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Cannes remet la Palme d'or à Michael Haneke

L'Autrichien reçoit la plus haute distinction du 62e Festival de Cannes avec "Le Ruban blanc". Retrouvez l'ensemble du palmarès.

 

 

 

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Le réalisateur autrichien Michael Haneke s'est vu décerner la Palme d'Or, ce dimanche soir, pour son film, Le Ruban blanc.
Eric Gaillard / Reuters

- Palme d'or: l'Autrichien Michael Haneke pour Le Ruban blanc. «Parfois ma femme me pose une question très féminine: "est-ce que tu es heureux?". C'est très difficile de répondre. Mais aujourd'hui, c'est un moment dans ma vie où je peux dire… je suis très heureux et toi aussi, je pense», a confié Haneke.

Avec Le Ruban blanc, il signe un film à l'extraordinaire photographie en noir et blanc, qui dissèque les méfaits de l'éducation ultra-répressive en vogue en Europe au début du XXe siècle. Le réalisateur avait déjà été récompensé deux fois à Cannes, où il avait notamment reçu, en 2005, le Prix de la mise en scène pour Caché.

- Grand prix: Un prophète du Français Jacques Audiard

Haletant film noir sur l'univers carcéral, Un Prophète, le cinquième en quinze ans du fils du célèbre réalisateur et dialoguiste français Michel Audiard, avait été particulièrement apprécié par les critiques.

«Je suis très heureux. Et comme le dit Meryl Streep à Robert Redford dans "Out of Africa", faites attention parce qu'à partir de maintenant, je vais croire tout que vous allez dire !», a lancé Jacques Audiard.

- Prix d'interprétation féminine: Charlotte Gainsbourg dans Antichrist du Danois Lars von Trier.

L'actrice française qui a conclu ses remerciements avec une pensée pour son père, s'est affirmée «très honorée et très heureuse», remerciant le festival d'avoir eu «l'audace» de sélectionner le film du Danois. En référence à la controverse qui a agité le festival sur ce film très dur, qui montre des images de mutilation et de tortures.

Il «m'a permis de vivre l'expérience la plus intense, la plus douloureuse et la plus excitante» jusqu'à présent, a ajouté Charlotte Gainsbourg.

- Prix d'interprétation masculine: l'Autrichien Christoph Waltz pour son rôle dans Inglourious basterds de Quentin Tarantino.

Formé au théâtre et habitué aux rôles mauvais garçons à la télévision, cet Autrichien âgé de 52 ans, joue un officier SS dans le film de Tarantino. S’adressant au cinéaste en recevant son prix, l'acteur a lancé: «Avec ta passion et ta compassion, c'est toi qui m'a rendu ma vocation.» Il a également remercié Brad Pitt «de [l']avoir rencontré sur un pied d'égalité».

- Prix du jury, ex-aequo: Fish Tank de la Britannique Andrea Arnold et le Coréen Park Chan-wook pour Thirst, ceci est mon sang.

«Quand on fait un film, on donne un peu de soi, et même beaucoup de soi, alors merci de cette reconnaissance!», a salué Andrea Arnold.

«Après deux échecs au box-office il m'a fallu beaucoup de temps pour faire ce film, c'est donc une joie immense pour moi ... de la conception du film jusqu'à sa sortie, sauf au moment des interviews», a ironisé de son côté Park Chan-wook qui remporte son deuxième Grand prix du Jury, cinq ans après celui attribué à Old boy.

- Prix de la mise en scène: Brillante Mendoza pour Kinatay. Le Philippin a voulu, à travers ce film, dénoncer les violents assassinats commis par les gangs, violence bien réelle selon le réalisateur.

- Prix du scénario: Nuits d'ivresse printanière, le film de Lou Ye.

Le réalisateur chinois, qui a du braver une interdiction de tournage dans son pays, a souhaité à ses compatriotes  cinéastes d'avoir «la liberté de travailler en toute indépendance» et a «espéré que tous les jeunes réalisateurs auront la liberté de faire les films qu'ils veulent faire».

Lou Ye est interdit de tournage dans son pays jusqu'en 2011 pour avoir présenté en compétition à Cannes 2006, sans l'aval des autorités, Palais d'été qui évoquait la répression du Printemps de Pékin en 1989. Tourné sans autorisation avec une petite caméra numérique en deux mois à Nankin, Nuits d'ivresse printanière raconte une sulfureuse passion qui déclenche une succession de drames et s'attaque à un nouveau sujet tabou en Chine, l'homosexualité.

- Caméro d’or: Samson et Delilah de l'Australien Warwick Thornton.

- Prix du meilleur court-métrage: Arena du Portugais Joao Salaviza.

- Prix exceptionnel à Alain Resnais pour son œuvre. Longuement salué par la salle debout, comme les membres du jury au grand complet, le réalisateur français, à 86 ans a «quand même tenu à marquer sa surprise et son émotion» ainsi que sa gratitude au jury pour ce prix dans une «catégorie tout à fait surprenante».

«Je l'accueille avec d'autant plus de bonheur que mon expérience dans le cambouis remonte à un certain nombre de jours et d'années», a ajouté Resnais, demandant à l'équipe de son film présenté à Cannes, Les herbes folles, de monter sur scène.

En un peu plus d'un demi-siècle, Resnais a marqué l'histoire du cinéma d’œuvres majeures, d'Hiroshima mon amour (1959) en passant par L'année dernière à Marienbad ou son documentaire sur les camps de la mort Nuit et brouillard (1955).

 

(Source AFP)

Libération

24/05/2009 à 19h46 (mise à jour à 22h19)