Archives 1
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De
nombreux films, qui seront dévoilés au Festival de Cannes
(14-25 mai), en compétition officielle comme dans les
sections parallèles, témoignent de la vitalité du cinéma
d'auteur en France. Et pourtant un grand nombre ont eu un
mal fou à se faire. D'où, au-delà de cette fête cannoise, un
malaise qui entoure depuis une dizaine d'années les films
d'auteur. C'est pour en cerner les causes et imaginer des
solutions que l'autoproclamé Club des 13 (treize
signataires) a rendu public un rapport, le 27 mars. Car la
situation s'est suffisamment dégradée pour qu'un groupe de
professionnels du secteur indépendant décide, à
l'instigation de la réalisatrice Pascale Ferran (Lady
Chatterley), d'élaborer ce document de 200 pages sans
être mandaté par quiconque.
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Comité de soutien au film "ALIKER"
du réalisateur
Guy des LAURIERS
L'objectif du comité qui s'est constitué le 30 avril 2008
est de :
-
Soutenir financièrement la production de ce film. En
effet, suite à des problèmes techniques et à la
détérioration de la pellicule ayant entraîné un sinistre
important pour le film, les fonds récoltés
majoritairement auprès des collectivités locales de
Martinique, Guadeloupe, Guyane et de quelques
entreprises privées s'avèrent insuffisants.
-
85.000 €uros sont nécessaires pour achever la
production et envisager une sortie sur les écrans pour
la fin de cette année 2008.
-
L'importance de ce film du point de vue historique est
incontestable et nous ne pouvons laisser mourir une
telle initiative !
-
Au-delà de l'aide financière, le comité et tous ceux qui
le soutiennent veulent contribuer par leur action à
faire connaître des faits historiques qui ont marqué et
marquent encore la société martiniquaise.
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Hiam Abbass.
Grandie en Israël, l’actrice palestinienne, 48 ans, vit
désormais en France et circule à sa façon entre
antagonismes guerriers et différences culturelles.

Il existe
en France une actrice de cinéma capable de jouer en
arabe, en hébreu, en anglais et en français. Vous ne
voyez pas ? Elle a tourné dans le dernier Spielberg,
Munich , deux fois avec Amos Gitaï et
vient de terminer le prochain Jarmusch. Toujours pas
? Normal, elle a peu tourné en France, même si elle
y vit depuis dix-neuf ans. C’est Hiam Abbass,
Palestinienne (d’identité), Israélienne (de papiers)
et Française (d’adoption)…
Ne dites
jamais qu’elle est une Arabe israélienne : «Je
déteste cette expression. C’est une manière d’effacer
mon identité et de nier la présence des Palestiniens sur
cette terre.» Quand elle a quitté Israël en 1988,
c’était aussi pour échapper à «l’impression
d’étouffer» sur cette terre trop sainte et trop
convoitée, «où chacun se croit le droit de vous
demander de justifier ce que vous êtes et pourquoi vous
pensez comme ça. Quand je dis que je suis de Deir Hanna,
on me catalogue comme chrétienne. Quand je réponds que
je suis musulmane, on s’étonne que je fume. A la fin, je
saturais. Il est impossible de ne pas se sentir
différente dans ce pays.»
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Iron Man
Film américain de Jon Favreau à
Madiana

Avant de subir de plein fouet la concurrence de papy
Indiana Jones et de Batman, sixième du nom,
cet « homme d'acier » ouvre avec panache et un peu d'avance
la traditionnelle saison estivale des blockbusters
américains. Moins connu que ses camarades Hulk ou Spider-
Man, Iron Man est néanmoins un superhéros authentique,
fragile à l'intérieur et superbalèze à l'extérieur, comme
tous les surhommes nés de l'imagination de Stan Lee, dans
les années 60.
Outre sa banale capacité à voler à la vitesse du son au
secours de la veuve et de l'orphelin, sa spécialité est
d'être lui-même son propre ennemi : la schizophrénie entre
l'homme privé et l'homme public atteint ici un abîme inédit.
Pour une fois, le premier n'est pas un binoclard pubère
susceptible de faciliter l'identification avec le public
adolescent des Marvel Comics. A la ville, Iron Man est un
play-boy milliardaire et cynique, héritier d'un fabricant de
missiles.
Ce n'est qu'après s'être fait kidnappé par les talibans
(armés par ses soins) que le businessman prend conscience de
l'abomination de son activité et décide de retourner sa
veste. Conscient de l'absence de méchant consistant, le
réalisateur néglige les grands duels habituellement associés
au genre et laisse le champ libre à ce cabotin de Robert
Downey Jr. Dont l'insolence et l'humour décalé suffisent à
rendre le film savoureux.
Jérémie Couston
Télérama, Samedi 03 mai 2008 |
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« Les 16 de Basse-Pointe »
Quand le
sucre a le goût du sang
par Roland Sabra

« Manmay
kouté, kouté sa ki pasé, sé
té an mars, an mars 48».».
La chanson de Kolo Barst
pourrait, hélas être adaptée
à de nombreuses situations
en Martinique, tant le
pouvoir colonial s'est
inscrit avec un alphabet de
sang et de feu sur le corps
du peuple martiniquais. Le
04 mars 1948 au Carbet les
gendarmes tirent sur des
ouvriers en grève sur
l'habitation Lajus. Trois
morts. Le crime restera
impuni. C'est dans ce
contexte et dans un climat
général de répression du
mouvement ouvrier,
diligentée par le pouvoir
socialiste que le 06
septembre 1948, le petit
béké Guy de Fabrique,
administrateur de la
plantation Leyritz, provoque
arme au poing, en compagnie
de trois gendarmes un groupe
d'une soixantaine de
grévistes. Désarmé il
s'enfuit, puis est rejoint
par un petit nombre
d'ouvriers agricoles. Trois
coups mortels lui sont
portés suivis d'une
trentaine d'autres. Un béké
a été assassiné! La nouvelle
est incroyable,
habituellement ce sont les
nègres que l'on assassine,
mais là c'est un blanc
créole, pensez-donc!! Dans
les jours qui suivent 16
hommes sont arrêtés sans
preuve, incarcérés trois ans
avant d'être jugés dans
l'ancien port négrier de
Bordeaux. Sous la houlette
de Georges Gratiant,
dirigeant de la Fédération
communiste de Martinique un
dizaine d'avocats engagés
dans le combat
anticolonialiste,
puissamment relayés par le
parti de Thorez, vont faire
passer le meurtre au second
plan et dresser un
réquisitoire implacable à
propos de la misère, de
l'exploitation sans limite
de la main d'oeuvre de
couleur et de l'impunité
absolue dont bénéficie les
sucriers blancs sous la
protection complice des
forces de répression.
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Jeudi
de
Madiana
No
Country
for
Old
Men

Rejoignant
au
sommet
Blood
Simple
(1984)
et
Fargo
(1996),
No
Country
for
Old
Men
est
une
oeuvre
tendue
sur
le
fil
du
rasoir,
palpitante
comme
une
artère
tranchée,
mais
aussi
subtilement
distanciée.
Un
film
coenien
comme
on
les
aime,
à
double
fond
et
double
visage,
distribuant
l'humour
et
le
macabre,
la
farce
sanglante
et
le
pessimisme
métaphysique,
la
puissance
du
film
noir
et
les
magnificences
du
film
de
route.
Cette
œuvre
a
lieu
logiquement
à la
lisière
d'une
frontière,
celle
qui
sépare
le
Texas
du
Mexique.
Un
territoire
plus
que
balisé
par
le
cinéma
américain
(du
western
au
polar),
mais
comme
redécouvert
par
les
premiers
plans
d'une
beauté
plastique
à
couper
le
souffle
- le
désert,
son
aridité
sauvage,
ses
découpes
majestueuses,
ses
couleurs
vertigineuses.
Les
Coen
y
inscrivent
le
vieux
et
lancinant
défi
lancé
par
le
Grand
Ouest
à la
civilisation,
avec
toutes
les
questions
que
cet
espace
suppose
:
quid
du
mythe
de
l'innocence
et
de
la
conquête,
quid
du
cinéma
qui
le
remet
sur
le
métier,
quid
de
la
grande
nation
dont
l'identité
s'est
forgée
sur
ce
mythe
et
sur
ce
cinéma
?
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Les cerfs-volants de Kaboul
Film
américain de Marc Forster au Jeudi de
Madiana le 28 février
Voilà une curiosité : un
film américain, soutenu par
une major, avec des
comédiens peu connus
d'origine égyptienne,
iranienne ou afghane, et
dont les deux tiers des
dialogues sont en dari, la
langue afghane. Hollywood au
pays des talibans, on craint
le pire... Mais Marc Forster
(A l'ombre de la haine)
s'empare avec ferveur d'un
livre remarqué de Khaled
Hosseini et signe une
authentique épopée
romanesque.
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A 66 ans, le metteur en scène de " More
" est allé réaliser " Inju " au Japon.
Familier des plongées dans l'inconnu, il
a fait fi de la réputation redoutable
des conditions de tournage dans
l'Archipel der A 66 ans, le metteur en
scène de " More " est allé réaliser "
Inju " au Japon. Familier des plongées
dans l'inconnu, il a fait fi de la
réputation redoutable des conditions de
tournage dans l'Archipel
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"La Question humaine" :
psychanalyse de l'économie libérale
Troisième
volet de la trilogie de Nicolas Klotz sur le monde
actuel, La Question humaine contraste fortement
avec les deux précédents. Alors que Paria se
passait dans le monde des SDF, que La Blessure
donnait la parole aux sans-papiers tout juste arrivés en
France, La Question humaine prend place chez les
riches, dans les arcanes d'une multinationale
pétrochimique. Ambitieuse tant sur le plan esthétique
qu'intellectuel, cette adaptation du roman du même nom
de François Emmanuel propose une réflexion sur la nature
du capitalisme contemporain ; et tient ses promesses, de
bout en bout.
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Cahier d’un retour au pays natal : Le Film

/font>Avec tout ce
qui se passe sur nos grands
et petits écrans, tous ces
films dont l’image semble
toujours être à bout de
souffle, tant il faut
greffer à ces histoires
imprévisibles des suites
artificielles, feuilletons
griffonnés à la hâte sous
couvert d’audimat, qu’elles
en deviennent interminables
et incontrôlables. Ou
lorsque les armes sont plus
loquaces que les textes qui
les incluent, plus vrais que
les acteurs tout couleurs
hémoglobine, dont les rôles
réflexes conditionnés, se
résument à parler haut et
remue-ménage, à appuyer sur
la détente d’armes plus
automatiques que leurs
créations artistiques.
Savez-vous qu’un film se
tourne chez nous, qu’il se
nomme : « Cahier d’un
retour au pays natal ».
Une adaptation audiovisuelle
du texte d’Aimé Césaire, mis
en scène par Philippe
Berenger. Absolument ! Même
que Jacques Martial en fait
partie. Je vous le rappelle,
il en est l’interprète
principal et l’instigateur.
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"Dans
la vallée d'Elah" : quand la guerre en Irak
contamine les valeurs de l'Amérique

Pourquoi les
films les plus sévères envers la politique belliciste de
George W. Bush sont-ils souvent les plus lourdement
patriotiques - comme s'il fallait réaffirmer la grandeur de
l'Amérique, théorique ou passée, à l'instant même où on la
critique ? Dans la vallée d'Elah, deuxième film de
Paul Haggis, gâte par ce travers d'évidentes bonnes
intentions. Vainqueur surprise d'un oscar pour Collision
(2006), l'ancien scénariste de Clint Eastwood,
accessoirement repéré par la presse américaine comme un «
scientologue de gauche », entend démontrer que la guerre
ravale l'homme au rang de bête. Certes, mais à la différence
d'un Bruno Dumont qui, sur un thème similaire, sait prendre
de la hauteur (dans Flandres), Paul Haggis reste scotché au
ras du récit, encombré de ses gigantesques sabots.
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Les films de l'année 2007

Les cinq critiques cinéma du Monde
ont élu les cinq films qu'ils ont, chacun,
préférés au cours de l'année 2007. Cité à
quatre reprises, Still Life, du
cinéaste chinois Jia Zhang Ke, chronique de
la modernisation de son pays (et de la
disparition de l'habitat villageois
traditionnel) à travers l'édification du
barrage des Trois-Gorges, recueille la
majorité des suffrages. [Les] journalistes
ont aussi aimé Inland Empire, de
David Lynch, La Graine et le Mulet,
d'Abdellatif Kechiche, Tout est pardonné,
de Mia Hansen-Love, Boulevard de la mort,
de Quentin Tarantino, ou Ratatouile,
le dessin animé de Brad Bird.
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Escale à
Blockbuster-Station

Faisant partie d’une génération américaine
pour laquelle le réalisateur se devait de
posséder le statut d’auteur et d’être le
seul maître à bord pour tout ce qui concerne
son film, Martin Scorsese rejoint
aujourd’hui, avec Gangs of New-York,
la grande famille des cinéastes ayant
illustré la naissance de la nation
américaine. Entièrement située sur la
presqu’île de Manhattan, cette histoire de
vengeance familiale entre des communautés
séparées par la religion et l’origine
géographique s’intègre totalement dans la
filmographie de son réalisateur. Néanmoins,
elle s’inscrit également dans un processus,
dont les prémisses apparaissent dès The
King of Comedy, qui voit Scorsese
réfléchir sur l’évolution du cinéma
contemporain en cherchant à s’y intégrer.
Dès lors, ses films, à l’image de ceux de
son collègue Coppola, se réfugient dans un
formalisme vide de toute référence autre que
cinématographique, et deviennent les
produits de prestige d’un système dominé par
l’économie et l’idéologie
du blockbuster. C’est pourquoi, plutôt que
de comparer Gangs of New York à
l’œuvre matrice de Griffith The Birth of
a Nation, il conviendrait davantage de
l’interpréter dans une perspective plus
directement contemporaine comme la réponse
retardée de l’industrie au magnifique film
de Cimino Heaven’s Gate.
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Les blockbusters
américains, essai d’analyse idéologique d’un
produit culturel mondialisé.
par Franck Bousquet
L’industrie
cinématographique s’est affirmée, dès son
apparition, en tant que pourvoyeuse de
spectacles à vocation mondiale.
De fait, les entreprises américaines de ce
secteur se sont rapidement organisées pour
empêcher la concurrence étrangère sur leur
territoire national (ainsi la constitution
du premier trust en 1908 entraîna-t-elle
l’adoption d’un sceau, délivré aux films par
une commission de censure, composée
d’associations œuvrant à la sauvegarde des
bonnes mœurs et de distributeurs, qui
jugeait systématiquement les films européens
immoraux, lesquels, par voie de conséquence,
étaient refusés par les salles). Par la
suite, les studios américains ont réussi à
exporter leurs films partout dans le monde
(d’abord à la faveur de la Première Guerre
mondiale et de la chute de la production
européenne, puis, dans les années vingt,
grâce à la politique volontariste de William
Hays, le premier patron de la nouvellement
créée MPPDA,
qui se transforma en commercial hollywoodien
auprès des pays européens songeant alors à
adopter des restrictions à l’importation).
Ce mouvement vers l’exportation n’a cessé
ensuite de croître, car, année après année,
les marchés du reste du monde sont devenus
de plus en plus nécessaires à la rentabilité
des films américains. Tant et si bien
qu’après la Seconde Guerre mondiale certains
observateurs
se sont accordés pour penser que le contenu
idéologique des grosses productions
hollywoodiennes se résumait à un éloge du
capitalisme, et surtout que toute référence
nationale en était soigneusement gommée.
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A
Madiana
Tom Cruise joue avec une conviction
remarquable un jeune sénateur républicain
qui tente de convaincre une journaliste
chevronnée (Meryl Streep) du bien-fondé
d'une nouvelle stratégie en Afghanistan.
Cette opération est mise en scène (avec
d'assez pauvres moyens) afin de démontrer
qu'elle met en danger la vie de deux jeunes
engagés, l'un afro-américain, l'autre
latino. Et ceux-ci (la tresse est tressée)
sont justement les anciens élèves d'un
professeur californien (Robert Redford en
personne) qui tente de convaincre un
brillant jeune homme de suivre ses études
avec sérieux
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A
Madiana
"American Gangster"
:
ascension et chute d'un patron modèle du
secteur des stupéfiants
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Russell Crowe et Denzel
Washington (de dos) dans le film
américain de Ridley Scott,
"American Gangster".
PARAMOUNT PICTURES
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Il passe dans le cinéma américain un vent de
nostalgie pour l'époque à laquelle New York
était une ville sale et dangereuse.
American Gangster revient sur l'épidémie
d'héroïnomanie au tournant des années 1960
et 1970, chroniquée presque en direct par
Jerry Schatzberg dans Panique à Needle
Park. Le film de Ridley Scott fait le
portrait de Frank Lucas, grossiste en
stupéfiants à Harlem, l'homme qui - à en
croire le scénario de Steve Zaillian - fut
l'artisan de cette catastrophe.
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L'adaptation
des albums de Marjane Satrapi est un
miracle de justesse et d'inventivité
cinématographique
 Tous
ces pixels nous avaient fait oublier
l'émotion propre au dessin animé. Cette
sensation singulière que suscite le
spectacle d'une image en deux dimensions
qui se met à bouger. Lorsque l'image
nous est déjà familière,
l'émerveillement se double d'inquiétude
: tous ces possibles que la
contemplation d'une case de bande
dessinée nous avait offerts vont-ils
s'accomplir ?Heureux (ses) lecteurs (trices)
de Persepolis, la réponse est oui. En
une heure et demie, la vie dessinée qui
parcourait les quatre albums de Marjane
Satrapi devient une vie de cinéma. Et il
n'est pas besoin d'être familier de la
bande dessinée pour s'abandonner à sa
séduction.
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A
Madiana
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Brad
Pitt, dans L'Assassinat de
Jesse James par le lâche Robert
Ford. Un film poétique qui
tourne la page de l'Amérique
mythologique pour écrire celle
d'un pays en représentation
permanente.
|
par Eric Libiot, Denis
Rossano
Après
un âge d'or entre 1930 et 1960, le genre a pratiquement
disparu des salles obscures, mais renaît régulièrement
de ses cendres, comme aujourd'hui avec L'Assassinat de
Jesse James... Et il s'affiche comme le miroir de
l'Amérique.
Souvenez-vous. C'était en 1903. La sortie sur les
écrans de L'Attaque du Grand Rapide,
d'Edwin S. Porter. Le premier western jamais montré
au cinéma. Depuis, la cavalerie a souvent battu les
Indiens, le train a sifflé trois fois et les
aventuriers venus des vallées perdues ont peuplé un
pays tout autant qu'une mythologie. «Le western est
le cinéma américain par excellence», écrivit
justement le critique et théoricien André Bazin. Ce
qui lui évite de mourir totalement, comme le prouve
la sortie, cette semaine, de L'Assassinat de
Jesse James par le lâche Robert Ford, d'Andrew
Dominik, avec Brad Pitt.
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A Madiana
Caramel de
Nadine Labaki

Entre épilation et manucure,
portraits de Libanaises éprises de liberté
malgré des tabous tenaces. Un premier film qui
sonne souvent juste.
D’un film
venu du Liban ces jours-ci, on imagine, a
priori, une part d’engagement politique.
Caramel, premier long métrage d’une
cinéaste prometteuse, semble d’abord tout
autre chose : une galerie de portraits de
femmes, dans un salon de beauté de Beyrouth.
Pourtant, cette comédie pleine de charme et
de finesse esquisse aussi le dessin d’un
Liban en pleine mutation, où le rôle et la
place des femmes changent.
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A Madiana

En argot
militaire, le rata
n'est pas seulement
un mauvais ragoût,
il peut encore être
touillé (mélangé) à
loisir. Pour les
Niçois, la
ratatouille est au
contraire une
délicate préparation
de légumes revenus à
l'huile d'olive.
Ratatouille est
aussi le titre du
dernier film
d'animation des
studios Disney-Pixar,
en tête du
box-office depuis sa
sortie le 1er août.
C'est une comédie
magique - du "
temps que les bêtes
parlaient " -
qui met l'accent sur
l'opposition entre
ville et champs,
entre nature et
culture, hommes et
animaux, dans un
contexte narratif
consacré à la
restauration et à la
gastronomie.
L'histoire, vue
par les Américains,
se passe à Paris,
capitale mondiale du
goût, ce qui n'est
pas le moindre
paradoxe de ce film.
Elle s'inspire
autant de la fable
Le Rat de ville
et le Rat des champs,
du bon La Fontaine,
que du Joueur de
flûte de Grimm,
conte cruel où le
musicien n'est autre
qu'un dératiseur,
dans la petite ville
de Hamelin, en
Basse-Saxe
(Allemagne).
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A Madiana
Un Cœur invaincu

Le
23 janvier 2002, le monde entier est choqué
par l'image d'un journaliste américain
décapité devant la caméra par des
extrémistes pakistanais. Daniel Pearl,
superviseur du Wall Street Journal pour
l'Asie du Sud-Est, enquêtait au Pakistan sur
un dénommé Richard Reid, activiste et
vendeur d'armes. L'adaptation des mémoires
de Mariane Pearl ("A Mighty Heart : the
Brave life and Death of my Husband Danny
Pearl"), retraçant le kidnapping et le
meurtre de son époux journaliste par des
activistes pakistanais.
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Par Carlos GOMEZ
Le premier
épisode
avait été
une jolie
réussite, le
deuxième
commençait à
sentir le
réchauffé.
Le troisième
est un
énorme
ratage, pas
loin de
l'escroquerie
artistique
réalisée par
un Steven
Soderbergh
bien décidé
à exploiter
le filon
jusqu'au
bout. Malgré
un casting,
toujours de
rêve, cette
fois, il est
allé trop
loin. On ne
suit plus.
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Damon,
Clooney et
Pitt
tournent en
rond.
(Warner Bros) |
Soderbergh est en
train d'assécher
son Ocean. Le
troisième
épisode de la
série est
l'épisode de
trop, sachez-le
tout de suite. A
moins d'avoir
manqué les deux
précédents, il
n'y a rien à
voir ici, sinon
une redite sans
sel ni grâce des
aventures
désormais bien
connues de Danny
Ocean, alias
George Clooney,
bandit en
smoking à la
tête bien faite
et aux plans
géniaux. Alors
qu'Ocean's 12
avait eu pour
cadre une Europe
de carte postale
(France,
Italie), le
cinéaste
rapatrie sa
troupe à Las
Vegas, où l'idée
du premier casse
(trois casinos
fracturés en
même temps)
avait germé.
Première petite
faute de carre :
l'effet de
déjà-vu est
dramatique, avec
l'impression
curieuse et
immédiate
d'assister à une
sorte de remake
d'Ocean's 11 par
le même
réalisateur. Ça
sent le procédé.
Et pourtant, à
ce stade encore,
le souvenir
passé est si bon
qu'on ne demande
qu'à marcher une
fois de plus.
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La fin
des 2èmes Rencontres Cinémas en
Martinique
La compétition des courts
métrages
par Selim Lander
Le
festival des courts métrages de Fort-de-France est
ouvert en principe à tous les réalisateurs de la (ou
originaires de la) « Caraïbe insulaire ». En
pratique, faute de moyens de sous-titrage en
particulier, il n’a rassemblé jusqu’ici que des
films émanant des Antilles françaises (et de la
Guyane.
Les six
films présentés en compétition en 2007 appartiennent
à des genres très différents. Trois d’entre eux sont
des ouvrages d’amateurs plus ou moins expérimentés,
parmi lesquels on retiendra surtout Bon na rien
ou chronique d’un mouton paresseux, du Guyanais
Serge Poyotte, non parce qu’il est le plus long de
la sélection (30 min.) mais parce qu’il parvient à
créer une atmosphère sympathique et à instaurer une
sorte de connivence avec les spectateurs.
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le Palmarès
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La fin
des 2èmes Rencontres Cinémas en
Martinique
Une réussite, même si
les délibérations d'un jury
pusillanime, délivrent un palmarès
frileux
par Roland Sabra
La compétition qui ne concernait que
des courts métrages , était entourée
de longs métrages sélectionnés
autour du thème «Vivre ensemble »
et portait en exergue cette phrase
de Martin Luther King : « Nous
devons apprendre à vivre ensemble
intelligemment ou nous mourrons tous
ensemble comme des idiots. ». Il
faut souligner l'homogénéité et la
qualité de cette programmation. « Madeinusa »
de Claudia Llosa
d'abord mais
aussi , « Le rideau de
sucre »
de Camila Guzman
et puis le film d'ouverture « 10
canoés, 150 lances et 3 épouses »
de Rolf de Heer
ont fait une grande impression,
auprès d'un public de cinéphiles
nombreux à se presser aux séances.
« Daratt »
de Mahatmat-Saleh Haroun,
sorte de remake tchadien du film des
frères Dardenne « Le
fils »,
prix d'interprétation masculine à
Cannes en 2002 a eu son comptant
d'applaudissements. Il vaut mieux
oublier « Un nom pour un
autre »
équivalent des romans de gare, film
à l'eau de rose au sentimentalisme
défraîchi, égaré dans la cour des
grands.
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Rencontres
Cinémas en Martinique
Le Violon
Eloge de
la résistance
par
Selim Lander
Gare
aux jeunes qui veulent embrasser le métier d’acteur,
le cinéma d’auteur fait de moins en moins appel à
des professionnels ! C’est le cas de trois nouveaux
films visionnés lors des Rencontres de
Fort-de-France 2007 : Darrat, du Tchadien
Mahamat-Saleh Haroun, Madeinusa de la
Péruvienne Claudia Llosa et donc de ce Violon
du Mexicain Francisco Vargas. Et c’était déjà le
cas, incidemment, dans l’adaptation réalisée en
Haïti en 1976 par Maurice Failevic du roman de
Jacques Roumain, Gouverneur de la rosée
(également projeté lors de ces rencontres). Dans
tous les cas mentionnés ici, on est stupéfait par la
qualité des interprètes. De l’enfant au vieillard,
ils expriment tous une vérité qu’on ne trouve pas
toujours dans les films qui mettent en scène des
« comédiens ». Et, de fait, les acteurs non
professionnels sont le plus souvent conduits à
interpréter des rôles très proches de leur vie
quotidienne, pour lesquels ils n’ont pas besoin de
« jouer » mais d’être simplement eux-mêmes.
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"Il
n'y aura plus de musique"

L'introduction
est brutale, inhumaine, presqu'insoutenable. Des
hommes sont ligottés, battus, menacés par un
militaire arrogant. La violence se déchaîne à l'état
brut, glaciale. Le noir et blanc, loin d'être
esthétisant, évoque la reconstitution nécessaire
d'images d'archives qui n'existeraient pas. Un
témoignage de fiction, mais un témoignage tout de
même. Puis vient le titre du film, et avec lui la
première interrogation : que peut bien venir faire
la musique là-dedans ? Probablement pas adoucir les
mœurs…
A une époque indéterminée (mais qui évoque sans
conteste les luttes populaires latino-américaines
dans la lignée de Zapata, du Chili ou de la
Colombie), des paysans préparent une révolte armée.
Ils sont impuissants, isolés, misérables, et
pourtant déterminés. Le camion qui les transporte
sur sa remorque les transforme en bétail humain, les
grands propriétaires en font des enfants
irresponsables, les soldats les traitent en vermine
à exterminer. Quoique les revendications politiques
ne soient jamais clairement exprimées (pour empêcher
d'ancrer trop profondément le film dans un pays, une
époque, une lutte particulière, sans doute), la
dignité, plus que tout, est en jeu.
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Rencontres
Cinémas en Martinique
Le dernier tango
"en
la cama"
un film de Matias
Bize

Écran noir, souffles coupés, râles étouffés, cris
échappés, ressorts qui grincent. Ecran blanc saisi
de tremblements, de déchirements pour entrevoir,
dans le désordre des draps, un morceau de chair, un
ventre , un sein, une cuisse, le sien , la sienne.
Cri. Un visage et puis un autre et se déroule le
Générique de « En la cama » le film chilien de
Matias Bize projeté ce vendredi 29 juin à l'Atrium.
De
l'autre, ils ne savent pas même le nom, mais ils se
connaissent au sens biblique du terme.
Charnellement, intimement au plus proche
d'eux-mêmes. Fantasme, assez masculin de la
rencontre totale sans avoir à livrer quoi que ce
soit de soi que Bertolucci avait déployé dans « Le
dernier tango à Paris ». Un américain de passage
rencontre lors d'une visite d'un appartement vide
une jeune femme à la veille de son mariage. Une
passion purement limitée au sexe se développe avec
la volonté de ne rien vouloir savoir de l'autre.
C'est donc ce même argument qui est repris par
Matias Bize, avec infiniment moins de moyens bien
sûr que son aîné et c'est donc dans la façon de le
traiter que réside l'intérêt de la chose.
Lire la suite par Roland Sabra
Lire l'article de Selim Lander sur le même film
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Rencontres
Cinémas en Martinique
Madeinusa
"Si Dieu est mort, alors tout
est permis"

Troisième film des Rencontres de Fort-de-France :
Madeinusa, premier long métrage de la
réalisatrice (et scénariste) péruvienne Claudia
Llosa, plusieurs fois primé, en particulier à
Toulouse, notre ville sœur en cinéma, où il a obtenu
le prix spécial du Jury lors des Rencontres
d'Amérique latine de 2006. Curieux film en vérité où
l’insolite du décor (un village des Andes situé à
3700 m d’altitude) comme l’absence de comédiens
professionnels peuvent faire croire que l’on se
trouve face à une docu-fiction plutôt qu’une fiction
véritable. En réalité il s’agit bien d’une histoire
inventée, même si elle emprunte de nombreux éléments
à la réalité, à commencer par la descente de croix
du Christ articulé, laquelle se pratique
effectivement lors de la semaine sainte dans les
villages de l’Ayacucho. Mais tout cela est au
service de la peinture d’une société qui serait
soudain, et pour une brève période, libérée de tous
ses interdits.
Lire la suite par Selim Lander
et l'article de Roland Sabra
sur le même film
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Rencontres
Cinémas en Martinique
Ombres et
lumières cubaines :
"le
rideau de sucre"
un film
de Camila Guzman

Voilà un film qui risque de mécontenter à la fois
les épigones du castrisme et les thuriféraires
anti-castristes. Les uns et les autres sont d'autant
plus engagés dans leur foi que celle-ci se déploie
loin des côtes cubaines. Dans les années soixante
les cubains dénommaient par dérision l'équivalent du
rideau de fer, le rideau de sucre. C'est le nom que
la réalisatrice cubaine Camila Guzman, installée à
Paris, donne à un documentaire original et intimiste
sur la société actuelle de la plus grande îles des
Antilles. Si elle a quitté Cuba en 1990, Cuba ne l'a
jamais quittée. Le film se compose d'une série
d'entretiens avec des amis, des proches, des
intimes, retrouvés bien des années après. Et c'est
dans ce climat de grande confiance qu'une parole
d'une étonnante liberté va prendre corps. Camila
Guzman réussit ce tour de force de faire totalement
oublier la caméra aux personnes qu'elle interroge et
qui prennent la parole en s'adressant à elle comme à
une amie retrouvée à qui l'on peut confier sans
crainte rage, désespoir, doute et espérances de
lendemains meilleurs. Un premier cliché s'effrite :
à Cuba la parole est plus libre que ne l'imagine
l'opinion commune!
Lire la suite par Roland Sabra
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Rencontres
Cinémas en Martinique
DARRAT, saison sèche
par Selim Lander

Deuxième film de ces
rencontres martiniquaises, Darrat : Le Tchad,
les paysages du Sahel, un quartier populaire mais
pas populeux de Ndjamena. Un jeune homme sympathique
malgré un physique plutôt ingrat est chargé de
poursuivre et d'exécuter celui qui fut l'assassin de
son père. Il le retrouve, ne se décide pas à le tuer
tout de suite. L'autre sympathise avec lui, finit
par l'embaucher comme apprenti dans sa boulangerie.
Plus le temps passe et plus on
comprend qu'il sera impossible pour le jeune homme
d'accomplir sa mission. L'assassin de son père n'est
plus le même homme. Il est devenu pieux. Il regrette
ses fautes. Et de fait l'exécution prévue n'aura pas
lieu.
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Cristian Mungiu a
reçu, dimanche 27 mai, sa Palme d'or
des mains de Stephen Frears, au nom
des " petits cinéastes, venus de
petits pays ". Le jeune
réalisateur roumain - il est âgé de
39 ans - a été distingué par un jury
qui, sous la présidence du cinéaste
britannique, a eu à coeur de
respecter la cohérence de la
sélection de cette soixantième
compétition cannoise.
Celle-ci proposait des films venus
du monde entier à la sempiternelle
et préoccupante exception de
l'Afrique. Et sans que l'on puisse
faire la part de la coïncidence, de
la volonté du délégué artistique
Thierry Frémaux et de l'air du temps
planétaire, ces oeuvres faisaient
une espèce de Babel dont la langue
commune parlait de la liberté de
l'homme face à la mort. C'est cette
diversité géographique et cette
unité thématique que le jury a
saluées.
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La magie évanouie
Le 25 février, le Los
Angeles Times publiait un texte de Neal
Gabler intitulé The Movie Magic is Gone .
Gabler, professeur, journaliste,
éditorialiste respecté, auteur de nombreux
livres sur le cinéma (1) y développait une
réflexion sur la révolution qu'est en train
de vivre le cinéma face à la croissance
d'Internet et des jeux vidéo. Ce n'est pas,
selon lui, une simple transformation
technologique, mais une mutation profonde
des paramètres même du spectacle des images
et du rôle qu'y tient le spectateur. A la
culture commune du glamour et du bigger
than life de l'ancien Hollywood se
substitue aujourd'hui le narcissisme
individualisé de l'internaute, star
miniature de ses propres créations.
A une
semaine du Festival de Cannes et alors que
déferlent les premiers blockbusters de l'été,
nous avons eu envie de traduire et de publier ce
texte. On peut discuter des arguments de Gabler,
telle sa nostalgie pour un âge d'or du septième
art, mais la clarté de son diagnostic est une
incitation à une réflexion élargie sur les
enjeux d'un cinéma renouvelé.
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A propos
de « L’AVENIR EST AILLEURS », un
documentaire de création coréalisé par Antoine
Maestrati et Michel Reinette.
L’avenir est…Où ?
par
Frantz Succab
Rosette
est partie pour la France, voir ses enfants et ses
petits-enfants. Ils sont toute sa vie, vivre en tête
à tête avec son vieux mari ne lui suffit plus. Elle
partira, il l’attendra. Mais seul son cercueil
reviendra.
« L’avenir est ailleurs » commence avec la veillée
de Rosette. Un pilier de veillée boit à la santé de
ceux qui sont partis avec un aller sans retour et de
ceux qui ont résisté aux sirènes du BUMIDOM. Le film
d’Antoine Maestrati et Michel Reinette nous initie
en parabole au parcours de ceux ont cru que l’avenir
était en France.
L’histoire commence en 1963, ou peut-être bien
avant, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de
l’histoire coloniale. La guerre d’Indochine, puis la
guerre d’Algérie, avec leur lot de jeunes antillais
du contingent morts pour une France qu’ils ne
connaissaient pas. Beaucoup sont allés au front,
beaucoup sont morts, d’autres sont retournés « plein
s’usage et raison », rapportant dans leurs pays des
commencements d’idée anticolonialistes. Finies les
guerres coloniales sur les indépendances respectives
des peuples vietnamiens et algériens ! Ici, la crise
économique et sociale qui, au cours des deux
décennies suivant l’année 1960, verra se fermer les
usines sucrières, va conditionner l’apparition de
germes anticolonialistes : l’OJAM en Martinique, le
GONG en Guadeloupe.
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L’économie repart, mais les blessures restent
ouvertes. A l’occasion d’un festival de cinéma
itinérant, portrait d’un pays cadenassé, où la
réconciliation est loin d’être acquise.

Des montagnes. Encore
des montagnes. Hautes mais douces. Et si vertes, si
paisibles. Ce pourrait être la Suisse, si ce
n’étaient les bananiers et les eucalyptus, à perte
de vue. Combien de voyageurs tout frais débarqués
ont-ils eu du mal à croire qu’ils se trouvaient là
au cœur même de l’Afrique, celle des grands lacs et
des collines luxuriantes. Celle aussi, où, pour
reprendre les mots de l’écrivain polonais Ryszard
Kapuscinski, le diable est passé il y a maintenant
treize ans, en 1994 – le génocide des Tutsis par les
Hutus a fait entre huit cent mille et un million de
morts en cent jours. Justement, où en est le Rwanda
de l’après-jenoside, comme on dit ici, en
kinyarwanda ? « Le Rwanda tourne la page »,
répète à l’envi la propagande officielle. Nous
sommes venus voir de plus près, le temps d’un
festival de cinéma, le seul du pays qui se promène
de colline en colline – ce qui lui vaut son surnom :
« Hillywood ». Tout juste débarqués de Kigali, la
capitale, nous voilà donc crapahutant sur une route
serpentine à l’asphalte impeccable, construite par
les Chinois ou les Suisses, le chauffeur ne sait
plus très bien. Et autour de nous, les collines qui
défilent, monotones, alanguies.
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"Still Life" : l'homme noyé
dans le changement

Voir un film de Jia Zhang-ke, c'est donc faire bien
davantage que se familiariser avec l'un des fleurons
de la création indépendante chinoise. C'est entrer à
la fois dans la préfiguration du monde de demain et
dans le laboratoire esthétique d'un cinéma qui en
relève d'ores et déjà les défis. Technique
numérique, fiction documentée, lyrisme électrique,
hypersensibilité poétique à l'interaction entre
l'homme et son milieu : tels en sont les principaux
traits relevés à ce jour. |
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"Ecrire pour exister"
un film de Richard
La Gravenese
Erin
Gruwell, enseignante novice de 23 ans, a choisi
comme premier poste un lycée difficile de Long
Beach. Ses élèves l'ignorent superbement et se
regroupent en clans, prêts à s'affronter au moindre
prétexte. L'ambiance empire au fil des jours, en
dépit des efforts sincères et maladroits ...
Les avis sont partagés...
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suite |
"Goodbye Bafana"
Cinéaste poids lourd pas toujours très inspiré, dont
on peine à se souvenir qu’il a glané deux palmes
d’or (Pelle le conquérant et Les
Meilleures Intentions), Bille August s’attaque
une fois de plus à un « grand sujet » : l’apartheid
en Afrique du Sud. Ou plus précisément l’apartheid
tel que le geôlier de Nelson Mandela l’a vécu,
passant de l’intérieur à l’extérieur de la prison où
le leader noir est resté enfermé vingt-sept ans.
D’un tel scénario, inspiré des mémoires du véritable
gardien, on avait tout à craindre. En fait des gros
sabots attendus, c’est un film classique et tenu que
signe ici le réalisateur danois. Malgré une mise en
scène très convenue et le recours à des symboles un
peu faciles (le Noir et le Blanc en marche vers la
réconciliation, à l’image du pays), Goodbye
Bafana est porté par la force de son sujet. De
ce classicisme sans fioritures, servi par la
sobriété du duo d’acteurs Joseph Fiennes-Dennis
Haysbert, émerge une émotion discrète mais bien
présente. En montrant comment la conscience du
gardien s’affranchit au contact du prisonnier, Bille
August éclaire sans insistance l’aura d’un être
d’exception, que trois décennies d’emprisonnement
n’auront pas suffi à faire oublier de son peuple.
Mathilde Blottière
Télérama n° 2987
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L'avenir est ailleurs

Le 22
septembre 2006, Antoine LEONARD-MAESTRATI
et Jacques ATLAN présentaient
en avant-première, ce documentaire, avec
le soutien de la municipalité de
Levallois-Perret (92). Une thématique:
le BU.MI.DOM (BUreau
des MIgrations de l'Outre-Mer).
Antoine LEONARD-MAESTRATI
et Michel REINETTE ont
ainsi choisi de donner une voix à cet
épisode migratoire douloureux : la voix
authentique de vécus croisés,
reconstitués. Le débat qui a suivi la
projection a permis de créer une
éloquente interaction entre
Antoine MAESTRATI et le public,
touché par ce sujet mémoriel et
intergénérationnel. Une force
émotionnelle déclinée en témoignages
mêlés.
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"300"
This is merdaaaaa!
 Allons
à l'essentiel : 300 est un
atroce film de propagande dont l'idéologie de droite
extrême donne envie de vomir. «This is
Spartaaaaa !» hurle Léonidas
dans la bande annonce. «This is merdaaaaa
!» en fait. Adapté d'un
«roman graphique» (pas une
«BD», c'est vulgaire) d'une des stars du genre,
Frank Miller (Sin City, Dark Knight Returns...), dont
le dessin charbonneux masque admirablement le caractère
violemment réactionnaire de ses scénarios, le
film de Zack Snyder débarque pourtant sur les
écrans français en terrain archiconquis. Depuis
huit mois, une habile campagne de marketing virale a
électrisé toute la nation geek. Fanas
de BD, inconditionnels de jeux vidéo ou de cinéma
de genres ne se sont pas fait prier pour faire tourner
eux-mêmes en boucle sur le Net une efficace bande-annonce
promettant une inoffensive et jubilatoire fresque épique.
D'autant que le traitement des images de ce péplum digital
(dans la lignée de Sin City de
Robert Rodriguez ou de Capitaine Sky et le monde de
demain de Kerry Conran) est encore suffisamment
original pour aiguiser les appétits.
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L'énergie et la
roublardise d'un thriller francilien
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A Madiana .
 Nous
sommes en novembre 2006. La saison des
prix cinématographiques vient à peine de
commencer. Forest Whitaker ne sait pas
encore qu'il va recevoir le Golden Globe
et être nommé à l'Oscar du meilleur
acteur. Mais, depuis que Le Dernier
Roi d'Ecosse a été présenté au
Festival de Toronto, au mois de
septembre précédent, l'acteur croule
sous les éloges, comme ça ne lui était
pas arrivé depuis longtemps, depuis
Bird, en 1988. Dans ce film de Clint
Eastwood, il était devenu le
saxophoniste Charlie Parker, ce qui lui
avait valu le prix d'interprétation à
Cannes, cette année-là.
Cette fois, il doit sa gloire à Idi Amin
Dada, ancien sergent de l'armée de Sa
Majesté britannique, président de
l'Ouganda de 1971 à 1979 pour le plus
grand malheur de son pays et l'amusement
du reste du monde. Inspiré du roman de
Giles Foden (éditions de L'Olivier),
Le Dernier Roi d'Ecosse est une
fiction - la chronique de l'amitié entre
le dictateur et son médecin, un jeune
Ecossais - qui suit de près la dérive
barbare réelle du général-président. Le
titre rappelle la proposition d'Idi Amin
Dada qui encouragea les Ecossais à se
séparer du trône d'Angleterre et à se
placer sous son autorité.
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 Spécialité
américaine le film de fiction qui
brosse le portrait d'un artiste
connait une vogue mondiale. Avec "
La Môme ", consacré à Edith Piaf, la
France s'essaye au genre
Dans le jargon hollywoodien, on
nomme cela un " biopic ", pour
biographical picture. Une
fiction brossant le portrait
d'un personnage réel, du berceau
à la tombe ou en se concentrant
sur un épisode essentiel de sa
vie. Le genre prolifère
aujourd'hui, surtout quand le
sujet est un musicien. Le
triomphe en 2004 de Ray
(Charles), de Taylor Hackford, y
est pour beaucoup.
Le 14 février sortira sur les
écrans La Môme d'Olivier
Dahan, premier biopic musical
français consacré à une
personnalité du XXe siècle,
Edith Piaf. Le réalisateur et le
producteur, Alain Goldman, ne
cachent pas leurs visées
internationales. Piaf est une
des rares icônes de la chanson
d'ici dont la renommée a dépassé
les frontières.
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A Madiana
Blood
Diamond
 Une confirmation : Hollywood
s’intéresse à l’Afrique. Il y a eu
Lord of war sur les trafics
d’armes, The Constant Gardener
sur les basses œuvres de l’industrie
pharmaceutique. Il y aura bientôt
Le Dernier Roi d’Ecosse sur
la dictature d’Amin Dada en Ouganda
(Forest Whitaker est en pole
position pour l’oscar). Qu’est-ce à
dire ? L’Afrique est-elle, vue
d’Amérique, le dernier endroit où se
donner encore des frissons ? Ou bien
s’agit-il d’extérioriser une
mauvaise conscience, de défendre une
cause, de dénoncer une plaie ? Au vu
de Blood Diamond, les deux,
mon général. D’un côté, le film
investit les lieux comme un super
décor à sensations pour deux heures
vingt d’aventures exotiques. De
l’autre, il dénonce la manière dont
l’industrie du diamant
instrumentalise les guerres locales
en finançant l’achat d’armes contre
des pierres, les « diamants de
sang » du titre. Un carton final
invite les consommateurs à bien se
renseigner sur la provenance des
diamants qu’ils achètent, laissant
penser que ce combat est la raison
d’être du film.
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Les bons résultats de certains films français
commerciaux cachent la crise des œuvres de création
et de la cinéphilie. Le cinéma français se porte à merveille
: près de 190 millions d'entrées ont été enregistrées
en 2006, plusieurs films dépassent le million de spectateurs
et la part de marché de la production nationale tutoie
celle des films américains. Mais ce succès est surtout
le fait de films dits commerciaux : comédies sentimentales
(Je vous trouve très beau, Donne-moi ta main),
policier (Ne le dis à personne), dessin animé
(Arthur et les Minimoys). Pendant ce temps, dans son
pays natal, le film d'auteur est au plus mal.
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" DARATT
(SAISON SÈCHE) ", DE MAHAMAT-SALEH
HAROUN

Après la guerre civile, dans
une cour de N'Djamena, un jeune
homme face à l'assassin de son
père
Comment construire quand on n'a
rien reçu en héritage ? Cette
question revient dans tous les
films de Mahamat-Saleh Haroun,
le premier cinéaste tchadien de
l'histoire. Autour d'elle,
celui-ci explore depuis une
dizaine d'années des pistes
multiples, à travers
documentaires et fictions.
Daratt (prix spécial
du jury au Festival de Venise)
est son troisième long-métrage -
après Bye Bye Africa et
Abouna. C'est aussi le
plus tendu, le plus élégant, le
plus aboutit formellement. Comme
si à force de creuser, le
cinéaste avait trouvé sa voix
propre, une voix orpheline mais
affirmée, se choisissant ses
propres parrains dans le cinéma,
et peut-être tout autant dans la
peinture.
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La
couleur du sacrifice.
Quand les colonisés
libérèrent l’Europe
Des
milliers de Marocains, de
Sénégalais, d’Algériens,…
ont joué un rôle essentiel
dans la libération de
l’Europe du nazisme. Le
cinéaste bruxellois Mourad
Boucif leur a consacré son
dernier film. Rencontre. "Parce
ce que la France n’en est
pas très fière, cela fait
partie de sa période sombre.
Elle a enrôlé des jeunes,
parfois très jeunes.
Certains n’avaient que 13
ans, mais ils ont augmenté
leur âge jusqu’à 18 ans pour
pouvoir les enrôler ! Des
gamins qui vivaient dans la
brousse avec des
températures de 40°, ils les
ont envoyé se battre dans
les montagnes où il faisait
parfois moins 20° ! On ne
connaît pas exactement leur
nombre, mais on estime
qu’ils étaient un million
pendant la Seconde guerre
mondiale et 900 000 pendant
la Première.Quelque 40% se
sont enrôlé volontairement,
en fait pour des raisons
économiques parce que
c’était la misère. Plus de
la moitié « des hommes » a
pratiquement été enrôlée de
force. En fait, aujourd’hui,
les schémas ont très peu
changé. En Irak, beaucoup de
gens à la recherche de leur
carte de résidence aux
Etats-Unis se sont enrôlés.
"
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"The Queen" : Helen Mirren tout à
fait royale .
L''avènement d'Elizabeth II a
correspondu à celui de la télévision
- en 1953, son couronnement fut
l'une des premières fêtes
cathodiques du village planétaire.
Et voici que le cinéma célèbre, avec
humour, sévérité et acuité, la
catastrophe qui a marqué la fin du
long règne de la fille de George VI.
On sait, depuis la présentation du
film à Venise, en septembre, que The Queen,
de Stephen
Frears, chronique méticuleusement la
semaine qui va du dimanche 31 août
au samedi 6 septembre 1997, de la
mort de Lady Diana Spencer, à Paris,
à son enterrement dans la basilique
de Westminster. On sait aussi
qu'Helen Mirren y tient le rôle de
la souveraine et que son travail lui
a valu à Venise la Coupe Volpi de la
meilleure actrice. |
Poupée
de sang
Scoop : le Dahlia
noir est adapté
d'un des plus fameux
livres de James Ellroy.
Scoop (tout aussi
faisandé) : c'est un
film de Brian De Palma
jusqu'au bout des
ongles, une collection
de ses obsessions
intimes, ramenant
au-devant de la scène
tout le background
trouble d'Hollywood, et
jouant sur la
translation des
personnalités les unes
dans les autres. S'il
devait exister, en 2006,
un film pour raviver la
vieille théorie des
auteurs, celui-là ferait
parangon : il est d'une
fidélité totale au roman
d'Ellroy. Il suffisait
de tendre l'oreille à la
sortie des projo, on y a
entendu suffisamment de
gens se plaindre de ne
rien y comprendre,
effrayés d'avoir eu à se
débattre au coeur d'une
chose touffue à n'en pas
respirer, circulant à
l'aveugle dans un récit
distillant plus d'infos
en deux heures que dans
les six derniers mois du
cinéma hollywoodien. Du
Ellroy pur, donc. Mais
il est plus fidèle
encore à l'univers
cohérent de De Palma.
Pourtant, le projet
existe depuis cinq ans.
David Fincher (Seven,
Fight Club) devait
téléguider la mise en
scène et dans la
distribution les noms de
stars ont valsé.
Hartnett, pressenti
depuis le début, devait
donner la réplique à
Mark Wahlbergh. C'est
avec la mâchoire carrée
d'Aaron Eckhart (Thank
You for Smoking) qu'il
doit désormais faire
équipe. |
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Le
cinéma de Wong Kar-wai
par Selim
Lander . Une
rétrospective Wong Kar-wai
a été organisée
en septembre 2006 à l’Institut
de l’image d’Aix-en-Provence.
Retours en arrière :
(...) les
fans de Wong Kar-Wai sont avant
tout des amoureux de la forme,
ou de l’art pour l’art. Ceux
d’entre eux qui ont encore le
goût de lire ont certainement
une attirance du même genre
envers Proust, ou plutôt son
écriture. En effet, quelles que
soient les subtilités de la
psychologie de cet auteur, la
finesse de ses analyses de la
société, c’est son style
inimitable qu’ils révèrent
surtout. Inimitable, certes, à
ce degré de perfection, dans les
lettres. Mais il n’est pas
interdit de le transposer dans
d’autres formes d’expression. Et
peut-être, après tout, WKw nous
offre-t-il un équivalent
cinématographique de Proust. |
"Indigènes"
de Rachid Bouchareb primé
à Cannes 2006
.
C'est
une page occultée de
l'histoire de France qu'entend
retracer Rachid Bouchareb :
130 000 tirailleurs maghrébins
et africains s'engagèrent
en 1943 dans l'armée
française pour libérer
la " mère patrie
" de l'ennemi nazi, que
la hiérarchie militaire
coloniale appela " indigènes
". Parmi ces soldats morts
au champ d'honneur, on retrouve,
sur le site Internet du ministère
de la défense, les noms
de Debbouze, Bouajila, Zem et
Naceri. C'est dire l'investissement
des quatre acteurs principaux
de cette épopée
qui, au-delà du défi
artistique, rendent hommage
à leurs ancêtres.
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Théâtre
et cinéma : tout est affaire
de regard(s) par Jacques Perret
• Overdose
d’images. Au bout du doigt,
des images, des images en rafale.
Zapping télévisé
: surgissent à volonté
des pubs, des séries, des
jeux, un JT, un magazine d’info,
…et même des films
de cinéma, en vision rétrécie,
anémiée. Fiction
et monde réel se bousculent,
se télescopent, voire s’emmêlent.
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Quand
le cinéma d'auteur se
nourrit de misérabilisme
et de lutte des classes
. L'analyse de Jean-Luc
Wachthausen ,
A la lumière du palmarès
politiquement engagé
du dernier Festival de Cannes
dont la dominante – pas
très festive ! –
tournait autour de la guerre
et du sale état de notre
planète, difficile de
ne pas constater qu'un certain
cinéma d'auteur, qu'il
soit européen, américain
ou asiatique, suit l'air du
temps. Autant dire que, depuis
quelques années, la tendance
lourde est à la morosité,
au misérabilisme, au
déclinisme, voire à
la critique appliquée
de notre histoire dont on est
prié de relire quelques
chapitres en battant sa coulpe
ou en chaussant les lunettes
de Karl Marx. |
Cauchemar
de Darwin : César et
polémiques
Alors
même qu’un César
du Meilleur Premier Film est
venu samedi couronner une carrière
hors-normes pour un film de
ce type, Le Cauchemar de Darwin,
le documentaire-choc d’Hubert
Sauper, est violemment attaqué
dans un article de la revue
Les Temps Modernes (numéro
635-636, paru en février
2006).
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Les
dissidents: l'histoire contre
la mythologie par Aimé
Charles-Nicolas . Le
22 février a eu lieu
à l’Atrium une
projection du film d’Euzhan
Palcy « Parcours
de dissidents » suivie
d’un débat en présence
d’Euzhan Palcy et de dissidents,
tous magnifiques dans leur simplicité
et leur noblesse, comme dans
le film.
Le film est beau mais le débat
blesse là où une
sorte de pensée unique
restreint l’expression
des dissidents.D’abord
le film tient la promesse du
titre. Ponctué de photos
des dissidents et d’extraits
d’archives il a voulu
donner enfin la parole aux dissidents.
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Le
cauchemar de Darwin :
A
travers le scandale de la perche
du Nil, un documentaire effarant
sur les rapports Nord-Sud. Le
cauchemar de Darwin : Un serial
killer. Multirécidiviste.
Opérant en toute impunité
depuis des années. Son
terrain de chasse ? Le lac Victoria,
le berceau de l'humanité.
Son nom ? La perche du Nil.
Importé en Tanzanie au
début des années
60, ce poisson apparemment inoffensif
a provoqué, à
lui seul, une véritable
catastrophe écologique,
décimant toutes les autres
espèces. Tout en donnant
naissance à une industrie
lucrative qui a fait de lui
le meurtrier le plus protégé
du monde... Existe en DVD |
Million Dollar Baby : de la brûlure
des cordes aux brûlures
de la vie
C'est
un film binaire, entre ténèbres
et lumière, entre vieillesse
et maturité, entre un
monde d'homme et une vie de
femme, entre sunlights de la
gloire et crépuscule
du destin, entre gagnants et
« loosers ».
Un film de clair-obscur fidèle
à l'écriture de
F.X. Toole,l'auteur des nouvelles,
« La brûlure
des cordes » (Albin
Michel, traduit de l'américain
par Bernard Cohen.302 pages.
Prix : 20,9 €) dont est
tirée la dernière
livraison de Clint Eastwood,
Million dollar baby, dûment
récompenssée aux
Oscars. |
Brodeuses
:
Si
un homme sur deux est une femme,
elles sont donc comme l'écrit
joliment Mao « la
moitié du ciel ».
Et quand elles font leur cinéma
c'est à nous tous quelles
dédient leur travail
c'est du moins le cas de ce
beau film, tellurique chargé
de chair et de fil, de fruit
et de sang dont une jeune femme
nous fait cadeau : Brodeuses, |
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Archives cinéma
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