Arts Plastiques

« Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la rencontre 1 » : présentation du livre de Dominique Berthet

— Par Alfred Alexandre, écrivain —

Poster-TabouIl y a au moins deux manières de concevoir l’esthétique. D’un côté on peut voir dans l’esthétique une théorie de l’art, un domaine du savoir s’interrogeant sur les conditions de production et de réception de l’œuvre d’art. D’un autre côté, la notion d’esthétique peut renvoyer à l’ensemble des idées à partir desquels un artiste ou un groupe d’artistes exprime leur conception de l’art.

C’est ce deuxième sens du mot esthétique – l’ensemble des idées sur l’art propres à un artiste ou un groupe d’artistes – que Dominique BERTHET convoque dans son livre intitulé : Pratiques artistiques contemporaines en Martinique, Esthétique de la rencontre 1.

À la fin de son ouvrage, Dominique BERTHET annonce qu’il proposera – dans un ouvrage à paraître – « une réflexion théorique sur l’art ». Théorie qui entend rendre compte de la production artistique en Martinique et en Guadeloupe.

Mais avant d’en venir à une théorie d’ensemble, Dominique BERTHET a fait le choix de recenser un certain nombre d’expériences plastiques à travers lesquelles, on peut lire, en creux, l’histoire des idées esthétiques qui, depuis les années 40, ont servi de cadre au travail des artistes martiniquais.

Lire Plus =>

Kanel Brosi : Transformer le moins en plus, le mortifère en vie : voilà son rêve…

  –__-« Chrysalide »

Tous ces bois et autres matériaux que vous récoltez dans la nature ou aux abords de la mer sont chargés d’ une histoire, d’un passé. En tant que sculpteur, peut-on dire alors que l’on crée à partir de rien, selon l’expression « Ex Nihilo» ?

Ex Nihilo, c’est le titre que j’avais choisi pour ma première expo, en 2006; titre renforcé par son sous-titre: Le hasard apprivoisé. J’ai voulu, ce disant, mettre l’accent sur ma démarche. En effet, les « trophées » que je rapporte des forêts et des plages {lors de ce que j’appelle ma « chasse aux bâtons » !l sont pour moi des trésors potentiels, alors qu’ ils ne sont, pour le plus grand nombre, que résidus, déchets. (Et plus ils sont « ruinés, plus ils m’attirent !l

Ces bois foulés aux pieds, dédaignés, ils n’existent pas: c’est donc du rien (nihil, en latin). lorsque je les collecte, mon regard leur redonne vie ; mon imaginaire y projette, à partir de leur forme et de leur texture, la possibilité d’une identité, d’un souffle vital.

Lire Plus =>