DEMAIN, CESAIRE
Le plus difficile
sera de s’habituer à son
silence, c’est-à-dire à la
disparition de cette parole,
souvent ramassée en formules
fortes et fécondes qui
exprimaient fréquemment la « substantifique
moelle » d’une situation et
nous apprenait par la même à
nous situer, plus précisément à
nous re-situer.
Le plus difficile
sera de vivre sans son paradoxe
fécond, qui nous obligeait à
saisir la réalité dans sa
complexité et ses ambigus et à
nous départir des simplismes et
eschatologies de doctrine. Cet
éternel mélange qu’il
constituait : de négritude et
d’humanisme, de sagesse et de
révolte, d’audace et d’humilité
n’était que l’aboutissement
ultime de son engagement
poétique « la poésie est
cette démarche qui, par le mot,
l’image, le mythe, l’amour et
l’humour, m’installe au cœur
vivant de moi-même et du monde »
a-t-il écrit en effet.
Aimé CESAIRE , à
petit pas et en cheminements
silencieux était devenu Le guide
d’une population à qui il avait
appris à faire peuple. Par la
vérité et la puissance de son
engagement, par l’intimité de sa
relation avec son peuple, il
était devenu : Le fondamental ;
c'est-à-dire celui qui par ses
mots ou ses silences influait
fortement sur le cheminement de
nos consciences.
L’impact de son
décès peut être catastrophique,
si nos décideurs et nos
référents perdent ce
sens de la mesure et de la
démesure qu’il nous a si
magistralement enseigné. Si,
comme je le crains, nos
décideurs et nos référents,
parce que embarqués dans des
rivalités de pouvoirs et de
territoires perdent de vue la
dimension essentielle de
l’intérêt général et accentuent
par la même l’immobilisme et la
fragmentation qui caractérisent
déjà notre société.
Malgré cette
menace d’une implosion de notre
socius par ces rivalités
mimétiques, je demeure
optimiste, car avec sa mort, est
entrain de se produire quelque
chose d’essentielle : le peuple
martiniquais va à la rencontre
de l’œuvre de CESAIRE. Paradoxe,
mais peut être aussi revanche de
l’histoire : au moment où
l’homme disparait c’est à ce
moment peut être que son peuple
en masse ira à la rencontre de
son œuvre. Souhaitons qu’il se
l’approprie !
Pour ma part,
j’ai confiance en nos
générations à venir…

Emmanuel Dongala, auteur
de Le Feu des origines, écrit de
Boko, au bord du fleuve Congo :
Césaire, j’écris ton nom ! Non,
je crie ton nom ! Je crie ton
nom du bord de mon Congo-fleuve
natal, ce “ Congo bruissant de
fleuves et de forêts, où l’eau
fait likouala-likouala ” que tu
as si bien évoqué dans ton
Cahier d’un retour au pays
natal.

Rodney Saint-Eloi :
Aimé Césaire nous a transmis
la force de regarder demain. Ce
nègre fondamental a marqué pour
toujours notre vie.

Firmine
Richard, comédienne :
Les Africains ont davantage
manié ses textes que les
Antillais, ils ont magnifié ses
textes. Ce sont eux qui m’ont
conduite à Césaire.

Frankétienne :
Aimé Césaire est l’un des
plus grands créateurs de son
temps. Un grand mapou est tombé.
Nous avons perdu le père, l’ami,
le frère, le poète. Un visa pour
l’Éternité à ce grand maître de
la parole.

Gary Victor :
Aimé Césaire a donné à
l’homme noir et à l’homme
antillais sa fierté.

Emmelie Prophète,
responsable de la direction
nationale du livre en Haïti :
Aimé Césaire a ouvert,
facilité et aussi permis un
autre regard sur l’histoire
d’Haïti. Il a trouvé le
dénominateur le plus sérieux du
panafricanisme, il a réussi à
lier les continents avec sa
poésie.

André LUCRÈCE, Ecrivain
« André, viens que je
t’embrasse », me dit-il après un
entretien.
La
voix d’Aimé CÉSAIRE me demeurera
familière.
Sa voix chaude était de celles
qui ne réveillent pas les
oiseaux afin qu’ils ne
s’éparpillent en petitesses et
pépiements.
Chez CÉSAIRE surtout, la preuve
féconde de l’acte poétique,
l’intelligence de l’impénétrable
propre aux poètes, la grande
exploration dédiée à la chose
humaine.
Sa poésie avait ce sens de
l’inaugurale fragmentation pour
dire ou suggérer l’ultime bord
supportable dans son
contemporain colonial dont il a
dénoncé le dessèchement humain,
les fatuités et les prétentions
conçues dans une épilepsie
historique. Ainsi en a-t-il
inversé les pôles magnétiques
dans son Discours sur le
colonialisme si
dramatiquement actuel.
De l’empreinte laissée par
l’homme, à l’évidence aussi la
puissance oratoire s’allumant
aux contrescarpes de la ville
pour défendre l’existence
immédiate de ceux auxquels on
promettait la vie mutilée et
amère.
Le pays en viduité devant un tel
départ.
Mon affection depuis toujours et
aujourd’hui ma peine, conçues et
scellées à la hauteur de
l’esprit.


René Depestre,
écrivain franco-haïtien : s'est
déclaré "bouleversé" par le
décès d'Aimé Césaire, "un
penseur, un homme politique
brillant et surtout un très
grand poète". "On perd un fils
illustre de la Martinique, de la
France, de la francophonie".
René Depestre avait 17 ans
lorsqu'il fit la connaissance
d'Aimé Césaire."Je n'ai pas
perdu le contact depuis 64
ans"."Je me sens presque
orphelin à nouveau". "C'était un
homme très généreux. Toute sa
vie, il m'a aidé. Sans lui je ne
serais pas devenu ce que je
suis". La France n'a "pas encore
réalisé la stature, l'importance
de Césaire dans la littérature
et dans la conscience publique
française". (Déclaration, jeudi
17 avril)


Victorin Lurel,
député et président (PS) de la
Région Guadeloupe : salue en
Aimé Césaire un "nègre total,
nègre fondamental", qui "aura
tutoyé l'excellence et magnifié
l'identité afro-antillaise pour
en faire le socle de notre
culture".
"Ce phare qui nous a éclairé sa
longue vie durant et jusqu'au
soir même de sa vie, devient
aujourd'hui une lueur dans nos
coeurs". (Communiqué, jeudi 17
avril)


Abdou Diouf, secrétaire
général de la Francophonie :
"Je salue la mémoire d'un
homme qui a consacré sa vie aux
multiples combats menés sur tous
les champs de bataille où se
jouait le destin culturel et
politique de ses frères de race,
un combat noble car exempt de
cette haine qu'il avait en
horreur [...] Aimé Césaire a su
prendre les dimensions de
l'univers, tout en restant
profondément attaché aux valeurs
culturelles du monde noir [...]
Ses oeuvres font chanter la
langue que nous avons en
partage".


Cheikh Hamidou Kane,
écrivain sénégalais : Aimé
Césaire"était un homme d'une
dimension mondiale. Un Noir qui
a acquis une stature mondiale du
fait de la prise de conscience
par l'Homme noir de sa condition
et aussi de la prise de
conscience par le reste du monde
de la condition de l'Homme
noir".
"C'est l'homme qui a éveillé à
cette conscience de l'identité
noire non seulement les Noirs de
la diaspora mais, nous, les
Noirs d'Afrique", a souligné
Cheikh Hamidou Kane, auteur d'un
des monuments de la littérature
africaine "L'aventure ambiguë".
"Il a été aussi éveilleur de
conscience en ce qui concerne le
débat sur le colonialisme",
a-t-il précisé.
"Il était vraiment très
Sénégalais, très Africain.
C'était admirable car au moment
où il a vécu les Antillais que
les Africains connaissaient
étaient considérés un peu comme
des auxiliaires du colonisateur,
comme des Français à peau
noire", a-t-il rappelé.
"Cahier d'un retour au pays
natal, était un peu notre livre
de chevet lorsque nous étions
lycéens. Nous avions lu ce livre
avec délectation, l'avons récité
de mémoire, moi-même et ceux de
ma génération. Il a été un homme
considérable dans notre vie".
Mais "je regrette qu'il n'ait
pas été honoré, consacré, salué
comme il le méritait au plan
international", notamment avec
"un prix Nobel, de la paix ou de
la littérature".
"Je regrette qu'il n'ait pas été
honoré, comme l'a été Léopold
Sedar Senghor, par l'Académie
française. Il méritait aussi
d'être membre de cette
académie", a-t-il affirmé.
(Déclaration à l'AFP, jeudi 17
avril, à Dakar)


Lilian Thuram,
défenseur de Barcelone et de
l'équipe de France : "je l'ai
rencontré plusieurs fois, a
indiqué le recordman de
sélections chez les Bleus (138).
Au moment de France-Costa Rica
(match amical en Martinique en
novembre 2005) j'avais pris la
décision d'organiser une
rencontre entre les joueurs de
l'équipe de France et lui, parce
que c'était important que les
joueurs sachent qui c'est."
"C'est quelqu'un qui a compté
énormément, dans ma vie, on a
tous besoin d'un guide, c'était
un peu mon guide, a poursuivi le
joueur guadeloupéen. Il a laissé
une oeuvre pour les générations
à venir."
"Il n'a pas eu assez de
consécration en France, a estimé
Thuram. Il est étudié en
université aux USA et en
Afrique. En France, très peu
d'étudiants le connaissent,
parce que Césaire évoque des
choses que l'on ne veut pas
entendre."
"Léopold Sedar Senghor était à
l'académie française, Césaire
non, parce qu'il avait un
discours critique sur le rôle de
la France dans la colonisation,
a ajouté le défenseur du Barça.
Il dérange car il dit la vérité,
c'est un homme droit. Il aurait
pu avoir les honneurs mais il
aurait dû pour ça courber
l'échine et ne pas dire
certaines choses."
"Ce que je retiens, c'est le
discours sur le colonialisme et
sa poésie, même si elle est
difficile, a encore confié le
footballeur, connu pour ses
engagements en dehors du
terrain. C'est quelqu'un qui
m'inspire avec Mandela ou Luther
King. La tentation serait de les
enfermer dans un discours
d'émancipation des noirs, mais
il s'agit avec eux de
l'émancipation de l'homme tout
court."
(Déclaration à l'AFP, jeudi 17
avril)

Hamidou Dia,
écrivain et philosophe
sénégalais, a honoré celui qui a
«consacré toute sa vie à
combattre pour la dignité de
l'Homme noir et de tous les
peuples opprimés en général».
Pour cet ami proche du poète
antillais, «il s'est toujours
réclamé de l'Afrique» et «reste
très présent dans la mémoire des
intellectuels, professeurs,
étudiants et élèves» du Sénégal.

Amadou lamine Sall poète,
Président de la maison africaine
de la poésie internationale –mapi-,
Lauréat des Grands Prix de
l'Académie française
Césaire, ce fils
du volcan, nous a laissés de
belles certitudes. Les grands
poètes meurent toujours pour
nous ! C'est bien le volcan,
c'est bien cette image-là qui
renvoie et caractérise dans sa
nature éruptive et ardente
l'œuvre du fils de la
Martinique. Même ceux qui ne
l'ont pas lu, ont eu des échos
de son chant général, ou se sont
accrochés à sa légende, à cette
montagne de feu que constitue
son œuvre. Césaire est un cri
qui n'épargne même pas l'oreille
du profond dormeur. Césaire est
un feu debout qui brandit des
lances et des fusils qui hurlent
tout le long des pages, tout le
long de notre esprit. La poésie
de Césaire est cardiaque. Il est
difficile de soutenir le rythme
cardiaque d'un poème de Césaire.
On a besoin souvent de répit, de
repli ; on a souvent besoin de
rebrousser chemin, de résister
aux flots, mais l'on ne peut
plus s'arrêter. L'asphalte des
pages est brûlant mais on y
marche, on y laisse ses yeux et
ses oreilles. Les vers sont si
beaux, si chargés, si furieux
que la compréhension ou non des
mots vous laisse toujours dans
la fascination. Les images
vous rendent si ivre, que tout
tourbillonne. Les torrents de
métaphores de Césaire sont des
raz de marée. Césaire est un
ouragan et sa poésie est
« précise comme des poignards »

La dernière fois que j'ai discuté avec Aimé Césaire remonte au 3 mars. Conscient du privilège qui est le mien de pouvoir venir frapper à sa porte régulièrement, j'étais venu ce jour-là pour connaître son opinion sur Barak Obama.
Malgré l'épuisement de son corps et les moments de faiblesse de son esprit, ô combien légitimes à 94 ans, il m'avait une fois de plus séduit en ne tombant pas dans le panneau de la couleur de la peau : "Je ne connais pas assez son programme, m'avait-il confié. Et ce n'est pas parce qu'il est noir que je vais soutenir a priori sa candidature."
Une fois encore, le chantre de la négritude - concept qu'il avait fondé dans les années 1930 à Paris avec le Sénégalais Senghor et le Guyanais Damas - montrait que son regard visait à l'universel, hors tout communautarisme.
Quelques instants plus tard, sa secrétaire me laissait seul avec lui et m'incombait la tâche de lui lire la presse. Depuis qu'il est à la retraite, "maire honoraire de Fort-de-France", Aimé Césaire a un programme régulier. Chaque matin, un chauffeur passe le prendre et, vers 9 h 30, sa voiture entre dans la cour de l’ancien hôtel de ville qui abrite le théâtre municipal, où le grand homme modeste a conservé un bureau.
Un discret coup de klaxon prévient Joëlle, la collaboratrice qui veille sur lui bien au-delà de sa fonction de secrétaire, descend du premier étage où il est attendu. Elle l’aide à sortir de l’auto et, bras dessus-bras dessous, tous deux montent l’escalier à pas comptés.
Déjà un ou des visiteurs - ce ne sont plus des solliciteurs, mais le plus souvent des admirateurs - sont là, patients. Lui pénètre dans son bureau. A gauche, une petite bibliothèque, un fauteuil de cuir et sa table de travail, à droite, un coin salon où il a le choix entre une méridienne et des fauteuils de style traditionnel local. Sur les murs, par terre ou sur une table basse, des souvenirs et cadeaux, d’Afrique particulièrement.
Son premier réflexe est pour les quotidiens qu’il a lui-même apportés : France-Antilles, Le Monde et Le Figaro. Il les parcourt rapidement, insensible à l’entour qui l’attend.
Un mot aimable pour l’un, une attention pour l’autre, Aimé Césaire reçoit alors. L’audience commence et le public, restreint, écoute le “Maître”, pour reprendre l’expression chère au président de la République quand il rencontre l’homme à la double occupation, intellectuelle et active, poétique et politique.
Malgré l’âge, en dépit d’une vue et d’une ouïe qui déclinent (sortant son appareil de sa veste, il lance, malicieux : “J’ai mes oreilles dans ma poche”), Aimé Césaire ne se fait pas prier. Chacun veut entendre de sa bouche des épisodes qui relèvent à présent de l’Histoire. L’esprit vif, la mémoire alerte et le verbe choisi opèrent magistralement. Césaire parle, on l’écoute.
Ce matin là, j'avais la mission de lui lire, fort au plus près de son oreille, les quotidiens. Je lui racontais donc les titres du journal local, du Monde et, cette fois, de Libération.
Quelques minutes plus tard, nous étions rejoints par trois lycéennes martiniquaises venues le consulter sur Fort-de-France pour un travail scolaire. Ce fut mes derniers échanges avec Aimé Césaire qui avait la bonté d'avoir considéré, à propos du dictionnaire que je lui avais consacré ("ABC...ésaire") que je l'avais "lu intelligemment".
Je garderais naturellement le souvenir du jour où il m'avait dit "Je vous adopte" et de l'autre où il m'avait traité de "vieux complice"...
J'ai vu Aimé Césaire ce jeudi. J'étais au CHU de Fort-de-France en fin de matinée pour prendre de ses nouvelles. Aux urgences, j'ai bien compris que l'ambiance était plutôt au pessimisme. Quelques instants plus tard, il était transféré dans le service de gériatrie au 5e étage.
Et comme l'heure des visites commençait, j'ai pu passer de longues minutes à ses côtés, seul avec lui endormi dans la chambre 535 ouverte sur la nature martiniquaise qu'il aimait tant, lui qui, l'après-midi se faisait conduire dans la Martinique profonde, souvent sur les flancs de la montagne Pelée où il parlait aux arbres... Nous l'avons tant Aimé, Césaire...
(texte écrit le 12 avril)

Dominique VOYNET
Au fil des ans, beaucoup de Martiniquais, beaucoup d’amis de la
Martinique, en avaient acquis la
certitude : Césaire était
immortel. Intellectuels,
politiques, journalistes,
chercheurs ? nombreux sont ceux
qui continueront à analyser,
disserter, expliquer Césaire et
son œuvre. Comme si l’essentiel,
ce n’était pas l’unité d’un
peuple autour d’un homme qui
avait su, des plus grands aux
plus petits, faire partager son
désir d’un monde plus humain. A
Fort-de-France, on sait depuis
longtemps que le Panthéon de
Césaire, c’est la Martinique, et
le cœur des Martiniquais. Avec
vous. DV
Nicolas Sarkozy, président de
la République française :
"C'est un homme que j'avais
rencontré, c'est un homme que
j'admirais, c'est un homme
éminement respectable, et la
France perd un de ses grands
serviteurs [...] Je suis très
ému parce que c'est un homme
considérable que la nation
française vient de perdre [...]
Esprit libre et indépendant, il
a incarné, sa vie durant, le
combat pour la reconnaissance de
son identité et la richesse de
ses racines africaines [...] Par
son appel universel au respect
de la dignité humaine, à l'éveil
et à la responsabilité, il
restera un symbole d'espoir pour
tous les peuples opprimés".
François Bayrou, président du
MODEM :
"En se croisant, ces deux destins {Aimé Césaire et Léopold Sédar
Senghor NDLR} ont changé la
société française et une partie
du monde. Ils ont donné aux
Africains, aux Antillais et à
beaucoup d'autres la fierté de
la peau noire et relevé ainsi
des générations jusque-là
courbées".
Bernard Accoyer, président
UMP de l'Assemblée nationale :
"Par son oeuvre littéraire
comme par son action politique,
Aimé Césaire n'a jamais eu qu'un
but : dire et servir l'identité
antillaise. Il y est
magistralement parvenu [...]
Aimé Césaire, le poète, l'homme
politique, l'opposant au
colonialisme, fut et restera
l'une des grandes consciences du
XXe siècle."
François Fillon, Premier
ministre :
Aimé Césaire a "jusqu'à son
dernier jour, tourné son regard
vers les combats de demain [...]
Il laissait naître de sa colère
des chants puissants et durs
[...] Il mettait ses mots au
service de la lutte pour la
dignité humaine, en particulier
celle des peuples colonisés et
humiliés".
Jean-Christophe Lagarde,
député-maire Nouveau Centre de
Drancy :
"Je pense qu'au regard de l'oeuvre
et de la vie d'Aimé Césaire, il
serait souhaitable, Monsieur le
Président [NDLR, Nicolas
Sarkozy], que vous puissiez
proposer, sous réserve
naturellement de l'accord de sa
famille et de ses proches, son
entrée au Panthéon."
Yves Jégo, secrétaire
d'Etat à l'Outre-Mer :
"La France perd l'une de ses
plus nobles consciences [...]
Aimé Césaire, dont l'histoire ne
peut se détacher de sa ville
Fort-de-France, fut, sa vie
durant, un homme de combat, en
politique comme en littérature
[...] La nation salue le fils
d'instituteur, enfant de la
République qui a su éclairer la
face sombre de l'esclavage et du
colonialisme [...] La
littérature pleure le fils d'une
couturière qui, brodant avec ses
mots, a magnifié la langue
française [...] La République
rend hommage à l'ardent
défenseur de la
départementalisation de la
Martinique pour qui la vraie
liberté a toujours résidé dans
l'affirmation d'une appartenance
pleine, fière et entière à la
France."
Ségolène Royal,
ex-candidate socialiste à
l'élection présidentielle :
"Un éveilleur de conscience,
un éclaireur de notre temps, un
démineur d'hypocrisies, un
porteur d'espoir pour tous les
humiliés, un combattant
inlassable de l'humaine dignité
[...] Je demande l'entrée d'Aimé
Césaire au Panthéon."
Alain Juppé, ancien
premier minsitre, maire de
Bordeaux :
Rend hommage au "grand poète
amoureux de la langue française,
un défenseur acharné de la
francophonie" {...} Sa
disparition est une grande perte
pour ses chères Antilles mais
aussi pour toute la communauté
nationale et francophone."
Lionel Jospin, ancien premier ministre :
"Aimé Césaire était fait d'un
alliage rage. C'était un
magnifique écrivain et un vrai
politique. Un maître de notre
langue et un poète de sa terre.
Un être fier de sa singularité
d'homme noir et un humaniste
attaché à l'universel. Un
combattant de l'anticolonialisme
et un fidèle de la République"
François Hollande,
secrétaire général du Parti
socialiste :
Aimé Césaire "n'était pas
seulement l'auteur talentueux du
Cahier d'un retour au pays
natal [...] Il avait aussi
dans son Discours sur le
colonialisme proposé la
critique la plus aboutie d'un
système qu'il combattait depuis
1934 [...] Tout au long de ses
mandats de maire et de député de
Fort-de-France, il a agi aux
côtés de ceux qui se battent
pour la reconnaissance de leurs
droits et de l'égalité sociale
[...] Aimé Césaire, leader
historique de la gauche
martiniquaise d'après-guerre, a
toujours été un soutien
indéfectible des socialistes
lors de chacune des grandes
échéances électorales
nationales".
Jean-Marie Le Guen,
vice-président PS de l'Assemblée
:
"Je viens d'apprendre une
bien triste nouvelle, le décès
de notre ancien collègue Aimé
Césaire [...] Je me fais
l'interprète de l'Assemblée
unanime et du gouvernement en
exprimant notre profonde émotion
devant la disparition du grand
poète".
L'Assemblée nationale
observera, à la demande de son
président Bernard Accoyer, une
minute de silence et un rendra
au poète un hommage particulier
lors d'une prochaine séance
solennelle.
Michèle Alliot-Marie,
ministre de l'Intérieur et de l'Outre-Mer
:
"Député et maire de
Fort-de-France pendant près d'un
demi-siècle, il fut un acteur
incontournable de la vie
politique antillaise et un
véritable symbole de
l'Outre-mer. La voix d'un sage
s'éteint, et c'est une part de
l'âme antillaise qui disparaît
avec lui [...] Aimé Césaire
restera pour nous un homme
d'exception, porteur des valeurs
universelles de paix et
d'humanisme. L'attachement que
lui portent les Martiniquais, et
au-delà l'ensemble des Français,
en est le témoignage".
Marie-Georges Buffet,
première secrétaire du PC, salue
«l'ami qui nous quitte, avec
tous ceux des Antilles, des
Caraïbes, d'Afrique, de France
et du Monde qui le pleurent».
«Aimé Césaire restera pour moi
un homme qui a regardé tout le
siècle passé en face, l'homme de
toutes les révolutions,
poétiques et politiques», ajoute
la responsable communiste.
Le secrétaire général de la
Francophonie, Abou Diouf,
a exprimé quant à lui la «très
grande émotion» de toute la
«famille francophone» et salué
«la mémoire d'un homme qui a
consacré sa vie aux multiples
combats menés sur tous les
champs de bataille où se jouait
le destin culturel et politique
de ses frères de race, un combat
noble car exempt de cette haine
qu'il avait en horreur».
Jacques Chirac
a salué un «homme de
lumière» et «un sage». L'ancien
président de la République a
indiqué avoir «appris avec une
infinie tristesse et beaucoup
d'émotion le décès de
l'écrivain». «Avec sa
disparition, c'est aussi un sage
qui s'en va, un homme qui, par
son rayonnement, aura su faire
progresser les consciences, car
à travers son engagement pour la
négritude, c'est un message
universel pour la dignité
humaine, le respect et le
dialogue des cultures qu'il a su
porter au plus haut».
Cheikh Hamidou Kane,
un autre écrivain sénégalais et
auteur d'un des monuments de la
littérature africaine,
«L'aventure ambiguë», a regretté
«l'homme qui a éveillé à cette
conscience de l'identité noire
non seulement les Noirs de la
diaspora mais, nous, les Noirs
d'Afrique». Selon lui, le poète
était un «éveilleur de
conscience», qui avait acquis
une «stature mondiale». «Il
était vraiment très Sénégalais,
très Africain » a-t-il ajouté,
en regrettant qu'il n'ait pas
été consacré par un prix Nobel
ou intégré à l'Académie
française comme l'a été Léopold
Sedar Senghor.
Christian Paul,
député de la Nièvre, ancien
secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer
: "Pour cacher notre tristesse,
il faut relire Césaire.
L’annonce de sa mort pousse à le
faire découvrir ou à replonger
dans ses textes poétiques qui
affrontent l’universel.
Le lumineux et libérateur
Césaire, terriblement actuel et
si éloigné des modes et des
facilités, a tant à nous dire.
Sur le courage de rompre et de
révolutionner, cet homme
fraternel possédait des trésors
de lucidité qui fondait une
liberté indomptable. Pour la
vision d’un monde qui exige une
perpétuelle émancipation,
Césaire le poète, ne fait pas de
politique sans faire une
civilisation. Pour le quotidien,
Césaire le maire n’avait pas
déserté la Martinique, son
soleil et ses souffrances.
Je le tiens pour un porte-voix
majeur de la politique, contre
le colonialisme et tous les
totalitarismes, contre le
racisme et pour des identités
ouvertes sur le monde."
(Communiqué, jeudi 17 avril)
L'Express du 17/10/2002
Dignité
De Césaire, on aime
parfois retenir l’image
du lycéen pauvre
et méritant qui, grâce
au système éducatif
français, devient
normalien. Et rencontre
ceux qui avec lui
fonderont le concept de
«négritude».
Comme un coup de pouce
de l’école républicaine
à ses fils d’outre-mer,
futurs autonomistes ou
indépendantistes. On
peut aimer le voir
écrire «J’ai plié la
langue française à mon
vouloir-dire» et
s’en tenir là… C’est
ainsi en effet qu’on
peut voir l’histoire.
Mais c’est un peu court.
Césaire
restera plutôt, ainsi que
l’écrivit André Breton,
comme «le prototype de la
dignité».
A travers
son combat, au fil de ses
poèmes, le chantre de la
négritude incarnait, au-delà
de ses origines
revendiquées, un appel. Un
appel proprement universel
à la dignité humaine. Aimé
Césaire appelle à l’éveil de
ses frères humains où qu’ils
soient, appel à retrouver
leur identité et appel à
leur responsabilité. C’est
cela qui fait d’abord sa
force. Mais dans le même
temps, il reconnaissait
lui-même : «J’accepte mes
origines, mais que vais-je
en faire ?» Il a prouvé
dans son parcours politique
que ce qu’il avait découvert
et vécu lui servait aussi
à en appeler à ceux qui
veulent changer le monde. Au
cœur de son discours sur le
colonialisme de 1950, il y a
cette prophétie :
«Une civilisation qui
s’avère incapable de
résoudre les problèmes que
suscite son fonctionnement
est une civilisation
décadente.»
Et la
grandeur de Césaire fut
aussi de prendre
à bras-le-corps ces
problèmes issus du
colonialisme et de les
régler au jour le jour, sans
relâche. Poète et député,
maire et visionnaire, Aimé
Césaire fut l’homme de la
culture en action.
Patrick Lozès : Si je
devais définir brièvement Aimé
Césaire, je choisirais trois
mots : nègre, universel et
révolté. Nègre parce qu’il
préférait ce mot qui bravait
l’aliénation culturelle (Césaire
a endossé l’insulte, "petit
nègre", prononcée à son encontre
par un automobiliste pour en
faire un catalyseur de
l’identité noire NDLR) et
disait avec force une identité
assumée, une conscience noire.
Césaire a fait de la "négritude"
un mouvement de résistance au
racisme.
Louis-Georges Tin : Aimé
Césaire est une figure
essentielle de la lutte pour
l’émancipation noire et un
héraut du combat contre le
colonialisme. Il est par
ailleurs un écrivain de premier
ordre qui habitait la fonction
politique en homme de lettres.
Et c’est justement la jonction
de ces deux domaines qui me
paraît tout à fait singulière et
exceptionnelle chez cet homme.

Henri MOUCLE
CESAIRE AIME
Voila que tu nous quittes
Quand le printemps s’annonce
Voici que tu t’en vas
Quand l’hiver renonce
Lorsque l’éden enfin
Ouvre un œil plus joyeux
Peignant d’un trait d’azur
La
calotte des cieux
Et
que quelques bourgeons
Se
nippent de soyeux.
Pourtant mon cœur a froid
Le
sang glace mes veines.
Sur quelle nuée de nacre
As-tu posé bagage
Je
cherche dans les ténèbres
Ton étoile de Mage.
Tu
t’en vas simplement
Et
nous laisses orphelins
Mais ne sois pas inquiet
Ta
lutte ne fut vaine.
Ton souvenir saura
Déflorer le chemin.
J’ai appris de ton nom
La
saveur du mot Nègre
A
la source de tes maux
La
fierté des anciens
Effacés de l’histoire
Amnésique pensée
Ou
trompeuse mémoire.
J’ai recouvré l’honneur
De
ces Nègres Marrons
Dont l’esprit s’évadait
Des cages des prisons.
Colibri Négritude
Aux plumes couleur de nuit
Tu
matures en bouches
Et
vogues de lèvres en lèvres
Négritude mot magique
De
noblesse et d’honneur
Tu
combles de fraîcheur
La
voûte de mon palais.
De
ta mangue juteuse
Je
prise la saveur.
Je
frisonne et mon corps
Danse au rythme des tambours.
Tu
réveilles les mannes
Des ancêtres endormis
Des figures jaillissent
Des nimbes de l’oubli.
Enfants éveillez-vous
Aux contes de votre histoire
Découvrez vos racines
Vous n’en vivrez que mieux.
Il
fut de grandes âmes
Au
sein de vos aïeux.
Aimé encore une fois
Tu
nous as réunis
Poète, homme politique
Te
voici en partance
Pour rejoindre la cohorte
Des plus grands philosophes
Qui firent cette France.
Combattant de la paix
Humain parmi les sages.
Pour tout cet héritage
Je
veux te dire merci

P.K Murthy
Le Flambeau de
la Lutte que Césaire avait
allumé, ne s’éteindra qu’au jour
où "l’ Emancipation de l’ Homme
dans sa totalité" n’est achevé.
La Négritude "
Black is Beautiful " symbolise
ce cris de "Réveil" pour mettre
fin à l’Injustice, à
l’Oppression et au Racisme.

Zingha Ericka
"Je ne suis pas esclave de
l'esclavage qui déshumanisa mes
pères.
Je ne suis pas venu sur terre
pour faire le bilan des valeurs
nègres.
Je ne suis pas venu sur terre
pour faire payer au monde blanc,
par mon
ressentiment, le malheur fait à
mes pères.
Mon unique prière : ô mon coeur,
fais de moi toujours un coeur
qui
interroge !" Frantz Fanon

Raymonde PATER TORIN, nègrès
gwadloup
Eh oui gran nonm la monté an
filao,jwen épi Martin
Lutherking,Ghandi,
Marcus Garvey,Moïse, Jézikri......Moun
kon li ..
Moun profèt, moun voyé, moun
immowtel pou vansé a limanité.
Mèsi bondyé dè té fè mwen jwenn
épi pansé ay on jou a si ban
lékôl ;
mèsi bondyé lèw vwè an té an fin
fon Fwans ka pléré péyi an mwen
é an jwenn
épi démo maké a Misyé Césaire ;
ka souyé zyé an mwen, soukré kô
an mwen
chouboulé lespwi an mwen,fè mwen
lévé tèt an mwen.
mèsi bondyé an fèt adan on épôk
an té an prézans fizik a on
léjand vivant
fondalnatal,réel, potomitan....fondamantal
.
Drôle de prénom ,AIME!
Cet homme ,Il a été envoyé, désigné, destiné
envoyé pour nous dire "an sé nèg
fier de l'être! je suis nègre
intelligent
beau, vertical
désigné pour sortir les gens de
conditions dite inférieures de
la fange
argileuse de la pensée
occidentale
destiné à aimer et à être aimé
même par ses détracteurs et
adversaires.
Je suis fière de cet homme,
fière de ce martiniquais si
guadeloupéen dans
son esprit rebelle, si haïtien
dans ses cris de révolte, si
Sainte Lucian
dans ses colères british
maîtrisées ,si caribéen dans son
attachement à
son bout du monde géographique à
peine visible sur une mappe
monde.
Fier de ce nègre universel...
"on a beau peindre l'arbre
l'écorce en
dessous cri"
Moïse a vaincu Pharaon, David a
tué Goliath, Gandhi a fait taire
l'empire
britannique, Martin Luther King
a brisé la honte
ségrégationniste, Mandela a
gagné la réunification humaine
de l'Afrique du sud ...
CESAIRE, homme modeste
,permettez, a fait plus et
autrement...
Sa pensée et son regard critique
ne se sont pas pas seulement
tourné sur sa
terre natale , La Martinique,
mais sur LA TERRE des hommes
couleur de terre,
la terre des hommes venu de
l'enfer crée de toute pièce ,en
pensée en parole
par action et par omission par
l'occident ," les damnés de la
terre" dira un
autre célèbre martiniquais.
Aimé CESAIRE appartient à
l'humanité car il a su éveillé
en nous la
conscience, la foi , la
générosité en l'homme quelque
soit ,son espace
géographique ,sa couleur de
peau, surtout quand elle est
sombre.
Ce n'est pas un idole, une icône
, un mythe car on ne peut
accéder a ceux si
C'est un homme en mission qui
restera toujours disponible, à
l'écoute, au
service ,sans tutelle, au delà
de la mort..
"je ne reconnais à personne le
droit de m'habiter" mais "ESPRIT
CESAIRE," je
te demande de me guider.
Kô la pati men lespwi la étewnèl
. "A nous de continuer le chemin
et de
faire de la trace qu'il a
construit une autoroute de la
foi dans le nègre
humain ,humaniste.
Avec le départ de Monsieur AIME
CESAIRE c'est le début du
commencement ."
au travail citoyens je dis au
travail comme je dirais aux
armes , c'est une
guerre qui a commencé, la guerre
pour l'avenir du pays" A.
Césaire "une
saison au Congo
Merci à toi chantre de la
négritude.
Honneur et respect a cet immense
GJDN(gran jan de nèg)
Ainsi soit il , hanhan , sé sa
menm.
19/04/08

Léonce LEBRUN
.Laissez mourir les mourants.
voilà un titre, et le contenu
lui étant dédié, qui aurait plu
au poète parti sans laisser
d'adresse, car Césaire Aimé ne
se raconte pas pour un Nègre, il
se vit, pour un Nègre, pour tous
les Nègres de cette Planète, du
moins celles et ceux qui se
considèrent comme tels, la
Négritude étant un combat qui se
mène au quotidien, pas à coup
d'assimilation d'intégration, et
autre diversité.
De l'homme je n'ai plus rien à
exposer, ou du moins, il y a
beaucoup trop de choses à dire
depuis que nous nous sommes
rencontrés un beau jour de 1956,
moi un jeune scolaire perdu sur
la savane de la ville, et lui
tenant un discours enflammé
devant une foule indescriptible,
pour s'élever contre un
Budapest( Hongrie) à feu et à
sang, envahi par les troupes du
Pacte de Varsovie, après avoir
fait un beau pied de nez au
Parti Communiste Français, et
créant dans la foulée le Parti
Progressiste Martiniquais.( PPM)
Etrange que dans mon mode de
fonctionnement se mêlent les
pensées de Fanon, de Césaire
(voir portrait sur AFCAM) et ma
grand-mère, ces gens qui
savaient dire NON.(lire AFCAM
dans chronique Un rêve et
Prémonition)
Ma grand-mère petite fille
d'esclave, cette dame à qui je
dois tant, avec son merveilleux
créole d'antan, tenant sa pipe
bourrée d'un tabac aussi âgé, me
disait sans animosité.je cite
« Cé vié blanc an Kouè ki yo pli
malin ki nou, ou tan ne Yiche
moin. » Traduction . Les blancs
pensent qu'ils sont plus
intelligents que nous, tu as
entendu (compris) mon fils.
Bien plus tard, loin du pays, je
compris le sens et la grande
portée de ces propos, dont Aimé
Césaire ne me démentirait pas,
lui qui a vécu toute sa vie dans
ce contexte.
Mais revenons à laissez mourir
les mourants, une perspective
qui n'aurait pas dérangé
certains, un excellent moyen de
se débarrasser de ces crèves la
faim, ces vas nu pieds, ces
damnés de la terre, une petite
famine par çi, un petit sida par
là une méthode souple qui évite
l'utilisation des armes de
destruction massive. ( la
solution finale du problème
africain). à nous les grands
espaces, les matières premières,
le bois précieux, les mimerais
inépuisables et tout ça à bon
compte sans bourse déliée.
Car voyez vous dans les années
1970 des experts avaient déjà
proposé que pour les personnes
dites du 3è âge que l'on cessât
de leur accorder des soins pour
solutionner le problème du coût
élevé des assurances maladie et
vieillesse.
En fait, pour bien comprendre
ces solutions extrêmes il faut
savoir que la planète n'est pas
extensible, alors que les
populations augmentent, et que
la production n'est pas
suffisante pour satisfaire les
besoins.
Alors pour résoudre la
quadrature du cercle des âmes
bien nées sont tentéss par des
pratiques sanctionnées me
semble-t-il lors du procès de
Nuremberg en 1945.
Et nous vivons dans ce grand
bain de l'hypocrisie et de la
malhonnête intellectuelle que
j'ai qualifié de mamelles de la
bêtise humaine( lire sur même
site dans Forum "OBAMA le
magnifique" suite et fin) quand
des politiciens proposent du
sparadrap, alors qu'ils
défendent leur agriculture
nationale à grand renfort de
subventions et de maintien du
PAC en l'état, vous savez, la
fameuse politique agricole
commune..
En vérité, et tous les
spécialistes des questions
alimentaires sont unanimes, la
production mondiale est
largement suffisante pour
satisfaire l'ensemble des
populations, alors pourquoi ce
tohu bohu, parce que certains
ont décidé de laisser mourir les
mourants.
Ce qui m'autorise à donner la
parole à Césaire Aimé avant
qu'il parte à jamais, n'ayant
plus le courage de poursuivre.
.Il faudrait d'abord étudier
comment la colonisation
travaille à déciviliser le
colonisateur, à l'abrutir au
sens propre du mot à le
dégrader, à le réveiller aux
instincts enfouis , à la
convoitise, à la violence, à la
haine raciale, au relativisme
moral..
...Le colonisateur, qui pour se
donner bonne conscience,
s'habitue à voir dans l'autre la
bête, s'entraîne à le traiter en
bête, tend objectivement à se
transformer lui-même en bête.
C'est cette action, ce choc en
retour de la colonisation qu'il
importait de signaler....
Extrait de "Discours sur le
Colonialisme" d'Aimé Césaire
Au revoir Monsieur CESAIRE Aimé,
sous d'autres cieux sans doute,
ce qu'on fait dans la vie
résonne pour l'Eternité
Léonce LEBRUN

Maxette Olsson
"Tu vois,
plus nous serons Nègres,
plus nous serons des
Hommes". Aimé Césaire à
Léopold Sedar Senghor.
En apprenant la disparition
d'un des derniers leaders
révolutionnaires de notre
temps et l´un des fondateurs
du mouvement littéraire de
la négritude soit M. Aimé
Fernand David Césaire, je me
suis demandée moi petite
négresse du peuple qui ne
sait rien, est-ce une
prétention d'être inspirée
par lui. Et soudainement je
crus le ouïr et je le vis
presque déclamer "le poing à
l'allongée du bras":
" Faites aussi de moi un
homme d'initiation
Faites aussi de moi un homme
de recueillement
mais faites aussi de moi un
homme d'ensemencement "
Et puisque l'ensemencement
appartient à tous les hommes
de la terre, je me suis
souvenue qu'il tenait à être
le poète du peuple et que je
fis sa connaissance à
travers son esprit
omniscient uni vers ceux qui
embrassent la seule liberté
: celle de se métamorphoser
en une mort digne d'avoir
passionnément étreint l'état
et la force de vie dont le
contraire n'est pas la mort,
mais l'éternité bien
présente en ce jour national
du 20 avril 2008.
Ainsi me voilà recueillie à
savoir que j'ai un jour
d´illumination
douloureusement épousé le
paraclet poétique du chantre
universel en lisant son
"Cahier de retour au pays
natal", précisément parce
que je suis de : "ceux qui
n'ont connus de voyages que
de déracinements
ceux qui se sont assouplis
aux agenouillements
ceux qu'on domestiqua et
christianisa
ceux qu'on inocula
d'abâtardissement "
Je ne l'ai jamais appelé
papa, car je ne connais pas
l'esprit de ce mot et je
n'ai même jamais osé
personnifier "L'étudiant
noir", je l´ai intégré, ce
qui signifie qu'il est là et
sera toujours là, car je
l'ai jadis lu comme je lis
aujourd'hui Frankétienne :
pleine de gratitude d'être
née Négresse qui rime avec
tresse, finesse, caresse,
allégresse, noblesse,
déesse...
C´est bien la première fois
que je confesse avoir côtoyé
l´intimité intellectuelle de
ce grand Martiniquais. Oui !
En compagnie de Frantz Fanon
et M. Lauriette, Aimé
Césaire me plongea dans les
abysses de Négresse jusqu'à
la transcendance et la
transparence. En pleine
rébellion à la puberté,
grâce à ces hommes, je n'ai
malgré tout jamais nier la
Nègresse fondamentale qui
m'émeut, me verse dans
l'ire, me fait rire à gorge
déployée ou me fait pleurer
en hoquets jusqu'à perdre le
souffle. Le raccourci fût
qu'à travers Aimé Césaire
j'ai lu Hegel, Heidegger,
Nietzche, Descartes,
Kierkegaard... je ne pus
donc tout simplement que
puiser et saisir à bras le
corps la magnificence du
je-suis-Nègresse-donc-je-suis.
Ceux qui ont inventé le mot
nègre pour souiller,
infecter et profaner la race
noire avaient compté sans
Aimé, ce verbe qui se fît
cher à générer la passion
d'être Nègre ou ne pas être
du tout. Je tiens à déclamer
avec vous tous en ce jour la
litanie éternelle : Aimé
Césaire est et restera un
Grand Nègre !
Maxette Olsson
Madeleine de Grandmaison
« Aimé Césaire, c’est toute mon
initiation, c’est tout mon
parcours, mon éveil aux choses
publiques, ma prise de
conscience de femme
martiniquaise, de femme noire,
fière de l’être. Il nous a donné
un état d’existence suffisant
pour être, sans quémander quoi
que ce soit au monde
Aimé Césaire c’est aussi celui
qui a ouvert les yeux et la
conscience des Martiniquais sur
la valeur que nous portons en
nous. Aimé Césaire nous a
façonnés ; nous sommes des
enfants de Césaire et des
enfants du monde, dans le même
mouvement, car Aimé Césaire a
toujours refusé l’étroitesse des
choses. Pour lui, la Négritude
n’était pas un enfermement.
A mon sens, la Martinique perd
beaucoup ; le monde perd
beaucoup et le monde noir perd
un poète essentiel. Mais il est
parti pleinement convaincu qu’il
avait donné plus encore qu’il ne
pouvait et qu’il avait bien fait
sa part. il était prêt. Nous
avons été à ses côtés et, en
tout cas dans ma famille, nous
avons souhaité que ce passage ne
lui soit pas pénible. Qu’il lui
soit doux. Il n’y a pas de
raison de souffrir quand on a
bien vécu et qu’on a fait tout
ce qu’on avait à faire.
La Martinique pleure Césaire.
Mais il y a longtemps que la
Martinique a compris que Césaire
appartenait à l’humanité.
J’associe tous nos frères, La
Réunion aussi. Nous ne sommes
pas isolés. Césaire était le
rendez-vous du donner et du
recevoir. Nous sommes
constamment en rendez-vous avec
d’autres autour de Césaire.
C’est ce que je retiens
aujourd’hui. »
Claude Lise
« Césaire nous a enseigné la
fraternité agissante »
Claude Lise est Président du
Conseil Général et Sénateur de
la Martinique. Il évoque ici son
compagnonnage littéraire et
politique avec Aimé Césaire.
« Ma première rencontre avec
Césaire, c’est le
Cahier d’un
retour au pays natal.
J’avais 14 ans. Je suis tombé en
extase devant ce verbe
extraordinaire. J’ai commencé à
me passionner pour l’œuvre, bien
avant de le rencontrer. Plus
tard, j’ai eu la chance de
pénétrer dans son premier
cercle.
Notre rencontre a d’abord été
une rencontre dans
l’approfondissement de son
œuvre. Je lui ai fait part de
mon admiration pour sa poésie.
C’était essentiel pour lui. Il
considérait que, pour bien
comprendre sa pensée, il fallait
la pénétrer à travers sa poésie,
que c’était dans sa poésie qu’il
allait le plus loin. Il fallait
quelques clés pour entrer dans
cette poésie, que l’on dit
hermétique mais qui ne l’est pas
dès qu’on est entré en
connivence avec le poète. J’ai
d’abord connu une sorte
d’aventure littéraire avec
Césaire.
Et tout naturellement, il m’a
convaincu de la nécessité de le
rejoindre. En 1978, j’étais
secrétaire général du Parti
socialiste martiniquais et,
suite aux législatives qui
avaient été assez difficiles,
sur Fort de France - nous avions
participé à des meetings
ensemble - il m’a proposé
d’entrer au PPM avec tous mes
camarades. Il y a eu une fusion
du PSM et du PPM. Ensuite, cela
a été une longue aventure. J’ai
été élu au Conseil général en
1980 ; il m’a fait entrer à la
mairie de Fort de France en 1982
et j’ai été son 5e puis son 3e
adjoint. Je suis parti de la
municipalité en 2001, en même
temps que lui. Pendant 18 ans,
j’ai été son adjoint ; on se
voyait tous les jours.
J’ai été élu député en 1988,
sénateur en 1995, président du
Conseil général en 1992. Nous
avons eu une aventure politique
qui est venue se surajouter à
notre aventure poétique.
Un humanisme enraciné
Au moment où il vient de
disparaître, je pense surtout à
l’homme. Ce qui fait la
différence entre lui et d’autres
grands humanistes, c’est qu’il
est l’homme d’un humanisme
enraciné : dans une terre, une
communauté humaine qui est un
peuple. Ce n’est pas un
humaniste qui pense à “l’homme
en général”, qui cherche à
rencontrer l’homme - comme dit
Fanon - « à des hauteurs où on
ne le rencontre jamais ».
Césaire est un humaniste qui
était au plus près des autres,
et surtout les plus humbles.
J’ai tiré un enseignement
extraordinaire auprès de lui :
son humilité, sa modestie, son
respect de chacun, même des
adversaires. C’était un
démocrate, qui respectait
beaucoup, à l’intérieur du
parti, les positions des uns et
des autres ; il respectait tous
les courants. Je n’ai quitté le
PPM il y a deux ans que parce
qu’une nouvelle génération est
arrivée, que je sens moins sur
ces positions-là. J’ai toujours
connu Césaire refusant le
sectarisme, prônant le plus
large rassemblement. Il avait
une formule pour cela : “le plus
large contre le plus étroit”.
Et dans sa vie quotidienne,
c’était également l’homme de la
Fraternité. Je peux en
témoigner. Il vous enseignait la
fraternité agissante.
Son rayonnement va bien au-delà
de la Martinique. On a dit
beaucoup de bêtises sur la
négritude ; c’était souvent mal
compris. Mais pour lui, c’était
quelque chose qui unissait tous
les hommes qui avaient dans leur
mémoire collective une grande
tentative de déshumanisation
d’une catégorie d’hommes. Il
parlait souvent de la négritude
“de toutes les couleurs” ; cela
n’avait rien à voir avec la
couleur de la peau. C’était un
homme d’ouverture et je crois
que dans le monde, tous ceux qui
souffrent, qui sont humiliés,
qui veulent accéder à une
émancipation, trouvaient tout
naturellement en lui un
porte-parole. Il était « la
bouche de ceux qui n’ont pas de
bouche » comme il dit dans un de
ses poèmes.
Cela me fait très chaud au cœur
de penser qu’avec La Réunion,
nous sommes en communion de
pensée au moment où ce grand
Martiniquais vient de
disparaître.

André Ekama
(Poète et ecrivain)
Hommage au Père
de la Negritude
Un sage ne meurt
pas, il quitte ce monde pour se
reposer mais il demeure en
esprit et alimente la pensée par
son oeuvre. comme un mur élevé
tout haut, il vient cadrer
l’image vivante de son temps et
projeter des repères sur
l’avenir. Cesaire a hissé pour
ainsi dire cette voile de
lumière dans la grande baie où
il demeurait un sujet opprimé
mais dont la voix fut la seule
arme pour se défaire du manteau
dans lequel on l’avait englouti
et humilié par son être. Plus
encore il reconnut sous cet
habillement une lourdeur de son
essence et recherchait un pagne
pour laisser circuler le vent
des Antilles. Il le préféra
aussi simple fut-il. La brise
défaisante d’orgueil le rendait
plus acharné par son combat pour
la vérité.
De tout cet envi
de voir briser ses origines
d’élève face au Maitre Sieur
d’un orgueil indélébile par son
art, il réussit à scier la
branche et ramener le maitre au
pas lent de l’imaginaire humain.
Avec une telle candeur, il
poussa le maitre à reconnaître
son tort et à comprendre ses
abus sur son élève d’une grande
posture mais d’une modestie sans
fin. Il ne contemplait plus
seulement les chênes de
conifères mais revoyait aussi
l’autre forêt non loin de lui
mais qui lui était toute proche.
Il ne supportait pas du tout ce
mistrade dans cette forêt
équatoriale aux espèces non à
l’abris du bulldozer mais
exposer aux lianes. Le chant du
rossignol le séduisait et le
sage y trouvait du verbe pour
ouvrir les cœurs qui ne chantent
pas. Le sage y va donc pour
d’autres cieux mais laissant
derrière une richesse immense
dont les générations s’en
serviront. Voilà un milliardaire
des mots, décousant au passage
des maux qui nous a dit au
revoir. Le voila parti nous
léguant tout ce capital. Nous te
serons reconnaissants O Sage
Césaire qui en toute modestie
nous a tous renchéri. Cher
Patriarche Cesaire, nous te
disons MERCI.

Réaction du Parti communiste
réunionnais
Le PCR : « Pour Aimé
Césaire »
Dans un communiqué, Élie
Hoarau, Secrétaire général
du Parti Communiste
Réunionnais, souligne
qu’Aimé Césaire n’a cessé de
bousculer « les désordres
établis et les remettra
fondamentalement en cause.
Avec succès le plus souvent,
sa rébellion ébranlera tous
les conformismes ».
|

AIMÉ
Césaire vient d’achever
sa riche traversée d’une
longue vie tout entière
dédiée à la cause si
clairement exposée, à
l’âge de 25 ans, dans
son “Cahier d’un retour
au pays natal,” cause
dont jamais il n’a
dévié.
Né à Basse-Pointe, au
pied de la Montagne
Pelée dont les rares
fureurs sont
redoutables, Aimé
Césaire tenait de son
volcan une écriture
poétique qu’il s’amusait
à qualifier de péléenne.
Mais, à la différence de
son volcan, jamais au
cours de sa longue vie,
Aimé Césaire ne s’est
endormi. Sans cesse, il
bousculera les désordres
établis et les remettra
fondamentalement en
cause. Avec succès le
plus souvent, sa
rébellion ébranlera tous
les conformismes.
Étudiant dans une France
majoritairement acquise
à l’idée des bienfaits
de la colonisation et de
la supériorité raciale
du Blanc, il promeut le
concept de “Négritude”,
englobant ainsi en un
seul mot toutes les
luttes des opprimés
d’Afrique et d’Amérique.
La Négritude, c’est tout
à la fois la lutte pour
la justice et
l’égalité ; la lutte
pour la culture ; la
lutte pour la dignité et
la liberté, une lutte
pour une nouvelle ère de
l’Histoire.
Nul ne s’étonne qu’Aimé
Césaire soit, avec le
Docteur Raymond Vergès
et Léon de Lépervenche
notamment, l’un des
pères de la loi
abolissant le statut
colonial en Guyane,
Guadeloupe, Martinique
et à La Réunion. Cette
deuxième abolition a
permis de jeter les
fondations sur
lesquelles, depuis ce 19
mars 1946, nous nous
efforçons de bâtir La
Réunion de nos rêves
sans fin.
C’est dire combien ce
fut un honneur et un
réel bonheur pour le
jeune responsable
politique que j’étais
alors de travailler avec
Aimé Césaire à Morne
Rouge en août 1971, puis
de le retrouver en 1986
à l’Assemblée nationale.
Ainsi qu’il le proclame
dans l’un de ses
poèmes :
j’ai
pour l’échouage des
dieux réinventé les
mots,
où j’ai pris pied j’ai
défoncé la friche,
creusé le sillon, modelé
l’ados ;
Aimé Césaire, par
l’exemplarité d’une vie
vouée aux autres, par
son œuvre politique, par
les concepts qu’il a
forgés, par la richesse
d’une œuvre littéraire
plongeant au cœur des
luttes d’un monde en
ébullition, a aidé et
aidera longtemps encore
à la transformation de
l’humanité. |

Huguette Bello
rend hommage au chantre
de la négritude
Le Maire de Saint-Paul a
réagi jeudi soir à la mort
d’Aimé Césaire et publié cet
hommage.
LA
mort d’Aimé Césaire me
touche profondément.
Poète, essayiste,
réanimateur et animateur
passionné de la
négritude, homme
politique, pamphlétaire,
il fut tout cela à la
fois. Cette vie
multiple, pourtant, fut
d’un seul tenant, comme
un grand pont d’une
seule portée lancé sur
le drame du monde.
En Aimé Césaire, le
génie poétique était
déjà action. Ce qu’il
nommait changeait. Lui
rendre hommage, c’est
poursuivre son
mouvement, accompagner
le geste de son esprit,
s’identifier comme lui à
la douleur humaine pour
l’aider à se
transcender. Je souhaite
que des occasions soient
fournies aux
Réunionnais, et surtout
aux jeunes, d’étudier et
de méditer son message.
« Jamais
l’Occident,
écrivait-il dans le
“Discours sur le
colonialisme”, dans le
temps même où il se
gargarise le plus du
mot, n’a
été plus éloigné de
pouvoir assumer les
exigences d’un humanisme
vrai, de pouvoir vivre
l’humanisme vrai,
l’humanisme à la mesure
du monde. » Ces
lignes ont bientôt
soixante ans. Elles
gardent, hélas, leur
actualité. Elles nous
indiquent encore le
chemin.
Césaire a été le
pourfendeur infatigable
de l’assimilation des
cultures et des peuples.
Comme il le disait
magnifiquement, il
entendait conduire les
cultures
« hors des jours
étrangers ». Non pas
pour les isoler ni pour
les enfermer en
elles-mêmes. Pour leur
permettre de faire
entendre leur voix dans
le concert universel,
pour qu’elles
enrichissent l’harmonie.
Au nom des Saint-Paulois
et en mon nom propre, je
présente à ses proches
et aux Martiniquais mes
condoléances attristées.

Maison des Civilisations et de
l’Unité Réunionnaise
Aimé Césaire, une figure
centrale du siècle
Françoise Vergès, présidente
du Comité pour la mémoire de
l’esclavage, Carpanin
Marimoutou, et toute
l’équipe de la Maison des
civilisations et de l’unité
réunionnaise rendent hommage
à Aimé Césaire.
Il
avait écrit :
« Ma
bouche sera la bouche
des malheurs qui n’ont
point de bouche, ma
voix, la liberté de
celles qui s’affaissent
au cachot du
désespoir ».
Aimé Césaire est mort.
Son immense voix
s’est tue. C’est avec
beaucoup d’émotion et de
tristesse que nous
apprenons sa
disparition.
Parrain de la Maison des
Civilisations et de
l’Unité Réunionnaise
dont il a soutenu la
démarche dès le début,
écrivain, penseur, homme
politique, Aimé Césaire
a été une figure
centrale du siècle.
Avec lui disparaît le
plus grand poète
contemporain de langue
française, l’un des plus
grands poètes du monde.
Avec lui disparaît
l’homme politique,
rapporteur de la loi du
19 mars 1946 à
l’Assemblée
Constituante, dont la
pensée et les prises de
position ont influencé
les combats des peuples
de l’Outre-mer français
pendant des décennies.
Autorité morale et
intellectuelle de
premier plan, Aimé
Césaire s’est attaqué
aux questions du
colonialisme et du
racisme, et de la
négation identitaire en
appelant à un nouvel
humanisme.
Le combat d’Aimé Césaire
a toujours reposé sur
cette conviction que
l’égalité est possible
sans assimilation car
elle implique la
reconnaissance,
l’acceptation et le
respect des différences,
de la diversité. Ce sont
des questions centrales
aujourd’hui pour le
monde entier ; ce sont
les questions qui sont à
la base de la MCUR :
l’égalité des cultures,
la diversité culturelle
comme fondement de la
démocratie et de la
condition du vivre
ensemble.
Aimé Césaire est mort,
mais plus que jamais,
comme le disait André
Breton,
« sa voix est belle
comme de l’oxygène
naissant ».

Dominique Berthet.
Universitaire et auteur
Hommage à Aimé Césaire
André Breton disait de lui qu’il
était « le prototype de la
dignité », un « être de total
accomplissement » et que sa
parole était « belle comme
l’oxygène naissant ». Le père du
surréalisme avait immédiatement
mesuré la personnalité péléenne
d’Aimé Césaire, la portée de son
message, les enjeux de ses
revendications. Aimé Césaire fut
l’un des plus grands poètes du
XXe siècle. Il fut
aussi un éveilleur des
consciences, un grand esprit
portant haut la juste parole
émancipatrice, le légitime
combat contre la domination et
le colonialisme. Poète solaire,
on retiendra aussi de lui qu’il
fut un ardent et infatigable
bâtisseur. Sachant qu’un peuple
sans culture est un peuple sans
avenir, il œuvra pour que la
culture martiniquaise s’affirme
et s’épanouisse. Sa parole et sa
pensée ont franchi les
frontières géographiques de son
île pour s’étendre aux
continents et concerner tous les
peuples opprimés. Aimé Césaire
s’est éteint, mais sa pensée
flamboyante vibre encore et
continuera à nous accompagner
dans les luttes à venir pour la
liberté et l’égalité.

Pierre Pinalie
Blanc des Antilles, père de deux
fils métis, je ne pouvais pas ne
pas être très sensible à la mort
d’Aimé Césaire.
Totalement dépourvu de religion,
j’ai été profondément touché par
la dimension laïque de la
cérémonie d’inhumation au stade
Aliker, même si
l’agréable et intelligent
personnage Michel
Méranville était présent en
habit ecclésiastique. La
dimension sublime de cette vaste
réunion d’hommage au disparu m’a
ému dans des frémissements dus à
la peine et à l’admiration.
Communiste dans l’esprit et dans
la culture, je ne peux
évidemment pas oublier que le
grand poète l’était également et
avait quitté le Parti après les
très regrettables événements de
Budapest, comme je l’ai fait
moi-même après la condamnable
entrée des forces de l’Est dans
Prague.
Et je ne peux jamais cesser de
repenser que j’ai été pendant 10
ans professeur au Lycée
Louis-le-Grand où l’élève
d’hypokhâgne Césaire
avait connu Léopold Sédar
Senghor. Et ces pensées
m’ont souvent poussé à imaginer
cette rencontre dans des salles
où j’enseignais.
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Jenny Hippocrate
Disparition de
Monsieur Aimé Cesaire
Que dire d'un homme
que j'ai eu l'honneur de rencontrer,
moi une illustre inconnue ?
Monsieur Aimé
CESAIRE m'a consacré un peu de son
temps si précieux, toutes les fois
que nous nous sommes rencontrés. Il
m'est apparu comme un homme dont
l'aura rayonnait dans la mesure où,
il savait être humble et se mettait
à la portée de tout un chacun.
Aimé CESAIRE n'a pas
usurpé son prénom ; il savait, en
effet, se faire aimer de tous. Petit
homme par la stature, mais grand par
son humanité et son érudition. Par
ailleurs, IL était poète et chantre
de la négritude ; il a su rendre sa
fierté à l’homme noir parce que,
justement, il s'était aperçu que les
hommes sont les mêmes, quelle que
soit leur couleur de peau.
Lire la suite

On verra aussi le très beau
site:
http://www.hommage-cesaire.net/