Sylviane Quitman
maquilleuse.

« Les illusions sont nécessaires et font
partie intégrante de l’ordre des
choses »
Eloge du maquillage
Peu importe que la ruse et l’artifice
soit connu du public le maquillage n’a
pas à se cacher si l’effet parvient à
faire disparaître du teint toutes les
taches et disgrâces que dame nature y a
volontairement semé. Il répond à une
unité esthétique abstraite devenue
incontournable. C’est là que l’artiste
maquilleuse est reconnue dans toutes les
pratiques, les astuces employées pour
subtiliser les traits rebels, dont
l’unanimité réclame la fluidité
audiovisuelle imperturbable, pour une
accroche sur un fond de lumière
infernale.
Il est une condition qui ajoute beaucoup
à la force d’action du maquillage :
C’est que son exécution reste une
légèreté dans le temps et qu’en n’aucune
manière, hormis l’exception mise en
scène, son passage ne conclut à des
immobilisations prostrées dans des
attitudes lisses de statues antiques ou
à un portrait dans son cadre
d’innombrables poupées agissantes. C’eût
été lui manquer de respect que d’ôter au
maquillage sa nature vivante.
En vérité, Sylviane œuvre plutôt pour le
plaisir des spectateurs que pour son
plaisir propre… mais elle se garde
quelque chose comme un diamant
intérieur, cette sucrerie d’offrir dont
elle se régale. Ici l’apparence
recomposée, une sorte de beauté
professionnelle, remplace la distinction
ordinaire, lui donne du rebond, de la
lumière contrôlée : le rendu exact, par
le moyen du clair-obscur, de la
plastique de l’anatomie et du relief des
figures. Sylviane avance d’instinct,
l’académisme susurré, guide le geste
précis de l’artiste. L’imagination
créatrice fait le reste.
Son métier est passion.
Comme ce crayon qu’elle chauffe et qui
caresse, plus obéissant, plus
performant, ou quand le doigt devient
l’outil fiable au-delà de toute matière,
en osmose parfaite, jusqu‘à la chaleur,
jusqu’à la connivence à la communion
entre la main qui modèle et la peau qui
se tend. Enfin, elle remplie une
fonction que d’autres dédaignent et,
dont seule une artiste hors paire peut
transporter dans l’ordre du beau. Par le
premier et rapide coup d’œil jeté sur
l’ensemble du physique à interpréter,
Sylviane sait quoi tirer de sa mallette.
Du pinceau, ou de la brosse, pour le
grand jeu du make up. Des cosmétiques :
fards, ombres à paupières, fonds de
teints, eyeliners, mascaras métissés
dans la nuance mariés pour le meilleur.
Lorsqu’il faut flatter le teint, ou
mettre ce nez qui brille sous un voile
de poudre, matifier, absorber la
brillance, escamoter des rides
naissantes, pulser, relever par pigments
soyeux des joues lasses qui glissent,
aplanir les rudesses d’une blessure.
Quand son théâtre quotidien s’anime
d’effulgences soudaines, d’ombres roides
ou de fulgurants éclairs qui sabrent la
scène de zigzags inesthétiques, quand la
lumière explose, jeter de la poudre aux
yeux n’y suffirait pas.
Christian Antourel
Photos C.A
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Le pouvoir
et le
président de
la
République
en
particulier
sont la
cible des
protestations
sur l'île.
Crédits
photo : AFP |