De
l'Atrium à Madiana avec tours
et détours...

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Voir
les critiques de quelques films
Madiananesques |
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Qu'ils reposent en révolte... un film sur la barbarie démocratique
 Sorti en salles, le 16 novembre 2011, le film de Sylvain George « Qu'ils reposent en révolte (Des figures de guerre I) », déjà applaudi et primé dans les festivals depuis un an, connaît aujourd'hui un véritable succès médiatique, salué par Médiapart, Libération, L'Humanité, L'Express, Le Monde, Les Inrockuptibles... comme un documentaire exceptionnel sur les migrants, les migrations ou les politiques migratoires.
C'est peut être le propre d'une œuvre majeure que de susciter des conflits d'interprétation et de classement, d'autant que chacun peut avoir envie de tirer le talent de Sylvain George à soi, les journalistes vers le documentaire, les chercheurs vers l'anthropologie visuelle, les artistes vers la création esthétique. Je n'y échapperai pas tout à fait en soutenant que ce film, bien loin d'être un documentaire sur les migrants est une création artistique d'anthropologie visuelle sur un sujet difficile à traiter visuellement : la barbarie démocratique.
Ceci n'est pas un documentaire : aucun film de ce genre cinématographique ou télévisuel n'a jamais associé, avec une telle audace, l'extrême fidélité dans la représentation du réel le plus laid avec la beauté fascinante des artifices visuels étonnamment découverts dans de piètres contextes par le talent de l'artiste. Lire la suite |
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"Il
n'y a pas de rapport sexuel" : HPG, sa vie, son sexe, sa dévoration
 Dans l'hypothèse
où l'on prendrait ce film en cours de route, Il n'y a pas de rapport sexuel se donnerait à voir comme un making of de films X d'HPG. Un montage de séquences
tournées
dans le studio de ce personnage hors norme, hardeur professionnel, réalisateur,
cadreur et producteur de films porno, qui s'illustre régulièrement
par ailleurs comme auteur de films indépendants
"classiques"
(HPG, mon vit mes œuvres, On ne devrait pas exister...), prisés des festivals et de la critique cinéma.
La matière en soi est passionnante. Mais elle est loin de résumer ce film, qui échappe à toutes les catégories
existantes,
né de la rencontre entre HPG et le vidéaste
Raphaël
Siboni. Le producteur Thierry Lounas les a mis en relation quand il a découvert
que le premier accumulait depuis des années des milliers d'heures de rushes de making of. Laissant tourner plusieurs heures par jour, à différents
endroits de son studio, une caméra posée sur un trépied,
HPG avait recréé
là son propre petit loft, sans bien savoir à quoi pourraient servir les images. Siboni a tout visionné
et en a tiré un film.
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Le vibromasseur, du cabinet médical au sexshop
Par Lucie Soullier,
 Actuellement en salles, le film Oh My God! raconte l'invention de l'ancêtre du sextoy. Une occasion de revenir sur un objet qui a participé à l'émancipation sexuelle des femmes.
Orgasme sur ordonnance. Avec la sortie, mercredi 14 décembre, du film Oh My God!, le vibromasseur est l'objet de la semaine. Voire l'objet du siècle.
Odile Buisson, gynécologue obstétricienne et auteure de
Qui a peur du Point G?, a découvert le film de Tanya Wexler avec plaisir. "C'est une comédie pétillante, très déculpabilsante, sur l'invention du godemiché. Et un film sur ce thème n'aurait pas été possible il y a quelques années."
Le film s'inspire d'une histoire vraie. Dans l'Angleterre victorienne, au XIXe siècle, des "Oh!" et des "Ah!" sortent du cabinet médical du jeune docteur Mortimer Granville, interprété par Hugh Dancy, spécialiste de l'hystérie féminine. Le traitement préconisé pour ces femmes de la bonne société: des massages pelviens, pratiqués par le corps médical. Le remède par le plaisir. Mais, à force de frictions, le jeune praticien s'abime le poignet. C'est donc une crampe qui l'amène à mettre au point, avec un ami, le premier vibromasseur. Un des premiers objets du quotidien qui sera électrifié, en même temps que la machine à coudre ou le grille-pain.
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Ranimons le court métrage !
Par JACQUES PERRIN Parrain du «Jour le plus court», BERTRAND TAVERNIER, MICHEL GONDRY Parrain du «Jour le plus court», VALÉRIE DONZELLI Cinéaste, SERGE AVÉDIKIAN, JEAN-JACQUES BEINEIX, VALÉRIA BRUNI-TEDESCHI, RACHID DJAIDANI, PIERRE ETAIX, ERIC GARANDEAU, COSTA GAVRAS, DYANA GAYE, JULIE GAYET Parrain du «Jour le plus court», MICHEL HAZANAVICIUS, MÉLANIE LAURENT Parrain du «Jour le plus court», SOPHIE LETOURNEUR, JEANNE MOREAU Parrain du «Jour le plus court», OLIVIER NAKACHE, ERIC TOLEDANO, REBECCA ZLOTOWSKI Parrain du «Jour le plus court»
 La noblesse et la puissance d’une œuvre ne se mesurent pas à sa longueur, à son métrage. Il y a même tout lieu de penser qu’un court sera au moins aussi intense et corsé qu’un long… Alors d’où vient que le court métrage qui, depuis Lumière et Méliès régnait seul sur le cinéma, a été progressivement relégué en «avant programme», avant de disparaître purement et simplement du grand écran, sans retrouver une place digne sur le petit ?
Sans doute une forme de «darwinisme», qui pourrait aujourd’hui s’inverser. Dans un monde frappé par l’accélération du temps et la révolution numérique, les lourdes machines donnent parfois quelques signes d’essoufflement. Agile, audacieux, créatif, le film court a retrouvé la vitalité et la fraîcheur des premiers temps du cinéma. 657 films courts ont obtenu un visa d’exploitation en France en 2010, contre 380 en 2005, et 2011 est encore meilleure.
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On sait que les petits échassiers qui nous gouvernent sont
affublés d’appétits énormes,
disproportionnés et qui les
corrompent, et que pour arriver
au faîte de leurs ambitions il
leur a fallu tuer à vue d’oeil :
tuer symboliquement (dans le
meilleur des cas) leurs
concurrents, tuer ceux qui se
mettaient en travers de leur
route, tuer ou laisser tuer ceux
dont la mort servirait leurs
intérêts. La saloperie règne et
a toujours régné, néanmoins on
voudrait toujours se flatter que
le cynisme soit plus prévalent
et plus brutal « ailleurs » ; la
tristesse est immense devant la
mort salope et superflue d’être
humains ; et la honte lorsque ce
sont ceux qui officiellement
nous représentent qui l’ont
décidée.
« 21 cadavres pour une ambition présidentielle », c’est-à-dire pour la
satisfaction d’un ego
boursouflé, tel pourrait donc
être le sous-titre du dernier
film de Mathieu Kassovitz,
consacré aux dix jours qui ont
mené au déplorable assaut de la
grotte d’Ouvéa, en
Nouvelle-Calédonie, entre les
deux tours de l’élection
présidentielle de 1988. Je ne
rappellerai que succinctement
les événements, tant ils sont
connus et facilement accessibles
: une occupation de gendarmerie,
organisée par des
indépendantistes kanaks sur la
petite île d’Ouvéa, tourne mal
et aboutit à la mort de quatre
gendarmes ; les indépendantistes
se retranchent alors dans une
grotte de la forêt, avec le
reste des gendarmes emportés
comme otage ; leurs
revendications sont sans doute
impossibles à satisfaire,
cependant des négociations
semblent progresser, lorsque
Chirac pour en finir avant le
deuxième tour et agrémenter sa
candidature d’une image d’homme
fort (propre à plaire aux
électeurs du FN) commande à des
forces militaires importantes de
donner l’assaut (l’ordre est
contresigné par le président
Mitterrand) ; dix-neuf
indépendantistes perdront la
vie, ainsi que deux otages,
atteint par des « tirs amis ».
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Une pour toutes... Toutes
pour les femmes !
par
Audrey Soto

L’infiniment petit, c’est ce
qu’est venu observer un
jeune journaliste dans ce
discret village perdu au
creux des montagnes. Son
étude est à la base dédiée
aux insectes, comme on
pourrait le comprendre au
premier abord, avant qu’il
ne soit témoin d’un
spectacle bien plus
fascinant. Cette
intelligente métaphore a
pour but de souligner le
fait que les femmes sont
considérées comme une
minorité, cet "infiniment
petit" qui s’avèrera bien
plus grand et puissant qu’on
ne le croit.
À travers ce magnifique
film, relaté tel un conte
traditionnel, Radu
Mihaileanu réalise une
véritable déclaration
d’amour à la femme, aux
femmes du Monde entier, mais
plus particulièrement à la
femme arabe. Il fait ainsi
brillamment comprendre que
la tradition et
l’indifférence des hommes
pèsent sur leur liberté.
Filmées d’un œil
bienveillant, les sublimes
Biyouna, Hafsia Herzi, Hiam
Abbas et Sabrina Ouazani
sont portées ici jusqu’à la
grâce, ce casting envoûtant
conduit par une Leïla Bekhti
qui dévoile l’ensemble de
ses talents d’une façon
admirable.
Ce film s’adresse à tous.
Aux femmes comme aux hommes.
Véritable plaidoyer en
faveur de la tolérance, il
pose à travers la relation
entre les personnages de
Leïla (Leïla Bekhti) et Sami
(Saleh Bakri), son époux, un
regard sur les bases d’une
relation sincère et aimante,
sur ce qu’un homme devrait
être prêt à accepter et à
comprendre pour la femme
qu’il aime et surtout à se
battre pour ses ambitions.
Fondé sur des faits qui ont
réellement eu lieu, La
Source Des Femmes démontre
que quelque soit nos
origines, notre langue ou
notre religion, il ne faut
jamais baisser les bras face
à l’adversité et toujours
croire en ses convictions,
bien qu’il reste malgré
tout, pour certains d’entre
nous, beaucoup de chemin à
parcourir…
Audrey Soto
Comme Au Cinema
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Vive "Polisse"
Le
quotidien des policiers de la
BPM (Brigade de protection des
mineurs) ce sont les gardes à
vue de pédophiles, les
arrestations de pickpockets
mineurs, mais aussi la pause
déjeuner où l'on se raconte ses
problèmes de couple ; ce sont
les auditions de parents
maltraitants, les dépositions
des enfants, les dérives de la
sexualité chez les adolescents,
mais aussi la solidarité entre
collègues et les fous rires
incontrôlables dans les moments
les plus impensables ; c'est
savoir que le pire existe et
tenter de faire avec... Comment
ces flics parviennent-ils à
trouver l'équilibre entre leurs
vies privées et la réalité à
laquelle ils sont confrontés
tous les jours ?
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"Intouchables"
: derrière la comédie
populaire, une métaphore
sociale généreuse
A en croire les échos, un
gros buzz entoure la sortie
nationale d'Intouchables,
quatrième long métrage d'Olivier
Nakache et Eric Toledano. Ce
sonore anglicisme désigne, en
termes de marketing, le
"bourdonnement" qui est organisé
autour d'un produit pour le
lancer, et par extension les
faits avérés annonçant son
succès. Le film arrive, de fait,
avec une besace bien remplie. Il
est à ce jour vendu dans
quarante territoires, y compris
aux Etats-Unis où les frères
Weinstein, producteurs
légendaires, le distribueront au
printemps 2012, tout en ayant
posé une option pour un possible
remake. Par ailleurs, ses
avant-premières, tant à
l'étranger qu'en France, font un
tabac, et les exploitants se
l'arrachent.
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Cela a
déjà été dit, l’édition 2011
du mois du film documentaire
en Martinique est
bicéphale : cycle de
projections et exposition.
Les questions posées par la
programmation sont
nombreuses : Qu’est-ce que
la pratique documentaire ?
Qu’est-ce que le cinéma du
réel ? Qu’est-ce que l’art
ou la création
documentaire ?
Interrogations auxquelles
s’ajoutent celles non moins
passionnantes et complexes
de l’adaptation, de
l’intertextualité et de
l’hybridation telles que les
formule par exemple le film
de Jean Rouch, essai théâtre
créé à partir de la pièce du
dramaturge et cinéaste
martiniquais Julius Amédée
Laou.
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Application de la
TSA dans les DOM

L’article
proposé par le Gouvernement dans
le projet de loi de finance
rectificative pour 2001, refusé
par le vote du Sénat, s’est
inscrit dans le cadre des
propositions actées par le
Conseil interministériel de
l’outre mer du 6 novembre 2009,
suite à la volonté de la
Présidence de la République.
Cet article visait à étendre aux
séances de spectacles
cinématographiques organisées
par les exploitants
d’établissements de spectacles
cinématographiques situées dans
les DOM, la taxe sur le prix des
entrées (TSA) qui est affectée
au Centre national du cinéma et
de l’image animée.
L’assujettissement à cette taxe
permettra aux exploitants de
bénéficier des aides à
l’exploitation accordées par le
CNC, notamment les aides
automatiques et sélectives
(culturelles) à pour la
modernisation et la création des
établissements.
Mais elle permettra également
aux producteurs et distributeurs
ultramarins et métropolitains
dont les œuvres sont exploitées
dans les DOM de bénéficier des
aides automatiques à la
production et à la distribution
accordées par le CNC au titre de
cette exploitation.
L’ensemble de ces soutiens, pour
leur part automatique, est en
effet assis sur la TSA
encaissées dans les salles.
Ce dispositif devait entrer en
vigueur au 1er janvier 2012, ce
qui permettait aux exploitants
concernées et au CNC le temps
nécessaire pour la mise en place
de ce dispositif.
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La
ré-ouverture du Pax à
Fort-de-France
par Roland Sabra

C'est en 2002 lors du
premier festival
CINAMAZONIA qu' a germé dans
la tête de Willy Rameau et de
quelques autres l'idée d'un
cinema Art et Essai à
Fort-de-France. Il s'agit de
reprendre l'ancien cinéma « Le
Pax » aujourd'hui occupé par
l'église catholique, non pas
reprendre à l'identique, le
bâtiment ne se prête pas à une
nouvelle affectation mais d'en
sauvegarder la façade et
derrière elle d'installer un
ensemble de trois salles de
projection. Le projet est
soutenu par le FEDER ( Europe),
la Région et la municipalité de
Fort-de-France qui voit là un
moyen de revitaliser le centre
ville autour du Théâtre Aimé
Césaire du centre commercial
Perrinon et pourquoi pas du
théâtre de la Croix mission. Ce
projet dans les cartons depuis
plusieurs années a vu sa
réalisation reportée plusieurs
fois notamment à cause du refus
des élus locaux, l'an dernier
encore, d'accepter l'extension
de la TSA à nos régions ( Voir
article ….) Daniel Robin, élu
régional, mais surtout Directeur
Général du circuit Elizé a vait
fait prévaloir ses intérêts de
distributeur hégémonique au
détriment des intérêts des
cinéphiles. La réunion du
08/11/2011 a permis de faire
bouger les lignes. LE président
de la Région Martinique et les
autres élus présents ont dit
leur ralliement aux défenseurs
de la diversité culturelle en se
déclarant favorables à
l'application de la TSA à nos
territoires, mesure
incontournable pour que puisse
exister un cinéma Art-et-Essai.
Cette taxe de 10 ,72 % sur le
prix d'un billet, soit environ
75 cents pourra faire l'objet
d'une introduction progressive
sur plusieurs années, avec un
taux intermédiaire de 5% comme
il a été envisagé. Notons quand
même qu'il n'y a pas pour autant
obligation d'augmenter le prix
des billets, cette hausse
modérée pouvant être compensée
par une plus grande
rationalisation des coûts de
fonctionnement.
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Une salle
Art-et-Essai à Madiana et/ou
Fort-de-France ?
Pourquoi faut-il,
éventuellement, accepter de
payer un peu plus cher sa place
de cinéma ?
par Roland Sabra
Les
parlementaires des Antilles et
de la Guyane ne doivent pas
aller très souvent au cinéma là
où ils ont été élus ; à moins
que leurs goûts en la matière
épousent l'indigence
programmatique de leur région
d'élection. Ils ont été jusqu'à
présent majoritairement hostiles
à doter leur cher pays des
moyens de s'émanciper de la
tutelle que fait peser sur les
amateurs de cinéma le monopole
de distribution de films que
possède une famille
martiniquaise, non seulement sur
la Martinique, mais aussi en
Guadeloupe et en Guyane. Parler
d'indigence est en-dessous de la
réalité. Il s'agit en fait d'un
processus d'acculturation de la
jeunesse de ces régions, plus
précisément d'un travail
d'américanisation, de diffusion
des normes et valeurs de la
société étasunienne, une
valorisation de la violence des
rapports sociaux, de
l’individualisme, le culte de
l'argent facile comme seul moyen
de réalisation. Comme si la
lutte contre l'assimilation
consistait à se choisir un autre
maître plus puissant que celui
que l'on combat. Les
distributeurs de film, il
faudrait écrire LE distributeur
de films de la zone n'est pas
responsable de la montée de la
violence, mais les films qu'il
choisit la légitiment en la
transformant en objet
« artistique ». Le recours à la
violence pour des jeunes en
situation de désespérance si ce
n'est en perdition ( 60% de
chômeurs chez les 18-25 ans)
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Avec
l’événement national qu’est « Le
Mois du film documentaire », le
mois de Novembre est depuis onze
ans un rendez vous cinéma riche
et foisonnant dans des centaines
de lieux de l’hexagone, des
DOM-TOM et des Centres culturels
français à l’étranger.
L’objectif est de faire
découvrir à un public de
proximité la richesse du
documentaire de création en
fédérant les multiples
manifestations construites par
des programmateurs passionnés,
dans des lieux de diffusion très
divers.
Pour le Mois du film
documentaire 2011 en Martinique,
huit lieux répartis sur tout le
territoire martiniquais
accueillent le public en entrée
libre.
Une programmation riche : 11
films, 20 dates, la venue de
deux invités : Gilles
Elie-dit-Cosaque -pour une
rétrospective de ses œuvres- et
M. Soglo, personnage principal
de l’un des documentaires
proposés-, un débat sur
l’esthétique documentaire, une
exposition itinérante, des
soirées plein air.
Autour du thème « Retour vers
soi », cette programmation
présente des regards
particuliers sur le réel ;
comment percevons nous notre
réalité et comment réussir à se
la partager ?
Des problématiques chères à la
marraine de cette année,
Marie-Claude CELESTE.
Voir la liste des films et les
dates en Martinique |

Deux films qui
prennent pour sujet
principal l’enfance ou la
prime adolescence, son
mal-être, sa révolte ont été
récompensés à Cannes cette
année par une palme d’or et
un prix spécial du jury.
Sans doute faut-il y voir
autre chose qu’un hasard.
Les enfants et les
adolescents se montrent au
cinéma des acteurs d’un
naturel surprenant. Mais là
n’est pas l’unique raison
pour laquelle ils fascinent
tant les spectateurs
adultes. Aussi différents
soient-ils, à bien des
égards, de ce que nous fûmes
au même âge, ils font montre
d’une sincérité, d’une
pureté, ou d’une fraîcheur
de caractère (comme on
voudra) dont nous n’étions
pas conscients dans nos
jeunes années et qui nous
émeuvent depuis que nous les
avons perdues.
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Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné à six ans de prison
Le cinéaste iranien Jafar Panahi condamné à six ans de prison

Une cour d'appel
iranienne a confirmé la
condamnation du cinéaste Jafar
Panahi à six ans de prison et
vingt ans d'interdiction de
faire des films, de voyager ou
de donner des interviews, a
indiqué samedi un membre de sa
famille à l'AFP.
La condamnation en première
instance de Jafar Panahi a été
confirmée par une cour d'appel
iranienne: six ans de prison et
vingt ans d'interdiction de
faire des films.
Une cour
d'appel iranienne a confirmé la
condamnation de Jafar Panahi à
six ans de prison et vingt ans
d'interdiction de faire des
films, de voyager ou de donner
des interviews. La condamnation
a été rendue il y a deux
semaines mais n'est connue que
depuis quelques heures et n'a
touhjours pas été officiellement
signifiée au cinéaste.
Le
réalisateur, toujours en liberté
ce samedi selon sa famille,
avait été condamné en décembre
2010 pour "activités contre la
sécurité nationale et propagande
contre le régime" après avoir
entamé la réalisation d'un film
sur les troubles ayant suivi la
réélection controversée du
président Mahmoud Ahmadinejad,
en juin 2009.
A 51 ans,
Jafar Panahi, connu pour ses
satires sociales grinçantes, est
l'un des cinéastes de la
"nouvelle vague" iranienne les
plus connus à l'étranger, où il
a reçu de très nombreuses
récompenses, notamment aux
festivals de Cannes, Berlin ou
Venise.
Sa
condamnation en décembre dernier
avait suscité une vague de
protestation dans les milieux
artistiques et politiques
européens, qui se sont mobilisés
pour demander à Téhéran
d'abandonner les poursuites. Au
dernier festival de Cannes, il
avait été symboliquement appelé
à faire partie du jury, sa
chaise restant vide pendant la
remise des prix.
La condamnation de Jafar
Panahi inclut également
l'interdiction d'écrire des
scénarios pendant 20 ans,
selon le quotidien
gouvernemental Iran. Le
journal précise que Jafar
Panahi, une fois sa peine de
prison purgée, pourrait être
autorisé à se rendre à
l'étranger uniquement pour
participer au pèlerinage à
la Mecque ou "pour raisons
médicales".
Selon lui, la Cour d'appel a
réduit à un an de prison,
contre six auparavant, la
peine de prison de Mohammad
Rassoulof, jeune cinéaste
qui travaillait avec Jafar
Panahi sur le film qui leur
a valu d'être condamnés
ensemble, en décembre 2010.
Avec AFP Par LEXPRESS.fr, publié
le 15/10/2011 à 09:53, mis à
jour à 09:53
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"Drive", un bloc de
granit sans faille
Crédits photo: Ryan Gosling dans "Drive"
Drive de Nicolas Winding Refn - 2011
avec Ryan Gosling à Madiana

Un film semblable à un bloc de granit, avec un acteur
minéral comme sorti d’une roche en fusion.
Une voiture file dans la nuit, zigzagant tel Pacman sur la grille de Los Angeles
pour semer ses poursuivants. Arrivée sur le parking d’un stade, la Chevy Impala
grise s’arrête. Son conducteur en descend et, casquette des Dodgers vissée sur
la tête, s’en va réintégrer le flux compact des anonymes. Mission accomplie en
cinq minutes chrono, le temps d’une séquence parfaite, d’une pureté machinique
que n’aurait pas reniée Michael Mann.
Lire lasuite |
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2011, le naufrage
de Malick
Par Thomas Baurez (Studio Ciné
Live), publié le 16/05/2011
 Avec
The Tree of Life et sa
métaphysique de pacotille,
Terrence Malick perd toute la
grâce de son cinéma. Une
déception à la mesure d'une
interminable attente.
"C'est son 2001!" claironnaient
nos chanceux confrères qui
avaient eu la chance - disons
l'honneur- de voir The Tree of
Life avant les autres. Une
formule à l'emporte pièce qui
voulait tout et rien dire. On
voyait déjà le cosmos sur fond
de Strauss, des voyages
spatio-temporels sidérants ou
encore un ordinateur fou. Bref,
une machine à usiner de la
métaphysique à 24 i/s ... Or, si
en 1969 avec son 2001 Kubrick a
fait date, Malick et son arbre
de vie devraient, en revanche,
rapidement se dessécher.
Cette Odyssée de l'espace
s'avère, en effet, bien terre à
terre, livrant sur plus de deux
heures un cours de philo pour
les nuls. "Est-ce que je dois
être bon, si Toi tu ne l'es
pas?" se demande en substance un
jeune gamin, tiraillé entre une
mère aimante mais passive et un
père actif mais autoritaire. Ce
père c'est Brad Pitt en mode
fifties, homme frustré de
n'avoir pas réussi son American
Way of Life. La mort d'un de ses
rejetons va ébranler un peu plus
un climat familial déjà pesant.
Le film commence d'ailleurs
là-dessus. L'horreur de la
perte, le sentiment d'injustice,
la difficulté du deuil et la
question adressée à l'éternel:
"Pourquoi?" Malick a évidemment
la réponse. Sa caméra se
substitue au regard de Dieu tout
puissant qui observe les hommes
tomber.
Commence alors un voyage dans
l'au-delà. Au-delà du temps (des
dinosaures à notre présent), de
l'espace (la Terre, les anneaux
de Saturne, la nature
originelle, les buildings
climatisés d'une ville
moderne)... C'est la parenthèse
2001, dont on se demande en la
voyant si on touche au sublime
ou au ridicule. Un bénéfice du
doute que l'heure et demie
suivante va lever. Si le film
redescend vers une temporalité
et un espace plus resserrés, la
voix-off exaltée et la caméra
flottante, rappellent la
dimension a priori supérieure du
"machin". Le film ne redécollera
jamais, scotché au sol par un
lyrisme de pacotille et un
esthétisme à mi-chemin entre le
fond d'écran d'ordinateur et le
clip de Michael Jackson période
Heal The World. Un mot enfin
pour les fans de Sean Penn. Leur
idole a un temps d'existence à
l'écran comparable à celui de
Carla Bruni dans le Woody Allen.
Une faute de goût qui vient
s'ajouter à ce pudding
indigeste! Une vraie crise de
foi(e) en somme!!!!
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Le
film sur le massacre d'Ouvéa
privé de sortie en
Nouvelle-Calédonie

Vingt-trois ans après les
faits, les cendres de l'assaut
militaire de la grotte d'Ouvéa,
dans lequel périrent dix-neuf
Kanaks et deux militaires,
sont-elles encore trop chaudes
pour être portées à l'écran ?
"Oui", a tranché l'unique
exploitant de salles de cinéma
de Nouvelle-Calédonie, Douglas
Hickson. Issu d'une vieille
famille calédonienne, ce
dernier, qui a réservé ses
explications aux seules ondes de
la radio locale proche de l'UMP,
a jugé "très caricaturale et
polémique" l'oeuvre de Mathieu
Kassovitz, L'Ordre et la Morale,
dont la sortie est prévue le 16
novembre en métropole. Accusant
le film de "rouvrir des plaies
cicatrisées",
M. Hickson a affirmé que ses
salles, consacrées au
"divertissement", n'étaient pas
"le lieu approprié" pour une
telle diffusion. En 1997, la
même maison avait refusé de
programmer Les Médiateurs du
Pacifique de Charles Belmont,
qui retraçaient les coulisses
des accords de Matignon (1988).
L'Ordre et la Morale s'attaque à
l'épisode le plus traumatique de
l'histoire récente du Caillou.
Le 22 avril 1988, au terme de
deux années de politique du
gouvernement Chirac hostile aux
indépendantistes, un commando du
FLNKS (Front de libération
nationale kanak et socialiste)
attaque la gendarmerie de
Fayaoué sur l'île d'Ouvéa.
Quatre gendarmes sont tués puis
une trentaine d'autres sont
emmenés en otage dans la grotte
de Gossanah. En pleine élection
présidentielle, la crise est
traitée sous pression. L'assaut
militaire, le 5 mai 1988 à la
veille du second tour, vire au
carnage. Kassovitz s'est appuyé
sur le livre La Morale et
l'Action de Philippe Legorjus,
alors patron du GIGN, que le
réalisateur incarne à l'écran,
et dont les tentatives de
médiation avaient échoué.
Le réalisateur a aussi passé
plusieurs années à discuter et à
rencontrer les habitants de
Gossanah, mais il avait dû
renoncer à tourner sur place où
des réticences subsistaient.
L'équipe avait mis le cap sur la
Polynésie française, dont l'aide
financière au projet avait
soulevé la colère du sénateur
calédonien, Pierre Frogier (UMP).
"Pressions politiques"
Originaire de Gossanah et acteur
du film, Macky Wéa affirme que
"des pressions politiques" ont
conduit à cette censure. "Je
suis furieux, mais je m'y
attendais. On parle de destin
commun mais on refuse de
regarder notre histoire
commune", s'est-il insurgé,
assurant que "le film sera
diffusé dans tout le pays", par
d'autres vecteurs.
Sur les réseaux sociaux, les
réactions des internautes ont
plu pour dénoncer "la censure,
la dictature et le scandale" de
cet ostracisme cinématographie.
Figure historique du combat
indépendantiste, Paul Néaoutyine,
président de la province nord,
s'est indigné de cette décision
"incompréhensible voire
scandaleuse", jugeant les
Calédoniens "assez mûrs pour
s'approprier leur propre
histoire".
Si beaucoup pensent que les
pressions ont surtout émané de
la droite anti-indépendantiste,
L'Ordre et la Morale soulève
aussi la controverse dans les
rangs du FLNKS, dont le rôle
dans le drame d'Ouvéa serait mis
cause. "C'est une décision sage
de la famille Hickson", a ainsi
déclaré Roch Wamytan, président
indépendantiste du Congrès : "Le
film, a-t-il dit, n'arrête pas
de dire que le FLNKS est
responsable de l'assaut à Ouvéa,
c'est faux. A l'époque, il n'y
avait plus aucun contact entre
le FLNKS et Alphonse Dianou (le
chef du commando kanak)."
Claudine Wéry
Article paru dans l'édition du
24.10.11 Le Monde
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La politique, cet obscur
objet du désir
"L'Exercice de l'Etat" et
"Les Marches du pouvoir" : la politique, cet
obscur objet du désir

Nous aussi, dans les salles de cinéma, nous
avons notre primaire. Elle oppose Olivier
Gourmet et Michel Blanc à George Clooney et
Ryan Gosling. Cette compétition
franco-américaine, organisée par le hasard
du calendrier des sorties, somme de choisir
son film politique à la porte du multiplexe.
D'un côté, L'Exercice de l'Etat, oeuvre
complexe qui parle d'une vie quotidienne
plus mystérieuse que celle des créatures qui
peuplent les fosses marines : celle des
hommes au pouvoir en France. De l'autre, Les
Marches du pouvoir, qui revient avec un brio
un peu superficiel sur un rituel aussi connu
que le repas des lions : le processus de
nomination d'un candidat à la présidence des
Etats-Unis. On encouragera le
spectateur-électeur à ne pas se laisser
aveugler par l'éclat des étoiles, mais à se
décider sur le fond. A donner donc la
priorité à L'Exercice de l'Etat, film
intelligent, neuf, provocant.
A quoi rêvent les hommes de pouvoir ? A leur
bureau, peuplé d'huissiers encagoulés, d'une
femme nue et d'un crocodile, nous dit la
première séquence du film. C'est le premier
coup de maître de ce film magistral que
d'établir d'un seul coup la dimension
fantasmatique et érotique du pouvoir. Pierre
Schoeller n'y reviendra pas, mais ce trouble
sensuel vibre tout au long du film. Le désir
bouillonne dans les antichambres du pouvoir
comme dans les chambres à coucher.
Lire la suite |
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On sait que les petits échassiers qui nous gouvernent sont
affublés d’appétits énormes,
disproportionnés et qui les
corrompent, et que pour
arriver au faîte de leurs
ambitions il leur a fallu
tuer à vue d’oeil : tuer
symboliquement (dans le
meilleur des cas) leurs
concurrents, tuer ceux qui
se mettaient en travers de
leur route, tuer ou laisser
tuer ceux dont la mort
servirait leurs intérêts. La
saloperie règne et a
toujours régné, néanmoins on
voudrait toujours se flatter
que le cynisme soit plus
prévalent et plus brutal «
ailleurs » ; la tristesse
est immense devant la mort
salope et superflue d’être
humains ; et la honte
lorsque ce sont ceux qui
officiellement nous
représentent qui l’ont
décidée.
« 21 cadavres pour une ambition présidentielle », c’est-à-dire pour la
satisfaction d’un ego
boursouflé, tel pourrait
donc être le sous-titre du
dernier film de Mathieu
Kassovitz, consacré aux dix
jours qui ont mené au
déplorable assaut de la
grotte d’Ouvéa, en
Nouvelle-Calédonie, entre
les deux tours de l’élection
présidentielle de 1988. Je
ne rappellerai que
succinctement les
événements, tant ils sont
connus et facilement
accessibles : une occupation
de gendarmerie, organisée
par des indépendantistes
kanaks sur la petite île
d’Ouvéa, tourne mal et
aboutit à la mort de quatre
gendarmes ; les
indépendantistes se
retranchent alors dans une
grotte de la forêt, avec le
reste des gendarmes emportés
comme otage ; leurs
revendications sont sans
doute impossibles à
satisfaire, cependant des
négociations semblent
progresser, lorsque Chirac
pour en finir avant le
deuxième tour et agrémenter
sa candidature d’une image
d’homme fort (propre à
plaire aux électeurs du FN)
commande à des forces
militaires importantes de
donner l’assaut (l’ordre est
contresigné par le président
Mitterrand) ; dix-neuf
indépendantistes perdront la
vie, ainsi que deux otages,
atteint par des « tirs amis
».
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Soutien
aux
cinéastes
iraniens
emprisonnés

Les
dernières
informations
en provenance
d’Iran sont
très
alarmantes,
elles
concernent la
situation des
cinq
cinéastes
iraniens
emprisonnés
depuis le 18
septembre.
Rappelons
leurs noms :
Mojtaba
MIRTAHMASB,
Nasser
SAFFARIAN,
Hadi AFARIDEH,
Mohsen
SHAHRNAZDAR,
Marzieh
VAFAMEHR, tous
réalisateurs,
ainsi que
Katayoun
SHAHABI,
productrice de
films.
Les
médias
gouvernementaux,
les
délégués
du
Sénat
de
Téhéran,
le ministre de
l’Information,
celui de la
Police
secrète,
le ministre de
la Culture, le
directeur
général
du
ministère
de la Culture,
trois
réalisateurs
islamiques
proches du
régime,
douze
associations
d’étudiants
islamiques, le
site du
gouvernement
et les
télévisions,
ont
accusé
les 6
réalisateurs
arrêtés
en les
traitant
d’espions,
annonçant
que
l’espionnage
en Iran
était
passible de
longues peines
de prison. Les
familles des
réalisateurs
emprisonnés
ont appris
qu’elles
n’avaient pas
le droit de
rendre visite
à leur
proche.
Le
gouvernement
iranien a
également
arrêté
le
caméraman,
Touraj ASLANI,
alors qu’il se
trouvait dans
un avion en
partance pour
la Turquie.
La Maison du
Cinéma
en Iran avait
lancé
un appel pour
la
défense
et la
libération
des
cinéastes
emprisonnés.
Les
médias
gouvernementaux
ont
annoncé
que la Maison
du
Cinéma
en Iran
n’aurait
désormais
plus de
reconnaissance
officielle,
accusée
d’être
un parti
politique en
contact avec
l’étranger.
Selon nos
informations,
le
gouvernement
iranien a
l’intention de
museler tous
les organismes
et artistes
indépendants.
Le ministre de
l’Information
en Iran a
demandé
aux familles
des
réalisateurs
de s’en tenir
au silence, et
de ne pas
évoquer
la situation
des
cinéastes
emprisonnés.
Un grand
nombre
d’artistes
iraniens, en
France, en
Europe, au
Canada et aux
Etats-Unis,
viennent de
créer
le
Comité
de Soutien aux
Cinéastes
iraniens
Emprisonnés.
Contact du
Comité
de soutien :
cinemairan@ymail.com
Nous avons
besoin de
votre soutien
pour organiser
ensemble des
actions pour
la
défense
des
réalisateurs
iraniens
emprisonnés.
Signez la
pétition
sur
www.cinematheque.fr
ou
directement
ici :
Le Festival de
Cannes, La
Cinémathèque
française,
La SACD, La
SRF, France
Culture
Posté
dans
Cinéma
le 29.09.2011
par Serge
Toubiana
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 La
productrice
iranienne
Katayoun
Shahabi a
été
arrêtée
le 17
septembre
à
Téhéran,
ainsi que six
de ses
compatriotes
réalisateurs,
accusés
d’avoir
distribué
à la
BBC des images
«visant
à
donner une
image
négative
de
l’Iran».
Le
ministère
de
l’Intérieur
iranien ajoute
que les
«agents
iraniens»
de la BBC ont
«reçu
des dizaines
de milliers de
dollars pour
ce
travail».
On pourrait en
rire s’il ne
s’agissait
d’accusations
gravissimes.
Accusés
d’espionnage
à la
solde d’une
puissance
étrangère,
ces
cinéastes
sont
détenus
à la
prison d’Evin,
dans la
terrible
section 209,
dont beaucoup
ne sont jamais
ressortis.
Katayoun
Shahabi une
espionne,
traître
à sa
patrie ?
Ridicule,
fantaisiste,
profondément
injuste. Je
l’ai
rencontrée
en 2009
à
Téhéran,
à
l’occasion du
tournage d’un
documentaire
que j’ai
réalisé
avec son aide
pour Arte. Je
peux dire que
Katayoun
Shahabi n’est
pas une
employée
de la BBC ou
d’une quelque
autre
compagnie
étrangère.
Elle est PDG
de sa propre
société
de films,
officiellement
reconnue par
le
gouvernement.
Elle travaille
en plein jour,
ses
productions
sont
systématiquement
approuvées
par les
autorités.
Katayoun ne
vend pas
d’archives aux
pays
étrangers,
pour la simple
raison qu’elle
n’en a pas.
Lorsque l’on
fait un
documentaire
en Iran, on
achète
les images aux
organismes
officiels.
Tout passe par
l’Etat !
Même les
projets de
scénarios
et les
synopsis sont
soumis au
ministère
des Affaires
étrangères.
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 Josiane
Cueff,
entourée
de Steeve
Zébina
et de
Frédéric
Thaly
présentait
lundi 03
octobre pour
la saison
2011-2012 le
programme du
CMAC que l'on
peut par
ailleurs télécharger
ou voir
en
vidéo
sur
Madinin'Art.
On sent et on
devine plus
qu'on ne voit
la touche de
la nouvelle
directrice de
la
scène
nationale. Il
faut dire que
la
compétence
de
l'équipe
qui l'entoure
n'est plus a
démontrer,
d'autant plus
que celle-ci a
fonctionné,
sans capitaine
pendant de
longs mois et
qu'elle a de
ce fait
dû
conquérir
des espaces
d'autonomie
qu'il serait
mal venu de
vouloir lui
contester.
Même
s'il
s'agissait de
remonter face
au vent il
faudrait de
s'appuyer sur
ce vent. Ce
qui ne semble
pas être
de
circonstance
et c'est tant
mieux. Un
programme dans
l'air de la
maison, c'est
à dire
avec un air
musical
très
prononcé,
une touche de
danse, un
zeste de
théâtre
et quelques
grains de
épars
de
cinéma?
C'est à
propos du
cinéma
que quelques
remarques
viennent
à
l'esprit.
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"Case
départ", une comédie explosive
autour de l'esclavage

Dans cette comédie populaire aux
admirables vibrations
moliéresques, Ngijol et Eboué
sont deux demi-frères, l'un
noir, l'autre métis. Le grand
mince aux allures élégiaques,
avec un je-ne-sais-quoi de
vulnérable, c'est Ngijol. Il
incarne le chômeur Joël, un
Nique Ta Mère du 9-4, un
Trissotin zy-va de la
victimisation. Eboué joue Régis,
un conseiller municipal de
Normandie, prêt à toutes les
abjurations pour parvenir. Un
oncle Tom, selon la terminologie
américaine.
Victimes d'un sortilège, ils se
retrouvent en 1780 dans une
plantation de Martinique,
esclaves parmi les esclaves d'un
certain monsieur Jourdain.
Disons-le : cette very bad
grande vadrouille est une bombe
comique et cathartique. De quoi
purger les vices et les
ridicules des Français. De quoi
châtier par le rire les grands
haineux comme Dieudonné et les
grands effarés comme
Finkielkraut, les racistes
béants et les antiracistes
béats, les sadiques de
l'identité nationale et les
masochistes de la repentance.
Universels, hexagonaux, Eboué et
Ngijol ressuscitent De Funès et
Bourvil, dans une version
mazoutée de notre grand récit
national.
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"Balada
triste de trompeta": les
clowns cruels de Franco
 PARIS -
Avec "Balada triste"
(sortie mercredi), fresque burlesque
teintée d'horreur, le réalisateur
espagnol Alex de la Iglesia
tente de purger par la parodie
le douloureux passé franquiste
de son pays qui, selon lui,
"conditionne encore son
présent".
Cette "Ballade triste"
- et déjantée - confronte deux
clowns défigurés et pathétiques
(Carlos Areces et Antonio de
la Torre) d'un cirque ambulant,
en lutte à mort pour les beaux
yeux d'une acrobate (Carolina
Bang) dans un pays marqué au
fer par la dictature du général
Franco.
Aux premières images, en 1937,
le père du clown triste est
enrôlé de force, sur fond de
bombardement, pour commettre
un massacre à la machette contre
la Garde civile. A la fin du
film, en 1973, son fils (Carlos
Areces), à qui il a enseigné
que seule la vengeance vaut
la peine d'être vécue, mord
comme un chien la main de Franco.
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Tout sur sa mère
Eva Ionesco se livre sur son
enfance qui fut abusée "au nom
de l'art".
My Little Princess
Isabelle
Huppert en mère fantasque et
abusive. (Sophie Dulac
Distribution)
 Autobiographique, My Little Princess est à
l’image de son auteure : sur le
fil d’une enfance à la fois
prodigieuse et pathétique,
excentrique et cruelle. Avec
courage, Eva Ionesco a réussi
son pari de délivrer ce marasme
dans son premier long métrage,
une fiction convaincante et
tantôt drôle. L’histoire n’en
reste pas moins terriblement
bourbeuse, douloureuse et
accusatrice envers sa mère, la
photographe Irina Ionesco, ici
interprétée dans un mélange
d’exaltation, de grotesque et
d’égotisme assumé par Isabelle
Huppert. Passionnée par les
contes féeriques et les vieux
films hollywoodiens, Eva Ionesco
a su, malgré la lourdeur de son
sujet – art et pédopornographie
–, témoigner de situations
limites sans pour autant verser
dans le spectacle choc ou dans
la morale bon marché. "Je ne
voulais surtout pas tomber dans
le psychodrame réaliste ni dans
la pornographie des sentiments",
prévient d’emblée la cinéaste.
Il n’empêche. Sa mère? "Une
cinglée. Je l’ai toujours connue
ne parlant que d’elle, se
comportant comme une enfant qui
ne supporte ni contradiction ni
dialogue. Je ne veux plus la
voir et je me fiche de savoir ce
qu’elle pense du film. Elle est
folle!" Loin d’être apaisé par
ce film, le conflit entre les
deux femmes "se finira au pénal
s’il le faut", ajoute-t-elle.
"La police a récemment saisi et
placé sous scellé 50 planches de
négatifs qu’elle refuse de me
restituer et qu’elle s’obstine à
vendre en Asie".
Le clash survient avec la
puberté
Née d’un père qu’elle n’a
quasiment pas connu, Eva porte
le nom fleuri de sa mère,
Ionesco, photographe
érotico-baroque en pleine
ascension au fur et à mesure
qu’elle grandit. On est alors en
pleines années 1970, "cette
belle époque où l’on parlait
d’aimer sans tabou", dit Eva
tout en levant ses beaux yeux
gris vert au ciel, lumineux mais
las. "La démarche amusait les
intellectuels, beaucoup de
garçons étaient concernés
aussi…" Elle n’a pas encore 5
ans lorsqu’Irina, fantasque et
dévorée par ses visions
d’artiste en devenir, la fait
poser nue pour elle. Les
postures sollicitées sont
toujours celles de séductrice
patentée, voire de vamp et
affublée de couronnes, fleurs et
déguisements en dentelles. "Au
début, c’était un jeu, plutôt
amusant, et puis c’est devenu
plus intello, plus lourd, et ce
jusqu’à la névrose absolue".
Les séances se répètent dans le
sombre appartement d’Irina,
encombré de miroirs, de poupées,
de phallus, situé juste en face
du cimetière de Vincennes. Eva
n’y dort qu’à l’occasion, dans
l’entrée. Le reste du temps,
elle vit dans un studio avec sa
grand-mère roumaine et dévote. À
10 ans, elle est "le petit
minou" rêvé de sa mère, rompue
aux tenues les plus audacieuses,
armée de talons et maquillages
insensés aussi bien à l’école
que dans les vernissages. Elle
est terriblement seule aussi,
exhibée nue en couverture de
magazines allemands grand
public, et même "vendue" à
d’autres, photographes (Jacques
Bourboulon) ou réalisateurs
d’obscures fantaisies érotiques.
"Ma mère était une sorte de
Marlene Dietrich de HLM,
terriblement snob. Avec elle,
tous les autres étaient des
ploucs". Le clash survient avec
la puberté. Placée de 13 à 16
ans, Eva Ionesco estime
aujourd’hui avoir été sauvée par
la décision de la Ddass. "Sans
cela, je serais passée de
l’autre côté". Son seul asile
devient le Palace, la boîte de
nuit emblématique du Paris
branché des années 1980, dont
elle deviendra la plus jeune
égérie et qui sera l’objet de
son deuxième long métrage.
My Little Princess ** d’Eva
Ionesco, avec Isabelle Huppert,
Anamaria Vartolomei, Georgetta
Leahu. 1h45.
Paru dans leJDD 26/06/11 |
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 À
en juger par
trois films
qui firent
partie de la
sélection
officielle
lors du
dernier
festival de
Cannes et qui
ont
reçu un
accueil
très
favorable de
la critique,
le culte du
baroque – que
l’on peut
nommer
« baroquisme »
– se
révèle
aujourd’hui
très
« tendance ».
Le baroque tel
que nous
l’entendons se
caractérise
par
l’exagération
de la forme au
détriment
du fond,
l’accumulation
de
boursouflures
inutiles, la
perte du sens
ou alors sa
réduction
à
l’affirmation
d’une opulence
désordonnée.
Les grands
retables des
églises
baroques –
celui de la
cathédrale
de
Séville
est un exemple
particulièrement
frappant –
illustrent
bien ce
propos :
il y a tant de
figures
sculptées
couvertes d’or
que l’œil
renonce
à les
distinguer ;
le visiteur
ébahi
gardera
seulement
l’impression
que l’Espagne
dut être
bien riche
pour
décorer
ainsi ses
églises.
Une chapelle
romane, une
cathédrale
gothique
véhiculent
un tout autre
message :
la
pureté
des lignes,
l’ascension
des
flèches
vers le ciel
sont autant de
témoignages
de la foi des
bâtisseurs
et de la
ferveur de
tout un
peuple.
Lire
la suite
|
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Le court, c'est bien
avec notre sélection ciné
Mafrouza

Divisé en cinq parties thématiques, ce
documentaire égyptien de douze heures
s'inscrit dans la lignée du travail de Pedro
Costa dans la communauté cap-verdienne de
Fontainhas (Ossos, 1997 ; Dans la chambre de
Vanda, 2000 ; En avant jeunesse !, 2006), ou
de celui de Wang Bing à l'intérieur de
l'immense complexe industriel dont il a
filmé le démantèlement dans A l'ouest des
Rails. Tourné pendant deux ans par la
française Emmanuelle Demoris dans le
quartier de Mafrouza, à Alexandrie, ce film
monstre est une expérience cinématographique
hors norme. Alors que ce quartier de
bidonvilles a fini par être détruit, le film
est tout ce qu'il en reste : un tombeau
poétique, une prophétie politique, un film
d'amour. La vraie légende des parias de
notre temps.
Film documentaire français d'Emmanuelle
Demoris. (11 h 41)
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Antagonismes culturels
irréductibles
par Roland
Sabra
« La barra » est l’œuvre d'un tout jeune
réalisateur colombien Oscar Ruiz Navia qui
s'interroge sur les rapports entre l'ici et
l'ailleurs, le dedans et le dehors, le monde
du même et celui de l'étranger. « La Barra »
est le nom d'un village colombien perdu dans
le trou du cul du diable, coincé entre mer
et forêt, et peuplé de pécheurs
afro-colombiens, descendants d'esclaves pour
la plupart, qui vivent dans un grand
dénuement la répétition à l'identique des
jours qui passent semblables aux jours
passés et tout aussi semblables aux jours
qui viennent. Des éléments exogènes
perturbent la vie du village. D'abord il y a
la raréfaction des poissons qui obligent
désormais les pécheurs à partir en mer pour
une à deux semaines. La disparition de la
ressource halieutique ne résulte pas, on le
devine, des techniques employées par les
villageois mais de l'industrialisation de
l'activité. Ensuite il y a avec l'arrivée de
l'électricité dans le village un
propriétaire d’hôtel, qui voudrait
développer son entreprise en faisant venir
des touristes, en privatisant une partie de
la plage et remettre en cause l'usage commun
et public qui en est fait. Enfin arrive dans
le village, venu d'on ne sait où, un
étranger, Daniel, avec un maigre pécule et
qui cherche un bateau pour repartir.
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Grizzly Man, Werner
Herzog
par Simon Tirant

Ce film est un documentaire sur l’américain
Timothy Treadwell, de son vrai nom Timothy
Dexter, qui, comme chaque homme, avait une
passion : passer des étés entiers en pleine
nature, au beau milieu des grizzlis et se
filmer dans le but de protéger ceux-ci et de
sensibiliser les gens à la nécessité de leur
protection.
Autant dire que cette marotte n’est pas
banale et plutôt dangereuse. D’ailleurs ces
parties de camping causeront la mort du
jeune homme, ainsi que de sa petite amie, en
2003, après 13 étés passés au milieu de ses
amis velus. On peut donc dire que l’on
retrouve ici une des constantes du cinéma de
Werner Herzog : la nature.
En effet, après avoir capturé les paysages
de la jungle amazonienne dans Aguirre ou la
colère de Dieu en 1972, dans Fitzcarraldo en
1982 ou encore dans Le Diamant blanc en
2003, il nous montre ici les plaines
sauvages de l’Alaska à travers les images de
Timothy Treadwell.
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Brésiliens au bord de la crise de nerfs
Le Diable à quatre
réalisé par Alice de Andrade
 La
réalisatrice brésilienne Alice de Andrade a été l’assistante de John Boorman,
André Techiné, Pascal Bonitzer... Le moins que l’on puisse dire en voyant Le
Diable à quatre, son premier long métrage, est qu’elle n’a pas retenu
grand-chose de ces expériences. Chronique haute en couleurs de la jeunesse
désœuvrée de Rio de Janeiro, le film se perd dans de multiples références (à
Almodóvar, aux télénovelas brésiliennes) sans jamais parvenir à se constituer
une identité propre.
En 2002, Fernando Meirelles offrait un tableau étourdissant, âpre et violent de
la jeunesse brésilienne avec La Cité de Dieu, coup de poing à la forme clipesque
et au contenu décapant qui a laissé nombre de spectateurs sur le carreau. Sans
être le chef-d’œuvre décrit par ses admirateurs, La Cité de Dieu avait le mérite
de donner une bonne claque à ceux qui préféraient ne retenir du Brésil que les
images de carte postale associées au carnaval de Rio.
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|
"We Want Sex Equality" :
rouge gauchiste
et
rose bonbon
par Thomas Sotinel
 On a rarement l'occasion d'employer les termes "
trotskiste " et " mièvre " dans la même phrase, alors, profitons-en. Inspiré de
la grève que les ouvrières d'une usine anglaise de Ford menèrent en 1968, We
Want Sex Equality mène une charge impitoyable contre la bureaucratie syndicale
et le grand capital (on croirait alors que le film a été écrit par un militant
du très trotskiste Socialist Workers Party) tout en déchaînant des torrents
lacrymaux dès que les prolétaires quittent leur poste de combat pour leur foyer,
où la vie est aussi mièvre qu'un livre de Barbara Cartland.
Nigel Cole, le réalisateur de cette bluette aux reflets rouges, avait déjà
témoigné de son attachement à la cause des femmes avec Calendar Girls, également
inspiré de faits réels (une poignée de dames patronnesses posaient dans le plus
simple appareil pour une bonne cause). Cette fois l'inspiration surgit du fond
des âges - 1968, donc. Cet été-là, les ouvrières de l'atelier de sellerie de
Dagenham, d'où sortaient les Cortina qui transportaient l'Angleterre de Harold
Wilson, se mirent en grève pour demander non seulement une augmentation de
salaire, mais la parité de traitement avec les hommes.
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« Miente » ou la vérité de la
création
par Roland Sabra
 Art
et transgression, telle semble être la thématique développée dans le
film « Miente » qu'un jeune réalisateur Porto-ricain, Rafi
Mercado est venu présenter au CMAC le 09 juin 2011. Voyons l'histoire
qui est une libre adaptation d'un roman de Javier Avila, «
Different », avec une scénario écrit par José Ignacio Valenzuela.
Un jeune boutiquier d'un magasin vidéo Henry ( Oscar Guerrero) mène la
nuit dans on appartement une vie secrète, tournée vers lui-même.
Introverti, il dessine et il peint comme pour donner figure à ses
fantasmes. Un repli sur soi qu'illustre l'ouverture du film, à savoir
une séance de masturbation sous la douche. Très vite on le voit partir
dans des rêvasseries suggérées par son dessin d'une femme au corps
entièrement tatoué. A partir de là le réalisateur nous engage dans une
étrange dérive entre délire et réalité. En effet Henry ne tarde pas à
rencontrer dans son magasin une belle cliente pas mal déjantée, Paula (
Mariana Santangelo) au corps tatoué comme par hasard et dont il
s'empressera de peindre tout l'épiderme comme une réplique, un double
vivant de son dessin. Un troisième personnage intervient lors d'une
agression urbaine sous la forme d'un bandit de rue, Diff, raccourci de
Different, (rôle tenu par Frank Perozo). Paula et Diff ont pour
fonction dans le film de déstabiliser Henry, l'une en lui racontant ses
amoures antérieures et notamment lesbiennes, et l'autre en l’entrainant
dans coups de plus en plus tordus mais toujours en dehors de la
légalité.
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Résumé des Sixièmes Rencontres
Cinémas de Martinique

Semaine 1.
Ces sixièmes rencontres cinémas de
Martinique sont bien étranges. A côté du
meilleur se fourvoie certains soirs le moins
bon ou très exactement des œuvres, car ce
sont tout de même des œuvres, qui auraient
sans doute plus leur place dans d'autres
cadres que ces Rencontres Cinémas, qui ont
une importance d'autant plus grande pour le
spectateur de Martinique qu'il n'est pas si
fréquent de pouvoir assister à ce qui se
présente implicitement comme un Festival.
S'il est vrai que sur le continent ces dits
festivals de cinéma présentent une
incroyable diversité ou l' excellence côtoie
l'exécrable, leur nombre, leur fréquence
fait vite oublier ce que l'on n'aurait pas
dû voir pour ne retenir que le meilleur. La
rareté de tels évènements en Martinique
devrait inciter à une plus grande rigueur
dans le menu proposé.
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Deux films primés à Cannes
en 2011.
Par Selim Lander.

Deux films qui prennent pour
sujet principal l’enfance ou la prime
adolescence, son mal-être, sa révolte ont été
récompensés à Cannes cette année par une palme
d’or et un prix spécial du jury. Sans doute
faut-il y voir autre chose qu’un hasard. Les
enfants et les adolescents se montrent au cinéma
des acteurs d’un naturel surprenant. Mais là
n’est pas l’unique raison pour laquelle ils
fascinent tant les spectateurs adultes. Aussi
différents soient-ils, à bien des égards, de ce
que nous fûmes au même âge, ils font montre
d’une sincérité, d’une pureté, ou d’une
fraîcheur de caractère (comme on voudra) dont
nous n’étions pas conscients dans nos jeunes
années et qui nous émeuvent depuis que nous les
avons perdues.
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Ninety Perrinon Street
Un
documentaire de
Laurent Cadoux
par Roland
Sabra
 Vous êtes sans doute
déjà passés devant le 90 de la rue Perrinon sans peut-être avoir
remarquer cette maison en bois à la fois studio d'enregistrement, lieu
de rencontres et d'échanges musicaux. Laurent Cadoux dans son troisième
opus sur les quartiers de Fort-de-France, après les Trenelle-Citron et
Terre-Sainville s'attarde dans ce lieu de création artistique. Le film
qu'il nous propose relève d'une commande de la ville qui voudrait
présenter ses quartiers. Comment filmer le centre ville? A-t-il une
unité qui puisse être filmée et faire l'objet d'une narration? Laurent
Cadoux est tombé un peu par hasard sur la maison qui donne son titre au
documentaire.
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"L'eau,
c'est la vie"
et le cinéma
alors?
par Roland Sabra

Iciar Bollain, actrice, scénariste et réalisatrice espagnole, connue
jusqu'alors pour des films plutôt intimistes, comme «Ne dis rien» qui
dénonce les violences conjugales, est une admiratrice de Ken Loach à
qui elle a consacré un livre en 1996. Cette admiration va jusqu'à lui
emprunté, pour son dernier film, « Même la pluie», son scénariste
préféré, Paul Laverty, engagé par ailleurs dans les causes humanitaires
en Amérique centrale. Du film intimiste au ciné social le lien est
moins ténu qu'il n'y paraît. «Ne dis rien» reposait sur un solide
travail d'enquête sociologique qui soulignait que la dépendance
économique des femmes ne suffisait pas à expliquer l'existence de
relations violentes. C'est ce refus d'un simplisme construit à partir
de fausses évidences que l'on retrouve dans «Même la pluie». Le
scénario est une mise en abyme pirandellienne qui prend la forme de la
réalisation d'un film dans le film. Il ne s'agit pas tant de faire un
film sur le cinéma, à la façon de Godard dans «Le mépris» ou de
Trufaut dans «La nuit américaine», encore que d'évoquer la
question de l'engagement. Qu'est-il préférable? Faire œuvre d'art et
laisser une trace pour l'avenir ou se colleter au réel et tenter de
transformer la réalité présente? Engagement artistique ou engagement
politique? Inclusion transitive peut-être?
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Cinéma du passé, cinéma dépassé ?
Par
Selim Lander.
 En dehors du film de Bansky, qui traite du
présent le plus « contemporain » qui soit (voir
notre compte-rendu précédent), les films
projetés ce mois de mai au CMAC étaient tous
tournés vers le passé : L’émouvant Incendies,
bien sûr, enquête sur une Libanaise condamnée à
revivre le destin tragique de la Jocaste du
mythe œdipien, mais également The Hunter
qui, bien que racontant une histoire qui se
passe dans l’Iran d’aujourd’hui, nous plonge
dans une atmosphère sombre et lourde qu’on
aurait pu croire dissipée depuis l’effondrement
des régimes de l’Europe de l’Est (voir les
comptes-rendus de Roland Sabra). Les deux films
restants se rattachent encore plus directement
au passé. Cabeza de Vaca, tourné en 1990
au Mexique, qui raconte l’aventure d’un
conquistador devenu esclave des Indiens après le
naufrage de son bateau près des côtes de
Floride, comme Le Petit Fugitif, tourné
en 1953, qui met en scène un petit garçon de
sept ans qui s’échappe à Coney Island, le parc
d’attraction de New-York,… en 1953.
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Ce que théâtre
suggère un certain cinéma le montre,
mais il en est d'autres...
par Roland Sabra
 Steeve Zébina du CMAC nous a proposé
dernièrement « Incendies », un film de Denis
Villeneuve d'après la pièce de théâtre
époustouflante de Wajdi Mouawad créée en 2004 et
jouée dans le monde entier. Incendies, c’est
l’histoire de jumeaux (un frère et une sœur,
Simon et Jeanne Marwan) qui, à la mort de leur
mère, Nawal, apprennent que leur père, qu’ils
n’ont pas connu, est vivant et qu’ils ont un
frère dont ils ignoraient l’existence. Dans son
testament la mère demande aux jumeaux de les
retrouver pour leur remettre à chacun une lettre
Simon refuse cette tâche et Jeanne part seule
pour un pays, qui n'est jamais nommé, mais dont
l'histoire ressemble à celle du Liban de ces
trente dernières années. La force de Wadji
Mouawad est de faire d'un roman familial une
œuvre allégorique qui renoue avec les tragédies
antiques. Meurtres, viols, infanticides,
incestes décollent du fait divers pour poser le
problème de la nécessaire canalisation de la
violence primordiale comme fondement du lien
social. L'enquête que mène Jeanne dévoile
l'enquête qu'à menée Nawal sa propre mère pour
retrouver le frère ainé. Dédoublements, aller et
retour temporels participent à l'intensité
dramatique du récit.
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Les jeudis de Madiana le
26/05/11
"La Conquête" :
Nicolas Sarkozy pour les nuls
"Les hommes politiques sont de vraies bêtes
sexuelles", assène le personnage de Nicolas Sarkozy
dans "La Conquête", déclenchant les applaudissements
en pleine affaire DSK lors de la première projection
cannoise du film. (c) Afp
 Le secret orchestré par le réalisateur Xavier
Durringer semble inapproprié à la vue de son film,
une comédie sympathique qui humanise le chef de
l'Etat. Par Olivier Bonnard, Bernard Achour et Lucie
Calet.
Xavier Durringer, le réalisateur de "La Conquête",
avait tenu à garder son film secret avant sa
projection à Cannes, mercredi 18 mai. Le film
raconte le parcours de Nicolas Sarkozy entre 2002 et
2007. Le premier film sur un président en exercice
en France. Mais plutôt que d'ouvrir une polémique,
l'oeuvre de Xavier Durringer dresse un portrait
humain du chef de l'Etat.
"La Conquête" à Cannes par Nouvelobs
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"Kreol"
Une soirée Bizounours sous le
signe du patronage
Un film de Frédérique Menant avec Mario
Mucio
 Le film documentaire de Frédérique Menant
était présenté en avant-première mardi 24
mai dans la salle Frantz Fanon du CMAC.
Pourquoi fallait-il le présenter en
avant-première ? Et bien même après avoir vu
le film nous n'en savons toujours rien.
C'est Gérard GUILLAUME, le directeur
d'antenne de Martinique 1ère qui invitait et
qui officiait aux commandes de la soirée. Il
a d'abord tenu a présenter ses gentils amis
présents parmi les spectateurs, une petite
partie de sa gentille famille, son gentil
tailleur, celui qui lui coupe ses chemises
indiennes, peut-être dans l'espoir d'une
prochaine remise, sait-on jamais ? Il nous a
gentiment fait grâce de la présentation de
son gentil chien ou chat. Il nous a annoncé,
entre deux aphorismes tout aussi gentils, le
programme : présentation, c'était fait,
projection, discussion , restauration,
digestion et peut-être réflexion. Puis vint
le documentaire. Mario Lucio romancier,
essayiste cap-verdien converti à la chanson
depuis 2004 et tout récemment promu Ministre
de la Culture de son pays, est filmé au
cours l'enregistrement de son dernier album
Kreol.
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Regards sur le cinéma
mexicain.
Par Selim Lander.

Les Mexicains font un cinéma très typé. Ils
aiment mêler du fantastique à leurs films.
Ils adorent également mettre en scène des
enfants dans des histoires de famille
sombres ou drôles. Cinq des films projetés
lors de la session Regard sur le Mexique du
CMAC tournaient, à des degrés divers, autour
de la relation d’un père à ses enfants.
Abel, premier film d’un jeune cinéaste,
Diego Luna, nous a paru le plus attachant.
Abel est le premier fils et second de sa
fratrie, il a neuf ans, est autiste et
totalement mutique pendant les premières
séquences, jusqu’à ce qu’il se décide, un
beau jour, à rompre le silence et même à
prendre la place du père, parti conter
fleurette ailleurs. Comme le psychisme
d’Abel est, à l’évidence, très fragile,
toute la famille – mère, fille et frère
cadet – accepte de jouer le jeu. Jusqu’au
retour du vrai père qui n’est pas sans poser
les problèmes qu’on imagine. Le moment où le
petit garçon de neuf ans se met à assumer le
rôle du père est très drôle, même si l’on
est prévenu. La suite l’est moins. Mais il
reste une atmosphère onirique, dans une
étrange maison située au bout de nulle part,
au fin fond d’un quartier inachevé. Abel est
un conte prenant, où la magie enfantine
fonctionne bien, même s’il a du mal à finir.
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Histoires d’art : Exit through the gift shop (Faites le mur!),
un film de Banksy (2010).
Banksy – Bethléem
 La session cinéma de mai a démarré très fort au CMAC avec le film décapant de Banksy, célébrissime street artist qui a pourtant réussi à préserver le mystère sur son identité véritable. Son film est à son image. Si Banksy est bien présent (en personne – évidemment floutée – et à travers son œuvre), Faites le mur! s’organise autour d’un autre artiste contemporain, Mr. Brainwash, qui demeure également une énigme, même si son identité, dans ce cas, est parfaitement connue (Thierry Guetta, un Français installé à Los Angeles). Le film est simultanément et contradictoirement la glorification des street artists authentiques et la dénonciation du n’importe quoi dans l’art contemporain. Parmi les artistes authentiques qui sont montrés dans le film, on signalera par exemple le mosaïste Space Invader (un autre Français) qui scelle sur les murs des villes du monde entier des figures inspirées au départ du jeu vidéo du même nom.
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par Boustoune
 Quand on sort de la projection de Faites le mur ! premier long-métrage d’un street-artist (1) connu sous le pseudonyme de Banksy, on reste un peu perplexe, interloqué, partagé entre l’impression d’avoir été victime d’une mauvaise blague et celle d’avoir assisté à une mystification de génie. On a déjà du mal à définir l’objet cinématographique qui nous a été proposé. S’il se revendique documentaire, le film ressemble plutôt à gigantesque canular…
Commençons par le commencement. Au début de cette aventure, il y a un français nommé Thierry Guetta. Le bonhomme, un brin fantasque, a quitté l’hexagone pour s‘installer à Los Angeles. Là-bas, il a tenu brièvement une boutique de fringues avant de s’improviser vidéaste. Son cousin, Invader (2) lui a fait découvrir le monde du street art et les expéditions nocturnes risquées pour tenter de poser les “oeuvres” des artistes sur des monuments ou des murs interdits au public et peu faciles d’accès. Guetta a été subjugué. Il a alors commencé à filmer les artistes, enregistrant leurs différentes prouesses, imprimant sur bandes-vidéos la création de ces oeuvres longtemps assimilées à du vandalisme pur et dur avant de devenir les porte-drapeaux de l’art contemporain. Tout cela sans but réel, juste pour le plaisir de prendre part à ce mouvement culturel contestataire. Il s’est ainsi lié d’amitié avec des artistes aujourd’hui réputés comme Frank Shepard Fairey (la campagne “Obey Giant” et le portrait warholien de Barack Obama “Hope”) ou Banksy, son idole, son mentor.
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Steeve Zebina
renouvelle
avec bonheur la programmation du CMAC
par
Roland Sabra
 Un souffle d'air frais dans la programmation martiniquaise
tel est le résultat du travail
du nouveau Monsieur Cinéma du
CMAC, Steeve Zébina. Depuis sa
prise de fonction l'an dernier Steeve
Zébina nous propose des films
emprunts de modernité et qui
ressemblent à des coups de cœur.
Après"Regards sur le Mexique"
(lire le compte rendu de Selim Lander)
voici "Regards sur..." La question reste
entière car de "Dans ses yeux"
à "Another Year" en passant par
"Notre étrangère" et "Women
are heroes" on cherche en vain la ligne
directrice, mais peut-être n'avons
nous pas tout compris, ni tout vu. Le
seul reproche que l'on puisse faire
à Steeve Zébina, c'est
peut-être ne nous offrir des films
qui relèvent d'une logique amoureuse
car comme chacun sait le cœur a des
raisons que la raison n'a pas. Tant
pis ou tant mieux, tant que ses
goûts font échos aux nôtres, nous
voulons dire à ceux du public
ce qui semble le cas, car il y a bien
longtemps que la salle Frantz Fanon
n'a été aussi remplie
pour des séances de cinéma.
De sa dernière livrée
nous avons retenu "Antoher year"
de Mike Leigh et "Dans ses yeux" de
Juan José Campanella".
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Le malheur des yeux.
par TAIRIC Alice
 Dans le cadre d’un festival dédié aux talents émergents
sur lequel a soufflé un vent de poésie et de
création, que ne fut pas ma surprise
de découvrir un film détonnant,
lors de la deuxième partie de
la cérémonie de clôture
du festival prix de court 2011.
Cette soirée a donc servi de
tremplin au lancement de la diffusion
Martiniquaise à Madiana d’un
long métrage réalisé
par Mariette Montpierre, récompensée
? par le circuit à cette occasion
par une étoile d’or .
Avant même les photos officielles
du palmarès , alors que les acras
refroidissaient dans les plats, le public
de professionnels et d’amateurs a dû
subir pendant 1h19 un parfait contre-exemple
de ce que pourraient développer
en long métrage les lauréats
et aspirants de ce festival.
Ce film pourrait se définir comme
la rencontre sur une île artificielle
d’une télénovela des années
80 et d’un clip vidéo à
l’aide des pages du catalogue de La
Redoute.
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"Noire Ode"
de
Patrice Le Namouric remporte le grand
prix
par Roland Sabra
Le Trophée dessiné
par l'artiste Julie Bessard
Le comédien, et donc réalisateur Patrice
Le Namouric ? a remporté la
compétition de la deuxième édition du Festival "Prix
de court" avec un film de huit minutes
vingt-six secondes. L'action se déroule
dans un futur éloigné,
en 2171. Madinina devenue capitale de
l'Empire Karaib concentre le pouvoir
médical, notamment en ce qui
concerne la reproduction. une jeune
femme, Madame Cordy, interprétée
par Daniely Francisque, s'adresse a
un médecin ( Patrice Le Namouric
pour guérir d'une "maladie" de
peau sexuellement transmissible : elle
a la peau noire! On ne se sépare
pas d'une obsession encore vivace. Entre
négritude et "black is beautiful"
perdure en 2171, du moins c'est l'hypothèse
du film la folie du blanchiment de la
peau. Madame Cordy veut un enfant blanc.
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Enfance au
cinéma.
En février au CMAC.
par Selim Lander
Le cinéma en Martinique
se résume pour l’essentiel aux films (atrocement) commerciaux présentés
dans le complexe de Madiana, avec un succès d’audience qui en dit long
sur la culture cinématographique moyenne de nos concitoyens. De temps
en temps, heureusement, pour le soulagement des cinéphiles, le CMAC
présente des films qui rompent avec la médiocrité ambiante. La dernière
session rassemblait cinq longs métrages ayant pour personnage principal
un enfant : émotion garantie !
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Un
documentaire sur Dany Laferrière
La dérive douce d’un enfant de Petit Goâve
Par
Selim Lander
 « Comment faire l’amour
avec un nègre sans se fatiguer » :
Le titre du premier roman de
Dany Laferrière, qui d’emblée
en a fait un écrivain à succès,
le poursuit depuis, comme si
tous ses ouvrages ultérieurs
n’étaient que des ersatz édulcorés
du premier. Telle est l’une
des confidences que l’on peut
recueillir en écoutant Dany
Laferrière se raconter dans
le documentaire de Pedro Ruiz,
La dérive douce d’un enfant
de Petit Goâve. Un documentaire
sur un auteur vivant, haïtien
de surcroît – l’on sait ce que
Haïti connote aujourd’hui :
destin tragique, malédiction
divine –, comment un écrivain
originaire d’Haïti, déjà mondialement
célèbre, pourrait-il échapper
à la boursouflure ou l’enflure
d’un personnage qui se sait
exceptionnel ? Pedro Ruiz
évite pourtant de nous présenter
l’hagiographie ampoulée que
l’on pouvait redouter, en refusant
délibérément de prendre son
personnage au sérieux. Parti
pris qui débouche sur un constat
à demi rassurant : le destin
d’Haïti est hélas ! tragique ;
du moins celui de Dany Laferrière
ne l’est-il pas.
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"Regards
croisés" :
lost
in translation.
Par
Selim Lander.

Deux films très différents
par la forme et les intentions
et en même temps assez semblables
par le sujet : comment
faire face à un changement majeur
dans sa vie, un changement dont
nous ne voulons pas ? Un
homme qui crie est réalisé
au Tchad par le réalisateur
tchadien Mahamat-Saleh Haroun.
Il est tourné en décor naturel :
un grand hôtel de Ndjamena où
travaillent les deux personnages
principaux ; la concession
où ils vivent avec leur
mère ; des rues de la ville
qu’ils sillonnent dans
un side-car, antique mais vaillant ;
la savane. L’histoire
est celle d’Adam (Youssouf
Djaoro), un vieux maître nageur
qui refuse de vieillir. Lorsqu’il
apprend que, pour des raisons
d’économie (1), seul l’un
des deux emplois de maître-nageur
de l’hôtel sera conservé,
et qu’il ira à son fils
Abdel (Diouc Koma), le père,
ancien champion de natation,
qui n’envisage pas d’autre
métier que celui-là, qu’il
a accompli presque comme un
sacerdoce, décide de ne pas
se laisser faire. Pour garder
son poste, il accepte de vendre
son âme, ou plutôt son fils,
au diable.
L’Arbre
est tourné en Australie par
la réalisatrice française Julie
Bertuccelli, avec Charlotte
Gainsbourg dans le rôle principal,
celui d’une mère de quatre
enfants confrontée à la disparition
brutale de son mari. Dawn adorait
son mari, elle adore ses enfants,
mais elle est une femme libre,
décomplexée. Quand elle se retrouve
seule, elle se laisse submerger
moins par le désespoir que par
les tâches ménagères. Heureusement,
elle a des enfants formidables,
compréhensifs et, malgré leur
jeune âge (l’aîné est
encore adolescent, le dernier
ne parle pas encore), capables
de prenhref="http://www.madinin-art.net/images/s
initiatives en général opportunes.
Certes, quand Dawn prendra un
amant, son unique fille, Simone
(Morgana Davies), regimbera
un peu, d’autant que pour
elle son père n’est pas
vraiment mort, puisqu’il
continue à répondre à ses questions
depuis le haut de l’arbre
gigantesque qui domine la maison.
Lire
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*LA
MARTINIQUE AUX**MARTINIQUAIS*
L'affaire de l'O.J.A.M
par
Roger Riam

C'est le titre du nouveau film
documentaire de Camille Mauduech.
La réalisatrice, déjà connue pour
un premier film, « Les 16 de Basse
Pointe », nous fait revivre cette
fois-ci, l'histoire de 13 jeunes
martiniquais, dirigeants de l'Organisation
Anticolonialiste de la Jeunesse
Martiniquaise (l'O.J.A M). Emprisonnés
d'abord à Fort de France
puis expédiés en France encadrés
par un grand déploiement de forces
de gendarmerie, ils sont accusés
de « Complot contre l'état et
atteinte à
l'intégrité du territoire ».En
clair, leur crime est de réclamer
l'autonomie pour la Martinique.
Leur mot d'ordre, LA MARTINIQUE
AUX MARTINIQUAIS, apparaît
pour la première fois, un matin,
lorsque les Martiniquais, au réveil,
découvrent, placardé sur les murs
de toutes les communes ,le
Manifeste de la jeunesse martiniquaise.
Avec de nombreux témoignages,
le film nous plonge dans une époque
riche en événements, allant de
la révolte de décembre 1959 à
la libération des derniers emprisonnés
de l'OJAM, en avril 1964.
Ces témoignages permettent de
faire le lien entre, d'une part,
les événements qui ont secoué
la Martinique en décembre 59 et
fait 3 morts, la naissance du
nationalisme au sein de la communauté
des étudiants poursuivant des
études en France, la création
du Front Antillo-guyanais à
Paris avec Marcel Manville, Edouard
Glissant, Albert Beville et Marie
Joseph et, d'autre part, a création
à la Martinique de l'OJAM.
On suit pas à pas, la création
de l'OJAM. Des étudiants nationalistes
rentrés au pays et des membres
de la jeunesse communiste dirigée
par Guy Dufond parviennent à surmonter
leurs divergences et à s'unir
pour, nous dit Marlène Hospice,
/donner un avenir/ à la jeunesse
martiniquaise et à la Martinique
Daniel Boukman et Victor Joachim,
qui tous deux ont vécu les atrocités
de la guerre que la France a livré
contre les patriotes algériens,
révèlent des préparatifs d'une
organisation parallèle, secrète,
ignorée des membres de l'OJAM
en Martinique et pilotée depuis
Paris, pour constituer une force
militaire capable de riposter
à la répression coloniale aux
Antilles. De leur côté, d' anciens
membres de l'OJAM, Victor Lessort
et Renaud de Grandmaison, font
la lumière sur un sujet longtemps
resté tabou : la question de la
fameuse « fiche dogmatique et
technique » qui, selon les
gendarmes, fut trouvée dans la
serviette de Henry Armongon.
La MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS,
un film qui accroche le spectateur
pendant deux heures, du début
à la fin. A voir absolument.
Roger Riam
Lire la suite
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L'appel
du vide
Somewhere
à Madiana
Le dernier film de Sofia Coppola,
primé à Venise, ne mène nulle
part et déçoit beaucoup

Hollywood, un
grand hôtel (Chateau Marmont)
encore plus célèbre que la jeune
star déjà fatiguée qui l’occupe
à temps plein, une fille pré-ado
qui se cherche dans le regard
de son papa paumé, de grandes
bouffées d’ennui et de
vacuité, une Ferrari qui tourne
en rond… Tels sont les
ingrédients du nouveau Sofia
Coppola, sacré lion d’or
au dernier festival de Venise
par son ex-amoureux Quentin
Tarantino, président du jury.
Occurrence douteuse qui fit
autant jaser que, l’année
précédente à Cannes, Isabelle
Huppert sacrant Michael Haneke.
Et que la réalisatrice se refuse
de commenter autrement que sur
le mode du "circulez, y
a rien à voir": "Il
n’y a pas de controverse.
Tous les membres du jury m’ont
dit individuellement combien
ils avaient aimé mon film."
Lire
la suite mais aussi la critique
élogieuse de Télérama
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Visions d’Asie
à
l’Atrium :
Aperçus.
Par
Selim Lander.
Un
film « japonais » :
Tokyo Sonata de Kiyoshi
Kurosawa, prix spécial du jury,
Cannes 2009.

Un
film japonais, je veux dire
un film vraiment japonais. De
Kurosawa. Non pas celui que
vous connaissez, pas le vrai,
un autre d’aujourd’hui,
Kiyoshi Kurosawa (55 ans) qui
a commis déjà de nombreux films
(dont pas mal de téléfilms d’horreur).
L’histoire, pour le spectateur
français a un goût de resucée.
Du moins au début. Parce qu’ensuite
les choses changent. Au début
donc, nous sommes face à un
cadre d’entreprise licencié
qui n’ose pas avouer à
sa famille sa nouvelle situation
(c’est-à-dire plus précisément
son absence de situation). Nous
le suivons, lui et sa famille
qui vont cahin-caha. Jusqu’au
moment où leur situation commence
à se dégrader sérieusement.
Le père, humilié à l’extérieur
de la maison, se mue, chez lui,
en tyran domestique. La mère
qui a découvert fortuitement
que son mari est au chômage,
accuse le coup. Les enfants,
qui ne savent rien mais qui
voient bien que quelque chose
ne va pas, supportent de plus
en plus mal l’autoritarisme
paternel. Le père lui-même,
qui a fini par intégrer l’équipe
de nettoyage d’un centre
commercial, vit cela comme une
humiliation supplémentaire.
Le plus jeune fils se réfugie
dans la musique ; il apprend
clandestinement le piano pour
lequel il se montre très doué.
Quant au fils aîné, il préfère
quitter le navire et s’engage
dans l’armée américaine.
Lire
la suite
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Le 7e
art vu par un philosophe

Alain
Badiou, philosophe, apparaît
dans le dernier film de Jean-Luc
Godard, Film Socialisme. Quelques
courts plans, où on le voit
travailler à son bureau, puis
donner une conférence sur le
philosophe Edmund Husserl devant
un amphithéâtre vide. Certains
ont trouvé que le cinéaste l'avait
convoqué pour pas grand-chose,
Badiou n'est pas de cet avis
: " Que cela ne dure que
quelques secondes n'est pas
l'important, puisque cette image
de Godard m'a rendu justice.
Ce qui m'a frappé, c'est qu'il
n'a pas cherché à me mélanger
avec le reste des éléments de
ce film, qui traite du brouhaha
du monde. J'existe en moi-même,
par moi-même. C'est là mon lieu,
c'est là que j'existe, c'est
absolument moi, imparablement
moi, en quelques secondes. "
Lire la suite
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Des
hommes et des dieux
Film
français de Xavier Beauvois

Pour
C'est un événement, qui, au
printemps 1996, a fait les gros
titres des journaux : l'enlèvement
et l'assassinat de sept moines
trappistes français, à Tibhirine,
en Algérie. Les coupables -
groupuscule islamiste, militaires
corrompus ? - n'ont pas été
identifiés. Ce drame qui, comme
beaucoup d'autres, a peu à peu
disparu des médias, le cinéma
s'en empare non pour sa valeur
spectaculaire, mais pour sa
dimension humaine.
Un petit groupe de croyants
en terre étrangère, que leur
humilité et leur dévouement
ont rendus proches d'une population
déboussolée par un climat de
guerre civile, s'obstine à ne
rien lâcher, à mesure que le
danger monte. Ils ne bougeront
pas de leur monastère : une
forme de sacrifice qui offre
à Xavier Beauvois (après Le
Petit Lieutenant, il y a déjà
cinq ans) la matière de son
meilleur film, et de loin. Une
tragédie riche de son dépouillement,
contemplative mais prenante,
dont l'humanisme universel excède
la question de la foi : Des
hommes et des dieux touchera
ceux qui croient au divin comme
ceux qui ne jurent que par l'homme.
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Cinéma
du silence. Trois films primés
au festival de Cannes 2010

par Selim
Lander.
Le
cinéma c’est la vie. La
vieillesse et la mort, qui font
partie de la vie, étaient au
rendez-vous du dernier festival
de Cannes. Pour traiter d’un
pareil sujet, la gravité est
de mise, ce qui n’exclut
ni la tendresse, ni l’humour.
Poetry, le film coréen
qui relate les ennuis d’une
humble garde-malade elle-même
guettée par la maladie d’Alzheimer,
est le seul à jouer, avec succès,
sur les trois registres. Des
hommes et des dieux
est un tribut aux martyrs du
monastère de Tibhirine en Algérie.
Ce film français de Xavier Beauvois
se cantonne sans doute avec
raison dans une gravité chargée
d’émotion. Quant à Oncle
Boonmee, le film thaïlandais
qui a obtenu la récompense suprême
à Cannes, il manque complètement
sa cible et sombre dans l’ennui
et le ridicule. Les choix des
jurys de Cannes sont souvent
contestables mais cette dernière
Palme d’or est tout bonnement
incompréhensible.
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la suite |
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Cleveland contre Wall Street
: l’autre procès
Par Romain Rancière
Dans
un documentaire fascinant, Cleveland
contre Wall Street, Jean-Stéphane
Bron filme le procès des pratiques
abusives des vendeurs de crédits
hypothécaires financés par les
banques de Wall Street. Poussés
à prendre des deuxièmes et troisièmes
crédits gagés sur leur maison,
de nombreux propriétaires se
sont placés dans une situation
de risque extrême. Ils ne pouvaient
s’en sortir que si les
prix continuaient de monter.
Dans le cas contraire, ils se
retrouvaient en faillite et
leur maison était saisie.
Le message du film est plus
nuancé qu’il n’y
paraît au premier abord et l’issue
du procès de Cleveland est incertaine.
Si les banques ont eu des pratiques
déloyales et prédatrices, les
propriétaires ont aussi singulièrement
manqué de clairvoyance, tel
celui-ci qui emprunte 70 000
dollars [54 000 euros] gagés
sur une maison qu’il avait
achetée 26 000 dollars six mois
plus tôt. Le vrai procès ne
serait-il pas ailleurs : celui
de la réponse asymétrique du
gouvernement américain qui a
déployé des ressources gigantesques
pour sauver le système financier
alors qu’il a fait si
peu pour aider les propriétaires
de logement menacés de saisie
?
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Association
pour le développement du Cinéma
d’Art et d’essai
en Guadeloupe
L'APCAG a été créée en 2007,
à la suite d'un constat établi
par plusieurs acteurs de la
diffusion cinématographique
en Guadeloupe: il n'existe pas
de réseau coordonné pour la
distribution de films d'Art
et d'Essai dans la région. Il
en ressort donc plusieurs problématiques:
Absence de coordination
des programmations
Multiplication
des interlocuteurs locaux et
par conséquents des coûts
Absence de rationalisation
des moyens
Peu de débouchés
pour les réalisateurs et producteurs
locaux
Absence de recensement
des professionnels du Cinéma
en Guadeloupe
Pour ce faire, il semblait essentiel
d'organiser autour d'une structure
établie l'ensemble des actions
nécessaires à la mise en place
d'une gestion coordonnée avec
les différents professionnels
dans l'optique de favoriser
la rationalisation des ressources
pour tous les espaces de diffusion,
la reconnaissance et la promotion
des talents locaux, et la démocratisation
de l'accès au Cinéma Art et
Essai.
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Films d'Histoire
et libertinages

Dans
" Vénus noire ", d'Abdellatif
Kechiche, Yahima Torres joue
la " Vénus hottentote "
qui fascina l'Europe de Napoléon.
DR
Jesse Eisenberg
et Yahima Torres : on attend
de voir ces deux-là sur les
écrans de cinéma avec plus d'impatience
que Jean Dujardin ou Angelina
Jolie, même si leurs noms sont
quasi inconnus. Jesse Eisenberg
est un jeune acteur américain
plutôt doué, cantonné jusqu'à
maintenant aux rôles d'adolescent.
Il passe d'un coup à celui de
maître du monde puisqu'il incarne
Mark Zuckerberg, le fondateur
de Facebook, dans The Social
Network, de l'Américain David
Fincher, qui sort le 13 octobre.
A la question de savoir comment
le jeune Jesse va se sortir
d'un rôle aussi écrasant - d'autant
que le personnage n'inspire
pas forcément la sympathie -,
s'ajoute celle de la façon dont
Fincher va traiter le sujet.
La construction d'une multinationale,
fût-elle virtuelle, ne suscite
pas les vertiges de fiction
de ses films précédents, que
l'on contemple les esprits criminels
(Seven, Zodiac) ou qu'on inverse
le cours de la vie (Benjamin
Button).
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Le cinéma n’est pas le miroir
de la diversité
Par FRANÇOIS PRODROMIDES
critique, scénariste et enseignant
à Sciences-Po

Lors de la dernière cérémonie
des césars qui le sacre meilleur
acteur et meilleur espoir dans
Un prophète, Tahar Rahim a remercié
publiquement, avec subtilité,
«la France du cinéma». Pas «le
cinéma français», réuni devant
lui. Ni la France même. La France
telle que le cinéma la rend
possible, la prophétise, lui
offre un «nouveau prototype»,
selon les termes de Jacques
Audiard. Sur la scène du Châtelet,
Gérard Depardieu et Isabelle
Adjani ressemblaient aux mythes
égarés d’un cinéma qui
cherche ses nouveaux visages.
Au même moment, une polémique
naît autour du film l’Autre
Dumas : le grand écrivain national,
fils de mulâtre, y est incarné
par Depardieu, l’un de
«nos» meilleurs acteurs, mais
blanc. Le débat renvoyait à
l’affaire Koltès : il
y a deux ans, le frère et ayant
droit du dramaturge s’était
opposé à la Comédie-Française
qui n’avait pas respecté
sa volonté de voir incarner
un personnage d’Arabe
par un acteur arabe dans le
Retour au désert.
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Nine
Film
américain de Rob Marshall

Les chansons sont
moches - vieillottes ou nunuches
-, ce qui, évidemment, pour
une comédie musicale, est rédhibitoire.
Les numéros musicaux, en revanche,
sont assez rigolos. Nine (gros
succès du Broadway des années
1980) s'inspire du 8 ½ de Fellini,
mais ce n'en est pas le remake
: c'eut été, de la part de Rob
Marshall, présomptueux et suicidaire.
C'est, au contraire, l'histoire
d'un cinéaste qui cherche dans
ses souvenirs (on se croirait
dans Amarcord) le moyen d'échapper
à 8 ½.
Guido est mondialement connu,
mais en panne. Plus d'idées,
plus d'envies. Le décor de son
prochain film est déjà construit,
les paparazzis grouillent, le
producteur se tord les mains,
et sa star favorite, sur le
point de débarquer à Cinecittà,
réclame un scénario à cor et
à cri. A bout de nerfs, il fuit
ce film qui se dérobe...
Guido, c'est Daniel Day-Lewis.
Encore une fois surprenant.
Agile lors de son numéro musical,
insupportable en artiste gâté,
mais suffisamment fascinant
pour justifier l'indulgence
de son entourage. Celle de ses
femmes, notamment : sa fidèle
costumière (Judi Dench) que
Guido imagine ironiquement en
meneuse de revue vieillissante
aux Folies-Bergère ; l'épouse
légitime (Marion Cotillard),
toute de sagesse résignée ;
l'actrice idéale (Nicole Kidman,
la plus sacrifiée de la distribution).
La plus réussie, la plus touchante
est Penélope Cruz dans un double
rôle : pur fantasme sexuel -
elle chante et danse A call
from the Vatican en glissant
sur 25 mètres de draperie rose
- et petite amoureuse sensuelle,
capable de tout par amour...
A son image, entre paillettes
et émotion, le film va son bonhomme
de chemin, sage hommage à une
dolce vita depuis longtemps
disparue.
Pierre Murat
Télérama, Samedi 06 mars 2010
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Film
américain de Martin Scorsese

Tous les lecteurs qui avaient
dévoré Shutter Island
lors de sa publication, en
2003, en étaient convaincus
: les studios hollywoodiens
allaient s'arracher les droits
du livre de Dennis Lehane
(réédité chez Rivages Noir).
Tous les ingrédients de ce
polar appelaient le cinéma
: un décor incroyable, un
potentiel dramatique exceptionnel,
des rebondissements spectaculaires...
Un matin de 1954, le marshal
Teddy Daniels et son nouveau
coéquipier, Chuck Aule, débarquent
sur une île inhospitalière
au large de la Nouvelle-Angleterre.
Shutter Island abrite un ancien
fort de la guerre de Sécession
reconverti en hôpital psychiatrique
pour criminels particulièrement
dangereux. Une patiente, internée
après avoir noyé ses trois
enfants, s'est mystérieusement
évadée. Les deux enquêteurs
fédéraux vont devoir affronter
la méfiance des médecins,
la violence d'un ouragan,
mais, aussi, leurs propres
démons.
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Eric Rohmer,
un grand nom du cinéma français
s'éteint
Le
cinéaste, pionnier de la Nouvelle
vague et réalisateur des Contes
des quatre saisons ou du
Rayon vert, est décédé
lundi matin à l'âge de 89 ans.
C'était
l'un des cinéastes français
les plus admirés et les plus
reconnus dans le monde. Hospitalisé
depuis une semaine, Eric Rohmer
s'est éteint lundi matin à
Paris, a annoncé en fin d'après-midi
sa produtrice, Margaret Menegoz.
Il avait 89 ans.
De
son vrai nom Maurice Schérer,
le réalisateur naît le 4 avril
1920 à Tulle, en Corrèze.
Il commence une carrière d'enseignant
et d'écrivain. En 1946, à
26 ans, il publie un roman,
Elizabeth, sous un pseudonyme.
Peu à peu, il se passionne
pour le cinéma, mais d'abord
en restant un homme de plume.
Il écrit pour plusieurs revues
sur le 7e art et fonde La
Gazette du cinéma, l'un
des premiers périodiques consacrés
à ce médium en France. Il
y publie nombre de chroniques
et d'analyses, dont une thèse
sur l'organisation de l'espace
chez Murnau.
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Non, les
Mayas ne prévoient pas
l'apocalypse pour 2012

Contrairement à ce qu'explique
le film américain, les
Mayas du Mexique et du Guatemala
ne s'attendent pas à
la fin du monde pour le 21 décembre
2012, mais au terme d'une «période
cyclique».
Les Mayas du
Mexique et du Guatemala, héritiers
de l'ancien empire maître
d'une partie de l'Amérique
centrale, ne prévoient
pas pour 2012 l'apocalypse,
contrairement à ce qu'annonce
le film américain «2012»,
selon les premiers résultats
d'une étude menée
par des scientifiques mexicains.
Dans «2012», inspiré
du best-seller vendu à
10 millions d'exemplaires de
l'écrivain américain
Steve Alten, et d'autres ouvrages,
une prédiction maya fixe
la fin du monde au 21 décembre
de cette année-là.
En fait, selon une pierre gravée
découverte à Coba,
dans la péninsule du
Yucatan (extrême sud-est
du Mexique), c'est en 2012 que
doit s'achever l'ère
actuelle du calendrier maya,
entamée 3.144 ans avant
celle du calendrier romain.La
communauté maya représente
40% des 13 millions d'habitants
du Guatemala, selon les estimations
officielles, et près
de 1,5 million de Mexicains,
concentrés dans le Yucatan.
Interprétations «occidentales»
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À Madiana
Avatar,
hélas !
par
Selim Lander

Dans un
article récent du Monde
(27 janvier 2010), Pierre Desjardins,
professeur dans un CEGEP québécois,
présente une judicieuse
analyse de l’idéologie
militariste du film événement
de ce début d’année,
qui a déjà fait
onze millions (!) d’entrées
en France (chiffre des six premières
semaines). Depuis l’effondrement
de « l’arbre-maison »
qui évoque celui du WTC
de New York jusqu’à
l’apparition finale d’un
dragon volant salvateur, image
de l’aigle américain,
tout est fait pour convaincre
le spectateur que la guerre
à outrance est juste
pourvu qu’elle soit défensive.
La transformation des paisibles
Na’vi, qui versaient des
larmes de crocodile chaque fois
qu’ils devaient tuer un
animal à la chasse, en
guerriers assoiffés de
sang passe ainsi comme une lettre
à la poste. Les bons
soldats se battent à
la loyale, avec des arcs, des
flèches et des poignards,
tandis que les méchants,
loin de se contenter de leurs
gros calibres, dévastent
les forêts au napalm et
vont même jusqu’à
tenter d’utiliser des
armes chimiques. Heureusement,
tout finit bien qui doit
bien finir : les bons sont
vainqueurs et ils expulsent
manu militari les quelques
envahisseurs qui ont survécu
au carnage.
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La domination
masculine

Empruntant
à Pierre Bourdieu le titre d’un
livre -La Domination masculine–,
le cinéaste belge Patric Jean
vient de réaliser un documentaire
qui fait l’effet d’une
bombe. Pourquoi les hommes dominent-ils
les femmes dans la quasi-totalité
des sociétés actuelles? Cette
domination mène-t-elle forcément
à la violence?
La majorité des sociétés existantes
sont patriarcales. Et dans ces
sociétés, on enseigne aux enfants,
dès leur plus jeune âge à se
conduire d’une certaine
manière lorsqu’ils sont
de sexe masculin… Le film-documentaire
très controversé de Patric Jean
démonte les mécanismes qui conduisent
les petits garçons à devenir
des mâles “dominants”.
La démonstration est progressive.
Elle commence avec Serge Hefez,
psychiatre: “Vous prenez
un groupe d’adultes et
vous leur montrez une vidéo
d’un bébé de 9 mois en
train de pleurer. Vous leur
demandez: “Cette petite
fille pleure. Pourquoi ?”.
Les adultes répondent: “Elle
a du chagrin, elle est triste.
Elle souffre. Elle a besoin
d’être consolée”.
Ensuite, vous montrez la même
vidéo à d’autres adultes,
en leur demandant : “Ce
petit garçon pleure. Pourquoi?”.
Les gens répondent: “Il
est contrarié. Il veut quelque
chose. Il est en colère.”
Sur le même visage, sur les
mêmes expressions émotionnelles,
on projette tout un univers
qui est celui de la victimisation
pour les filles et de l’action
pour les garçons: “Les
petites filles doivent être
plutôt douces, conclut Serge
Hefez. Elles peuvent avoir du
chagrin, elles doivent se soumettre
d’une certaine façon.
Les petits garçons eux, sont
coléreux et affirment leur personnalité”.
La suite.
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L’ARCM
( Association pour des rencontres
cinématographiques en Martinique)
vous convie
Un film
de Fabienne Kanor et Emmanuelle
Bidou
Grand Prix 2009 Jean Philippe
Matime du Meilleur Documentaire
de Martinique
lire
la présentation et la
bande annonce du film
 Ce
film lauréat de notre compétition
de films documentaire traite
avec sensibilité et justesse
de l’histoire de l’immigration
antillaise en France à travers
des portraits de famille martiniquaises
et guadeloupéennes.
Afin de faire de rendre hommage
à ce film , De nombreuses surprises
seront au programme dont :
la présence de la réalisatrice
Fabienne Kanor qui nous éclairera
sur ce film et plus globalement
sur son regard autour de ce
thême . De plus elle nous présentera
en exclusivité son nouveau film
« Des Pieds , Mon pied »
.
Enfin nous convierons tous les
spectateurs à rejoindre à la
cafétéria pour un « Pawollakafet
« exceptionnel , cette
rencontre autour de la poésie
, du slam ou de la musique «
aura pour thème central : l’immigration
.
Une soirée riche en émotions
, en images et en réflexions
: La soirée spéciale «
JANBE DLO «
Voir
la bande annonce |
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«This Is It» à
Madiana
«Un
portrait très simple et très
touchant de Michael Jackson

«This Is It», documentaire
de deux heures qui retrace les
trois mois de répétition du
spectacle que «Bambi» devait
donner à Londres, est sorti
ce matin en salles. Eric Dahan,
critique musical à Libération,
juge le film «plaisant et très
réussi».
Pour des millions de personnes
de par le monde, ce mercredi
28 octobre 2009 restera inoubliable.
Ils n'avaient que cela en tête
depuis l'annonce par Sony de
la réalisation de ce film. This
It It, long métrage retraçant
les trois mois de répétition
(d'avril à juin) du spectacle
que Michael Jackson devait donner
à Londres à partir de juillet,
a donné lieu à dix-sept avant-premières
simultanées ce mercredi à 1
heure GMT (2 heures en France)
aux quatre coins du monde, en
même temps que la projection
officielle au Théâtre Nokia
de Los Angeles (Californie).
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Créole
en Court
Prix
Lumina Sophie 2009
Concours de scénarii en court
métrage
(5ème
édition)
L’association Créole en
Court organise la cinquième
édition du Prix Lumina Sophie;
concours de scénarios en
court métrage de fiction
Cette manifestation est ouverte
à tous les scénaristes, amateurs
ou professionnels. Il est impératif
que le projet soit la représentation
de l’espace géographique
et culturel de la Martinique.
Les différentes éditions ont
toutes été des succès puisque
plus de 300 personnes sont venues
à chaque fois assister à la
remise des prix et à la diffusion
des films présentés à cette
occasion. Après 4 éditions,
l’engouement du public
ainsi que la quantité autant
que la qualité des scénarios
envoyés nous confortent dans
l’idée que cette manifestation
est devenue un rendez-vous incontournable.
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Sylviane
Quitman maquilleuse.
Par
Christian Antourel
« Les
illusions sont nécessaires et
font partie intégrante de l’ordre
des choses »
Eloge du maquillage

Peu importe que
la ruse et l’artifice
soit connu du public le maquillage
n’a pas à se cacher si
l’effet parvient à faire
disparaître du teint toutes
les taches et disgrâces que
dame nature y a volontairement
semé. Il répond à une unité
esthétique abstraite devenue
incontournable. C’est
là que l’artiste maquilleuse
est reconnue dans toutes les
pratiques, les astuces employées
pour subtiliser les traits rebels,
dont l’unanimité réclame
la fluidité audiovisuelle imperturbable,
pour une accroche sur un fond
de lumière infernale.
Il est une condition qui ajoute
beaucoup à la force d’action
du maquillage :
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 Un
boucher ultraorthodoxe de
Jérusalem, marié et père de
famille, se prend d'une passion
irrépressible pour un jeune
et bel étudiant d'une école
talmudique. Qui aurait l'idée
de faire de cette délicate
affaire, possiblement scabreuse
et blasphématoire, le sujet
d'un film qui se révèle in
fine aussi subtil que courageux
? La réponse est sur les écrans
français depuis le 2 septembre
: Haïm Tabakman, qui signe
avec Tu n'aimeras point
son premier long métrage.
C'est de fait le sixième film
israélien, aussi percutant
et remarquable que les précédents,
qui sort en France depuis
le début 2009. Cette fréquence
a priori extravagante, s'agissant
d'un pays et d'une cinématographie
de modestes dimensions, s'ajoute
à une exposition et à une
densité désormais régulières
depuis quelques années.
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| "Un
prophète" à Madiana
La bande-son
d’un monde caché
Par
YVES SIMON
Yves
Simon est chanteur et écrivain.
Dernier album : Rumeurs
(Barclay, 2007)
 Tout
lieu d’enfermement (caserne,
centre de rétention, camp de
réfugiés) porte à incandescence
les travers et vicissitudes
d’une société, comme les
outrances refoulées des hommes
qui le peuplent. Le film Un
prophète ne prétend pas
à la vérité (Jacques Audiard,
son auteur, le répète à l’envi),
il est dans l’outrance
paroxystique comme la Peau
de Malaparte ou le Voyage
au bout de la nuit de Céline.
Ce n’est pas un énième
reportage sur l’univers
carcéral, mais le prisme poétique
par lequel une humanité séquestrée
va dévoiler ses tumultes les
plus ténébreux, les plus abjects,
les plus inavouables.
Film
sur la violence, la subordination
et la promiscuité, sur l’indifférence
au mal et aux morales, sur la
plus haute des solitudes lorsqu’il
s’agit de choisir entre
la mort de soi et la mort de
l’autre, Un prophète
fascine. Il est un effroi car
nul n’est préparé à recevoir
la face cachée d’un monde
parallèle qui se déploie au
milieu de nos maisons, de nos
rues, et sur lequel nous ne
portons ni compassion ni regard.
De la prison ne sort aucun cri.
Même pas ceux qui, la nuit,
s’interpellent de cellule
à cellule pour échanger en langage
SMS, minimaliste, des pleurs,
une douleur. De l’extérieur,
la prison est silence. Et pourtant
quelle bande-son nous propose
Audiard ! Caverneux bruits
de clés, de portes, gémissements
de vidéos pornos, cliquetis
de gamelles, radios à fond la
gomme, chuchotements, douches,
coups portés sur des corps à
terre… Matière sonore
qui ponctue comme des couperets
les actions de la société qui
se côtoie là.
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Misère des
rituels masculins à Las Vegas
VERY
BAD TRIP

Lorsque
l'on voudra, dans quelques siècles,
se pencher sur les moeurs de
la société américaine au début
du troisième millénaire, il
faudra espérer que les comédies
produites à Hollywood depuis
quelques années auront été conservées.
La grande force du nouveau cinéma
comique américain ne réside-t-elle
pas, en effet, dans cette impression
que le trait a été à peine grossi,
que la dimension burlesque des
films avec Jim Carrey, Will
Ferrell ou Steve Carrel, des
productions de Judd Apatow,
relève moins de la caricature
ou de l'excès que de l'observation
stricte des comportements ?
En
résumé, c'est lorsqu'un film
parvient à mettre en lumière
l'aspect ridicule, obscène et
régressif de la vie elle-même
qu'il réussit son coup. Very
Bad Trip fait indiscutablement
partie de ces réussites. On
y assiste pourtant à une enfilade
de situations incongrues, s'additionnant
comme par le jeu d'un cadavre
exquis cinématographique. Et
pourtant, à aucun moment n'est
véritablement perdu de vue tout
lien avec un certain réalisme.
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Madiana
Etreintes
brisées
Film
espagnol de Pedro Almodovar

Qu'y
a-t-il dans la tête de Pedro
Almodóvar ? Des histoires,
et encore des histoires. Ainsi
que tous les films qui les ont
un jour racontées, et ceux qui
pourraient leur être consacrés...
Etreintes brisées est un film
d'amour, le récit tragique d'une
passion interdite, mais c'est
d'abord un film d'amour du cinéma.
On y trouve une classique mise
en abyme, un film dans le film,
intitulé Des filles et des valises,
curieux fragment d'autoremake
de Femmes au bord de la crise
de nerfs. On y décrypte une
belle référence cinéphile :
le titre, Etreintes brisées,
vient de Voyage en Italie, de
Rossellini, précisément d'une
scène où George Sanders et Ingrid
Bergman découvrent les restes
pétrifiés d'un couple d'amants
surpris par l'éruption du Vésuve,
à Pompéi. Etreinte éternelle
dans la mort, comme un présage
du malheur en marche...
On y parle, aussi, des films
possibles, à venir : le héros,
cinéaste devenu scénariste depuis
qu'il est aveugle, ébauche sans
cesse des récits. Il lance des
idées en l'air. Certaines abracadabrantes,
d'autres qui résonnent étrangement
avec sa propre biographie –
comme celle, dont il faudrait
vérifier l'authenticité, de
l'enfant caché d'Arthur Miller...
Etreintes brisées pourrait sans
mal être la matrice d'une demi-douzaine
de films supplémentaires, boutures
qui se rapporteraient à lui
comme lui-même se rapporte au
cinéma.
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Charles
Najman : "L'histoire d'Haïti
est une névrose collective
dont personne ne guérit"

En haïti
la mémoire s'est bloquée
sur 1804, l'année de
sa naissance, de son indépendance,
un acte anti-esclavagiste inouï.
Mais il y a un tel écart
entre la grandeur du passé
et la réalité
d'aujourd'hui que parfois cela
rend fou", explique le
réalisateur qui est tombé
amoureux de l'île et de
ses habitants au point de leur
faire jouer tous les rôles
de cette fable politique.
Royal
Bonbon est le premier long métrage
de fiction entièrement
tourné en Haïti.
Votre approche de Haïti
et de son histoire est aux antipodes
d'un film historique classique...
Charles Najman : Je ne
voulais pas d'une reconstitution
historique. Je m'intéresse
à l'histoire quand elle
revient sous la forme d'une
hantise ou d'une névrose,
c'est de la mémoire très
épidermique. Ce qui me
fascinait dans le projet de
Royal Bonbon, tant au
niveau dramaturgique que cinématographique,
c'est qu'en Haïti la mémoire
est bloquée, figée
sur 1804, l'année de
sa naissance, de son indépendance.
Cette révolution anti-esclavagiste
est un acte inouï, incomparable.
Mais il y a un tel écart
entre cette grandeur du passé
et la réalité
de la vie des Haïtiens
aujourd'hui que, parfois, ça
rend fou.
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la suite
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ROYAL
BONBON
-ROYAL
BONBON projeté le 9 Juillet
19H au Centre
Culturel de Coridon et le 12
Juillet, toujours 19H

Profondément
ancré dans l'histoire
et la tradition haïtienne,
Royal bonbon de Charles
NAJMAN (prix Jean VIGO en 2002)
est le premier film de fiction
à avoir été
entièrement tourné
en Haïti.
Film
de Charles Najman (France/Canada/Haïti,
2002). Image : Josée
Deshaies. Musique : Jean-François
Pauvros. 90 mn. Avec Dominic
Batraville : le roi. Verlus
Delorme : Timothée. Ambroise
Thompson : Valentin. Anne-Louise
Mesadieu : la reine.
Genre
: sous l'emprise d'Haïti.
Un fou errant dans les rues
du Cap haïtien se prend
pour le Roi Christophe, premier
souverain du Nouveau Monde,
ancien esclave et libérateur
d’Haïti en 1804.
Chassé
de la ville, le "roi Chacha",
comme on le surnomme, se réfugie
dans les ruines grandioses du
Palais de Sans Souci en compagnie
de Thimothée, un gamin
des rues qu'il a pris sous son
aile. Là,
il reconstitue une cour de pacotille
et règne par l’absurde
sur son royaume imaginaire :
un Palais aujourd’hui
en ruines
Le
film s'inspire très librement
des derniers jours du roi Christophe,
cas unique d'ancien esclave
devenu souverain, qui avait
déjà inspiré
Aimé Césaire.
Lire
la suite
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"Au nom du père"
un
film de
Olivier Baudot Montezume
par Roland Sabra
 A
réveiller les morts, l'amour
ou la haine, c'est du pareil
au même ça vous tient debout!
C'est ce que montre le film
du martiniquais Olivier Baudot
Montezume, « Au nom
du père » projeté en
avant-première à Fort-de-France
dans le cadre des Rencontres
Cinéma de Martinique 2009
( RCM). Constant, une petite
soixantaine est en train de
rendre son âme. Matériellement
il a réussi sa vie, grâce à
la force de son caractère qui
ne laissait pas beaucoup de
place à autrui. Le prêtre avant
de lui donner l'extrême onction
prononce de façon fortuite le
nom d'Hubert Plancy lui aussi
mal en point. Miracle! Au prononcé
du nom, Constant se lève d'entre
les mourants avec un seule idée
en tête voir crever avant lui
cet Hubert Plancy! Olivier Baudot
Montezume le dit tout net :
«J'ai voulu traiter d'une
situation tout à fait ordinaire,
celle de la quête d'un homme
pour l'amour de son père »
Lire la suite.
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L'Autrichien
reçoit la plus haute distinction
du 62e Festival de Cannes avec
"Le Ruban blanc".
Retrouvez l'ensemble du palmarès.

Palme
d'or: l'Autrichien Michael Haneke
pour
Le Ruban blanc.
«Parfois ma femme me pose
une question très féminine:
"est-ce que tu es heureux?".
C'est très difficile de répondre.
Mais aujourd'hui, c'est un moment
dans ma vie où je peux dire…
je suis très heureux et toi
aussi, je pense», a
confié Haneke.
Avec
Le Ruban blanc, il
signe un film à l'extraordinaire
photographie en noir et blanc,
qui dissèque les méfaits de
l'éducation ultra-répressive
en vogue en Europe au début
du XXe siècle. Le réalisateur
avait déjà été récompensé deux
fois à Cannes, où il avait notamment
reçu, en 2005, le Prix de la
mise en scène pour Caché.
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Hollywood
mise sur
les remakes des années 1980
De «Ghostbusters» à «RoboCop»,
vingt blockbusters font l'objet
d'une nouvelle version. À voir
dès l'automne prochain.

Pas une
semaine sans que le remake d'un
grand succès des années 1980
ne soit annoncé à Hollywood.
La semaine prochaine, à Cannes,
les Américains ont l'intention
de séduire les distributeurs
avec un Conan le Barbare (1982,
Arnold Schwarzenegger) remis
au goût du jour. Dans un autre
genre, le réalisateur Robert
Zemeckis (Forrest Gump) veut
revisiter en 3D Qui veut la
peau de Roger Rabbit ?,
qu'il avait lui-même tourné
en 1988.
Selon une enquête du quotidien
spécialisé The Hollywood Reporter,
vingt remakes des années 1980
sont lancés aux États-Unis.
Le premier à inaugurer la
série sera Fame, qui sortira
en salle en octobre prochain.
Le vrai déferlement est attendu
à partir de 2010. On aura
alors vraiment l'impression
de revenir plus de vingt ans
en arrière.
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Film américain de Clint Eastwood
à Madiana
La
rumeur annonçait un film rance,
déterrant le Clint Eastwood
de L'Inspecteur Harry
pour un dernier « nettoyage
» à sa manière virile. Intox.
Si Gran Torino cite
implicitement le justicier
des années 70, c'est plutôt
pour le trahir, en le rédimant.
Par ailleurs, c'est un film
nettement plus vivant, plus
ouvert sur le monde et plus
incarné que L'Echange,
sorti cet automne. Et aussi
plus modeste que Million
Dollar Baby ou Mystic
River, qui postulaient
au statut de grand classique.
La
première heure tient presque
de la comédie - grinçante.
Eastwood surjoue le vieux
réac veuf et raciste, retraité
des usines Ford, coincé dans
la banlieue de Detroit entre
des voisins qui ne sont plus
ceux, bien blancs, d'autrefois,
mais des immigrés asiatiques.
Une bière à la main, un oeil
sur sa Gran Torino (un modèle
Ford, bien entendu) sur-astiquée,
l'homme ne fait même pas semblant
d'être civilisé : il gronde
littéralement comme un clébard
au moindre pas « étranger
» sur sa pelouse. Et claque
la porte au nez du curé qui
veut à tout prix sauver son
âme. Clint en quasi-bouffon,
on n'avait jamais vu ça :
une révélation tardive, à
presque 80 ans.
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| Vie
et mort d'un héros gay
Rencontre
avec Gus Van Sant

Premier
militant homosexuel élu en 1977
à un poste officiel à San Francisco,
Harvey Milk fut assassiné un
an plus tard. A travers son
portrait, Gus Van Sant fait
celui d'une époque clé.
Jusqu'à
ce jour de novembre 1978 où
Harvey Milk fut assassiné, Gus
Van Sant, 25 ans alors, ne connaissait
pas vraiment le personnage.
Le futur cinéaste vivait à West
Hollywood, dont il se souvient
qu'à cette époque on la désignait
volontiers comme «une ville
de garçons», et s'il était
au fait de l'existence du mouvement
gay, lui-même n'était pas encore
«sorti du placard» : «Je
connaissais sans doute le nom
de Harvey Milk, mais j'ignorais
qui il était.»
Plusieurs années seront nécessaires
pour qu'il s'intéresse à Milk,
par le biais tout d'abord d'un
projet inspiré par le livre
de Randy Shilts, «The Mayor
of Castro Street», lui-même
à l'origine d'un documentaire
«oscarisé» («The Times of Harvey
Milk», de Rob Epstein, 1984).
Van Sant se trouva impliqué
après qu'Oliver Stone eut renoncé
et que Stephen Frears eut un
moment été envisagé.
Scène de sexe explicite
Un nouveau scénario fut
écrit sous sa direction, mais
la préférence du cinéaste se
portait plutôt sur une évocation
de la personnalité de Milk,
qu'il aurait située non à San
Francisco mais à Portland (Oregon),
où il vivait alors déjà, et
qui lui aurait permis de tourner
la difficulté constituée à ses
yeux par le principe même du
film biographique.
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 Depuis
le début de l'année, pour oublier
la crise, les Français vont
en masse dans les salles obscures.
Un phénomène que l'on observe
aussi à l'échelle mondiale.
Profiter de la pénombre des
salles de cinéma pour s'immerger
deux heures dans un film,
le tout pour 9 euros ?
C'est visiblement la solution
anticrise la plus facile à
organiser et la moins chère
choisie par des millions de
Français. Depuis le début
de l'année, la fréquentation
explose.
Avec
15 millions d'entrées,
le mois de janvier a été excellent.
Grâce aux vampires de Twilight,
au duo Dany Boon-Sophie Marceau
dans De l'autre côté du
lit et à Slumdog Millionaire,
les entrées sont en hausse
de 4 % par rapport à
janvier 2008. En février,
ce phénomène s'est poursuivi
de plus belle. Des locomotives
comme LOL, Volt
, star malgré lui
et L'Étrange histoire de
Benjamin Button ont attiré
6,2 millions de spectateurs.
Dès mercredi, les Français
continueront d'avoir l'embarras
du choix avec les sorties
de films qui ont fait un triomphe
aux États-Unis : le merveilleux
Last Chance for Love
(Dustin Hoffman, Emma Thompson),
Marley & Moi (Jennifer
Aniston et son chiot labrador
beige), Harvey Milk
pour lequel Sean Penn a obtenu
un oscar, puis Duplicity
qui marque le retour de Julia
Roberts, et Le Chihuahua
de Beverly Hills.
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Slumdog
Millionnaire
survole les 81e Oscars
Le
long-métrage émouvant de Danny
Boyle a obtenu huit statuettes
dont celle du meilleur film,
tandis que Kate Winslet et Sean
Penn sont repartis avec les
trophées des meilleurs acteurs.
La France est repartie bredouille.
Il
a failli ne pas être distribué
en salles… Et Hollywood
vient de le porter en triomphe.
Film à petit budget, sans
vedettes, Slumdog Millionnaire
a régné sans partage sur les
81e Oscars dans la nuit de
dimanche à lundi en obtenant
huit récompenses sur neuf
possibles. Outre l'Oscar du
film, la plus convoitée des
24 statuettes dorées en jeu,
l'œuvre qui raconte le
destin d'un orphelin de Bombay
gagnant contre toute attente
à un jeu télévisé a valu à
Danny Boyle
l'Oscar du réalisateur. Le
Britannique a remercié «tous
ceux d'entre vous qui nous
ont aidé et ceux qui ne l'ont
pas fait».
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«Séraphine» survole les César
Avec son deuxième
César de la meilleure actrice
(pour «Séraphine»), Yolande Moreau
rejoint Romy Schneider et Catherine
Deneuve au panthéon du cinéma
français. Crédits
photo : AFP

Pourtant
outsider, le film de Martin
Provost sur la vie de Séraphine
de Senlis, femme de ménage devenue
peintre, rafle le plus grand
nombre de césars. Mesrine remporte
celui du meilleur réalisateur
et du meilleur acteur principal
pour Vincent Cassel.
L'outsider
a triomphé du favori. «Séraphine»,
de Martin Provost a été le grand
vainqueur de la 34e cérémonie
des César, vendredi soir. Retenu
dans neuf catégories, le film
qui conte l'histoire de la peintre
autodidacte Séraphine de Senlis
a remporté sept César dont celui
du meilleur film, de la meilleure
actrice pour Yolande Moreau,
et meilleur scénario. «Je ne
sais pas quoi dire. Je veux
remercier toute l'équipe et
les acteurs du film,. Je voudrais
remercier Séraphine qui est
revenue parmi nous. Elle a disparu
pendant la crise de 29 (sic)
mais celle-ci lui a porté chance»,
a lancé le réalisateur Martin
Provost, étonné de son succès.
Pour
son interprétation de cette
femme de ménage devenue peintre
avant de mourir internée en
1942, Yolande Moreau
récolte le deuxième
César de la meilleure actrice
de sa carrière, un joli cadeau
d'anniversaire pour la comédienne
qui fêtait ses 56 ans vendredi.
«J'ai de quoi alimenter mon
égo jusqu'à la fin de l'hiver,
merci d'avoir aimé Séraphine»,
a plaisanté l'actrice qui rejoint
au panthéon du cinéma français
Romy Schneider et Catherine
Deneuve, elles aussi récompensées
deux fois en tant que meilleures
actrices. Yolande Moreau avait
déjà été distinguée en 2005
pour «Quand la Mer Monte».
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Dans
"Un aller simple pour
Maoré", la réalisatrice
Agnès Fouilleux dénonce le
sort fait aux sans-papiers
à Mayotte et le rôle trouble
de la France aux Comores.
Documentaire. Un réquisitoire
précis et précieux sur la
mécanique de la politique
d’immigration sur l’île
de Mayotte, aux relents néocolonialistes.
Un
tiers de la population de
Mayotte est sans papiers.
Comment cela se traduit-il
au quotidien ?
Agnès
Fouilleux.
Les gens vivent complètement
traqués, dans la peur d’être
arrêtés, même les lycéens
et les écoliers. Cette année,
il y a eu près de 14 000 reconduites
à la frontière depuis Mayotte.
En 1994, le visa Balladur
a obligé les Comoriens à obtenir
un visa pour rejoindre Mayotte.
Depuis, ils tentent de rejoindre
l’île française en kwassa
(barques de pêcheurs - NDLR).
Soixante-dix kilomètres séparent
l’île comorienne d’Anjouan
de Mayotte, c’est peu
mais c’est énorme. J’ai
passé une nuit sur la vedette
de la police aux frontières
(PAF) : en haute mer,
il y a des creux très importants.
Régulièrement, on entend qu’une
barque a chaviré, que tant
de personnes sont portées
disparues. Il y a des morts
tout le temps. À Anjouan,
toutes les familles comptent
un membre mort dans les kwassas.
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Il était
une fois l'échec de la révolution
Deuxième volet
du film de Steven Soderbergh consacré
à Ernesto Che Guevara
CHE,
2E PARTIE : GUÉRILLA

Voici doncGuérilla, deuxième
volet du diptyque consacré par
Steven Soderbergh au leader
révolutionnaire Ernesto Che
Guevara. Autan L'Argentin,
sorti le 7 janvier, était un
film d'action, une épopée qui
retraçait la genèse et l'avènement
de la révolution cubaine, autant
celui-ci, situé quelques années
plus tard en Bolivie, est un
film lyrique et contemplatif,
qui avance d'un seul bloc vers
une fin tragique consignée par
l'Histoire.
C'est
le principe du diptyque que
de proposer deux modes de représentation
différents, entre lesquels circule
une nuée de signes. Comme dans
Hunger, de Steve McQueen
- consacré à la grève de la
faim et la mort du militant
de l'IRA Bobby Sands -, celle-ci
s'organise autour d'un parallèle
qui s'impose, en filigrane,
entre la foi révolutionnaire
et la foi religieuse, et plus
littéralement entre la vie du
Che et celle du Christ. Dans
un cas comme dans l'autre, une
révolution qui a fédéré les
masses s'est terminée, pour
son instigateur, par un long
calvaire assumé au nom de sa
foi.
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Che,
1re partie - l'Argentin
Film
américain de Steven Soderbergh
CRITIQUES
POUR

Un léger regret d'abord
: la sortie séparée des deux
films, à trois semaines d'intervalle.
Quatre heures trente en une
séance, ce fut la forte expérience
vécue à Cannes, qui valait le
coup tant les deux parties -
la première consacrant une victoire,
la seconde une défaite - se
rejoignent malgré leurs divergences,
créant un mouvement d'un seul
tenant, circulaire. Voilà pour
l'aspect conceptuel. Passons
maintenant à ce révolutionnaire
qu'on ne présente plus, icône
rebelle indépassable, interviewé
par une journaliste au début
du film. Brèves images en noir
et blanc, sortes de flashs qui
participent à la légende. Corps
massif, treillis de guérillero,
barbe épaisse et havane aux
lèvres, impossible de se tromper,
c'est bien le Che, réincarné
en Benicio Del Toro.....
CONTRE
C'est un hold-up brillant...
Steven Soderbergh, qui a toujours
fait bon ménage (à trois...)
avec l'art et l'industrie, a
réussi à vendre l'idée d'une
fresque sur le Che. L'idole
de toutes les jeunesses révolutionnaires,
l'un des posters les plus vendus
au monde : on imagine l'enthousiasme
des producteurs. Et leur tête
en découvrant ce drôle de truc
hybride. Quasiment invendable,
en fait... La première partie,
intitulée L'Argentin, n'est
qu'un long essai sinistre, fait
pour décourager tous les guérilleros
éventuels d'entrer dans la lutte....
Lire les deux critiques |
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Doublage:
une comédienne noire accuse
le cinéma français de racisme
 La
Haute Autorité de lutte contre
les discriminations et pour
l'égalité (Halde)
dénonce, dans une note datée
du 29 décembre, les préjugés
racistes en cours sur les plateaux
de cinéma français, qui empêchent
les comédiens noirs d'être choisis
pour doubler la voix d'un personnage
blanc. Saisie par Yasmine Modestine,
une comédienne métisse estimant
avoir été écartée d'une saison
de doublage en raison de son
origine, la Halde rappelle que
"le choix d'un comédien-doubleur
doit se faire en fonction de
sa qualité de voix et de sa
compétence, et non en raison
de sa couleur de peau ou de
son origine."
Selon l'enquête menée
par la Halde, les directeurs
de casting rejettent régulièrement
des candidats noirs parce qu'ils
estiment que ceux-ci ont une
voix trop spécifique, inadaptée
à un personnage blanc. Les acteurs
blancs, au contraire, sont censés
avoir des voix "universelles",
et doublent régulièrement des
grandes vedettes hollywoodiennes
noires. Sur les écrans français,
Denzel Washinton, Danny Glover,
Morgan Freeman, Bill Cosby,
Forest Whitaker, Don Cheadle
et Whitney Houston sont tous
doublés par des comédiens blancs.
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Louise-Michel
Cinéma
politique: Louise-Michel,
une comédie de Benoît Delépine
et Gérard Kervern.
Par
Selim Lander.
Un
titre trompeur mais qui vise
juste, à l’image d’un
film qui jouera sur les faux
semblants du début jusqu’à
la fin. L’affiche annonce
qu’il s‘agit d‘une
« comédie » et, de
fait, les outrances de ce film,
ses gags, le jeu des acteurs
sont tout-à-fait réjouissants.
Pour autant, et sans vouloir
sous-estimer le caractère de
divertissement de Louise-Michel,
il est permis de penser que
les applaudissements, à la fin
de la séance à laquelle nous
avons assisté (plutôt exceptionnels
dans une salle de cinéma en
France), traduisaient l’acceptation
par les spectateurs du message
politique du film et de sa morale.
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Nouveau
cinéma québécois : Un
capitalisme sentimental
d’Olivier Asselin
par
Selim Lander

On
devrait commencer à s’habituer
aux coups d’éclat du cinéma
québécois. On se souvient sans
doute, entre autres, des films
de Denis Arcand (Le Déclin
de l’Empire américain,
1986, Jésus de Montréal,
1989, Les Invasions barbares,
2003, L’Age des ténèbres,
2007) ou, dans une veine plus
légère, de La Grande Séduction
de Jean-François Pouliot (2003).
Olivier Asselin appartient à
la nouvelle génération des cinéastes
québécois. Son premier long
métrage, La Liberté d’une
statue, date de 1990. Parallèlement
à son activité de cinéaste (scénariste,
réalisateur), il est actuellement
professeur au département des
Etudes cinématographiques de
l’Université de Montréal.
Le
festival du Nouveau cinéma
qui s’est tenu à Montréal
du 8 au 19 octobre a présenté
en ouverture son dernier film,
Un capitalisme sentimental,
précédé de Next Floor,
court métrage de Denis Villeneuve,
autre cinéaste de cette génération
ayant déjà à son actif deux
« longs » (Un 32
août sur terre, 1998 ;
Maelström, 2000). La
décision de réunir ces deux
films était particulièrement
pertinente, au plus fort de
la crise financière de l’automne
2008, puisqu’ils traitent
tous les deux, dans des styles
certes très différents, d’un
même thème : la crise de
1929.
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| "Aliker"
le film de Guy Deslauriers,
sur un scénario de Patrick Chamoiseau
Nos
ancêtres les communistes
par
Manuel NORVAT

Aliker, le nouveau
film de Guy Deslauriers m’a
plongé dans une mélancolie
qu’aucune marchande
de pistaches ne peut consoler.
Ce film bien escampé m’a
en effet particulièrement
ému sur cette question de
la transmission de la mémoire,
de celle qui se fait Histoire.
Pendant la séance, dans les
effluves de pop corn de mes
jeunes voisins, je me remémorais
qu’à l’âge de
quinze ans j’allais
me procurer à la librairie
Désormeaux Des origines de
la nation martiniquaise, le
livre de Camille Darsières,
et que c’était dans
ce livre-là où, pour la première
fois, je pu lire les faits
concernant l’affaire
Aliker. Il y eut dans mes
boutonnements d’adolescent
des veillées aux flambeaux
avec des communistes, des
pépéèmes et d’autres
groupuscules politiques ou
organisations syndicales de
gauche forgeuses de convictions
; il y eut toujours au sujet
d’Aliker des plongées
en des encyclopédies ou autres
historials, des paroles entendues
derrières des paroles et aussi
des jourés anti-cominisses
bardés d’ingratitude ;
il y eut dans mes fréquentations,
et elle demeure toujours,
la vaillante rue Jules Monnerot
d’où part la maison
du poète Georges Desportes.
À l’autre bout se trouvait,
place de l’Abbé Grégoire,
le siège du parti communiste
martiniquais. Il vaut d’ajouter
encore à cette petite mythologie
portative le dernier ouvrage
du politique et écrivain Georges
Mauvois : Château Aubéry.
C’est dire que, au nom
de mon humaine condition et
collectivement, l’affaire
Aliker revient, parce quelle
nous revient.
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"Trénelle
citron"
, de Laurent Cadoux
mention spéciale prix
Jean Philippe Matime du documentaire
2008 sur ce quartier de Fort
de France
En présence du réalisateur Laurent
Cadoux et du comité d’organisation
du prix du doc JeanPhillipe
Matime
L'occasion de parler
du film avec son réalisateur,
de découvrir ce prix du doc
martinique et le réalisateur Matime
issu de la commune de Ste marie.

"On
ne va pas par hasard à Trénelle
Citron. Ce quartier populaire
de Fort de France s'est auto
construit dans les années 50,
principalement par une population
qui venait de la campagne. Cette
architecture singulière et spontanée,
voire pittoresque, fait penser
aux favelas et Barrios des grandes
villes d'Amérique du sud. Mais
cette urbanisation est surtout
le résultat d'une histoire faite
de luttes contre la pauvreté
et contre un système foncier
inadapté. [...]. Ce film documentaire
raconte une quête. Celle de
la liberté de vivre, de survivre
et surtout d'habiter. Une dizaine
d'habitants nous racontent leur
histoire et comment ils sont
arrivés à Trénelle Citron."
Le
commentaire ci-dessus est celui
d'un internaute et il reflète
assez bien le propos du film
de Laurent Cadoux. On peut simplement
ajouter que le cinéaste
évite deux écueils, l'exotisme
et l'esthétisme. Le côté "favelas"
s'il est évoqué n'est pas la
thématique du film. Pas besoin
d'un rabattement de ce qui échappe
aux connaissances sur du déjà
vu, pas de Brésil aux portes
de Fort-de-France, non Laurent
Cadoux semble s'être débarrassé
des clichés, des images toutes
faites. Son regard est celui
d'un découvreur, c'est surtout
celui d'un cinéaste pour lequel
il n'est pas de réalité en dehors
de l'image qu'elle produit.
Le début de son film illustre
assez bien cette démarche, où
l'on voit, à partir d'une fresque
représentant le quartier et
peinte par des élèves de cours
moyen, voire de cours élémentaire,
le réalisateur isoler des détails
du travail et chercher dans
la réalité de la ville ce qui
a susciter cette représentation.
La réalité du quartier comme
illustration de l'image posée
comme première, comme seule
matière. Image de l'image. Et
c'est ce même mouvement de caméra
qui balance entre passé et présent,
entre le Trénelle d'hier et
celui d'aujourd'hui, sans que
l'un prenne le pas sur l'autre,
sans que le film ne verse dans
une nostalgie factice. Le regard
de la caméra est toujours attendri,
mais distant. Il évite ainsi
de verser dans un esthétisme
auquel la diversité des matériaux
utilisés, le patchwork, kaléidoscopique
des couleurs, l'inventivité
créatrice des formes pouvaient
inciter. L'objectif n'oublie
jamais la misère et la douleur
qui ont présidé à la naissance
du quartier, tout en rappelant
les joies, les solidarités indispensables
à la survie et coextensives
à l'essor de cette ville dans
la ville. Le facteur le dit
clairement, lui qui compte les
marches du quartier depuis 25
ans et qui précise
qu'il ne fait pas que distribuer
du courrier mais qu'il fait
du "social".
Trénelle Citron ou l'obstination
de vivre, comme le dit joliment
un personnage : " Dans
cette architecture il y a du
cri." voilà le documentaire
que nous offre Laurent Cadoux
et qu'il faut avoir vu et même
revu pour mieux en apprécier
la distance amoureuse.
Roland
Sabra
|
Film
israélien de Eran Riklis

A
sa façon, c'est une héroïne
de Ken Loach. Courageuse. Opiniâtre.
Et solitaire. Son mari est mort
il y a longtemps, et, à en juger
par son air de crétin sinistre
qui trône en photo sur le mur
de la maison, il a très bien
fait. Son fils l'oublie. Et
sa fille, est bien trop accaparée
par ses mômes pour se soucier
d'elle. Il ne reste à Salma
que ses citronniers : une magnifique
plantation située en Cisjordanie,
sur les territoires occupés,
dont elle s'occupe avec son
fidèle serviteur.
Les
citronniers
Mais
voilà que le nouveau ministre
de la Défense israélien et madame
viennent s'installer tout près.
Et avec eux des soldats juchés
sur des miradors et une ribambelle
d'agents de sécurité, forcément
obsédés par les attentats. D'où
leur décision immédiate d'abattre
cette citronneraie qui pourrait
abriter de dangereux terroristes.
Là, soudain, Salma se révolte.
Avec l'aide d'un avocat vite
séduit, elle décide d'aller
jusqu'à la Cour suprême...
Si joliment dessiné soit-il,
cet avocat amoureux pose un
vrai problème. Et son idylle
avec l'héroïne, aussi. Leur
histoire, bien touchante, amorce
un autre problème, en fait,
tout à fait intéressant (une
veuve palestinienne peut-elle
prendre pour amant un p'tit
jeune ?), mais en arrive à distraire
le spectateur de l'essentiel.
A savoir le lien invisible,
muet et passionnant qui se noue
entre cette Palestinienne en
révolte et l'épouse du ministre
israélien qui, elle, prend conscience,
peu à peu, de l'hypocrisie de
son entourage et des faux-semblants
de sa vie.
Par moments, le réalisateur
de La
Fiancée syrienne aurait
tendance à sacrifier aux défauts
habituels du film à thèse, mais,
visiblement porté par ses deux
comédiennes (Hiam Abbass et
Rona Lipaz-Michael), il fait
le plus souvent preuve d'une
étonnante finesse. A travers
les conflits qu'elles découvrent
ou qu'elles provoquent, Eran
Riklis parvient à décrire un
pays, une société, un système
démocratique, avec ses qualités
(une Palestinienne qui interpelle
la Cour suprême israélienne,
ce n'est tout de même pas mal),
mais aussi ses failles et ses
défaillances absurdes.
Pierre
Murat
Télérama,
Samedi 26 avril 2008 |
Tonnerre sous les tropiques

Après
les satiriques Disjoncté
(un Jim Carrey très noir)
et Zoolander (une
satire de la mode), Ben Stiller
cinéaste brocarde les excès
de Hollywood et les caprices
des stars mégalos. Avec une
arme à double détente : un
bon gros humour qui cache
une justesse inattendue. A
la fois comédie déjantée et
action movie efficace,
Tonnerre sous les tropiques
raconte l'épopée d'un
tournage de film de guerre.
Cinq vedettes du box-office
(les bandes-annonces de leurs
exploits ouvrent le film)
se retrouvent autour d'un
réalisateur novice pour fabriquer
l'oeuvre définitive sur la
guerre du Vietnam. Les personnages-acteurs
sont plongés dans la vraie
jungle, hostile, et rivalisent
de ridicule, bien malgré eux
: il y a celui qui suit le
script alors qu'il n'y a plus
de tournage (Ben Stiller lui-même),
le candidat à l'oscar qui
habite son rôle au point de
se faire opérer pour devenir
noir (Robert Downey Jr., épatant)
et le comique lourdingue en
quête de reconversion (Jack
Black, idoine).
Dans
ce film en trompe-l'oeil,
Ben Stiller se moque d'une
société américaine vénérant
des héros de guerre sans même
se préoccuper de leur authenticité
(Nick Nolte, en vétéran fraudeur,
arbore de fabuleuses prothèses).
Il allume aussi les comédiens
obnubilés par leur plan de
carrière - jouer des débiles,
c'est bien pour les Oscars,
à condition qu'ils aient des
talents cachés, comme Rain
Man ou Forrest Gump,
conseille l'un à l'autre.
Au
passage, on savourera le numéro
grandiose d'une guest star
surprise, jouissif en producteur
vulgaire, mégalo et despotique,
accro au Coca light... Et
au final, Ben Stiller signe
le genre de film qu'il dénonce
: une superproduction chère,
pleine de stars et d'effets
spéciaux. Mais, malin, il
évite de tomber dans son propre
piège, en gardant son parti
pris, celui d'une mise en
abîme satirique et facétieuse.
Juliette
Bénabent
Télérama,
Samedi 18 octobre 2008 |
|
Ce James
Bond n'est pas Bond
James Bond
est devenu une machine à tuer,
robuste, brutale, butée, qui
ne décoche jamais un sourire.
Crédits
photo : EON Productions
La
nouvelle aventure du célèbre
espion, qui sort sur les écrans
du monde entier aujourd'hui,
déçoit. Un scénario insipide,
pas de gadget et une violence
accrue.
« Quantum of Solace »
Film d'espionnage de Marc Forster,
avec Daniel Craig, Olga Kurylenko,
Mathieu Amalric. Durée :
1 h 58.
C'est
la première fois dans toute
l'histoire de la saga des
James Bond qu'un film fait
suite au précédent. L'argument
scénaristique a de quoi allécher
les fans de la planète.
Donc,
Quantum of Solace, 22e épisode
officiel de la plus ancienne
des franchises de l'histoire
du cinéma, commence une heure
après la mort de la belle
Vesper Lynd (Eva Green). Soixante
petites minutes séparent ce
nouvel épisode de l'époustouflant
Casino Royale… À elle
seule, cette perspective laissait
présager presque deux heures
de bonheur, tant, il y a deux
ans, l'adaptation du premier
roman de Ian Fleming avait
renouvelé le personnage de
007 sous la férule de Martin
Campbell, lui-même déjà aux
manettes de Goldeneye (1996).
Cette
fois, James Bond (toujours
incarné par le blond aux yeux
bleus Daniel Craig, plus « poutinien »
que jamais) part à la recherche
de ceux qui ont forcé la femme
qu'il aimait à le trahir.
Même s'il a été très critiqué
par les fans au départ, la
prestation de Daniel Craig
est remarquable. Dorénavant,
l'acteur « EST »
James Bond. En chemin, 007
rencontre Camille (insignifiante
Olga Kurylenko) et traque
le nouveau méchant du film,
un certain Dominic Green,
interprété par le Français
Mathieu Amalric, qui parvient
tout de même à tirer son épingle
du jeu.
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Woody
et ses sabots
Ibère.
Chronique de mœurs vaine
et caricaturale.

Woody
Allen raconte avec une coupable
candeur qu’il ne comprenait
rien aux paroles que s’échangeaient
devant la caméra Javier Bardem
et Penélope Cruz. S’exprimant
dans leur langue d’origine,
les deux vedettes brodaient,
tandis que le cinéaste, lui,
se contentait de filmer. Ou
de faire la sieste ? Car, avec
le recul, on trouve le procédé
d’autant plus désinvolte
que Vicky Cristina Barcelona
manque précisément de consistance,
variation romantique dont la
nature volatile tranche avec
plusieurs antécédents autrement
affûtés du New-Yorkais.
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Dans
la première séquence d’Entre
les murs, on voit le jeune prof,
François Marin [...] dans un
café, avalant un expresso, le
jour de la rentrée scolaire.
Ce temps de solitude hors les
murs, de liberté songeuse et
de quant-à-soi silencieux gagné
sur les exigences de la fonction,
le rôle social, sera le seul
que le film lui accordera. Une
fois franchi le seuil de cet
établissement parisien, il devient
un autre, perpétuellement visible,
sous le regard des élèves, des
collègues, de l’administration,
des parents, toujours en état
de parole, toujours accompagné,
la plupart du temps le corps
debout, dressé, à l’affût
au milieu de gamins assis en
embuscade, à la fois impérieux
et débordé. On ne se souvient
pas avoir jamais vu avec une
telle évidence, une telle acuité,
la scénographie scolaire dans
son autonomie radicale. Ce qui
a provoqué un véritable choc
à Cannes, c’est sans doute
cette tension sans détente du
«in», ce pleins feux de la rampe
pédagogique que le cinéaste
Laurent Cantet refuse sur plus
de deux heures d’éteindre
par les techniques habituelles
de la diversion ou de clair-obscur.
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 On
reproche suffisamment au cinéma
français de ne s’intéresser
qu’aux tourments existentiels
de jeunes bourgeois du VIIe
arrondissement taraudés par
le vide pour ne pas louer Entre
les murs. Mais le film de Laurent
Cantet revient de très loin:
il n’avait pas été annoncé
au cours de la conférence de
presse rituelle révélant la
sélection officielle du dernier
festival de Cannes. Des tractations
tendues entre les différents
comités de sélection et une
certaine indécision (ou réticence)
du directeur de la manifestation,
Thierry Frémaux, avaient ainsi
conduit à une situation inédite
de place à prendre au côté des
déjà retenus Desplechin (Un
conte de Noël) et Garrel (la
Frontière de l’aube).
Faisant figure de repêché de
dernière minute (comme certains
à l’oral du bac), le film
a été projeté en plein après-midi,
le dernier jour de la compétition,
avec à peu près aucun photographe
pour immortaliser la montée
des marches de l’équipe
du film au grand complet. Sans
l’énorme coup de pouce
surprise d’une palme décernée
par une star américaine, Sean
Penn, président du jury, ce
film de la 25e heure serait
reparti comme il est arrivé,
dans l’indifférence à
peu près générale. Tohu- bohu.
Cette palme d’or française,
la première depuis Sous le soleil
de Satan de Maurice Pialat,
en 1987, a de fait créé en mai
une inflammation médiatico-politique
spectaculaire. Le collège FrançoiseDolto,
dont sont issus les élèves du
film, a été littéralement envahi
par les caméras de télévisions
et les journalistes.
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Agnès
Jaoui & Jamel Debbouze :
Incitation à la tolérance

Dans
Parlez-moi de la pluie,
le comique perd le sourire.
Objet de l’humiliation
ordinaire, il joue un homme
tiraillé entre deux cultures.
La réalisatrice, elle, signe
une comédie douce-amère. Entre
eux, c’est une histoire
d’humour et de franc-parler.
Paru
dans Le figarole 13.09.2008,
par Béline Dolat
Dans
Parlez-moi de la pluie
(sortie le 17 septembre), sa
dernière réalisation, Agnès
Jaoui met en scène Jamel Debbouze.
Pour l’occasion, le comédien
a renoncé à son débit de mitraillette,
à ses fantaisies lexicales,
et s’est laissé porter
par la musique des dialogues
ciselés du binôme Jaoui-Bacri.
Au milieu d’une tendre
galerie de personnages, il forme
avec ce dernier un duo à l’équilibre
parfait, émanation cinématographique
d’une amitié qui dure
depuis dix ans et que l’actrice-réalisatrice
a voulu imprimer sur la pellicule.
Dans
le film, il incarne Karim, un
personnage qui lui ressemble,
Français d’origine maghrébine
pris entre son monde et celui
de Mimouna, sa mère. Agnès Jaoui
est Agathe Villanova, écrivain
féministe fraîchement arrivée
en politique et confrontée à
la dure réalité du terrain.
Entre deux projections en province,
nous les avons rencontrés dans
les salons du cinéma MK2 Bibliothèque,
à Paris. Légèrement dissipés,
complices et unis par une même
volonté de bousculer les a priori,
ils ont, pour _Madame Figaro
_, évoqué le film, la maman
de Jamel, le tagine au poulet-citron
et… Jean-Pierre Bacri.
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La fille de Monaco

En
apparence, le scénario n'est
qu'une osmose habile entre
La Femme et le Pantin et
En cas de malheur :
un riche avocat pour riches
(comme Gabin dans le film de
Claude Autant-Lara), venu défendre,
dans la principauté, la (vieille)
meurtrière d'un gigolo bien
membré, tombe raide dingue amoureux
de la présentatrice météo d'une
chaîne câblée. Audrey (Louise
Bourgoin) a la blondeur, la
sensualité et l'insolence d'une
bimbo qui se prendrait pour
Bardot, légère vulgarité en
sus. C'est même ça qui émoustille
l'avocat (Fabrice Luchini) :
qu'une bombe comme elle puisse
s'intéresser à son petit corps
tout mou, redonner à sa libido
endormie une nouvelle vigueur.
Dont va profiter sans vergogne
la ravissante (fausse) idiote,
qui en ce nanti croit voir passer
la chance de sa vie...
La
Femme et le Pantin,
donc. Sauf que rien n'est jamais
aussi simple qu'il y paraît
chez Anne Fontaine. Si l'on
excepte sa veine fantaisiste
(la trilogie consacrée au personnage
hurluberlu baptisé Augustin),
la cinéaste n'aime que les
histoires ambiguës et troubles.
Souvent peuplées de ménages
à trois : un couple terne, soudain
confronté à un ange pasolinien
(Nettoyage à sec) ;
deux femmes fantasmant sur le
même homme (Nathalie).
Le
troisième personnage de La
Fille de Monaco, celui
qui donne au film son mystère,
c'est le garde du corps de l'avocat
: Christophe, interprété par
Roschdy Zem, impassible et fascinant.
Le garde du corps parle peu,
n'exprime rien. Sinon la détermination
à exercer ce qu'on lui demande
de faire - ce qu'il croit devoir
faire. Silhouette impénétrable,
minérale, au point d'en devenir
inquiétante, comme une mécanique
parfaite dont on pressent, à
chaque instant, qu'elle pourrait
s'enrayer. D'abord en retrait,
le garde du corps envahit l'intrigue,
au point de reléguer au second
plan le personnage d'Audrey,
en dépit de la plastique irréprochable
et de l'évident naturel de Louise
Bourgoin.
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"
Teza ", d'Haïlé Gerima,
un film porté par une force
lyrique et une lucidité politique
hors du commun. DR

La Mostra 2008 propose une section
consacrée à des films italiens
méconnus, intitulée " Questi
Fantasmi ", ces fantômes.
Mais l'appellation aurait aussi
pu s'appliquer à plusieurs films
de compétition, montrés depuis
le 27 août, oeuvres de cinéastes
dont on était restés longtemps
sans nouvelles, comme Werner
Schroeter, qui présentait
Nuit de chien, son premier
long métrage depuis 2002, ou
l'Ethiopien Haïlé Gerima, venu
sur le Lido avec Teza,
qui suit le parcours d'un médecin
dans la tragédie éthiopienne,
de 1970 à 1990. Gerima n'avait
pas tourné de fiction depuis
1993.
Le
retour de Werner Schroeter,
gravement malade, a pris la
forme d'un épisode paroxystique.
Tiré d'un roman de l'Uruguayen
Juan Carlos Onetti, Nuit
de chien suit la déambulation
d'un homme revenu dans une ville
déchirée par la guerre civile,
dans l'espoir de sauver une
femme qu'il a aimée. Assailli
par tous ses passés, politique,
amoureux, militaire, le héros
se heurte au déchaînement de
cruauté et de lâcheté provoqué
par l'imminence du danger. Ce
basculement dans l'horreur peint
aux couleurs de l'opéra a été
mal compris par un public aux
réactions violentes, qui n'a
vu que l'outrance et la pauvreté
matérielle du film (qui donne
en effet, le temps des scènes
de combat, l'impression de tenir
avec des bouts de ficelle) et
a ignoré son courage, sa virulence.
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La
série
Auteur
: BIDOU
EMMANUELLE,KANOR FABIENNE
Durée
: 00:52:10
Réalisateur
: BIDOU EMMANUELLE,KANOR
FABIENNE
Avec
la participation de : FRANCE
5
Production
: MAT FILMS,TELESSONNE
Production
déléguée : MOUCHEL-BLAISOT
MARIE,MAGNIEN RICHARD
Production
exécutive : MARIE
MOUCHEL BLAISOT
 A
travers les témoignages de Guadeloupéens
et de Martiniquais ayant quitté
leur île pour la métropole,
ce film traite du déracinement
et de la difficulté à trouver
sa place entre terre d'origine
et terre d'adoption.
Ils
sont partis. Loin, très loin.
Jambé dlo, disent-ils en créole.
"Pour l'autre bord",
expliquent-ils. L'autre bord ?
C'est la rive d'en face, les
côtes amies après l'océan, la
métropole dont ils ont tant
rêvé.
Antillais
de Martinique et de Guadeloupe,
ils ont, dans les années 60,
quitté leur île pour se rendre
à Paris, Crouy-sur-Ourcq, Fontenay-le-Comte…
Au lendemain de la guerre, à
l'heure de la reprise économique,
l'administration française leur
a offert des billets pour venir
s'installer en métropole et
a organisé pour eux, à leur
arrivée, des formations pour
apprendre un métier.
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Le
secret d’Hancock
Ou
quand le passé ségrégationniste
des Etats-Unis fait retour dans
la science-fiction
par
Tina Harpin
 A
l’heure où la candidature
de Barack Obama à la présidence
des Etats-Unis fait la une de
l’actualité, nul ne peut
nier l’importance de la
question raciale dans un pays
qui a officiellement aboli la
ségrégation il y a à peine quarante
ans. C’est pourtant sur
ce déni que semble jouer le
film de science-fiction Hancock.
Que
raconte en effet ce blockbuster
actuellement au box office en
France et aux Etats-Unis ?
Se poser cette question n’est
pas inutile lorsque plusieurs
critiques soulignent l’incohérence
du scenario et les ruptures
de ton du film. Tout le monde
aura noté l’originalité
prétendument subversive de l’intrigue :
Hancock, un superhéros marginal,
déclassé, incapable d’utiliser
intelligemment ses pouvoirs,
s’avère être une plaie
pour la société jusqu’à
ce qu’il se fasse aider
par Ray Embrey, un brave chargé
de communication qui devient
son « coach de vie »
et redore son blason. Hancock
se prend en main, oublie sa
bouteille d’alcool, et
accepte même d’endosser
le costume trop « homo »
à son goût ( !) de superhéros,
pour se mettre enfin au service
de la société. Telle semble
être la fable d’Hancock.
Qualifié hâtivement de « transgressif »
pour une promotion publicitaire
efficace, le film a aussi été
interprété comme « progressiste »
du fait que le superhéros soit
noir, incarné par Will Smith.
Cette donnée de la mise en scène
passe facilement pour une preuve
d’ouverture d’esprit,
d’antiracisme, et on y
voit même un clin d’œil
amical au candidat en lice pour
la présidence des Etats-Unis.
Le fait que le superhéros noir
doive suivre une véritable rééducation
(dont la première étape est
un séjour en prison) avant de
pouvoir assumer ses fonctions
ne serait qu’une innocente
sophistication du scenario,
une variation sur le schéma
classique des épreuves purificatrices
que doit endurer tout héros,
et plus indubitablement tout
superhéros.
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Lettre
ouverte à
Alfred MARIE-JEANNE
Créole
en court vient de participer
en tant que co-producteur à
la réalisation du court métrage
« Au nom du père »
que vous avez bien voulu soutenir.
Ce film produit par la société
Marakudja’films, société
Martiniquaise de cinéma en court
métrage, a été pour nous l’occasion
de vérifier « in situ »
les conditions particulières
de tournage au format 35mm,
mais aussi et surtout la situation
pour le moins singulière des
intermittents Martiniquais du
cinéma et de l’audiovisuel.
Il
m’apparaît plus qu’important
d’attirer votre attention
sur la nécessité de soutenir
l’activité cinématographique
de façon réelle. Il y a une
urgence politique à considérer
ce secteur comme un secteur
culturel à part entière :
source d’emploi, de savoir
faire, espace de création.
En
effet, à l’occasion de
nos recherches en personnel
technique pour le film, nous
avons pu observer que la plupart
des techniciens Martiniquais
formés aux techniques des métiers
du cinéma dans le cadre d’école
ou dans le cadre de pratique
sur les plateaux de tournage,
finissent par déserter leurs
postes. La raison invoquée est
toujours la même « pas
assez de tournage »
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Les longs métrages: drames des
pauvres, caprices des riches
par
Selim Lander

Cette année, les Rencontres
cinématographiques associaient
à une compétition de courts
métrages et de documentaires,
la projection de longs métrages,
dont un certain nombre originaire
de la Caraïbe. Rapide panorama
sur quelques-uns de ces films.
Zulaika de Diederik lm
raconte l’histoire d’une
petite fille de douze ans qui
vit chez ses grands-parents,
avec une tante et les enfants
de cette dernière. Le grand-père
est malade ; la grand-mère
tient un tout petit commerce
d’épicerie qui ne rapporte
presque rien, faute de savoir
faire rentrer les crédits accordés
trop libéralement à une clientèle
impécunieuse ou de mauvaise
foi ; quant à la tante, elle-même
toujours à court d’argent,
elle est plus un fardeau qu’une
aide.
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Palmarès 2008
De l'art et de
l'ambigüité...
 Si
le Prix Jean-Philippe Matime
a été décerné avec justesse
à la cinéaste Camille Mauduech,
il faut néanmoins remarquer
que la compétition était sans
doute inégale.
Les 16 de Basse-Pointe (
lire la critique) est d'un genre
un peu particulier, ni tout
à fait documentaire, ni docudrame,
il faudrait inventer un terme
comme docu-synoptique, tant
le travail de la réalisatrice
apparaît comme la base préparatoire
à la réalisation d'une superbe
fiction
en devenir...
Puisse-t-elle trouver les financements
qui permettraient de concrétiser
ce tour de force.
Par
ailleurs
on notera que le jury n'a fait
paraître dans son commentaire
pour les mentions spéciales
que " "l'intérêt
patrimonial ..[des] œuvres".
Les artistes cinéastes
apprécieront!De l'art
et de l'ambigüité...
Déjà la projection de Parfum
de chêne du cubain
Rigoberto Lopez à l'ouverture
du festival avait donné lieu
à un feu d'artifice d'éloges
qui se situaient uniquement
sur le plan politique et en
aucun cas sur le plan artistique.
il faut dire que cette telénovelas
entre mélodrame et didactique
politique faute d'être marxiste-léniniste
était à tout le moins lénifiante.
Enfin on regrettera l'absence
singulière dans la liste des
longs métrages qui entouraient
la compétition de la palme d'or
cannoise 2007 le film de Christian
Mungiu 4 mois, 3 semaines
et 2 jours. Est-ce le sujet,
l'avortement, qui aurait effarouché
les organisateurs? Auquel
cas l'Artchipel en Guadeloupe,
n'aurait pas eu de ces pudibonderies,
puisqu'il a proposé à ses fidèles,
au moment de Cannes 2008, l'essentiel
du palmarès de l'an dernier.
L'île sœur a bien de la
chance d'avoir des cinéphiles
moins prudes. Si le CMAC ne
diffuse pas ces films qui le
fera en Martinique? Certainement
pas le circuit Elizé! N'y a-t-il
pas là un manquement? Le service
public n'a-t-il pas aussi pour
objet de pallier les insuffisances,
les carences, des circuits commerciaux?
R.S.
Lire le communiqué du jury
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| vendredi
06 juin à 9:30

Rigoberto
Lopez - Cuba - 2003 - 2h05
Au19ème siècle à Cuba, …l’aventure
amoureuse entre une belle et
distinguée femme (noire) de
Saint-Domingue et un commerçant
allemand (blanc), romantique,
arrivé récemment dans le pays.
Une histoire d’amour infini
qui fit de l’Angerona,
la plus riche plantation de
café de Cuba. Dans cette sombre
période, marquée par l’intolérance,
les incompréhensions, les conflits
d’intérêts et le pouvoir
absolu, en ces deux personnages
s’affrontent, plus que
deux cultures, deux identités,
deux façons de voir la vie.
|
| PRE-OUVERTURE
DES RENCONTRES CINEMAS 2008 EN
MARTINIQUE Entrée
libre
lundi 02 juin à 18:30

Zulaika (Curaçao, Antilles néerlandaises,
1990), fiction de Diederik Vaan
Rooijen, 1 h 18
Section :
Joyaux Caribéens-
Meilleur long-métrage pour jeunes :
Prix du Jury, 4ème Festival
International de Film de Buenos
Aires, 2005 ? Certificat d’Excellence.
Festival International de Film
d’Enfants de Chicago.
Zulaika, est une jeune fille
débrouillarde de 12 ans, dont
la mère travaille aux Pays-Bas,
vit à Curaçao avec sa grand-mère
et son grand-père malentendant.
La famille est humble et les
enfants de l'école se moquent
de Zulaika à cause de son uniforme
râpé et de la difficulté que
rencontre sa famille à s'acquitter
les frais de sa scolarité. Lorsque
la situation empire, sa force
de caractère et sa persévérance
lui donnent le courage de surmonter
les difficultés.
|
Film franco-uruguayo-brésilien
de Enrique Fernandes, César
Charlone
Ken Loach a des cousins
en Uruguay : ils ont posé leur
caméra à Melo, tout près de
la frontière avec le Brésil
que, chaque jour, des petits
trafiquants inoffensifs traversent
à vélo - en rêvant d'avoir une
moto ! Beto est de ceux-là,
pédalant sans relâche, moustache
au vent, pour le compte d'un
commerçant local, à qui il rapporte
du pays voisin, plus prospère,
toutes sortes de denrées de
base. L'annonce du voyage du
pape - Jean-Paul II sillonna
effectivement la région en 1988
- secoue la petite communauté,
qui parie sur l'afflux de riches
pèlerins brésiliens. Chacun
s'affaire à préparer des stands
de chorizos et autres empañadas,
ce qui donne à Beto une autre
idée : bâtir dans son jardin
des toilettes payantes pour
croyants repus. Reste à financer
l'installation du (saint) siège.
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|
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Ce
n'était pas arrivé depuis
vingt et un ans, depuis la
Palme d'or décernée sous les
huées à Sous le soleil
de Satan, de Maurice Pialat,
en 1987. En 2008, le jury,
présidé par l'Américain Sean
Penn, a décerné la récompense
suprême du Festival de Cannes
à un film français, Entre
les murs, de Laurent Cantet,
adapté du roman de François
Bégaudeau, également coscénariste,
acteur dans le film –
et accessoirement chroniqueur
de football au journal Le
Monde.
Cette
décision a été accueillie
avec chaleur, peut-être même
un brin d'euphorie par le
public du Grand Théâtre Lumière,
au Palais des Festivals. C'est
que le spectacle final de
cette cérémonie de clôture
tranchait avec la liturgie
des dimanches de palmarès
ordinaires : les stars primées
(Benicio Del Toro, Catherine
Deneuve) se fondaient dans
la joyeuse cohorte des élèves
et des enseignants qui sont
devenus acteurs pour Laurent
Cantet.
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Cantet,
la classe!

Les
salles de classe sont des pièces
aussi mystérieuses que les chambres
conjugales. Entre les murs
éclaire ce mystère en mettant
les outils de l'expérience directe
au service de la fiction. Cette
greffe est rendue possible par
l'existence d'un individu qui
occupe une multiplicité de positions
au centre du film : François
Bégaudeau en est à la fois le
sujet (il a été professeur),
l'inspirateur (il a écrit un
roman tiré de son expérience
d'enseignant), le coscénariste
(avec Laurent Cantet et Robin
Campillo) et l'interprète principal.
Cantet
ne le laisse pas pour autant
kidnapper le film et impose
sa mise en scène fluide et rigoureuse.
Le scénario, à première vue
fait d'une succession de séquences
disjointes, révèle progressivement
une construction dramatique
intense.
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Les archives cinéma |
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