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Festival de Cannes 2008   De nombreux films, qui seront dévoilés au Festival de Cannes (14-25 mai), en compétition officielle comme dans les sections parallèles, témoignent de la vitalité du cinéma d'auteur en France. Et pourtant un grand nombre ont eu un mal fou à se faire. D'où, au-delà de cette fête cannoise, un malaise qui entoure depuis une dizaine d'années les films d'auteur. C'est pour en cerner les causes et imaginer des solutions que l'autoproclamé Club des 13 (treize signataires) a rendu public un rapport, le 27 mars. Car la situation s'est suffisamment dégradée pour qu'un groupe de professionnels du secteur indépendant décide, à l'instigation de la réalisatrice Pascale Ferran (Lady Chatterley), d'élaborer ce document de 200 pages sans être mandaté par quiconque.

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Comité de soutien au film "ALIKER"
du réalisateur
Guy des LAURIERS

L'objectif du comité qui s'est constitué le 30 avril 2008 est de :

  • Soutenir financièrement la production de ce film. En effet, suite à des problèmes techniques et à la détérioration de la pellicule ayant entraîné un sinistre important pour le film, les fonds récoltés majoritairement auprès des collectivités locales de Martinique, Guadeloupe, Guyane et de quelques entreprises privées s'avèrent insuffisants.

  • 85.000 €uros sont nécessaires pour achever la production et envisager une sortie sur les écrans pour la fin de cette année 2008.

  • L'importance de ce film du point de vue historique est incontestable et nous ne pouvons laisser mourir une telle initiative !

  • Au-delà de l'aide financière, le comité et tous ceux qui le soutiennent veulent contribuer par leur action à faire connaître des faits historiques qui ont marqué et marquent encore la société martiniquaise.

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Hiam Abbass. Grandie en Israël, l’actrice palestinienne, 48 ans, vit désormais en France et circule à sa façon entre antagonismes guerriers et différences culturelles.

par Christophe Ayad  

  Il existe en France une actrice de cinéma capable de jouer en arabe, en hébreu, en anglais et en français. Vous ne voyez pas ? Elle a tourné dans le dernier Spielberg, Munich , deux fois avec Amos Gitaï et vient de terminer le prochain Jarmusch. Toujours pas ? Normal, elle a peu tourné en France, même si elle y vit depuis dix-neuf ans. C’est Hiam Abbass, Palestinienne (d’identité), Israélienne (de papiers) et Française (d’adoption)…

Ne dites jamais qu’elle est une Arabe israélienne : «Je déteste cette expression. C’est une manière d’effacer mon identité et de nier la présence des Palestiniens sur cette terre.» Quand elle a quitté Israël en 1988, c’était aussi pour échapper à «l’impression d’étouffer» sur cette terre trop sainte et trop convoitée, «où chacun se croit le droit de vous demander de justifier ce que vous êtes et pourquoi vous pensez comme ça. Quand je dis que je suis de Deir Hanna, on me catalogue comme chrétienne. Quand je réponds que je suis musulmane, on s’étonne que je fume. A la fin, je saturais. Il est impossible de ne pas se sentir différente dans ce pays.»

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Iron Man

Film américain de Jon Favreau à Madiana

   Avant de subir de plein fouet la concurrence de papy Indiana Jones et de Batman, sixième du nom, cet « homme d'acier » ouvre avec panache et un peu d'avance la traditionnelle saison estivale des blockbusters américains. Moins connu que ses camarades Hulk ou Spider- Man, Iron Man est néanmoins un superhéros authentique, fragile à l'intérieur et super­balèze à l'extérieur, comme tous les surhommes nés de l'imagination de Stan Lee, dans les années 60.

Outre sa banale capacité à voler à la vitesse du son au secours de la veuve et de l'orphelin, sa spécialité est d'être lui-même son propre ennemi : la schizophrénie entre l'homme privé et l'homme public atteint ici un abîme inédit. Pour une fois, le premier n'est pas un binoclard pubère susceptible de faciliter l'identification avec le public adolescent des Marvel Comics. A la ville, Iron Man est un play-boy milliardaire et cynique, héritier d'un fabricant de missiles.

Ce n'est qu'après s'être fait kidnappé par les talibans (armés par ses soins) que le businessman prend conscience de l'abomination de son activité et décide de retourner sa veste. Conscient de l'absence de méchant consistant, le réalisateur néglige les grands duels habituellement associés au genre et laisse le champ libre à ce cabotin de Robert Downey Jr. Dont l'insolence et l'humour décalé suffisent à rendre le film savoureux.

Jérémie Couston

Télérama, Samedi 03 mai 2008 

« Les 16 de Basse-Pointe »
Quand le sucre a le goût du sang

 

par Roland Sabra

Tournage avec René polomat  « Manmay kouté, kouté sa ki pasé, sé té an mars, an mars 48».». La chanson de Kolo Barst pourrait, hélas être adaptée à de nombreuses situations en Martinique, tant le pouvoir colonial s'est inscrit avec un alphabet de sang et de feu sur le corps du peuple martiniquais. Le 04 mars 1948 au Carbet les gendarmes tirent sur des ouvriers en grève sur l'habitation Lajus. Trois morts. Le crime restera impuni. C'est dans ce contexte et dans un climat général de répression du mouvement ouvrier, diligentée par le pouvoir socialiste que le 06 septembre 1948, le petit béké Guy de Fabrique, administrateur de la plantation Leyritz, provoque arme au poing, en compagnie de trois gendarmes un groupe d'une soixantaine de grévistes. Désarmé il s'enfuit, puis est rejoint par un petit nombre d'ouvriers agricoles. Trois coups mortels lui sont portés suivis d'une trentaine d'autres. Un béké a été assassiné! La nouvelle est incroyable, habituellement ce sont les nègres que l'on assassine, mais là c'est un blanc créole, pensez-donc!! Dans les jours qui suivent 16 hommes sont arrêtés sans preuve, incarcérés trois ans avant d'être jugés dans l'ancien port négrier de Bordeaux. Sous la houlette de Georges Gratiant, dirigeant de la Fédération communiste de Martinique un dizaine d'avocats engagés dans le combat anticolonialiste, puissamment relayés par le parti de Thorez, vont faire passer le meurtre au second plan et dresser un réquisitoire implacable à propos de la misère, de l'exploitation sans limite de la main d'oeuvre de couleur et de l'impunité absolue dont bénéficie les sucriers blancs sous la protection complice des forces de répression.

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Jeudi de Madiana

No Country for Old Men

No Country for Old Men

   Rejoignant au sommet Blood Simple (1984) et Fargo (1996), No Country for Old Men est une oeuvre tendue sur le fil du rasoir, palpitante comme une artère tranchée, mais aussi subtilement distanciée. Un film coenien comme on les aime, à double fond et double visage, distribuant l'humour et le macabre, la farce sanglante et le pessimisme métaphysique, la puissance du film noir et les magnificences du film de route.

Cette œuvre a lieu logiquement à la lisière d'une frontière, celle qui sépare le Texas du Mexique. Un territoire plus que balisé par le cinéma américain (du western au polar), mais comme redécouvert par les premiers plans d'une beauté plastique à couper le souffle - le désert, son aridité sauvage, ses découpes majestueuses, ses couleurs vertigineuses.

Les Coen y inscrivent le vieux et lancinant défi lancé par le Grand Ouest à la civilisation, avec toutes les questions que cet espace suppose : quid du mythe de l'innocence et de la conquête, quid du cinéma qui le remet sur le métier, quid de la grande nation dont l'identité s'est forgée sur ce mythe et sur ce cinéma ?

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Les cerfs-volants de Kaboul

Film américain de Marc Forster au Jeudi de Madiana le 28 février

Affiche : Les cerfs-volants de Kaboul

   Voilà une curiosité : un film américain, soutenu par une major, avec des comédiens peu connus d'origine égyptienne, iranienne ou afghane, et dont les deux tiers des dialogues sont en dari, la langue afghane. Hollywood au pays des talibans, on craint le pire... Mais Marc Forster (A l'ombre de la haine) s'empare avec ferveur d'un livre remarqué de Khaled Hosseini et signe une authentique épopée romanesque.

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Le dernier défi de Barbet Schroeder

  A 66 ans, le metteur en scène de " More " est allé réaliser " Inju " au Japon. Familier des plongées dans l'inconnu, il a fait fi de la réputation redoutable des conditions de tournage dans l'Archipel der A 66 ans, le metteur en scène de " More " est allé réaliser " Inju " au Japon. Familier des plongées dans l'inconnu, il a fait fi de la réputation redoutable des conditions de tournage dans l'Archipel

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"La Question humaine" : psychanalyse de l'économie libérale

 

   Troisième volet de la trilogie de Nicolas Klotz sur le monde actuel, La Question humaine contraste fortement avec les deux précédents. Alors que Paria se passait dans le monde des SDF, que La Blessure donnait la parole aux sans-papiers tout juste arrivés en France, La Question humaine prend place chez les riches, dans les arcanes d'une multinationale pétrochimique. Ambitieuse tant sur le plan esthétique qu'intellectuel, cette adaptation du roman du même nom de François Emmanuel propose une réflexion sur la nature du capitalisme contemporain ; et tient ses promesses, de bout en bout.

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Cahier d’un retour au pays natal : Le Film

Jacques Martial

  /font>Avec tout ce qui se passe sur nos grands et petits écrans, tous ces films dont l’image semble toujours être à bout de souffle, tant il faut greffer à ces histoires imprévisibles des suites artificielles, feuilletons griffonnés à la hâte sous couvert d’audimat, qu’elles en deviennent interminables et incontrôlables. Ou lorsque les armes sont plus loquaces que les textes qui les incluent, plus vrais que les acteurs tout couleurs hémoglobine, dont les rôles réflexes conditionnés, se résument à parler haut et remue-ménage, à appuyer sur la détente d’armes plus automatiques que leurs créations artistiques. Savez-vous qu’un film se tourne chez nous, qu’il se nomme : « Cahier d’un retour au pays natal ». Une adaptation audiovisuelle du texte d’Aimé Césaire, mis en scène par Philippe Berenger. Absolument ! Même que Jacques Martial en fait partie. Je vous le rappelle, il en est l’interprète principal et l’instigateur.

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"Dans la vallée d'Elah" : quand la guerre en Irak contamine les valeurs de l'Amérique

Dans la vallée d'Elah Pourquoi les films les plus sévères envers la politique belliciste de George W. Bush sont-ils souvent les plus lourdement patriotiques - comme s'il fallait réaffirmer la grandeur de l'Amérique, théorique ou passée, à l'instant même où on la critique ? Dans la vallée d'Elah, deuxième film de Paul Haggis, gâte par ce travers d'évidentes bonnes intentions. Vainqueur surprise d'un oscar pour Collision (2006), l'ancien scénariste de Clint Eastwood, accessoirement repéré par la presse américaine comme un « scientologue de gauche », entend démontrer que la guerre ravale l'homme au rang de bête. Certes, mais à la différence d'un Bruno Dumont qui, sur un thème similaire, sait prendre de la hauteur (dans Flandres), Paul Haggis reste scotché au ras du récit, encombré de ses gigantesques sabots.

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Les films de l'année 2007

Dessin de Plantu

  Les cinq critiques cinéma du Monde ont élu les cinq films qu'ils ont, chacun, préférés au cours de l'année 2007. Cité à quatre reprises, Still Life, du cinéaste chinois Jia Zhang Ke, chronique de la modernisation de son pays (et de la disparition de l'habitat villageois traditionnel) à travers l'édification du barrage des Trois-Gorges, recueille la majorité des suffrages. [Les] journalistes ont aussi aimé Inland Empire, de David Lynch, La Graine et le Mulet, d'Abdellatif Kechiche, Tout est pardonné, de Mia Hansen-Love, Boulevard de la mort, de Quentin Tarantino, ou Ratatouile, le dessin animé de Brad Bird.

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Escale à Blockbuster-Station

Gangs of New York

Faisant partie d’une génération américaine pour laquelle le réalisateur se devait de posséder le statut d’auteur et d’être le seul maître à bord pour tout ce qui concerne son film, Martin Scorsese rejoint aujourd’hui, avec Gangs of New-York, la grande famille des cinéastes ayant illustré la naissance de la nation américaine. Entièrement située sur la presqu’île de Manhattan, cette histoire de vengeance familiale entre des communautés séparées par la religion et l’origine géographique s’intègre totalement dans la filmographie de son réalisateur. Néanmoins, elle s’inscrit également dans un processus, dont les prémisses apparaissent dès The King of Comedy, qui voit Scorsese réfléchir sur l’évolution du cinéma contemporain en cherchant à s’y intégrer. Dès lors, ses films, à l’image de ceux de son collègue Coppola, se réfugient dans un formalisme vide de toute référence autre que cinématographique, et deviennent les produits de prestige d’un système dominé par l’économie et l’idéologie du blockbuster. C’est pourquoi, plutôt que de comparer Gangs of New York à l’œuvre matrice de Griffith The Birth of a Nation, il conviendrait davantage de l’interpréter dans une perspective plus directement contemporaine comme la réponse retardée de l’industrie au magnifique film de Cimino Heaven’s Gate.

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Les blockbusters américains, essai d’analyse idéologique d’un produit culturel mondialisé.

par Franck Bousquet

 

   L’industrie cinématographique s’est affirmée, dès son apparition, en tant que pourvoyeuse de spectacles à vocation mondiale1. De fait, les entreprises américaines de ce secteur se sont rapidement organisées pour empêcher la concurrence étrangère sur leur territoire national (ainsi la constitution du premier trust en 1908 entraîna-t-elle l’adoption d’un sceau, délivré aux films par une commission de censure, composée d’associations œuvrant à la sauvegarde des bonnes mœurs et de distributeurs, qui jugeait systématiquement les films européens immoraux, lesquels, par voie de conséquence, étaient refusés par les salles). Par la suite, les studios américains ont réussi à exporter leurs films partout dans le monde (d’abord à la faveur de la Première Guerre mondiale et de la chute de la production européenne, puis, dans les années vingt, grâce à la politique volontariste de William Hays, le premier patron de la nouvellement créée MPPDA2, qui se transforma en commercial hollywoodien auprès des pays européens songeant alors à adopter des restrictions à l’importation). Ce mouvement vers l’exportation n’a cessé ensuite de croître, car, année après année, les marchés du reste du monde sont devenus de plus en plus nécessaires à la rentabilité des films américains. Tant et si bien qu’après la Seconde Guerre mondiale certains observateurs3 se sont accordés pour penser que le contenu idéologique des grosses productions hollywoodiennes se résumait à un éloge du capitalisme, et surtout que toute référence nationale en était soigneusement gommée.

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 A Madiana

"Lions et agneaux" :
au tableau avec le professeur Redford

Tom Cruise joue avec une conviction remarquable un jeune sénateur  républicain qui tente de  convaincre une journaliste chevronnée (Meryl Streep) du bien-fondé d'une nouvelle stratégie en Afghanistan. Cette opération est mise en scène (avec d'assez pauvres moyens) afin de démontrer qu'elle met en danger la vie de deux jeunes engagés, l'un afro-américain, l'autre latino. Et ceux-ci (la tresse est tressée) sont justement les anciens élèves d'un professeur californien (Robert Redford en personne) qui tente de convaincre un brillant jeune homme de suivre ses études avec sérieux

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A Madiana

"American Gangster" :
ascension et chute d'un patron modèle du secteur des stupéfiants

American Gangster un film de Ridley Scott

 

 

 

Russell Crowe et Denzel Washington (de dos) dans le film américain de Ridley Scott, "American Gangster".
PARAMOUNT PICTURES

Il passe dans le cinéma américain un vent de nostalgie pour l'époque à laquelle New York était une ville sale et dangereuse. American Gangster revient sur l'épidémie d'héroïnomanie au tournant des années 1960 et 1970, chroniquée presque en direct par Jerry Schatzberg dans Panique à Needle Park. Le film de Ridley Scott fait le portrait de Frank Lucas, grossiste en stupéfiants à Harlem, l'homme qui - à en croire le scénario de Steve Zaillian - fut l'artisan de cette catastrophe.

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et lire aussi

Denzel Washington, une carrière sans vagues et sous contrôle

 

 

L'adaptation des albums de Marjane Satrapi est un miracle de justesse et d'inventivité cinématographique

 Tous ces pixels nous avaient fait oublier l'émotion propre au dessin animé. Cette sensation singulière que suscite le spectacle d'une image en deux dimensions qui se met à bouger. Lorsque l'image nous est déjà familière, l'émerveillement se double d'inquiétude : tous ces possibles que la contemplation d'une case de bande dessinée nous avait offerts vont-ils s'accomplir ?Heureux (ses) lecteurs (trices) de Persepolis, la réponse est oui. En une heure et demie, la vie dessinée qui parcourait les quatre albums de Marjane Satrapi devient une vie de cinéma. Et il n'est pas besoin d'être familier de la bande dessinée pour s'abandonner à sa séduction.

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A Madiana

Western Mort ou vif?

 

Brad Pitt, dans L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Un film poétique qui tourne la page de l'Amérique mythologique pour écrire celle d'un pays en représentation permanente.

 

par Eric Libiot, Denis Rossano

  Après un âge d'or entre 1930 et 1960, le genre a pratiquement disparu des salles obscures, mais renaît régulièrement de ses cendres, comme aujourd'hui avec L'Assassinat de Jesse James... Et il s'affiche comme le miroir de l'Amérique.

Souvenez-vous. C'était en 1903. La sortie sur les écrans de L'Attaque du Grand Rapide, d'Edwin S. Porter. Le premier western jamais montré au cinéma. Depuis, la cavalerie a souvent battu les Indiens, le train a sifflé trois fois et les aventuriers venus des vallées perdues ont peuplé un pays tout autant qu'une mythologie. «Le western est le cinéma américain par excellence», écrivit justement le critique et théoricien André Bazin. Ce qui lui évite de mourir totalement, comme le prouve la sortie, cette semaine, de L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, d'Andrew Dominik, avec Brad Pitt.

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A Madiana

Caramel
de Nadine Labaki

Entre épilation et manucure, portraits de Libanaises éprises de liberté malgré des tabous tenaces. Un premier film qui sonne souvent juste.

  D’un film venu du Liban ces jours-ci, on imagine, a priori, une part d’engagement politique. Caramel, premier long métrage d’une cinéaste prometteuse, semble d’abord tout autre chose : une galerie de portraits de femmes, dans un salon de beauté de Beyrouth. Pourtant, cette comédie pleine de charme et de finesse esquisse aussi le dessin d’un Liban en pleine mutation, où le rôle et la place des femmes changent.

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A Madiana

La recette cachée de
" Ratatouille "

  En argot militaire, le rata n'est pas seulement un mauvais ragoût, il peut encore être touillé (mélangé) à loisir. Pour les Niçois, la ratatouille est au contraire une délicate préparation de légumes revenus à l'huile d'olive. Ratatouille est aussi le titre du dernier film d'animation des studios Disney-Pixar, en tête du box-office depuis sa sortie le 1er août.

C'est une comédie magique - du " temps que les bêtes parlaient " - qui met l'accent sur l'opposition entre ville et champs, entre nature et culture, hommes et animaux, dans un contexte narratif consacré à la restauration et à la gastronomie.

L'histoire, vue par les Américains, se passe à Paris, capitale mondiale du goût, ce qui n'est pas le moindre paradoxe de ce film. Elle s'inspire autant de la fable Le Rat de ville et le Rat des champs, du bon La Fontaine, que du Joueur de flûte de Grimm, conte cruel où le musicien n'est autre qu'un dératiseur, dans la petite ville de Hamelin, en Basse-Saxe (Allemagne).

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A Madiana

Un Cœur invaincu

 Le 23 janvier 2002, le monde entier est choqué par l'image d'un journaliste américain décapité devant la caméra par des extrémistes pakistanais. Daniel Pearl, superviseur du Wall Street Journal pour l'Asie du Sud-Est, enquêtait au Pakistan sur un dénommé Richard Reid, activiste et vendeur d'armes. L'adaptation des mémoires de Mariane Pearl ("A Mighty Heart : the Brave life and Death of my Husband Danny Pearl"), retraçant le kidnapping et le meurtre de son époux journaliste par des activistes pakistanais.

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Ocean's 13, rien ne va plus

Par Carlos GOMEZ
 

>> Le premier épisode avait été une jolie réussite, le deuxième commençait à sentir le réchauffé. Le troisième est un énorme ratage, pas loin de l'escroquerie artistique réalisée par un Steven Soderbergh bien décidé à exploiter le filon jusqu'au bout. Malgré un casting, toujours de rêve, cette fois, il est allé trop loin. On ne suit plus.

Damon, Clooney et Pitt tournent en rond. (Warner Bros)

  Soderbergh est en train d'assécher son Ocean. Le troisième épisode de la série est l'épisode de trop, sachez-le tout de suite. A moins d'avoir manqué les deux précédents, il n'y a rien à voir ici, sinon une redite sans sel ni grâce des aventures désormais bien connues de Danny Ocean, alias George Clooney, bandit en smoking à la tête bien faite et aux plans géniaux. Alors qu'Ocean's 12 avait eu pour cadre une Europe de carte postale (France, Italie), le cinéaste rapatrie sa troupe à Las Vegas, où l'idée du premier casse (trois casinos fracturés en même temps) avait germé. Première petite faute de carre : l'effet de déjà-vu est dramatique, avec l'impression curieuse et immédiate d'assister à une sorte de remake d'Ocean's 11 par le même réalisateur. Ça sent le procédé. Et pourtant, à ce stade encore, le souvenir passé est si bon qu'on ne demande qu'à marcher une fois de plus.

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La fin des 2èmes Rencontres Cinémas en Martinique

La compétition des courts métrages

par Selim Lander

Le festival des courts métrages de Fort-de-France est ouvert en principe à tous les réalisateurs de la (ou originaires de la) « Caraïbe insulaire ». En pratique, faute de moyens de sous-titrage en particulier, il n’a rassemblé jusqu’ici que des films émanant des Antilles françaises (et de la Guyane.

Les six films présentés en compétition en 2007 appartiennent à des genres très différents. Trois d’entre eux sont des ouvrages d’amateurs plus ou moins expérimentés, parmi lesquels on retiendra surtout Bon na rien ou chronique d’un mouton paresseux, du Guyanais Serge Poyotte, non parce qu’il est le plus long de la sélection (30 min.) mais parce qu’il parvient à créer une atmosphère sympathique et à instaurer une sorte de connivence avec les spectateurs.

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 La fin des 2èmes Rencontres Cinémas en Martinique

Une réussite, même si les délibérations d'un jury pusillanime, délivrent un palmarès frileux

par Roland Sabra
 

La compétition qui ne concernait que des courts métrages , était entourée de longs métrages sélectionnés autour du thème «Vivre ensemble » et portait en exergue cette phrase de Martin Luther King : «  Nous devons apprendre à vivre ensemble intelligemment ou nous mourrons tous ensemble comme des idiots. ». Il faut souligner l'homogénéité et la qualité de cette programmation. « Madeinusa » de Claudia Llosa d'abord mais aussi , « Le rideau de sucre » de Camila Guzman et puis le film d'ouverture « 10 canoés, 150 lances et 3 épouses » de Rolf de Heer ont fait une grande impression, auprès d'un public de cinéphiles nombreux à se presser aux séances. « Daratt » de Mahatmat-Saleh Haroun, sorte de remake tchadien du film des frères Dardenne «  Le fils », prix d'interprétation masculine à Cannes en 2002 a eu son comptant d'applaudissements. Il vaut mieux oublier « Un nom pour un autre » équivalent des romans de gare, film à l'eau de rose au sentimentalisme défraîchi, égaré dans la cour des grands.

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Rencontres Cinémas en Martinique
Le Violon

Eloge de la résistance

par Selim Lander

 Gare aux jeunes qui veulent embrasser le métier d’acteur, le cinéma d’auteur fait de moins en moins appel à des professionnels ! C’est le cas de trois nouveaux films visionnés lors des Rencontres de Fort-de-France 2007 : Darrat, du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, Madeinusa de la Péruvienne Claudia Llosa et donc de ce Violon du Mexicain Francisco Vargas. Et c’était déjà le cas, incidemment, dans l’adaptation réalisée en Haïti en 1976 par Maurice Failevic du roman de Jacques Roumain, Gouverneur de la rosée (également projeté lors de ces rencontres). Dans tous les cas mentionnés ici, on est stupéfait par la qualité des interprètes. De l’enfant au vieillard, ils expriment tous une vérité qu’on ne trouve pas toujours dans les films qui mettent en scène des « comédiens ». Et, de fait, les acteurs non professionnels sont le plus souvent conduits à interpréter des rôles très proches de leur vie quotidienne, pour lesquels ils n’ont pas besoin de « jouer » mais d’être simplement eux-mêmes.

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"Il n'y aura plus de musique"


  L'introduction est brutale, inhumaine, presqu'insoutenable. Des hommes sont ligottés, battus, menacés par un militaire arrogant. La violence se déchaîne à l'état brut, glaciale. Le noir et blanc, loin d'être esthétisant, évoque la reconstitution nécessaire d'images d'archives qui n'existeraient pas. Un témoignage de fiction, mais un témoignage tout de même. Puis vient le titre du film, et avec lui la première interrogation : que peut bien venir faire la musique là-dedans ? Probablement pas adoucir les mœurs…

A une époque indéterminée (mais qui évoque sans conteste les luttes populaires latino-américaines dans la lignée de Zapata, du Chili ou de la Colombie), des paysans préparent une révolte armée. Ils sont impuissants, isolés, misérables, et pourtant déterminés. Le camion qui les transporte sur sa remorque les transforme en bétail humain, les grands propriétaires en font des enfants irresponsables, les soldats les traitent en vermine à exterminer. Quoique les revendications politiques ne soient jamais clairement exprimées (pour empêcher d'ancrer trop profondément le film dans un pays, une époque, une lutte particulière, sans doute), la dignité, plus que tout, est en jeu.

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Rencontres Cinémas en Martinique

 Le dernier tango
 "en la cama" 

un film de Matias Bize

 

  Écran noir, souffles coupés, râles étouffés, cris échappés, ressorts qui grincent. Ecran blanc saisi de tremblements, de déchirements pour entrevoir, dans le désordre des draps, un morceau de chair, un ventre , un sein, une cuisse, le sien , la sienne. Cri. Un visage et puis un autre et se déroule le Générique de « En la cama » le film chilien de Matias Bize projeté ce vendredi 29 juin à l'Atrium.

De l'autre, ils ne savent pas même le nom, mais ils se connaissent au sens biblique du terme. Charnellement, intimement au plus proche d'eux-mêmes. Fantasme, assez masculin de la rencontre totale sans avoir à livrer quoi que ce soit de soi que Bertolucci avait déployé dans « Le dernier tango à Paris ». Un américain de passage rencontre lors d'une visite d'un appartement vide une jeune femme à la veille de son mariage. Une passion purement limitée au sexe se développe avec la volonté de ne rien vouloir savoir de l'autre. C'est donc ce même argument qui est repris par Matias Bize, avec infiniment moins de moyens bien sûr que son aîné et c'est donc dans la façon de le traiter que réside l'intérêt de la chose.

Lire la suite par Roland Sabra

Lire l'article de Selim Lander sur le même film

 

Rencontres Cinémas en Martinique

Madeinusa

"Si Dieu est mort, alors tout est permis"

  Troisième film des Rencontres de Fort-de-France : Madeinusa, premier long métrage de la réalisatrice (et scénariste) péruvienne Claudia Llosa, plusieurs fois primé, en particulier à Toulouse, notre ville sœur en cinéma, où il a obtenu le prix spécial du Jury lors des Rencontres d'Amérique latine de 2006. Curieux film en vérité où l’insolite du décor (un village des Andes situé à 3700 m d’altitude) comme l’absence de comédiens professionnels peuvent faire croire que l’on se trouve face à une docu-fiction plutôt qu’une fiction véritable. En réalité il s’agit bien d’une histoire inventée, même si elle emprunte de nombreux éléments à la réalité, à commencer par la descente de croix du Christ articulé, laquelle se pratique effectivement lors de la semaine sainte dans les villages de l’Ayacucho. Mais tout cela est au service de la peinture d’une société qui serait soudain, et pour une brève période, libérée de tous ses interdits.

Lire la suite par Selim Lander et l'article de Roland Sabra sur le même film

 

Rencontres Cinémas en Martinique

Ombres et lumières cubaines :
"le rideau de sucre"

un film de Camila Guzman

 

  Voilà un film qui risque de mécontenter à la fois les épigones du castrisme et les thuriféraires anti-castristes. Les uns et les autres sont d'autant plus engagés dans leur foi que celle-ci se déploie loin des côtes cubaines. Dans les années soixante les cubains dénommaient par dérision l'équivalent du rideau de fer, le rideau de sucre. C'est le nom que la réalisatrice cubaine Camila Guzman, installée à Paris, donne à un documentaire original et intimiste sur la société actuelle de la plus grande îles des Antilles. Si elle a quitté Cuba en 1990, Cuba ne l'a jamais quittée. Le film se compose d'une série d'entretiens avec des amis, des proches, des intimes, retrouvés bien des années après. Et c'est dans ce climat de grande confiance qu'une parole d'une étonnante liberté va prendre corps. Camila Guzman réussit ce tour de force de faire totalement oublier la caméra aux personnes qu'elle interroge et qui prennent la parole en s'adressant à elle comme à une amie retrouvée à qui l'on peut confier sans crainte rage, désespoir, doute et espérances de lendemains meilleurs. Un premier cliché s'effrite : à Cuba la parole est plus libre que ne l'imagine l'opinion commune!

Lire la suite par Roland Sabra

 

Rencontres Cinémas en Martinique

DARRAT, saison sèche

par Selim Lander

  Deuxième film de ces rencontres martiniquaises, Darrat : Le Tchad, les paysages du Sahel, un quartier populaire mais pas populeux de Ndjamena. Un jeune homme sympathique malgré un physique plutôt ingrat est chargé de poursuivre et d'exécuter celui qui fut l'assassin de son père. Il le retrouve, ne se décide pas à le tuer tout de suite. L'autre sympathise avec lui, finit par l'embaucher comme apprenti dans sa boulangerie.

Plus le temps passe et plus on comprend qu'il sera impossible pour le jeune homme d'accomplir sa mission. L'assassin de son père n'est plus le même homme. Il est devenu pieux. Il regrette ses fautes. Et de fait l'exécution prévue n'aura pas lieu.

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Le triomphe des "petits cinéastes de petits pays"

   Cristian Mungiu a reçu, dimanche 27 mai, sa Palme d'or des mains de Stephen Frears, au nom des " petits cinéastes, venus de petits pays ". Le jeune réalisateur roumain - il est âgé de 39 ans - a été distingué par un jury qui, sous la présidence du cinéaste britannique, a eu à coeur de respecter la cohérence de la sélection de cette soixantième compétition cannoise.
Celle-ci proposait des films venus du monde entier à la sempiternelle et préoccupante exception de l'Afrique. Et sans que l'on puisse faire la part de la coïncidence, de la volonté du délégué artistique Thierry Frémaux et de l'air du temps planétaire, ces oeuvres faisaient une espèce de Babel dont la langue commune parlait de la liberté de l'homme face à la mort. C'est cette diversité géographique et cette unité thématique que le jury a saluées.

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La magie évanouie

Le 25 février, le Los Angeles Times publiait un texte de Neal Gabler intitulé The Movie Magic is Gone . Gabler, professeur, journaliste, éditorialiste respecté, auteur de nombreux livres sur le cinéma (1) y développait une réflexion sur la révolution qu'est en train de vivre le cinéma face à la croissance d'Internet et des jeux vidéo. Ce n'est pas, selon lui, une simple transformation technologique, mais une mutation profonde des paramètres même du spectacle des images et du rôle qu'y tient le spectateur. A la culture commune du glamour et du bigger than life de l'ancien Hollywood se substitue aujourd'hui le narcissisme individualisé de l'internaute, star miniature de ses propres créations.

A une semaine du Festival de Cannes et alors que déferlent les premiers blockbusters de l'été, nous avons eu envie de traduire et de publier ce texte. On peut discuter des arguments de Gabler, telle sa nostalgie pour un âge d'or du septième art, mais la clarté de son diagnostic est une incitation à une réflexion élargie sur les enjeux d'un cinéma renouvelé.

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A propos de «  L’AVENIR EST AILLEURS », un documentaire de création coréalisé par Antoine Maestrati et Michel Reinette.

L’avenir est…Où ?

par Frantz Succab

 Rosette est partie pour la France, voir ses enfants et ses petits-enfants. Ils sont toute sa vie, vivre en tête à tête avec son vieux mari ne lui suffit plus. Elle partira, il l’attendra. Mais seul son cercueil reviendra.
« L’avenir est ailleurs » commence avec la veillée de Rosette. Un pilier de veillée boit à la santé de ceux qui sont partis avec un aller sans retour et de ceux qui ont résisté aux sirènes du BUMIDOM. Le film d’Antoine Maestrati et Michel Reinette nous initie en parabole au parcours de ceux ont cru que l’avenir était en France.
L’histoire commence en 1963, ou peut-être bien avant, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de l’histoire coloniale. La guerre d’Indochine, puis la guerre d’Algérie, avec leur lot de jeunes antillais du contingent morts pour une France qu’ils ne connaissaient pas. Beaucoup sont allés au front, beaucoup sont morts, d’autres sont retournés « plein s’usage et raison », rapportant dans leurs pays des commencements d’idée anticolonialistes. Finies les guerres coloniales sur les indépendances respectives des peuples vietnamiens et algériens ! Ici, la crise économique et sociale qui, au cours des deux décennies suivant l’année 1960, verra se fermer les usines sucrières, va conditionner l’apparition de germes anticolonialistes : l’OJAM en Martinique, le GONG en Guadeloupe.

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Rwanda
La survie, mais à quel prix ?

 

L’économie repart, mais les blessures restent ouvertes. A l’occasion d’un festival de cinéma itinérant, portrait d’un pays cadenassé, où la réconciliation est loin d’être acquise.

  Des montagnes. Encore des montagnes. Hautes mais douces. Et si vertes, si paisibles. Ce pourrait être la Suisse, si ce n’étaient les bananiers et les eucalyptus, à perte de vue. Combien de voyageurs tout frais débarqués ont-ils eu du mal à croire qu’ils se trouvaient là au cœur même de l’Afrique, celle des grands lacs et des collines luxuriantes. Celle aussi, où, pour reprendre les mots de l’écrivain polonais Ryszard Kapuscinski, le diable est passé il y a maintenant treize ans, en 1994 – le génocide des Tutsis par les Hutus a fait entre huit cent mille et un million de morts en cent jours. Justement, où en est le Rwanda de l’après-jenoside, comme on dit ici, en kinyarwanda ? « Le Rwanda tourne la page », répète à l’envi la propagande officielle. Nous sommes venus voir de plus près, le temps d’un festival de cinéma, le seul du pays qui se promène de colline en colline – ce qui lui vaut son surnom : « Hillywood ». Tout juste débarqués de Kigali, la capitale, nous voilà donc crapahutant sur une route serpentine à l’asphalte impeccable, construite par les Chinois ou les Suisses, le chauffeur ne sait plus très bien. Et autour de nous, les collines qui défilent, monotones, alanguies.

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"Still Life" : l'homme noyé dans le changement

  Voir un film de Jia Zhang-ke, c'est donc faire bien davantage que se familiariser avec l'un des fleurons de la création indépendante chinoise. C'est entrer à la fois dans la préfiguration du monde de demain et dans le laboratoire esthétique d'un cinéma qui en relève d'ores et déjà les défis. Technique numérique, fiction documentée, lyrisme électrique, hypersensibilité poétique à l'interaction entre l'homme et son milieu : tels en sont les principaux traits relevés à ce jour.

"Ecrire pour exister"

 un film de Richard La Gravenese

  Erin Gruwell, enseignante novice de 23 ans, a choisi comme premier poste un lycée difficile de Long Beach. Ses élèves l'ignorent superbement et se regroupent en clans, prêts à s'affronter au moindre prétexte. L'ambiance empire au fil des jours, en dépit des efforts sincères et maladroits ...

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"Goodbye Bafana"

 

  Cinéaste poids lourd pas toujours très inspiré, dont on peine à se souvenir qu’il a glané deux palmes d’or (Pelle le conquérant et Les Meilleures Intentions), Bille August s’attaque une fois de plus à un « grand sujet » : l’apartheid en Afrique du Sud. Ou plus précisément l’apartheid tel que le geôlier de Nelson Mandela l’a vécu, passant de l’intérieur à l’extérieur de la prison où le leader noir est resté enfermé vingt-sept ans. D’un tel scénario, inspiré des mémoires du véritable gardien, on avait tout à craindre. En fait des gros sabots attendus, c’est un film classique et tenu que signe ici le réalisateur danois. Malgré une mise en scène très convenue et le recours à des symboles un peu faciles (le Noir et le Blanc en marche vers la réconciliation, à l’image du pays), Goodbye Bafana est porté par la force de son sujet. De ce classicisme sans fioritures, servi par la sobriété du duo d’acteurs Joseph Fiennes-Dennis Haysbert, émerge une émotion discrète mais bien présente. En montrant comment la conscience du gardien s’affranchit au contact du prisonnier, Bille August éclaire sans insistance l’aura d’un être d’exception, que trois décennies d’emprisonnement n’auront pas suffi à faire oublier de son peuple.
Mathilde Blottière Télérama n° 2987

 

L'avenir est ailleurs

 

   Le 22 septembre 2006, Antoine LEONARD-MAESTRATI et Jacques ATLAN présentaient en avant-première, ce documentaire, avec le soutien de la municipalité de Levallois-Perret (92). Une thématique: le BU.MI.DOM (BUreau des MIgrations de l'Outre-Mer). Antoine LEONARD-MAESTRATI et Michel REINETTE ont ainsi choisi de donner une voix à cet épisode migratoire douloureux : la voix authentique de vécus croisés, reconstitués. Le débat qui a suivi la projection a permis de créer une éloquente interaction entre Antoine MAESTRATI et le public, touché par ce sujet mémoriel et intergénérationnel. Une force émotionnelle déclinée en témoignages mêlés.

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"300"
This is merdaaaaa!

  Allons à l'essentiel : 300 est un atroce film de propagande dont l'idéologie de droite extrême donne envie de vomir. «This is Spartaaaaa !» hurle Léonidas dans la bande annonce. «This is merdaaaaa !» en fait. Adapté d'un «roman graphique» (pas une «BD», c'est vulgaire) d'une des stars du genre, Frank Miller (Sin City, Dark Knight Returns...), dont le dessin charbonneux masque admirablement le caractère violemment réactionnaire de ses scénarios, le film de Zack Snyder débarque pourtant sur les écrans français en terrain archiconquis. Depuis huit mois, une habile campagne de marketing virale a électrisé toute la nation geek. Fanas de BD, inconditionnels de jeux vidéo ou de cinéma de genres ne se sont pas fait prier pour faire tourner eux-mêmes en boucle sur le Net une efficace bande-annonce promettant une inoffensive et jubilatoire fresque épique. D'autant que le traitement des images de ce péplum digital (dans la lignée de Sin City de Robert Rodriguez ou de Capitaine Sky et le monde de demain de Kerry Conran) est encore suffisamment original pour aiguiser les appétits.

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L'énergie et la roublardise d'un thriller francilien

 

Forest Whitaker, dans la peau d'Amin Dada

A Madiana .

 Nous sommes en novembre 2006. La saison des prix cinématographiques vient à peine de commencer. Forest Whitaker ne sait pas encore qu'il va recevoir le Golden Globe et être nommé à l'Oscar du meilleur acteur. Mais, depuis que Le Dernier Roi d'Ecosse a été présenté au Festival de Toronto, au mois de septembre précédent, l'acteur croule sous les éloges, comme ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps, depuis Bird, en 1988. Dans ce film de Clint Eastwood, il était devenu le saxophoniste Charlie Parker, ce qui lui avait valu le prix d'interprétation à Cannes, cette année-là.
Cette fois, il doit sa gloire à Idi Amin Dada, ancien sergent de l'armée de Sa Majesté britannique, président de l'Ouganda de 1971 à 1979 pour le plus grand malheur de son pays et l'amusement du reste du monde. Inspiré du roman de Giles Foden (éditions de L'Olivier), Le Dernier Roi d'Ecosse est une fiction - la chronique de l'amitié entre le dictateur et son médecin, un jeune Ecossais - qui suit de près la dérive barbare réelle du général-président. Le titre rappelle la proposition d'Idi Amin Dada qui encouragea les Ecossais à se séparer du trône d'Angleterre et à se placer sous son autorité.

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La ruée sur le " biopic " musical

   Spécialité américaine le film de fiction qui brosse le portrait d'un artiste connait une vogue mondiale. Avec " La Môme ", consacré à Edith Piaf, la France s'essaye au genre
Dans le jargon hollywoodien, on nomme cela un " biopic ", pour biographical picture. Une fiction brossant le portrait d'un personnage réel, du berceau à la tombe ou en se concentrant sur un épisode essentiel de sa vie. Le genre prolifère aujourd'hui, surtout quand le sujet est un musicien. Le triomphe en 2004 de Ray (Charles), de Taylor Hackford, y est pour beaucoup.

Le 14 février sortira sur les écrans La Môme d'Olivier Dahan, premier biopic musical français consacré à une personnalité du XXe siècle, Edith Piaf. Le réalisateur et le producteur, Alain Goldman, ne cachent pas leurs visées internationales. Piaf est une des rares icônes de la chanson d'ici dont la renommée a dépassé les frontières.

 A Madiana

Blood Diamond

   Une confirmation : Hollywood s’intéresse à l’Afrique. Il y a eu Lord of war sur les trafics d’armes, The Constant Gardener sur les basses œuvres de l’industrie pharmaceutique. Il y aura bientôt Le Dernier Roi d’Ecosse sur la dictature d’Amin Dada en Ouganda (Forest Whitaker est en pole position pour l’oscar). Qu’est-ce à dire ? L’Afrique est-elle, vue d’Amérique, le dernier endroit où se donner encore des frissons ? Ou bien s’agit-il d’extérioriser une mauvaise conscience, de défendre une cause, de dénoncer une plaie ? Au vu de Blood Diamond, les deux, mon général. D’un côté, le film investit les lieux comme un super décor à sensations pour deux heures vingt d’aventures exotiques. De l’autre, il dénonce la manière dont l’industrie du diamant instrumentalise les guerres locales en finançant l’achat d’armes contre des pierres, les « diamants de sang » du titre. Un carton final invite les consommateurs à bien se renseigner sur la provenance des diamants qu’ils achètent, laissant penser que ce combat est la raison d’être du film.

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2006, sale année pour les auteurs

    Les bons résultats de certains films français commerciaux cachent la crise des œuvres de création et de la cinéphilie. Le cinéma français se porte à merveille : près de 190 millions d'entrées ont été enregistrées en 2006, plusieurs films dépassent le million de spectateurs et la part de marché de la production nationale tutoie celle des films américains. Mais ce succès est surtout le fait de films dits commerciaux : comédies sentimentales (Je vous trouve très beau, Donne-moi ta main), policier (Ne le dis à personne), dessin animé (Arthur et les Minimoys). Pendant ce temps, dans son pays natal, le film d'auteur est au plus mal.

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Vengeance et pardon au Tchad

" DARATT (SAISON SÈCHE) ", DE MAHAMAT-SALEH HAROUN

Après la guerre civile, dans une cour de N'Djamena, un jeune homme face à l'assassin de son père

Comment construire quand on n'a rien reçu en héritage ? Cette question revient dans tous les films de Mahamat-Saleh Haroun, le premier cinéaste tchadien de l'histoire. Autour d'elle, celui-ci explore depuis une dizaine d'années des pistes multiples, à travers documentaires et fictions.

Daratt (prix spécial du jury au Festival de Venise) est son troisième long-métrage - après Bye Bye Africa et Abouna. C'est aussi le plus tendu, le plus élégant, le plus aboutit formellement. Comme si à force de creuser, le cinéaste avait trouvé sa voix propre, une voix orpheline mais affirmée, se choisissant ses propres parrains dans le cinéma, et peut-être tout autant dans la peinture.

 

La couleur du sacrifice. Quand les colonisés libérèrent l’Europe   Des milliers de Marocains, de Sénégalais, d’Algériens,… ont joué un rôle essentiel dans la libération de l’Europe du nazisme. Le cinéaste bruxellois Mourad Boucif leur a consacré son dernier film. Rencontre. "Parce ce que la France n’en est pas très fière, cela fait partie de sa période sombre. Elle a enrôlé des jeunes, parfois très jeunes. Certains n’avaient que 13 ans, mais ils ont augmenté leur âge jusqu’à 18 ans pour pouvoir les enrôler ! Des gamins qui vivaient dans la brousse avec des températures de 40°, ils les ont envoyé se battre dans les montagnes où il faisait parfois moins 20° ! On ne connaît pas exactement leur nombre, mais on estime qu’ils étaient un million pendant la Seconde guerre mondiale et 900 000 pendant la Première.Quelque 40% se sont enrôlé volontairement, en fait pour des raisons économiques parce que c’était la misère. Plus de la moitié « des hommes » a pratiquement été enrôlée de force. En fait, aujourd’hui, les schémas ont très peu changé. En Irak, beaucoup de gens à la recherche de leur carte de résidence aux Etats-Unis se sont enrôlés.  "

 

"The Queen" : Helen Mirren tout à fait royale . L''avènement d'Elizabeth II a correspondu à celui de la télévision - en 1953, son couronnement fut l'une des premières fêtes cathodiques du village planétaire. Et voici que le cinéma célèbre, avec humour, sévérité et acuité, la catastrophe qui a marqué la fin du long règne de la fille de George VI. On sait, depuis la présentation du film à Venise, en septembre, que The Queen, de Stephen Frears, chronique méticuleusement la semaine qui va du dimanche 31 août au samedi 6 septembre 1997, de la mort de Lady Diana Spencer, à Paris, à son enterrement dans la basilique de Westminster. On sait aussi qu'Helen Mirren y tient le rôle de la souveraine et que son travail lui a valu à Venise la Coupe Volpi de la meilleure actrice.

 

Poupée de sang Scoop : le Dahlia noir est adapté d'un des plus fameux livres de James Ellroy. Scoop (tout aussi faisandé) : c'est un film de Brian De Palma jusqu'au bout des ongles, une collection de ses obsessions intimes, ramenant au-devant de la scène tout le background trouble d'Hollywood, et jouant sur la translation des personnalités les unes dans les autres. S'il devait exister, en 2006, un film pour raviver la vieille théorie des auteurs, celui-là ferait parangon : il est d'une fidélité totale au roman d'Ellroy. Il suffisait de tendre l'oreille à la sortie des projo, on y a entendu suffisamment de gens se plaindre de ne rien y comprendre, effrayés d'avoir eu à se débattre au coeur d'une chose touffue à n'en pas respirer, circulant à l'aveugle dans un récit distillant plus d'infos en deux heures que dans les six derniers mois du cinéma hollywoodien. Du Ellroy pur, donc. Mais il est plus fidèle encore à l'univers cohérent de De Palma. Pourtant, le projet existe depuis cinq ans. David Fincher (Seven, Fight Club) devait téléguider la mise en scène et dans la distribution les noms de stars ont valsé. Hartnett, pressenti depuis le début, devait donner la réplique à Mark Wahlbergh. C'est avec la mâchoire carrée d'Aaron Eckhart (Thank You for Smoking) qu'il doit désormais faire équipe.

 

Le cinéma de Wong Kar-wai par Selim Lander .  Une rétrospective Wong Kar-wai a été organisée en septembre 2006 à l’Institut de l’image d’Aix-en-Provence. Retours en arrière : (...) les fans de Wong Kar-Wai sont avant tout des amoureux de la forme, ou de l’art pour l’art. Ceux d’entre eux qui ont encore le goût de lire ont certainement une attirance du même genre envers Proust, ou plutôt son écriture. En effet, quelles que soient les subtilités de la psychologie de cet auteur, la finesse de ses analyses de la société, c’est son style inimitable qu’ils révèrent surtout. Inimitable, certes, à ce degré de perfection, dans les lettres. Mais il n’est pas interdit de le transposer dans d’autres formes d’expression. Et peut-être, après tout, WKw nous offre-t-il un équivalent cinématographique de Proust.

 

"Indigènes" de Rachid Bouchareb primé à Cannes 2006 . C'est une page occultée de l'histoire de France qu'entend retracer Rachid Bouchareb : 130 000 tirailleurs maghrébins et africains s'engagèrent en 1943 dans l'armée française pour libérer la " mère patrie " de l'ennemi nazi, que la hiérarchie militaire coloniale appela " indigènes ". Parmi ces soldats morts au champ d'honneur, on retrouve, sur le site Internet du ministère de la défense, les noms de Debbouze, Bouajila, Zem et Naceri. C'est dire l'investissement des quatre acteurs principaux de cette épopée qui, au-delà du défi artistique, rendent hommage à leurs ancêtres.

Théâtre et cinéma : tout est affaire de regard(s) par Jacques Perret Overdose d’images. Au bout du doigt, des images, des images en rafale. Zapping télévisé : surgissent à volonté des pubs, des séries, des jeux, un JT, un magazine d’info, …et même des films de cinéma, en vision rétrécie, anémiée. Fiction et monde réel se bousculent, se télescopent, voire s’emmêlent.
Quand le cinéma d'auteur se nourrit de misérabilisme et de lutte des classes . L'analyse de Jean-Luc Wachthausen , A la lumière du palmarès politiquement engagé du dernier Festival de Cannes dont la dominante – pas très festive ! – tournait autour de la guerre et du sale état de notre planète, difficile de ne pas constater qu'un certain cinéma d'auteur, qu'il soit européen, américain ou asiatique, suit l'air du temps. Autant dire que, depuis quelques années, la tendance lourde est à la morosité, au misérabilisme, au déclinisme, voire à la critique appliquée de notre histoire dont on est prié de relire quelques chapitres en battant sa coulpe ou en chaussant les lunettes de Karl Marx.
Cauchemar de Darwin : César et polémiques Alors même qu’un César du Meilleur Premier Film est venu samedi couronner une carrière hors-normes pour un film de ce type, Le Cauchemar de Darwin, le documentaire-choc d’Hubert Sauper, est violemment attaqué dans un article de la revue Les Temps Modernes (numéro 635-636, paru en février 2006).
Les dissidents: l'histoire contre la mythologie par Aimé Charles-Nicolas . Le 22 février a eu lieu à l’Atrium une projection du film d’Euzhan Palcy « Parcours de dissidents » suivie d’un débat en présence d’Euzhan Palcy et de dissidents, tous magnifiques dans leur simplicité et leur noblesse, comme dans le film.
Le film est beau mais le débat blesse là où une sorte de pensée unique restreint l’expression des dissidents.D’abord le film tient la promesse du titre. Ponctué de photos des dissidents et d’extraits d’archives il a voulu donner enfin la parole aux dissidents.
Le cauchemar de Darwin : A travers le scandale de la perche du Nil, un documentaire effarant sur les rapports Nord-Sud. Le cauchemar de Darwin : Un serial killer. Multirécidiviste. Opérant en toute impunité depuis des années. Son terrain de chasse ? Le lac Victoria, le berceau de l'humanité. Son nom ? La perche du Nil. Importé en Tanzanie au début des années 60, ce poisson apparemment inoffensif a provoqué, à lui seul, une véritable catastrophe écologique, décimant toutes les autres espèces. Tout en donnant naissance à une industrie lucrative qui a fait de lui le meurtrier le plus protégé du monde... Existe en DVD
Million Dollar Baby : de la brûlure des cordes aux brûlures de la vie C'est un film binaire, entre ténèbres et lumière, entre vieillesse et maturité, entre un monde d'homme et une vie de femme, entre sunlights de la gloire et crépuscule du destin, entre gagnants et « loosers ». Un film de clair-obscur fidèle à l'écriture de F.X. Toole,l'auteur des nouvelles, « La brûlure des cordes » (Albin Michel, traduit de l'américain par Bernard Cohen.302 pages. Prix : 20,9 €) dont est tirée la dernière livraison de Clint Eastwood, Million dollar baby, dûment récompenssée aux Oscars.
Brodeuses : Si un homme sur deux est une femme, elles sont donc comme l'écrit joliment Mao « la moitié du ciel ». Et quand elles font leur cinéma c'est à nous tous quelles dédient leur travail c'est du moins le cas de ce beau film, tellurique chargé de chair et de fil, de fruit et de sang dont une jeune femme nous fait cadeau : Brodeuses,
La saga « Star Wars » est -elle de droite? De gauche ? Libérale ? Altermondialiste ? Chrétienne? Bouddhiste? Chaque nouvel épisode ravive le débat. Quelle lecture faut-il en faire? Peut-on y emmener nos enfants impunément? Ou plutôt nos enfants peuvent-ils nous y emmener sans craintes? Certains conservateurs étasuniens n'ont-ils placé « La revanche des Sith » sur la liste des films à éviter? ...

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