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Pierre Pinalie s'est consacré à
la défense
du créole au
sein du
Gerec
(Groupe
d'études et
de
recherches
en espace
créolophone).
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Rien ne destinait le
jeune Pierre Pinalie à être l'un
des précurseurs des
dictionnaires créoles
martiniquais. Né à Fécamp, son
père, fonctionnaire des finances
était originaire du Périgord. Sa
mère était Normande. C'est à
Rouen qu'il a grandi avec ses
quatre frères avant d'effectuer
des études à Paris. La
linguistique et la langue
espagnole étaient ses champs
d'études et plus précisément la
langue judéo-espagnole. Sa
rencontre avec Suzanne Dracius,
au début des années 1970, le met
sur la voie de la créolité.
Suzanne et Pierre se marient en
1972 et ils s'installent en 1982
au Morne-Vert, en plein coeur du
monde rural. Ce fut le coup de
foudre pour la langue créole,
une passion qui ne s'est jamais
éteinte. Dès ses premiers
contacts avec la Martinique et
sa langue, il se définit comme «
le Gaulois créole » . Le cahier
sur lequel il notait les
premiers mots du créole était de
la célèbre marque Gaulois.
(anecdote que rapporte Suzanne
Dracius).
Professeur titulaire
d'espagnol à Trinité, puis au
Marin, son chemin croise celui
du professeur de linguistique
Jean Bernabé, le maître de la
parole créole, au sein du GEREC
(Groupe d'étude et de recherche
sur l'espace créolophone).
Pierre l'hispanisant, devient
aussi l'un des principaux
chercheurs en culture et langue
créole. Le grand public découvre
le « zorey » qui manie la langue
créole avec talent et subtilité.
L'homme longiligne et toujours
vêtu d'un jean se fera connaître
du grand public au travers d'une
émission télévisée sur
l'écriture créole. La vie et le
parcours de cet « activiste »
culturel ne se limitent
cependant pas qu'à la créolité.
Il a aussi tenu de nombreuses
chroniques littéraires dans
plusieurs médias et
particulièrement dans les
colonnes de l'hebdomadaire
Antilla et de France-Antilles
Magazine. On lui doit
d'excellentes analyses sur les
romans de l'Ivoirien Ahmadou
Kourouma, l'Algérien Rachid
Mimouni et les auteurs haïtiens
de la nouvelle vague. Pinalie,
comme on l'appelait communément,
était membre fondateur de la
section de la Ligue des droits
de l'Homme. Il ne cessait ces
dernières années de s'élever
contre des propos racistes et
antisémites qui avaient
malheureusement émaillé
l'actualité en Martinique. Il
avait été également l'objet de
vives attaques qui l'avaient
profondément meurtri. La mort
l'a emporté à Paris, alors que
souhait était de décéder sur la
terre martiniquaise. Il sera
enterré en fin de semaine à
Paris. Le monde des études
créoles perd un chercheur
passionné. La Martinique un de
ses plus illustres enfants
adoptifs.
- Quelques éléments
bibliographiques
- Pour Saint John Perse.
Coédition Presses
Universitaires Créoles
- L'Harmattan. 1988.
- Dictionnaire élémentaire
Français-Créole. Grammaire
du créole martiniquais en 50
leçons (avec Jean Bernabé).
- Dictionnaire élémentaire
français-créole (Broché).
Pierre Pinalie. L'Harmattan.
2009. Prix éditeur : 29
euros.
- Secrets d'une vieille
demeure (Poche). Susana Haug
Morales, Pierre Pinalie
(Traducteur). Ibis Rouge.
2004. Prix éditeur : 10
euros.
- Grammaire du créole
martiniquais en 50 leçons
(Broché). Pierre Pinalie,
Jean Bernabé. L'Harmattan.
2008. Prix éditeur : 19,50
euros.
- Dictionnaire élémentaire
français-créole (Broché).
L'Harmattan. 1992. Prix
éditeur : 22 euros.
- La légende de Taïta Osongo
(Broché). Joel-Franz Rosell,
Pierre Pinalie (Traducteur).
Éditions Ibis Rouge. 2004.
Prix éditeur : 10 euros.
- Dictionnaire de proverbes
créoles. Éditions Émile
Desormeaux. 1994. Prix
éditeur : 27,45 euros.

- « Ici, je me sens comme
chez moi... »
Récemment, Pierre Pinalie
nous accordait une interview
dans laquelle il revenait
sur son attachement à la
Martinique et à la langue
créole. Extraits!
« Ma première belle-mère me
récitait des fables et des
contes en créole. J'adorais
ça. Ensuite, j'ai épousé en
seconde noce Suzanne Dracius.
Dans sa famille aussi, on
parlait créole. Nous sommes
venus nous installer en
Martinique, j'étais alors
professeur d'espagnol et
petit à petit je me suis
engagée en faveur de la
langue créole. » [...]
« Après une vingtaine
d'années je me demande ce
que je suis : Français de
France ou Martiniquais. Je
n'ai pas encore trouvé de
réponse. Je sais qu'ici, je
me sens comme chez moi. »
[...]
« J'ai toujours eu de
l'amour, du respect, de
l'admiration pour le pays et
la culture créole. Je pense
que quand on arrive dans un
pays, il faut tenter de le
comprendre pour l'aimer.
C'est ce que j'ai essayé de
faire. »