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 Les poèmes entretiennent l'amitié

 

 

 


de Benoist Magnat

                                                                          Janvier 2009

Gravure de Claire Zahnd

 

L’incertitude du chat

 

Un lion a rugi dans la plaine

Un chat a miaulé sur une gouttière

Un tigre griffe l’écorce jusqu’à la sève

Un chat fait patte de velours

 

Ma chatte court l’indépendance

et chaque matin elle vient manger mes caresses

Elle saute sur l’obstacle, s’y accroche

et suspend sa vie quelques instants entre ciel et terre

elle se blottit pour la vie dans une niche de douceur

 

Elle chasse jusqu’à la mort de la proie

elle ronronne comme un poêle

qui lèche avec des flammes les bûches abandonnées

Le chat finaude, voilà l’incertitude

 

Il ne me suivra jamais en balade

Il a ses chemins, il a ses heures

Et je m’endors avec lui sans mal

sans pensée, mes rêves ronronnent

avec des sommeils profonds.

 

Benoist Magnat

poème et gravures dans livre d’artiste publié décembre 2008

édition Pilon à l’os Fribourg

 

 

TABLEAU

 

Un chat,

Parmi tant d'autres,

Déguste langoureusement,

Une souris de velours ambré,

Sur un écrin de joies épurées.

Je voudrais le mordre

De mes dents cristallines,

Comme un chien

De basse-cour.

Mais la jeune souris est...

Si heureuse

De croquer la vie

A plein coeur,

Que je m'éloigne lentement,

Un sourire rose de rêves,

Au coin des lèvres,

En effeuillant une orchidée

Glaciale.

 

Esteban

 

Pierre Bacon

 

 

LE DERNIER ARBRE DU MONDE

par christian durand

 

Je suis le plus bel arbre du monde

Mes fleurs embaument l’aube et le crépuscule

Mon ombre couvre l’espace d’une vie d’homme

Les femmes chuchotent mon nom aux enfants fiévreux

Les quatre vents de l’horizon ont dispersé mes graines

pour peupler la plaine et les montagnes

Des enfants ignorant la guerre ont joué à cache-cache entre mes racines

J’ai retenu la terre que les orages dispersaient

Les amoureux ont tatoué tendrement mon écorce

qui a pleuré des larmes de résine

Avec mes feuilles, les jeunes femmes ont tissé leur vêtement de noce

Ma sève a guéri les maladies sans nom

et mes épines ont chassé les bêtes enragées

Chaque automne, le plus courageux m’escalade pour voir venir la pluie

et la plus belle fille l’attend en bas

Je suis le plus bel arbre du monde

 

Je suis le plus vieil arbre du monde

Mes fruits ont nourri toutes les générations

Les juges m’ont pris à témoin de leur sagesse

Mon tronc est comme un mat qui a survécu à toutes les tempêtes

et ma cime a repoussé la colère du ciel

Sous mes branches tous les peuples de la terre se sont rassemblés

pour fêter l’été et les vendanges

Le sang des hommes a scellé mes fondations

Le vent de l’incendie a froissé mes frondaisons

Mes branches mortes renaissent dans les cheminées

Je n’ai pas de mémoire mais l’histoire du monde est écrite

en cercles entre mes veines bleutées

Je suis le plus vieil arbre du monde

 

Je suis le dernier arbre du monde

Nul ne connaît mon age

Les enfants ne grimpent plus sur mes branches

et les vieux ont oublié mon nom

Mon écorce est fendue, mes branches éclatent et mes fruits pourrissent

Les puits sont taris et plus aucune piste ne croise mon ombre

Les aventuriers ont franchi les mers pour dévoiler l’horizon

J’ai entendu le fracas des armes, le cri des villes violées

J’ai vu les ingénieurs détruire des continents

à la recherche des schistes et des naphtes

La fumée des charniers a voilé la face du soleil

et le vent a renversé les poubelles de l’histoire

J’ai regardé mourir des civilisations et s’écrouler les empires

La prochaine tempête me déracinera

 

Je suis le dernier arbre du monde

 

 

DOUANIERS CENT FRONTIERES

par Christian Durand

 

Halte. Stop. Haut les mains. Bas les pattes. Barrière. Caméra. Vos papiers. Passeport. Visa. Quotas. Vaccination. Test à des haines. Charter. Carte verte. Permis de conduire. Arrêtez le moteur. Descendez. Videz vos poches. Ouvrez la malle. Fermez vos gueules. Qu’avez-vous à déclarer. Vous n’avez pas le droit de. Vous devez. Traité. Constitution. Directive. Loi. Règlement. Décret. Arrêté. Circulaire. Taxe. Licence. Autorisation. Déclaration. Inventaire. Listing. Facture. Récépissé. Interdit d’uriner. Taisez-vous. Nul n’est censé ignorer la loi. Vous n’avez rien à déclarer. Vous savez bien que. Vous n’avez le droit qu’à. Simple tolérance. Je ferme les yeux. Pour cette fois. Remplissez. Signez. Payez. N’y revenez pas. Je vous ai à l’œil. Circulez. Y a rien à voir. Sens interdit. Passage obligatoire. Roulez lentement. Silence hôpital. Interdiction de photographier. Passage interdit. Sauf riverains. Réservé au personnel autorisé. Exit. Interdit aux animaux et au colored people. No trespassing. Sauf personne muni d’un pass. Composez le code. Code erroné. Carte avalée. Présentez-vous au guichet. Derrière la ligne verte. Attendez votre tour. Prenez un ticket. Péage. Préparez la monnaie. Ne rend pas la monnaie. Excédent de poids. Un seul bagage à main. Enfants et chiens tenus en laisse. A l’appel de votre numéro. Suivez la file d’attente. Déshabillez-vous. Douche obligatoire. Les femmes et les enfants d’abord. Arbeit macht frei. Passez sous le portique. Réservation obligatoire. Ne pas toucher. Barbelés. Hommes. Femmes. Classé X. Interdit aux mineurs. Panier obligatoire. Ouvrez votre sac. Suivez la flèche. Ouvrez. Fermez. Entrez. Sortez. Debout. A genoux. Priez. Assis. Couché. Silence. Ouvrez la bouche. Non-fumeur. Vos gueules les mouettes. Passe ton bac. Self-service. Prenez un plateau. Ramenez le plateau. Poubelles. Cendrier. Vide-poches. Ne pas se pencher. Poussez. Tirer. Monter. Descendre. Carte d’abonné. Ticket. Compostez. Retournez le billet. Introduire rapidement. Validez. Confirmez. Annulez. Adresse inexacte. Code non valide. Dernière tentative. Laissez votre adresse. On vous écrira. Formulaire. Sous-seing privé. Promesse de. Acompte. Arrhes. Avance. Caution. Gage. Hypothèque. Traite. Loyer. Ordonnance. Carte bleue. Verte. Vitale. Crédit. Revolving. Agios. Adresse. Téléphone. Imèle. Pseudo. Log-in. Mot de passe. Numéro sécu. Clés. Cadenas. Bip. Zap. Portable. Télécommande. Empreinte. Photo. Groupe sanguin. Vaccination. Rappel. Check up. Habeas corpus. Bilan. Assurance. Abonnement. Carte fidélité. Réduction. Promotion. Ristourne. Bonus. Points. Tirage. Cadeau. Ne pas jeter. Ne pas cracher. Pelouse interdite. Permis de chasse. Vignette. Cotisation non déductible. Taxe foncière. Impôts locaux. Taxe sur la valeur ajoutée. Impôt sur le revenu des personnes physiques. Taxe flottante sur les produits pétroliers. Nemo auditur propriam turpitudinem allegans. Priorité. Liste d’attente. Souriez vous êtes filmés. Les murs ont des oreilles. Les oreilles ont des murs. No man’s land. Fin de partie. Tilt.             

 

 

WU Gaozhong

 

Du 3 novembre 2008 

MER (XII)

 

Elles ont longé les écueils

Les jambes de la promise

Au-delà des monts et des merveilles

À mes yeux clos

Il y a eu

L’étincelle translucide

Un sourire ravi dans l’air

Un sourire qui en disait long

Sur les promesses à demain

Elle peut tout

Vous baigner dans la lumière

Petit arbre rabougri

Muré dans son silence

Sous des tonnes de cendres

Il y a eu

Cet intense moment

Sortir du néant

À l’instant

D’un souffle magique

Et s’ouvrir au Monde

Éternelle naissance

Nouvellement reconstitué

Elle peut tout

En marche vers son destin

Et les pelotes de fil

Apparaissent à fleur d’eau

Même dans les nuages gris

L’existence vaut d’être vécue

Je vogue sur mes rêves

Car enfin Elle me grée libre

.

© Jean-Jacques REY, 2008

Grand arbre
(1)

 


Le grand arbre s’élève
Ombrageux et fier
Solitaire sur sa colline
Défiant le ciel
Il harangue
Les passants

 

Il est le signal
Et le signe du ralliement
Toute la vie vient à lui
Les troubadours
Lui chantent leurs espoirs
La justice et ses guerriers
S’appuient à lui

 

Sous lui viennent se réfugier
Les amants
Viennent
Chanter les cigales
Et les enfants
Aux jeux des grands jours

 

Tenace et fort
Il protège maintenant
Les petites plantes
Le vent et la pluie
Se heurtent à lui

 

 

 

Grand arbre
(2)

 


Le grand arbre
A son cœur au ventre
Et son pied qui s’enterre
Profondément au sol
Il tient tête à tout
Et des forces invisibles
Le soutiennent

 

La petite graine
Qui l’a fait naître
Avait toute sa force
Sans trop comprendre
Plantée là
Par le destin

 

Et devant lui
Enfin, plus d’une fois
La mort a dû s’en aller
Penaude
En rengainant ses armes
Sur son dos

 


© Jean-Jacques Rey, 2003

 

 

Magritte

 

L'ARBRE DE VIE

 

A la forêt innombrable du cosmos

Il appartenait,

De haute lignée, on le reconnaissait.

Du plus loin de sa mémoire,

Il se souvenait

Portant son regard aux horizons,

Son fol espoir,

De toujours, sans s'imposer,

Plus haut aller, vers le zénith.

Ses racines puissantes, nées

De forces communes,

Au plus profond de la glèbe,

S'accrochaient, puisant

Dans la vie liquide,

Dans le terreau du monde créateur,

Dans la connaissance issue de l'Autre,

Des regains nouveaux.

Il avait connu, et leur résista,

Les vents démoniaques,

S'arc - boutant en d’incessants combats.

Se renforçant toujours,

Supportant les frimas et

Les morsures du temps,

Se dévoilant aux premiers rayons

Faiseurs de naissances généreuses,

Renforcé d'apports multiples,

Il était un, il était Tous.

Ses frondaisons protectrices,

Aux jeunes pousses, apportaient

Une ombre salvatrice,

S’ingéniant à point trop d’ombre

Faire aux ambitions de feuillus,

Rien ne pousse sous le baobab.

Certaines de ses branches

Après tempêtes, s’étaient revigorées,

D'autres alourdies s'étaient étiolées,

Puis, doucement, desséchées,

Etaient tombées,

Humus fertile,

Laissant souvenirs vivaces.

Nombre de ses feuilles,

Avec le zéphir, s'étaient dispersées

Portant la vie vers d'autres cieux,

Essaimant à leur tour.

Des nids, dans ses ramures,

Avaient trouvé refuge,

Matrices de prochaines éclosions,

Force de lendemains perpétués.

Arbre de vie.

 

Gérard GAUTIER

Saint-Brieuc 7 décembre 2008

 

L e   S a n g

 

d e s   c è d r e s

 

 

 

( Impressions du Liban)

 

poèmes de georges meckler

 

 

 

Grains de pollen

 

 

Insignifiants    grains de pollen

Quel sera    votre sort

mes mots    à demi     envolés

 

Aux crachins    de la nuit

Que vaudront    votre rien    de vouloir dire

votre rien    de pâle    parfum

 

Et que vaudrai-je    moi    qui vous expire

 

Si vous n’êtes    lèvres

pour les âmes    lacérées

 

Pour les corps    torturés

sang

et sueur

 

Des fleurs    pourtant    naîtront    peut-être

Et la mort    à jamais

ne sera    notre lot

 

 

 

georges meckler

Que cachent    le bleu

toujours neuf    Et le vide    blanc

si le brun    du sang

séché    mais trop vif    encore

dessine    sans fin    l’automne

georges meckler

 

 

William Wegman

 

 

 

 

 

mon peuple
quand

      germeras-tu une tête bien tienne sur tes épaules renouées
et ta parole le congé dépéché aux traîtres
aux maîtres aux bergers
le pain restitué
la terre donnée
quand
quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre
au carnaval des autres
ou dans les champs d’autrui
l’épouvantail désuet

Aimé Césaire, extrait de : « 2 octobre »

 

J’attends un enfant

 

 

 

 J’attends un enfant

 

Je voulais dire que c’est ma plus jeune fille

 

qui attend d’un jour à l’autre un enfant

 

Nous savons que ce sera une fille

 

dont je tairai le prénom

 

Naîtra-t-elle avant le 31 décembre

 

ou après le 1er janvier ?

 

Ce que je vis là traduit bien

 

ce que l’espoir représente pour moi

 

à la fin d’une autre année

 

où tant de nos espoirs

 

ont été malmenés

 

Ah, compagnons du chemin ardu

 

« citoyens de beauté »

 

puissiez-vous, vous aussi

 

attendre un enfant !

 

 

                     Abdellatif Laâbi, décembre 2008

 

Sylvaine Jenny


PORNO HISTOIRE II                                                                                                                        

 

Aux victimes d’ici et d’ailleurs                                                                                                        

 

nuit d’harmattan

quand tout veille

sans gémissements

nuit d’écume fielleuse

le coq n’a pas chanté

cette nuit de masque funéraire

il a été pris à la gorge par la spirale

de l’absurde au summum de cruauté

comme dit de l’ignominie

qui a lancé cette parole jonchée de

cadavres

 

nuit hypertrophiée

l’aube approche front courbé

le bourreau est déjà sur le pas de la

porte

et sans cagoule

mais

flanqué d’une massue de haine

sans honte

ni remords

mais

hérissé de sa race dans son  cœur de

neige

un meurtre va être accompli  cette nuit

écarlate sous les argents perturbés des

étoiles

benjamin moloïse va mourir d’avoir

voulu être homme

ses assassins ne sont

ni botha

ni boers

mais

deux mille ans de félonie chrétienne

deux mille ans de lâcheté

de simon pierre

autour du feu à flammes haineuses

premier dépouillement  ô dieux de

l’amour pascal

à l’ombre de yahvé des armées

regardez les yeux glacials de la

chrétienté marchande et carnassière

ils se sont refusés à toute sollicitude

                            à toute tendresse

                            et l’enfant

                            dieu-mendiant

fuyant la persécution vers les égyptes

gît toujours sur les trottoirs

à l’indifférence de passants

et l’hiroshima du cœur prolifère de ses

métastases

à l’abri des calculs de savants nobélisés

l’europe „libérale“ est vénale

l’europe de privilèges fait chaque jour l’amour

à l’intérêt

j’accuse aristote de stérilisation des êtres humains

                          de prévarication

j’accuse les bulles papales de génocide d’amérindiens

                          de prévarication

j’accuse les missionnaires du meurtre de camillo torrez

                          de prévarication 

j’accuse paul saül de fours crématoires

                          de prévarication

dans cette nuit évacuée de tout espace de caresse

nuit sèche de nausée

comme l’amérique de wall street

cuscute

une belle réussite de la rapine

les amériques de wall street

ont pour fondement la négation

et le sang de plusieurs millions d’hommes

la statue de la liberté

est une escroquerie sanguinaire

l’Amérique de Wall Street est schizophrène

l’humanisme de l’occident a la couleur de la misère

et du mépris d’autres peuples

il est une splendide masturbation esthétique

l’apartheid est surtout un état d’esprit

la "démocratie" de Wall Street

le cultive sous ses pelouses toujours bien taillées

comme le sourire

indéchiffrable d’un mandarin

l’occident de privilèges transforme les hommes en

pacotille

l’occident nous humilie sur ses lieux de travail

                nous insulte dans ses métros

                nous tabasse dans ses commissariats

l’occident tire nos enfants comme de lapins

le regard qu’il jette sur nous est arrogant de

 

condescendance

l’occident continue à nous dénier tout attribut

d’homme

ceux qui tuent chaque jours en azanie ne sont

ni boers

ni botha

ces chétifs à l’autre

mais bien

plus de vingt siècles de malversation organisée

de la pensée

le monde est atteint de l’infamie de l’âme

cette nuit solsticiale

ceinte de cendre et de palmier

vêture de deuil

le crime est descendu à raz de l’aube

syncopé d’un blues des ordures

l’Afrique n’a pas pleuré

nuit inachevée

elle a serré en chantant la main généreuse

de benjamin moloïse

celui qui accepte de mourir

tête haute

digne et libre

est un homme responsable

il ouvre largement l’avenir

cette nuit échappée de cuisses

de l’obscénité.

 

Muepu Muamba

 

Paris, le 18.10.1985

 

in : PAR-DESSUS  Z

GROUPE des Z

Paris,  Printemps 98

 

 

 

 

 

SOLSTICE D’HIVER 2008

VŒUX 2009

 

 

Le soleil est caché
et il est toujours là,

Même la nuit…

 

La lumière nouvelle

pointe

A chacun de la reconnaître

et de l’accueillir.

Elle est une source

Une Présence sans limite.

Il y a une lumière aveuglante

Et celle qui nous inonde de sa clarté,

qui ouvre la conscience

et nous libère des entraves générées par un lourd passé.

Cette lumière est douce

 et va jusqu’au cœur des cellules.

Cette étincelle est toujours là.

Un point brillant, expansif, généreux

Qui est la source de notre existence.

La conscience au travail est cette Lumière,

Claire voyance, qui nous aide à voir les choses comme elles sont,

Sans jugement et à priori.

Sans déformations intempestives qui nous entraînent

Dans des erreurs répétitives.

Il est certain que toutes ces erreurs de jugements et de comportements

Sont là pour nous aider à nous transformer.

 

Pour cela  une faculté essentielle va s’éveiller.

Et nous aider : il est nécessaire de prendre confiance.

Conscience et confiance sont les deux pôles de notre évolution.

Ils sont l’axe autour duquel se construit une vie.

Ils sont ouverture dans l’esprit

Voir ce qui est, et  se mettre en harmonie avec l’essentiel,

Ce qui guide, ce qui est juste

Ce qui crée de la vie.

Ouverture de la conscience et du cœur.

Il est nécessaire de connaître avec qui ou quoi

l’on sait qu’on peut Etre en confiance

Pas à n’importe qui ou quoi,

pour « ne pas se laisser tondre la laine sur le dos ».

 

La polarité conscience et confiance

L’ouverture consciente et sereine

Sont le chemin de la Connaissance et de l’existence.

 

Bon souffle

                                          Michel Moché

 

 

Rabindranath Tagore     L’offrande lyrique

 

Je croyais que mon voyage touchait à sa fin

ayant atteint les limites de mon pouvoir

que le sentier devant moi s’arrêtait

que mes provisions étaient épuisées

et que le temps était venu de prendre retraite

dans une silencieuse obscurité

mais je découvre que ta volonté

ne connaît pas de fin en moi .

Et quand les vieilles paroles expirent

sur la langue

de nouvelles mélodies

jaillissant du cœur.

Et là où les vieilles pistes sont perdues

une nouvelle contrée se découvre

avec ses  merveilles .

 

 

Piotr Uklanski

 

 

Il neige

Il neige... et lorsqu’on dit ce mot
Surgit un voile de mystère...
Ces miettes volant sur la terre
De quel Pain sont-elles morceaux ?

Il neige...
Ce mot, miraculeux prodige,
Bouche ouverte sur un secret
Ne sachant dire quel bienfait
L’âme ressent de son vertige...

Est-ce un message en ses débris ?
Soyons émerveillés ! Il neige,
Mais quoi, là-haut, se désagrège
Au nez du Temps qui sait… mais fuit ?

Est-ce opiniâtre déchirure
D’une lettre pour les humains,
Ces lambeaux si blancs sur nos mains ?
Disparue est son écriture
Qui venait d’un Scribe divin
Exhortant, parlante froidure,
L’âme du Monde, mais en vain,
À redevenir aussi pure !

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Le cœur de l’océan

Le cœur de l’océan
Bat pour la poésie ;
Flux et reflux puissants
Chassent la jalousie.

Le cœur de l’océan
S’est donné sur la dune
Au baiser de la lune
Et mon luth exigeant
A pleuré sa rancune.

Le cœur de l’océan,
Diastole et systole,
Pour les muses s’affole
Et puis il se reprend,
Réticence infinie
Devant la grande Loi...

Mais le cœur de ce roi
Bat pour la poésie !

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Tournesol

Que la terre doit être belle !
Dit l’aveugle au fond de sa nuit
J’entends l’oiseau, je sens le buis
Je touche du puits la margelle.

Sont comblés les puits de mes yeux
Ou se regardaient les étoiles.
Je goûte le fin grain des toiles
Qu’a peintes le Maître des cieux.

Que la terre doit être belle
Au temps sacré des tournesols
Qui, comme moi, dressent leur col
Vers l’or de la source éternelle.

Que la terre serait belle
Si les hommes voulaient s’aimer !

Ces tournesols, vont-ils tourner
Leurs cœurs, vers la clarté nouvelle ?

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Vallée des Rois

La Loire va vers l’Océan
Tirant ses longs vaisseaux de sable
Royale, en sa robe ineffable,
Sachant que l’Infini l’attend…

La Loire va vers l’Océan
Portant son collier de lumière
Lourd de châteaux, perles de pierre
Qui glissent sur le fil du temps.

Elle est venue de tant de princes
Qui s’y mirèrent tant de fois
Que le nom de « Vallée des rois »
Scintille au fond de sa province.

Mais elle a tant et tant d’amants
Dans son beau lit se fleurdelyse
Et que fée, elle emparadise !

Lente elle va vers l’océan
Sachant que l’Infini l’attend...

 Jacqueline Delpy

 

 

A mes risques et périls
(en la demeure)

Mon sang se donne l’air de charrier les troncs

Des arbres où grimpaient mes ancêtres

Il y a des fois où mes gencives me font mal

Comme si je faisais mes défenses (de mammouth)

Mes oreilles tintent comme sous l’effet des hurlements

Remontant à la Préhistoire, ignorante de l’acte de la parole

Le propre de la pourriture éclose des fleurs du Vice...

J’abats mon stylo sur la feuille de papier innocente

Comme les chasseurs d’antan leurs gourdins sur la proie

Mes doigts crochus s’agrippent désespérément

Au bord du précipice où les Autres se donnent

Toutes les peines du monde pour me pousser

Lorsqu’on me met le couteau sous la gorge

Je revois toute l’Histoire passée, sanglante

De la Guerre de Cent Ans, de Trente Ans

Bon an, mal an je ne sais que me débattre

Au pied du mur qui me sépare de l’Autre

Tout ce qui coule me fait peur

Que ça coule, découle, s’écoule, dégouline, dégoutte ou me dégoûte

Jusqu’à mon sang me fait peur : il pourrait m’emporter

Grimpé sur un tronc d’arbre à côté de mes ancêtres

Qui déferlent de l’au-delà de la Mémoire sur

Nous, ignobles violateurs de sépultures, d’Histoire

 

 

Pr. Constantin FROSIN

 

 

Daniel Bonhomme

 

 

 

rencontres improbables

 

j'aimerais rencontrer
le petit prince

le grand

les sept nains

les cochons

Bambi

Mickey

le petit poucet

Pinocchio, Boris Tadic, Michel Ange

Prévert et Proust

Peter Handke

Pascal

Madeleine , Marie, Thereza

Desanka

Albert

Jacques, François, Paul

les Diables et Dieu

Vous

l'ombre et lui

si je n'étais pas folle, j'aurais pu terminer ici

j'aimerais

les rencontrer

et si je les rencontrais

  m'asseoir sur un banc au bord d'une rivière

prendre un café, un thé, un vin chaud

échanger quelques mots

avec certains

avec d'autres

partir non loin 

de la même rivière

mais pas sur le banc

nous serions allongés sur l'herbe

les yeux dans les cieux

échanger quelques mots

mais des mots muets

puis

 les jeter aux poissons

pour voir si ...

les mots muets sont

comestibles

j'ai le droit de rêver !

je retourne écrire

un de mes luxes, le seul

 des mots vivants ...

et vous souhaite une belle et douce nuit

ami

 

Zorica Sentic

 

 

DES NOUVELLES DE L’ART

 

 

koadneuf ?

watapi ?

goudieur !

joaboneur !

arépoèmeux…

étoussa…

 

 

Olivier Garcin ©2009adagp

Les poèmes révolutionnent la société 

 

 


 

de Benoist Magnat

mars 2009

 

( voir marathon artistique août 2009 à Carpentras vers la fin des messages)

 

Andy Warhol « Freud »

 

J’ai déchiré ma main en deux pôles

       celle d’une attente ouverte

       celle du poing fermée et concentrée

 

Cet exil des mots dont je cherche la frontière

              des oiseaux de cris sur la mer

              des verges abandonnées aux vagues de sable

Ce vent qui agrandit la déchirure de ces mains

et ce choix impossible qui ne souffre ni le pus

               ni la croûte de la guérison

Ce moi au double quartier dont je ronge le jus

               jusqu’au sang

 

Benoist Magnat

poème tiré de « La fonction crée l’orgasme suivi insensiblement par la mort »

éditions Utovie 1982

 

 

Jean-Louis Saiz

 

L’impensable vérité

 

Elle vient juste de croiser les jambes

Les nombres de vérité s’égrènent

ses bas filent du mauvais coton

à la loterie je donne toutes mes envies

 

Les banques croisent les doigts en permanence

pour conjurer le sort des vrais mensonges

les salariés ne chôment pas en attendant Godot

pendant que le reste de l’humanité a faim

 

Elle me regarde droit dans les yeux

mes cils tremblent dans la lumière

je passe une main derrière la nuque

pour saisir l’impensable vérité

 

Il y a comme une ambiance de pauvreté dans l’air

les chômeurs grèvent leurs manches à contre cœur

la répression s’insinue dans nos têtes

pendant que je fais faire une couleur à mon lavage de cerveau

 

Elle marche fière dans la transparence du jour

je découpe au rasoir les ombres flottantes

elle colle une radicalité sur son front

pour ne pas oublier l’essentiel

 

Le monde chavire comme un Titanic

la bourgeoisie reprend des glaçons dans son whisky

les milliards deviennent monnaie courante

et les médias se jouent de notre libre arbitre

 

J’entends un phrase cohérente dans sa bouche

qui structure l’avenir du monde

Ils distribuent des bonbons aux malheureux

pour qu’ils élisent leur misère en carrière

 

L’impensable vérité ne se dit pas

elle serait punie par la loi

Alors les mots tournent autour

pour éviter le centre et faire cible

 

Benoist  Magnat

mars 2009

(Autocritique : Ce texte manque d’élan poétique)

 

Jean-Louis Saiz « L’ouverture »

 

Des textes poétique d’Henri Michaux mort en 1984

 

Postures

 

" Dans l'étroite salle

qui cesse d'être étroite

calme vient à notre rencontre

un calme de bienvenue

composé d'allonges, d'allonges

abandons non dénombrés

 

Emplacement n'est plus ici

n'est plus là

on a cessé d'en avoir, d'en vouloir

 

Du cotonneux en tous sens

vacillant, indéterminé

sur le passé qui sombre

 

Tourments, tournants dépassés

un corps pourtant non disparu a coulé

 

Lieux quittés

Temps du calme continu

parfait

non modulé.

 

Temps dans lequel on ne sera plus déconcerté

divisé,

dans lequel rien n'interpelle,

où ne débouche phénomène aucun

 

Plus de rencontre

Monde sans gradins

ou aux milliers d'imperceptibles gradins

accidents indistinctement coulissant dans de similaires accidents

 

Egalisation

enfin trouvée

enfin arrivée

 

qui ne sera plus interceptée.

On y vogue.

 

Jubilation à l'infini de la disparition des disparités. "

*

Homme de lettres
Seul,
Être à soi-même son pain,
Et encore, il s'engrange qu'il dit,
Et pète par toutes les fissures.
En blocs, en lames, en jets et en cristal,
Mais derrière le mur de ses paroles,
C'est un grand sourd.

*

Autrefois mes ennemis avaient encore quelque épaisseur ; mais maintenant ils deviennent filants. Je suis touché au coude (toute la journée je suis bousculé). C'est eux. Mais ils s'éclipsent aussitôt.

*

...en voici un.
Je te l'agrippe, toc
Je te la ragrippe, toc.
Je le pends au portemanteau
Je le décroche
Je le repends.
Je le redécroche.
.....

*

Et circulant dans mon corps maudit, j'arriverai dans une région où les parties de moi étaient fort rares et où pour vivre, il fallait être saint. Mais moi, qui autrefois avais tellement aspiré à la sainteté, maintenant que la maladie m'y acculait, je me débattais et je me débats encore, et il est évident que comme ça je ne vivrai pas.
J'en aurais eu la possibilité, bien ! Mais y être acculé, ça m'est insupportable

*

 

Examen
"Eh ! Il n'est pas encore bien propre", me disait-il.
Il tenait mon fémur à la main, vidé. Il y soufflait, il aspirait, puis il appliquait l'oeil au bord.
"Il vaudra mieux décidément, dit-il, que je l'emporte chez moi, pour l'examiner à mon aise."
Et il est sortit. Il n'est jamais revenu.

*

Chute
Il fit un faux pas, et tomba tout à coup dans le XIIIe siècle.
Ah ! Comment le tirer de là ?
On se vissait, on se dévissait, on se revissait, on ne trouvait rien.
"Du sang-froid, criait Georges, sans quoi il est perdu."

*

J'ai eu froid pour que d'autres aient froid,
et ils auront froid
Profond, j'ai posé mon poison, profond.

.... Je CRACHE dans la bouche de la foule

Henri Michaux

Henri Michaux

 

 

NOTRE TEMPS

 

Au moment où, sur mes tempes,

Les frimas des ans,

Posaient leurs premiers flocons,

«Les 30 glorieuses»  

N’avaient point encore dents de lait,

En devenir carnassières.

Refusant la frénésie ambiante, le confort émollient

Tueur du libre arbitre et de l’Homme conscient,

J’avais choisi la liberté, la rue, la bohème.

J’avais tourné le dos à la course effrénée au paraître

Et rejeté le dieu possession,

J’avais choisi d’être Autre, d’être Moi.

Contemplant avec un inquiet mépris

La spirale montante,

Respirant les saisons,

Je partageais, grand prince,

Au hasard des rencontres, les ponts,

Arches protectrices ou mon toit constellé.

Avec les copains de pavé qu’avaient

Parfois aussi connu la Haute,

Rapidement, j’étais devenu

Un aristo de la manche,

Un distingué du trottoir.

Il nous arrivait encore,

A cette époque,

De croiser le regard aquarellé

D’un soupçon d’humanité d’un passant pressé,

En quête forcenée de temps à gagner.

Puis la machine boulimique, à créer toujours plus,

A bouffer les Hommes jusqu’à l’indigestion,

Qu’en avait plus besoin, les a dégluti,

Après en avoir pris le suc,

Sur le trottoir, dans la peur castratrice,

En pâture à la misère, sœur des laissés pour compte

Par centaines qu’avaient pas choisi

Qui voulaient pas, Eux.

 

Maintenant on est des millions

Ilots à la dérive, impuissants,

Dans un océan d’indifférence,

Prêt à engloutir,

A n’avoir même plus à partager

Un trop plein de rien,

Seulement des parcelles d’aumônes,

Tout juste nourricières

A attendre l’embellie d’un printemps,

Toujours prometteur, jamais éclos.

Ils m’ont volé la solitude et laissé au clou  

La désuétude humaine, immense.

Ils m’ont volé mon choix.

Je ne suis même plus,

Pour mon ego,

Vieil et noble aristo,

Plus même un numéro.

Foutue Société

Où ceux qui trop possèdent,

Sordides,

Ne  laissent même pas le luxe 

Aux pauvres

De l’être dans la dignité !                           

 

 

Gérard GAUTIER

Saint-Brieuc 27 avril 2004

 

Chris Ofili

 

Déclaration

Je déclare l'état de bonheur permanent
et le droit de chacun à tous les privilèges
je dis que la souffrance est chose sacrilège
quand il y a pour tous des roses et du pain blanc.

Je conteste la légitimité des guerres,
la justice qui tue et la mort qui punit,
les consciences qui dorment au fond de leur lit,
la civilisation au bras des mercenaires.

Je regarde mourir ce siècle vieillissant.
un monde différent renaîtra de ses cendres
mais il ne suffit plus simplement de l'attendre
je l'ai trop attendu. Je le veux à présent.

Que ma femme soit belle à chaque heure du tour
sans avoir à se dissimuler sous le fard
et qu'il ne soit plus dit de remettre à plus tard
l'envie que j'ai d'elle et de lui faire l'amour.

Que nos fils soient des hommes, non pas des adultes
et qu'ils soient ce que nous voulions être jadis
Que nous soyons frères, camarades et complices
au lieu d'être deux générations qui s'insultent.

Que nos pères puissent enfin s'émanciper
et qu'ils prennent le temps de caresser leur femme
après toute une vie de sueur et de larmes
et des entre-deux-guerres qui n'étaient pas la paix.

Je déclare l'état de bonheur permanent
sans que ce soit des mots avec de la musique,
sans attendre que viennent les temps messianiques,
sans que ce soit voté dans aucun parlement.

Je dis que désormais nous serons responsables
nous ne rendrons de compte à personne et à rien
et nous transformerons le hasard en destin
seuls à bord et sans maître et sans dieu et sans diable.

Et si tu veux venir passe la passerelle
il y a de la place pour tous et pour chacun
mais il nous reste à faire encore du chemin
pour aller voir briller une étoile nouvelle.

Je déclare l'état de bonheur permanent...

Georges Moustaki

 

Antonio Ballester Moreno

 

Dès que le silence se fait, les gens le meublent.

 

... avec un canapé et une télé

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

Vierge marine

« Toute tentation de vivre est une tentative. Momentanément sauvé de l’emprise marchande, je perçois mieux comment la briser. Dans mon abri pénètrent exclusivement mes plaisirs, j’y échappe aux mains de la contrainte, je n’y suis que pour moi, au gré de mes affinités. Je ne m’inquiète pas du résultat. »

Raoul Vaneigem, Le livre des Plaisirs (Labor, 1979-1993)

 

Sous Marine, il est doux de plonger son visage
Face à son autre bouche et patiner sa langue
Intime et camouflée sous les lèvres d’orage
De son vibrant delta sculpté dans une mangue.

Ce triangle divin, fatal et ténébreux,
Religion du désir en pratiques occultes,
M’a converti à elle et, comme un vieil hébreux,
Vers son mont Ararat, je caresse son culte.

Dans le chaudron d’amour, se poursuit mon baptême,
Et je goûte à ses eaux bénies par ses parents :
Comment les remercier pour ce brûlant totem
Autour duquel, indien, je danse en m’enivrant ?

Converti à l’idole et sa croupe sacrée
A laquelle il faut boire afin de la connaître,
L’athée devenu pape a le menton ancré
Au seuil de l’origine où chacun a pu naître :

Ce port où tout païen a surgi dans la foi,
Ce Pirée où se lève un soleil hellénique,
Cette lagune, obole et poison à la fois,
Désaltérant l’intrus de sa source conique,

Ce paysage antique, olympien, où Eros
A failli se noyer dans le plaisir suprême,
Ce nectar féminin, prisé par Dionysos,
Millésimé en crus, bonifié en harem,

Ce vin blanc sec ou doux, fruité, fade ou amer,
Mais délicatement servi dans le palais
D’un tonneau oublié, d’une maîtresse-mère
Ou d’une lolita en sa prime coulée…

Ainsi donc, en son antre où parfois les oursins
Noircissent les contours et décorent la rive,
Je poursuis ma recherche et pêche en son bassin
Une moule charnue, ouverte, à la dérive.

Existe-t-il trésor plus précieux à tout grec
Epris des fonds marins comme un nageur errant ?
N’est-ce pas le chemin le plus court vers la Mecque
Pour qui sait lire un cul comme on lit le Coran ?

Y a-t-il plus doux verset, plus délicieux précepte
Que celui appelant à la pieuse ablution ?
Pourquoi philosopher de notions en concepts
Quand le génie paraît grâce à la dévotion ?

Même un chaste penseur, face à l’étroit passage
Confirmant la Genèse et tout ce qu’elle professe,
Soûlé par sa liqueur, par sa vue, fut-il sage,
Aurait fermé son livre et plus ouvert ces fesses !

Buvant jusqu’à la lie le fût de la timide,
La rassurant d’un doigt remontant la vallée,
Je remercie alors de sa caverne humide
La demoiselle émue, jusque là affolée.

Un sourire, un baiser… La douce est si mignonne
Que s’installe et s’impose une idée folle et fixe :
Faire, au creux du couvent de ma céleste nonne,
Pleurer petit Jésus dressé en crucifix !

Je vous saillis Marine, hétaïre au sérail
De tous nos paradis, vierge au biblique hymen,
Et, sitôt déflorée, j’irai dans vos entrailles
Honorer votre grâce où Dieu n’a pu. Amen.

Yannis Youlountas

Y.Y. in Poèmes ignobles, contre une poésie de l’ennui et de la bienséance (La gouttière, 2005)

Eric Fischl

 

Voyageur

 

Je suis le voyageur fourbu, mais tant d’amis me sont rendus

Je suis le voyageur perdu, mais tant d’amour m’est dévolu.

 

Vent du désert m’a desséché

M’a volé mon identité

Distances ont usé mes souliers

Et nombre de mes années.

 

Je crois que j’ai tout perdu

Mais tant de sourires croisés

Tant de regards émerveillés

J’ai gagné tant de mains tendues.

 

J’ai couru tant de chemins

Partout la douceur des matins

Sans connaître un peu demain

J’ai partagé le même pain

 

Je suis le voyageur fourbu, mais tant d’amis me sont rendus

Je suis le voyageur perdu, mais tant d’amour m’est dévolu.

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Toujours plus loin

 

J’ai fait le tour du monde

En essayant de tout voir

Marquant l’arrêt à chaque soir

Rêvant encore de ma blonde

 

De découverte en désespoir

D’hésitations en tables rondes,

Faux petits pas, refus et frondes,

Je suis perdu, le pot au noir.

 

Toujours plus loin j’oublie ma blonde.

Tout est surprise, ne rien vouloir

Juste accueillir, c’est mon boudoir.

Je reviens d’un tour des mondes.

                                                                                                                  

Jean-Louis Michel Latsague

 

 Oleg dou

 

De rire je veux mourir

De rire je veux mourir,
- Ça ne prête point à rire,
Que veux-tu ? C'est mon vœu -
Riant, gesticulant, chantant
Dans un coquerico
De chanteur d'opéra
Comme Pavarotti
Dans le conte d'Hoffmann d'Offenbach.
De rire je veux mourir,
Fou de rire comme au théâtre,
Riant, m'esclaffant, m'éclatant
Comme un fou qui se défoule
Et qui s'en fout de tout,
Même si mon cœur éclate
Dans un rire au long cours
Qui bat tous les records
De tous les rires des hommes.
De rire je veux mourir
Au sommet de l'art de rire
Pour rire de ce qui fait rire
Dans mon état de rire
A un cheveu de la mort.
De rire je veux mourir
D'un rire larme de joie,
Qui appellent rires et pleurs,
Comme une larme de fond,
A tous les yeux qui pleurent
En chœur comme quand on chante,
Elevant mon âme aux cieux.
De rire je veux mourir,
D'un rire coup de boomerang
Heureux de prendre son temps,
Le temps de faire des siennes
Et de me faire rire à mort.
De rire je veux mourir,
D'un rire qui creuse ma tombe
Au sein d'une fosse commune
Et qui enfonce un clou
Qui blesse et qui transperce,
Toute une nuit de rires.
De rire je veux mourir,
D'un rire au bord des larmes,
D'un apprenti sorcier
Qui, de ses crocs pointus,
Me prend sec en tenailles
Dans une gaieté subite.
D'un rire qui, à la mort,
Ne rira qu'aux éclats,
Croyant rire à la vie
Pour vivre plus heureux.

Jean SAINT-VIL
 le 15 février 2009

 

 

 

 

Que ferons-nous

 

Grondement    des bombardiers

Vers la forêt    la foule    affolée

fuyait

Et ma main    dans la tienne    maman

tremblait

 

Que d’espoirs    de décombres    en fossés 

toujours    et partout

pourrissent

Abels    fauchés    par l’Argent   

Et vous tous    qui à peine    survivez

en vendant    à vil prix     votre corps    et votre âme

 

Jourdains    empestés    

Pourrez-vous    jamais    assouvir 

la moindre soif

 

Et nous

Marionnettes    aux vents    de notre atome    terre

De nous-mêmes   

Esprit   

Que ferons-nous

                                                                                    

                                                            georges meckler

 

 

Emily Roysdon

 

Belle

 

Je dépose un baiser

Sur tes lèvres

Ou ton corps

Sur ton front adoré

 

Belle

 

Je dépose un baiser

Comme une plume est emportée

Poussée par une douce brise

Calme comme l'eau qui frise

Au souffle du zéphire léger

 

Belle

 

Je dépose un baiser

Un souffle,

Un rien,

Une caresse...

 

---------------

 

Quand à vous, mes amis,

Ne vous lamentez point

Car je vous aime aussi

 

Oui…

 

Mais pas à ce point…

 

Alain

                                                

 

 

 

Khosrow  Hassanzadeh

                                                        LEGENDE

 

      

       Héros de tous les temps, vos exploits charment  notre imaginaire, nous chavirent l’intellect. Qu’un mal avisé ose moquer l’aura, culturelle ou simplement médiatique, qui sublime un grand homme ou une femme d’exception et nous désespérons de la grandeur des sentiments.

       Exagéré, abusif, ce commentaire ?

       Que nenni ! les héros ne sont d’abord que des hommes, des femmes , d’extraction quelconque, des gens souvent simples, qu’une circonstance soudaine transforme en surhumains. Cette circonstance, ils ne l’ont pas provoquée, en ont peut-être souffert mais par une brusque pulsion, se sont sentis obligés d’accomplir un devoir devenu impossible à ignorer et à éluder. Soudain, l’alternative s’efface et cède le pas à l’acceptation du sacrifice.

       Sont-ils responsables si, autour d’eux, une rumeur se met à courir, à enfler, à générer un mouvement collectif riche d’admiration enthousiaste, de louanges éblouies ?

       A notre époque, cela s’appelle un phénomène de société.

       A notre époque, ce phénomène ce fut déroulé différemment. Un Rodrigue contemporain eut rameuté les populations pour venger la mort de son père. Iphigénie refuserait l’immolation imposée par Agamemnon et en appellerait au tribunal international. Camille ne se contenterait pas d’invectiver Rome « l’unique objet de son ressentiment » et entamerait une grève de la faim.

      

 

 

       Autres temps, autres mœurs. Le phénomène sociétal abandonne les chemins tortueux, échevelés, d’un lyrisme heureusement conservé par l’art théâtral et la littérature. Par la mémoire, en somme.      Car, depuis la nuit des temps, ce prodige spontané, irrationnel de l’opinion publique s’est toujours imprégné d’un merveilleux donnant lieu à une légende.

       Vraie ou fausse, une légende est nécessaire à l’âme qu’elle élève, qu’elle pare d’une réelle croyance en la qualité de l’esprit humain.

       Longue vie à la légende. Quelle qu’elle soit…

 

Clerc

 

                                         °°--°°

Hortense

 

Hortense dénoue ses très longs écheveaux

De sa main elle épand

Sur le trottoir en vrille

Un sel qui s’éparpille

Au delà de l’arpent

 

Hortense entasse les flocons de nuage

Ramasse dans le parc

Les pétales plastiques

Puis serre l’élastique

Autour du sac opaque

 

Hortense recoud les voiles déchiré(e)s

Dévale la vallée

Les velours soulevant

Puis perd son châle au vent

Rossignol envolé

 

Hortense est couchée parmi les feuilles rouges

Cherchant au fond du puits

Ses amis disparus

Jetant au fil des rus

Les perles de ses nuits

 

Hortense sasse les limons sablonneux

Les vases du Vésuve

Aux diamants oubliés

Les mains en sablier

Comme un sein de Vénus

 

Hortense est l’âme sœur au parfum d’oranger

Hortense a du bonheur qu’elle aime à partager

 

Veronika Daae le 13 01 2009

 

 

            

      

 

CHEZ  NOUS

 

Un village où il fait bon vivre,

Un pays comme dans les livres

Où chacun goûte son bonheur

Dans la tranquillité des heures

 

Ils viennent y semer la haine

Ils veulent  éventrer la plaine

Arracher les bois des forêts

Tout polluer avec leurs déchets

 

Adieu les rendez-vous de chasse

Adieu les longues randonnées

Au bois les lauriers sont coupés

Les sangliers sont irradiés

 

Avec de l’argent plein les poches

Et des contrats dans leur sacoche

Ils achètent pour cent mille ans

La terre de nos descendants

 

Halte aux drogués du nucléaire

Halte à la chaîne des cancers

A l’overdose millénaire

Halte aux fous  qu’ils aillent se faire…..

 

                                            Marcel

 

NON

 

Ils viendront cracher sur nos tombes

Si nous laissons faire cela

Il faut y mettre le holà

Tant que le couperet ne tombe

 

Ils viendront, ils sont déjà là

Soit dans le ventre de leur mère

Soit dans ce futur qu’on enterre

Sous des montagnes de gravats

Atomiques et mortifères

 

Entendez-vous gronder les bennes

Dévastatrices dans les bois

Entendez-vous hurler les chaînes

Des tronçonneuses dans le bois

Entendez-vous gémir la plaine

 

Nos descendants pleurent déjà

Dans cet avenir nucléaire

Où l’on trébuche à chaque pas

Sur les décombres délétères

Cependant que sonne le glas

 

Non aux poubelles qu’on enterre

Soyons les gardiens de la terre

Que la gangrène nucléaire

N’assassine pas nos enfants

 

QU’ON NE CRACHE PAS SUR NOS TOMBES

 

                                   Marcel

 

 

Clifford Owens

 

 

GAGNER LA PAIX

 

Le désir de puissance

Porte en lui la guerre

Comme la nuée dormante

Porte l'orage

 

Trop nombreuses les blessures

Les déchirures qu'elle engendre

Douloureuses

Les larmes de douleur et de sang

Qu'elle délivre

 

Tout mon être en est révolté

La paix ne s'attend pas

Elle se gagne

Pour que les armes se taisent

Transformons leur puissance destructrice

par notre humanisme agissant

Au service de la vie

Et l'harmonie indéfectible des continents.

 

Copyright Guy CREQUIE

 

NON A  LA GUERRE

 

Elle détruit les esprits

Dont elle ôte la vie

Elle sacrifie les petits

Que qu'en puisse être le prix

 

Conventionnelle,

Chimique,

Biologique,

Nucléaire.....

 

la guerre pervertit

Les cultures

Anéantit les amis

 

La grande vague humaine

réunit tel un pampre

L'unisson des contingences

L'égide des existences

 

la guerre par trop inique

ne laisse aucun répit fortuit

Aux ennemis du gâchis

 

Celles et ceux qui préfèrent

L'amour pour le reste des jours

Véhiculent dans leurs cœurs

L'aspiration à la douceur

le parfum de leur fraîcheur

Communion de saveur

Pour le déploiement des corps

 

Avec

L'harmonie des âmes et des consciences

Partout il fait bon vivre

Lorsque la guerre n'est plus.

 

Copyright Guy CREQUIE

 

Gérard Hilger

MA NOUVELLE MAURITANIE


Pays de mes rêves multiples,
Aux couleurs totalement tintées,
Perdu dans cette douce conquête
Et hanté par les bâtisseurs d’amour,
Je t’ai toujours caressé dans mon esprit,
Encore éloigné de tes beaux paysages heureux,
Et de l’aspect splendide de tes magnifiques plages
Aux insensés délices sucrés et parfaitement célestes.
 
Mauritanie,
Terre de ma plénitude aux
Contours purement aphrodisiaques,
Terre distinguée et également sublime,
Dotée d’habitants mélodieux qui parfois,
Viennent se perdre dans le caractère doux et
Harmonieux du sens de l’accueil aux saveurs acides
De l’hospitalité, caressant tous ensemble les idées d’une
Contrée magique pétrie de cœurs tendres aux décors divins.

Mauritanie chérie,
Terre de mes soupçons
Et aux illusions perpétuelles
Dans un espace de haine, je caresse à
Chaque instant l’espoir de voir les frères,
Nos frères noirs et arabes, fils d’anciens esclaves
Ou pas, se tenir tous ensemble la main et d’un élan
Commun, cheminer vers un avenir radieux où le bonheur
Sera la seule mélodie et où tout le peuple chantera au rythme
De l’amour, de la liberté, de l’entraide, de la tolérance et de l’unité.

Mauritanie aux milles couleurs,
Mauritanie aux envies insatiables,
Ravissant et charmeur par ton éclat,
Par ton paysage flatteur et mémorable,
Mauritanie pays de mes fortes sensations,
Pays qui berce les chants des doux hommes,
Pays bénis et totalement brassé de capacité forte,
Pays de mes espoirs confondus dans le développement,
Viens encore, aux creux des folies du grand pardon rendre
A ce peuple fier et joyeux le goût d’une aventure de rêve comme
Dans un monde où tous les habitants mangent et boivent pleinement.

Mauritanie,
Pays de ma joie,
Pays de mes songes,
Contrée de ma liberté,
C’est en toi que je veux
Désormais chanter ma passion,
D’un avenir austère dans cet espace
Admirable et résolument dans la paix
Où grand et petit s’auront communiquer,
Où les noirs et les non noirs pourront s’amuser,
Où étrangers et compatriotes ne seront pas ennemis
Où la paix, l’amour et la justice régneront à tout jamais.



Par Noumsi Bouopda,

Messager de la Paix

 

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Editions Antipodes

Case postale 100 - 1000 Lausanne 7 - www.antipodes.ch - editions@antipodes.ch

 

Martine Ruchat

 

 

Tirage

Nb pages 160

Prix CHF CHF 29.00

Prix euros Euro 18.00

Format 135 x 205

 

Le «roman de Solon»

 

Enfant placé - voleur de métier (1840-1896)

Collection A contrario

Parution 1.10.2008

 

Les gens de peu ne laissent guère de traces: naissance, baptême, mariage, divorce et mort rythment

l’écriture administrative des registres de l'état civil. Marc Solon y a été inscrit pendant l’année 1840

au mois d’août:

"Lundi 17 jours du mois d'août à trois heures avant midi est né à Genève, rue Beauregard No 66,

Marc Solon, enfant naturel de sexe masculin, fils de Marie Solon, domestique, âgée de 26 ans et sept mois, ;non mariée, exposée à Genève, domiciliée à Gy, Commune de Jussy en ce canton".

Sa biographie aurait pu s'arrêter là et Solon rester un inconnu comme tant de pauvres fichés et classés dans les archives communales et cantonales. Or, il n’en a pas été ainsi...

Le Roman de Solon est un ouvrage qui se lit aussi bien comme le récit historique et biographique

d’un voleur au XIXe siècle à Genève que comme la démonstration d’une carrière de délinquance,

sa construction et ses interactions avec d’autres individus de la société genevoise.

Un des intérêts principaux de ce livre est de donner la parole, grâce à l’étude historique sur des sources de premières mains, à un voleur de cette époque. Le roman qui donne forme à l’écriture est une façon de le mettre en scène et d’amener une réflexion sur la responsabilité sociale du "devenir délinquant" et sur la manière d’écrire l’histoire.

Ce livre comprend une trentaine d’illustrations regroupant des vues anciennes de la ville et de la région genevoise où se situe le récit ainsi que des documents officiels attestant de l’existence juridique de Solon.

 

L’auteure:

Martine Ruchat est collaboratrice scientifique et chargée de cours à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève. Elle a publié plusieurs ouvrages sur l’éducation correctionnelle, dont L'oiseau etle cachot. La naissance de l'éducation correctionnelle en Suisse romande au XIXe siècle (Genève : Edition Zoé).

 

 

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CARPENTRAS 2009 MARATHON ARTISTIQUE 

 

 

 

 

Marathon de 48 heures : arts plastiques  

du jeudi 27 AOUT  au samedi 29 AOUT 2009

sur la place du Festival 

30 marathoniens(nes) vont créer ensemble pendant 48 heures. Le marathon artistique se déroule sur le principe d’un non-stop limité (48h) Chaque marathonien(ne) dispose de 4 heures de sommeil en tout pendant les nuits de vendredi et samedi entre 24h et 8h du matin. La première confrontation se fera pour chacun entre son corps (endurance) et son mental (désir et pratique de création). Prouver s’il y a lieu que le mental garde la maîtrise du corps, réaliser son projet, jouer et faire participer éventuellement le public sera l’enjeu de cette performance avec l’ambition de montrer la Beauté en gestation.  Ces 48 heures seront suivies d’une  vente aux enchères aux profits des artistes le samedi soir, suivi d’un concert et d’une exposition des œuvres produites la semaine suivante. Il convient de dire qu’on n’achève ni les poètes, ni les écrivains, ni les plasticiens, que l’événement est d’ordre ludique et créatif, qu’il se donne un sens en produisant du Beau, qu’il socialise et confronte des créateurs souvent solitaires (dans la création) et qu’il les met en situation d’interaction avec le public. Ces œuvres deviendront mouvement par toutes sortes de traces. Tout cela se présente comme un laboratoire expérimental où l’on retrace les étapes de la conception à la réalisation. Cela permet aussi une rencontre entre deux civilisations par les mots et l’image. Pourquoi créer en public :c’est sortir  des lieux réservés, travailler pour un public large et populaire, donner un regard sur l’acte de création avec la plume, le pinceau, l’ordinateur, l’appareil photographique, la vidéo, les mains ou le ciseau…Dans toute la foulée du Marathon, cet événement sera essentiellement populaire. Les Olympiades de la création artistique seront cette année à Carpentras. 

 

Organisation :

 Association Groupe 32 Octobre ( responsable : Benoist MAGNAT ) 1101 chemin de la Peyrière  84200 Carpentras 

Association ART'Mature ( responsable JABrun ) 296  Avenue Mirabeau     84200 Carpentras

 

Préinscription :

 

auprès de Benoist Magnat par courriel :  benoist.magnat@wanadoo.fr

auprès de Jabrun par courrier :  JABRUN  296 Avenue Mirabeau 84200 Carpentras

 

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LA ROBERTSAU

 

présente

 

du 1 mars au 24 mai 2009


jean-yves Blondeau
damien Nicolau-Guillaumet
myriam Decroze
 jean Deprez
catherine Jacquet

peinture, sculpture, design, installation, photo, vidéo,..

 

La Robertsau : le mixeur d'art contemporain
40, Av. Gantin 74150 Rumilly


jours et heures d'ouverture : vendredi, samedi, dimanche et jours fériés de 14h. à 19h.
entrée gratuite

- lieu alternatif, expérimental et permanent d'expositions collectives.

- 100 m2 au rez de chaussée d'une ancienne maison bourgeoise, et son jardin.

- créée en 2003 par Catherine Jacquet et Jean Deprez dans leur lieu d'habitation.

- La Robertsau est aussi une association.

 

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Bonjour,

 

Nous sommes un collectif de compagnies (Paris, Province, belgique) qui a décidé de présenter ses spectacles sur le festival Off d'Avignon au tarif unique de cinq Euros.

Cette démarche, issue d'une réflexion sur l'évolution du festival off, nous semble être une réponse appropriée aux enjeux actuels du spectacle vivant.

Cette initiative offre plusieurs avantages:

-Elle permet d'augmenter considérablement le nombre des spectateurs (et par conséquent n'engendre pas de perte de recette).

-Elle offre une lisibilité nette et intéressante sur le festival, et dispense des démarches longues et fastidieuses qui accompagnent habituellement le tractage.    

-Enfin( et surtout), elle est une démarche militante vers un nouveau public qui boude le Off d'Avignon, principalement pour des raisons financières.

 

Ce projet est ouvert à tous les professionnels du spectacle, ainsi qu'à tous ceux qui désirent le soutenir.( l'adhésion est fixée au tarif symbolique de 5 Euros )

Vous pouvez consulter notre site:

http://avignon.collectif5.free.fr

 

Vous y trouverez une défense explicite du projet, des témoignages de professionnels, une revue de presse et bien sûr un formulaire d'adhésion.

 

Vous pouvez également nous écrire:

avignon.collectif5@gmail.com

 

Le collectif " Le Off à 5 Euros"

 

 

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choeur de femmes tsiganes

 

claire auzias

 

photographies éric roset

 

Les femmes qui déposent leur parole dans ce livre sont singulières. Gitanes, Manouches, Yenishes, Romnia, Sinti, voyageuses, toutes sont des femmes tsiganes. Elles ont bien d’autres identités : françaises, suisses, espagnoles, roumaines. Elles auraient pu être nos voisines à l’école primaire, au fond d’une classe, ou à la sortie du village, au bout d’un champ. À la périphérie de ma ville natale, elles vont et viennent toute une vie durant, autour d’aires de stationnement ou de terrains vagues. Ce qu’elles nous disent de leur quotidien n’est pas imaginable. Pourtant pas de révélation ni de sensationnel, pas de scoop ni de grand spectacle. Non. Humilité, menus propos, craintifs et sobres.

Soudain, des voix se lèvent, à l’autre bout de l’Europe. Polyphonies qui disent leurs fiertés, leurs luttes, leurs défaites, leurs forces. Dans les replis de la vie tsigane, l’émancipation des femmes aussi a frappé. Elle balaie tous les jours les pratiques archaïques. Elle rit. Elle jongle avec le parler familier des femmes d’aujourd’hui. Quarante ans après la naissance du MLF, j’ai composé ce bouquet avec mes soeurs romnia qui nous rendent le goût de la liberté, de la pugnacité et ce mélange inégalable de gravité et de légèreté.

19,00 €

Hypérion-diffusion

 

www.egregores-editions.com

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Mardi 10 mars à 20h au Citron Jaune
Soirée
L'Alarme à l'oeil !
Pour faire briller mon oeil, je mets du khôl, d'aucuns mettent du citron...

Présentations publiques de Brille ! et Mon Oeil !
théâtre, musique, vidéo, surprises...
gratuit, soupe offerte, bar et petite restauration sur place

Du 1er au 11 mars et du 4 au 14 mars 2009,
le Citron Jaune accueille

Furia Major
Brille !
théâtre, musique et arts plastiques
Scénographie du 1er au 11 mars.

Malaxé, déformé, remué, trituré, remodelé, un être difforme et marginal va subir « la grande transformation publique » afin de coller au plus près des normes fantasmatiques de notre société. Dans une ambiance survoltée, Brille ! est une allégorie vivante, une envolée plastique et musicale sur les mécanismes normalisants de notre époque. Cela risque d’en lifter plus d’un.

et

Amalgamix
Mon Oeil !
création audiovisuelle in situ
Recherches et essais du 4 au 14 mars.
 

Mon Œil ! ce n’est ni vraiment le mien, ni le leur, ni le vôtre, c’est un globe oculaire surdimensionné imaginé par le Collectif Amalgamix. Après une journée de tournage in situ, ces créateurs visuels et sonores s’appliquent à restituer ce qu’ils ont filmé le moins fidèlement possible. La nuit venue, Mon Œil ! (mais non, le leur) devient l’écran à 360° d’un film réalisé en temps presque réel, vous montrant ce que vous avez déjà sous vos yeux… d’un tout autre œil.
Vous croyiez connaître le Citron Jaune et ses ilotopiens ? Mon œil !

Amalgamix fera une deuxième présentation de son travail, en milieu naturel cette fois-ci, le
Vendredi 13 mars à 19h30 au Domaine de la Palissade (Salin de Giraud)

A très bientôt !
L'équipe du Citron Jaune

le Citron Jaune / ilotopie - Centre National des Arts de la Rue
30 avenue Marx Dormoy - 13230 Port Saint Louis du Rhône
04 42 48 40 04 www.ilotopie.com

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LUK.M
Cie Frédérique Wolf-Michaux


présente

Le 10 mars 2009 à 21h


L’ode maritime  
de  Fernando Pessoa


Mise en scène et interprétation: Frédérique Wolf-Michaux

Musique: Frédéric Minière et Alexandre Meyer
Vidéo: Giney Ayme
Technicien vidéo: Erwan Huon


Au Théâtre 95, Allée du théâtre  95000 Cergy-Pontoise
Tel réservations: 01 30 38 11 99
(RER A, arrêt: Cergy Préfecture)


“Frédérique Wolf-Michaux joue, chante, danse, crie... Elle incarne et désincarne, articule et désarticule, figure et défigure, envisage, dévisage, s’assume, se consume, nous porte, nous emporte à travers les mots – semblables à ces ruelles de Lisbonne qui débouchent sans prévenir sur l’Océan – de l’un des plus grands poètes du XXème siècle.
S’il a été dit un jour que la scène était l’espace de tous les possibles, ce spectacle est là pour le prouver.”

 

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Mille           et  Une  Voix

 

 

spectacle à 20h00

Vendredi 13 mars 2009

Maison de Quartier de Plainpalais, 1 rue de la Tour  à  Genève

 

Soirée poésie

Avec :

Albert Anor

Alex Caire

Sylvia Camelo

Deirdre Foster

Valérie Frison

 Benoist Magnat

 Orchydia

Geneviève Rapin

Luc Schouvet

Maire Souris

 

Deuxième partie

 scène ouverte 21h30

 

 

Un collectif donne suite aux Contes à l’Oreille, et invite

tous les arts de la parole. Venez dire, chanter, réciter,

LIRE ou ENTENDRE...  TOUS Les 2èmes vendredis d’octobre 08 à juin 09,

à 20h00, Maison de Quartier de Plainpalais, 1 rue de la Tour

(angle boulevard du Pont d’Arve, rue Micheli Du Crest, tram 12, 13, 15 arrêt Pont d’Arve)

 

Organisation : Collectif des Mille et Une Voix :

Adriana Conterio, Anne-Catherine Pozza, Claire Parma, Coralia Rodriguez, Danièle Holweger,

 Danièle Warynski, Deirdre the bard, Diane Baatard, Donatienne Frey, Franco Rau,

 Geneviève Rapin, Isabelle Guillot, Odette Billard.

Renseignements : 022 771 25 52

 

 

COLONIALIÉNISME


 

Au collier des Antilles, chaque île est perle rare

mais à la vérité, elles en ont bien marre

de se faire enfiler pour servir d’ornement

depuis si tant d’années aux nations d’Occident,

colonial trophée aux vitrines du Musée

des colonies devenues France d’Outremer.

Aujourd’hui les voici remplies de doute amer

quant à la propagande départemensongère :

plages de sable fin aux cocotiers penchés,

de lagons d’émeraude et turquoise parées,

ambiance tropicale de paradis fiscal,

sur fond madras exotisme de pacotille

pour des cartes postales de vacances aux Antilles

pour ceux qui passent sans nous voir et écouter

ni, au-delà du bleu du ciel et de la mer,

réaliser qu’il y a une noire misère !

Gangrenée d’un Sarkome, la France a le cancer

et il nous faut couper d’avec la patrie mère

notre cordon économicombilical

vite pour éviter d’être contaminés

et, l’ayant déjà fait de façon nominale,

qu’à notre tropique elle refile son mal !


 

Patrick MATHELIÉ-GUINLET (02-03-09)