour une promotion publicitaire efficace, le film a aussi été interprété comme « progressiste » du fait que le superhéros soit noir, incarné par Will Smith. Cette donnée de la mise en scène passe facilement pour une preuve d’ouverture d’esprit, d’antiracisme, et on y voit même un clin d’œil amical au candidat en lice pour la présidence des Etats-Unis. Le fait que le superhéros noir doive suivre une véritable rééducation (dont la première étape est un séjour en prison) avant de pouvoir assumer ses fonctions ne serait qu’une innocente sophistication du scenario, une variation sur le schéma classique des épreuves purificatrices que doit endurer tout héros, et plus indubitablement tout superhéros.

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Lettre ouverte à
Alfred MARIE-JEANNE

  Créole en court vient de participer en tant que co-producteur à la réalisation du court métrage « Au nom du père » que vous avez bien voulu soutenir. Ce film produit par la société Marakudja’films, société Martiniquaise de cinéma en court métrage, a été pour nous l’occasion de vérifier « in situ » les conditions particulières de tournage au format 35mm, mais aussi et surtout la situation pour le moins singulière des intermittents Martiniquais du cinéma et de l’audiovisuel.

Il m’apparaît plus qu’important d’attirer votre attention sur la nécessité de soutenir l’activité cinématographique de façon réelle. Il y a une urgence politique à considérer ce secteur comme un secteur culturel à part entière : source d’emploi, de savoir faire, espace de création.

En effet, à l’occasion de nos recherches en personnel technique pour le film, nous avons pu observer que la plupart des techniciens Martiniquais formés aux techniques des métiers du cinéma dans le cadre d’école ou dans le cadre de pratique sur les plateaux de tournage, finissent par déserter leurs postes. La raison invoquée est toujours la même « pas assez de tournage »

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Les longs métrages: drames des pauvres, caprices des riches

par Selim Lander

  Cette année, les Rencontres cinématographiques associaient à une compétition de courts métrages et de documentaires, la projection de longs métrages, dont un certain nombre originaire de la Caraïbe. Rapide panorama sur quelques-uns de ces films. Zulaika de Diederik lm raconte l’histoire d’une petite fille de douze ans qui vit chez ses grands-parents, avec une tante et les enfants de cette dernière. Le grand-père est malade ; la grand-mère tient un tout petit commerce d’épicerie qui ne rapporte presque rien, faute de savoir faire rentrer les crédits accordés trop libéralement à une clientèle impécunieuse ou de mauvaise foi ; quant à la tante, elle-même toujours à court d’argent, elle est plus un fardeau qu’une aide.

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Palmarès 2008
De l'art et de l'ambigüité...

    Si le Prix Jean-Philippe Matime a été décerné avec justesse à la cinéaste Camille Mauduech, il faut néanmoins remarquer que la compétition était sans doute inégale. Les 16 de Basse-Pointe ( lire la critique) est d'un genre un peu particulier, ni tout à fait documentaire, ni docudrame, il faudrait inventer un terme comme docu-synoptique, tant le travail de la réalisatrice apparaît comme la base préparatoire à la réalisation d'une superbe fiction en devenir... Puisse-t-elle trouver les financements qui permettraient de  concrétiser ce tour de force.

Par ailleurs on notera que le jury n'a fait paraître dans son commentaire pour les mentions spéciales que " "l'intérêt patrimonial ..[des] œuvres". Les  artistes cinéastes apprécieront!De l'art et de l'ambigüité... Déjà la projection de Parfum de chêne du cubain    Rigoberto Lopez  à l'ouverture du festival avait donné lieu à un feu d'artifice d'éloges qui se situaient uniquement sur le plan politique et en aucun cas sur le plan artistique. il faut dire que cette telénovelas entre mélodrame et didactique politique faute d'être marxiste-léniniste était à tout le moins lénifiante.

Enfin on regrettera l'absence singulière dans la liste des longs métrages qui entouraient la compétition de la palme d'or cannoise 2007 le film de  Christian Mungiu 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Est-ce le sujet, l'avortement, qui aurait effarouché les organisateurs?  Auquel cas l'Artchipel en Guadeloupe, n'aurait pas eu de ces pudibonderies, puisqu'il a proposé à ses fidèles, au moment de Cannes 2008, l'essentiel du palmarès de l'an dernier. L'île sœur a bien de la chance d'avoir des cinéphiles moins prudes. Si le CMAC ne diffuse pas ces films qui le fera en Martinique? Certainement pas le circuit Elizé! N'y a-t-il pas là un manquement? Le service public n'a-t-il pas aussi pour objet de pallier les insuffisances, les carences, des circuits commerciaux?

R.S.

Lire le communiqué du jury

 

vendredi 06 juin à 9:30

Rigoberto Lopez - Cuba - 2003 - 2h05

Au19ème siècle à Cuba, …l’aventure amoureuse entre une belle et distinguée femme (noire) de Saint-Domingue et un commerçant allemand (blanc), romantique, arrivé récemment dans le pays. Une histoire d’amour infini qui fit de l’Angerona, la plus riche plantation de café de Cuba. Dans cette sombre période, marquée par l’intolérance, les incompréhensions, les conflits d’intérêts et le pouvoir absolu, en ces deux personnages s’affrontent, plus que deux cultures, deux identités, deux façons de voir la vie.

 
PRE-OUVERTURE DES RENCONTRES CINEMAS 2008 EN MARTINIQUE

Entrée libre
lundi 02 juin à 18:30

Zulaika (Curaçao, Antilles néerlandaises, 1990), fiction de Diederik Vaan Rooijen, 1 h 18

Section : Joyaux Caribéens-
Meilleur long-métrage pour jeunes : Prix du Jury, 4ème Festival International de Film de Buenos Aires, 2005 ? Certificat d’Excellence. Festival International de Film d’Enfants de Chicago.

Zulaika, est une jeune fille débrouillarde de 12 ans, dont la mère travaille aux Pays-Bas, vit à Curaçao avec sa grand-mère et son grand-père malentendant. La famille est humble et les enfants de l'école se moquent de Zulaika à cause de son uniforme râpé et de la difficulté que rencontre sa famille à s'acquitter les frais de sa scolarité. Lorsque la situation empire, sa force de caractère et sa persévérance lui donnent le courage de surmonter les difficultés.

 

Film franco-uruguayo-brésilien de Enrique Fernandes, César Charlone

Ken Loach a des cousins en Uruguay : ils ont posé leur caméra à Melo, tout près de la frontière avec le Brésil que, chaque jour, des petits trafiquants inoffensifs traversent à vélo - en rêvant d'avoir une moto ! Beto est de ceux-là, pédalant sans relâche, moustache au vent, pour le compte d'un commerçant local, à qui il rapporte du pays voisin, plus prospère, toutes sortes de denrées de base. L'annonce du voyage du pape - Jean-Paul II sillonna effectivement la région en 1988 - secoue la petite communauté, qui parie sur l'afflux de riches pèlerins brésiliens. Chacun s'affaire à préparer des stands de chorizos et autres empañadas, ce qui donne à Beto une autre idée : bâtir dans son jardin des toilettes payantes pour croyants repus. Reste à financer l'installation du (saint) siège.

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Ce n'était pas arrivé depuis vingt et un ans, depuis la Palme d'or décernée sous les huées à Sous le soleil de Satan, de Maurice Pialat, en 1987. En 2008, le jury, présidé par l'Américain Sean Penn, a décerné la récompense suprême du Festival de Cannes à un film français, Entre les murs, de Laurent Cantet, adapté du roman de François Bégaudeau, également coscénariste, acteur dans le film – et accessoirement chroniqueur de football au journal Le Monde.

Cette décision a été accueillie avec chaleur, peut-être même un brin d'euphorie par le public du Grand Théâtre Lumière, au Palais des Festivals. C'est que le spectacle final de cette cérémonie de clôture tranchait avec la liturgie des dimanches de palmarès ordinaires : les stars primées (Benicio Del Toro, Catherine Deneuve) se fondaient dans la joyeuse cohorte des élèves et des enseignants qui sont devenus acteurs pour Laurent Cantet.

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Cantet, la classe!

Les jeunes acteurs de Cantet

  Les salles de classe sont des pièces aussi mystérieuses que les chambres conjugales. Entre les murs éclaire ce mystère en mettant les outils de l'expérience directe au service de la fiction. Cette greffe est rendue possible par l'existence d'un individu qui occupe une multiplicité de positions au centre du film : François Bégaudeau en est à la fois le sujet (il a été professeur), l'inspirateur (il a écrit un roman tiré de son expérience d'enseignant), le coscénariste (avec Laurent Cantet et Robin Campillo) et l'interprète principal.

Cantet ne le laisse pas pour autant kidnapper le film et impose sa mise en scène fluide et rigoureuse. Le scénario, à première vue fait d'une succession de séquences disjointes, révèle progressivement une construction dramatique intense.

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