"Il
faut sauver le lycée Schoelcher" Qu’on
m’explique !
Publié le
19/09/2009
1. Parce que
la symbolique du
lycée Schoelcher
n’est pas univoque.
Le lycée Schoelcher
a servi à
l’éducation et à la
formation des
Martiniquais. Il a
ouvert les portes
des bourses et de
l’excellence à
quelques individus.
Effectivement, le
lycée Schoelcher à
Fort-de-France
représente une
rupture, un premier
pas.
L’opposition
première entre le
lycée de
Fort-de-France et
celui de
Saint-Pierre avant
1902 est celle d’une
éducation à
vocation, je
précise, laïque,
égalitaire contre
une éducation
religieuse, privée,
réservée à l’élite
de l’argent, du
pouvoir, à l’élite
de la couleur.
Mais après ? Quand
il ne reste plus
rien de
Saint-Pierre ? Les
békés et les
mulâtres ont-ils fui
le meilleur lycée ?
Non, Schoelcher
aussi était leur
domaine. Comme
d’autres. Et à la
bigoterie coloniale
s’est substituée la
bigoterie
républicaine.
Ou elles se sont
entendues...
Du français tu
liras, la loi tu
adoreras, ton grec
et ton latin tu
réciteras et de
Vercingétorix tout
tu sauras. Point.
Rien d’autre.
Césaire, Fanon,
Manville, d’autres
sont devenus ce
qu’ils sont devenus
contre la vénérable
institution.
Le mépris des
campagnes et des
« descendus »
restait le même, la
permanence des
castes par le statut
(argent et couleurs)
toujours vivace. Ce
n’est pas le Lycée
Schoelcher qui a
éduqué la
Martinique, ce sont
les petits
instituteurs et les
petits professeurs
dans les petites
écoles primaires et
les petits collèges.
D’une culture de
l’exceptionnalisme
et centralisée à une
culture égalitaire
et décentralisée.
Ceux du PPM et
d’autres, parce
qu’ils y avaient
été, ont créée ce
mythe du « grand »
Lycée Schoelcher-
sauveur –des-
pauvres- masses-
incultes-
martiniquaises. Le
lycée Schoelcher a
effectivement formé
nos élites. Quelles
élites !
2. Parce
qu’en matière de
politique urbaine,
parfois, raser c’est
bien
La preuve par le PPM
et Fort-de-France :
Le collège Perrinon ?
Rasé. Le collège
Cassien ? Rasé. Puis
reconstruits, à
neuf, à la
périphérie de la
ville. Le grand
collège Renan de
Fort-de-France ?
Rasé.
Ce fut un drame.
Mais manifestement,
c’était pour le
développement de la
ville, et pour le
doter
d’infrastructures
modernes. La mémoire
et les symboles, on
s’en est peu
préoccupé. La vie
urbaine aussi.
Pourtant,
pensais-je, une
ville c’est bien
avec gens qui vivent
dedans, des jeunes
qui y grandissent,
qui lui donnent un
rythme et lui
impriment une marque
c’est important. Pas
pour le PPM, ni pour
Aimé Césaire, ni
pour Serge Letchimy.
Un parking c’est
mieux (Collège
Ernest Renan,
anciennement
Pensionnat colonial,
puis petit lycée des
filles, où
d’éminentes dames
Darnal ont rayonné,
mais faut-il s’en
souvenir ?)
Une bouse de béton
bariolée de bleu, de
vert, de mauve et de
violet, c’est encore
mieux. Symboles.
Mémoire ?
Subitement, on se
découvre une grande
affection pour les
lieux de mémoire,
pour la classe ou
Untel ou Untel a
posé les pieds.
Alors qu’on s’en
moque en vrai. Que
le Lycée Schoelcher
perdure sous une
forme ou une autre,
ce qui compte c’est
qu’il soit un lycée
performant, sûr,
avec un projet non
seulement éducatif
mais urbain. Qu’il
soit vivant. Pour le
reste, il y a les
mausolées ou les
musées.
Alors quoi ? Pour
faire avancer son
agenda politique, on
se trouve un petit
dossier, quand
d’autres projets
déjà effectués
contredisent sa
position.
Tellement
transcendant au
moment où le PPM
veut se poser en
alternative crédible
sur la question
statutaire.
Mais que dit Césaire
-comme aime le faire
le PPM :
« Parole dûe :
L’enlisement
s’enroule
Seul le dur est
arable »
Danse mémoire danse
éligible
L’invivable en son
site"
Comprenne qui
voudra.
Zaka Toto. Blogueur
antillespolitique.com